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Deux mille
milliards de dollars, soit un vingtième du PIB planétaire: c’est une
évaluation réaliste du montant des dépenses éducatives
dans le monde. Le secteur privé n’en capte que le cinquième environ:
il s’est donc lancé à l’assaut de ce gigantesque marché (p. 18). Au nom des
vertus dont il se pare — efficacité, innovation, connaissance du marché
du travail —, en chevauchant la vague néo-libérale, en jouant du discrédit
croissant de l’école publique
(pp.
28-29),
il pèse plus que jamais sur la gestion et les finalités de l’enseignement
(pp.
19
et 22).
Aux Etats-Unis, traversés par une lame de fond en faveur de la privatisation,
des sociétés privées gèrent désormais des établissements
publics (p. 30). Les 500 000 élèves brésiliens du réseau
commercial Objetivo ne peuvent venir que de milieux aisés (pp. 23-24), mais les écoles
privées qui essaiment en Inde peuvent être beaucoup plus accessibles
(pp.
24-26).
Dans le supérieur, fer de lance de cette commercialisation, l’alliance des
universités, des fournisseurs de logiciels et des groupes de télécommunications
attire dans le monde entier des étudiants prêts à payer cher
pour obtenir un diplôme prestigieux (pp. 26-27 et 31-32).
Mais les premiers bilans de cette «marchandisation» sont plus que mitigés.
La Nouvelle-Zélande, qui a été le plus loin dans cette voie,
a vu se creuser le fossé entre bénéficiaires et victimes de
la privatisation (pp.
33-34).
La qualité de l’enseignement et le respect des spécificités
culturelles peuvent manquer à l’appel (pp. 35-36). Il revient donc à la puissance
publique de faire respecter l’équilibre entre les multiples finalités
de l’éducation (pp.
17
et 37).
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