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En 1992, lorsque le président
Itamar Franco est élu, le cinéma brésilien est au bord de l’extinction.
Mais dès l’année suivante, la nouvelle loi sur l’audiovisuel offre
aux entreprises qui investissent dans la production de déduire ces sommes
de leurs impôts (à hauteur de 3% du total au maximum), tout en engrangeant
les éventuels bénéfices de leur placement. Résultat,
la production passe de deux films en 1992 à 33 en 1999. Cette renaissance
s’accompagne d’une rénovation des thèmes abordés et d’une décentralisation.
De nouveaux talents apparaissent à Rio mais aussi à Sao Paulo, dans
le Nordeste et dans le sud du pays.
Les longs métrages des années 90, qui traitent surtout de la violence,
de la dictature et de l’histoire du Brésil, présentent un trait commun.
Le même paysage y revient comme un leitmotiv: le Sertao, la lande du nord-est
du pays, qui avait servi de cadre aux grands classiques du cinéma novo des
années 60.
Comme l’explique le critique José Carlos Avellar, «les nouveaux films
brésiliens portent la marque d’un dialogue entre le cinéma novo et
la télévision, qui s’est affirmée avec la forte production dramaturgique
des années 70 et 80». Mieux que tout autre, Central do Brasil de Walter
Salles, Ours d’or au Festival de Berlin en 1998, illustre cette alliance. Cette histoire
mélodramatique d’un enfant qui cherche son père à travers le
Sertao n’est rien d’autre que la métaphore d’un cinéma en quête
de son père mythique.
Mais aujourd’hui, la crise économique qui pèse sur les entreprises
affecte le financement du cinéma. «Mon nouveau film n’a pas bénéficié
d’un seul sou tiré de la loi», affirme Walter Salles, qui tourne, toujours
dans le Sertao, une adaptation du roman de l’Albanais Ismaïl Kadaré,
Avril brisé.
La principale insuffisance de la loi tient à la répartition des fonds:
en cinq ans, 368 millions de reals (184 millions de dollars) ont été
alloués à la production contre 25 millions à la distribution
(12,5 millions de dollars). Une paille face aux poids lourds de l’industrie américaine.
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