Le Courrier

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Opinion
Ni «tout État» ni «tout commerce»
Jacques Hallak
1. L’école et l’entreprise
Éducation & Co
Cynthia Guttman
L’école des managers
Dorothy Shipps
L’enseignement des chiffres
2. L’offre et la demande
L’irrésistible ascension d’Objetivo
Luciana Zenti
L’école privée, une chance pour les pauvres
James Tooley
Afrique du Sud: la course aux diplômes
Karen Macgregor
Quand les parents s’en mêlent
Pedro A. Noguera
La gestion éclairée des écoles d’Edison
Mark Walsh
Les universités happées par la Net économie
Robin Mason
3. Les dérives
Nouvelle-Zélande: les exclus de l’école néo-libérale
Edward B. Fiske et Helen F. Ladd
Le virtuel creuse la fracture éducative
Propos recueillis par Cynthia Guttman
L’argent, nerf des études
Propos recueillis par Utpal Borpujari
Menace sur les missions essentielles de l’éducation
Yin Cheong Cheng
Éducation: un marché de
2 000 milliards de dollars
Dossier conçu et coordonné par Cynthia Guttman, journaliste au Courrier de l’UNESCO.

photo
© Alain Le Quernec, France
Deux mille milliards de dollars, soit un vingtième du PIB planétaire: c’est une évaluation réaliste du montant des dépenses éducatives dans le monde. Le secteur privé n’en capte que le cinquième environ: il s’est donc lancé à l’assaut de ce gigantesque marché (p. 18). Au nom des vertus dont il se pare — efficacité, innovation, connaissance du marché du travail —, en chevauchant la vague néo-libérale, en jouant du discrédit croissant de l’école publique
(
pp. 28-29), il pèse plus que jamais sur la gestion et les finalités de l’enseignement (pp. 19 et 22).
Aux Etats-Unis, traversés par une lame de fond en faveur de la privatisation, des sociétés privées gèrent désormais des établissements publics (p. 30). Les 500 000 élèves brésiliens du réseau commercial Objetivo ne peuvent venir que de milieux aisés (
pp. 23-24), mais les écoles privées qui essaiment en Inde peuvent être beaucoup plus accessibles (pp. 24-26). Dans le supérieur, fer de lance de cette commercialisation, l’alliance des universités, des fournisseurs de logiciels et des groupes de télécommunications attire dans le monde entier des étudiants prêts à payer cher pour obtenir un diplôme prestigieux (pp. 26-27 et 31-32).
Mais les premiers bilans de cette «marchandisation» sont plus que mitigés. La Nouvelle-Zélande, qui a été le plus loin dans cette voie, a vu se creuser le fossé entre bénéficiaires et victimes de la privatisation (
pp. 33-34). La qualité de l’enseignement et le respect des spécificités culturelles peuvent manquer à l’appel (pp. 35-36). Il revient donc à la puissance publique de faire respecter l’équilibre entre les multiples finalités de l’éducation (pp. 17 et 37).