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Quand
l'Etat fait défaut
Ils
s’organisent pour vivre ensemble
Dossier conçu et coordonné par René Lefort, directeur du Courrier
de l’UNESCO. |
Sur
les cartes du monde, les «zones grises», où règnent la
loi du plus fort et une misère extrême, s’étendent. Là,
l’Etat s’impose, extorque, ou tout simplement n’existe pas. Il est absent faute de
volonté politique, faute de ressources. Cas le plus fréquent, cet Etat
reste inabouti parce que récent. En Colombie, c’est le conflit aigu sur ce
qu’il devrait être qui bloque son achèvement (pp. 18-20).
Ce vide profite très largement au crime organisé (pp. 36-37).
Mais ces zones grises ne sont pas toujours désespérées. En puisant
dans leur seul patrimoine – leur savoir-faire, leurs traditions, leurs organisations
ancestrales et encore plus leur détermination – des populations abandonnées
s’auto-organisent. Ainsi naît un minimum d’ordre et de services de base. Peu
à peu, elles s’imposent vis-à-vis d’institutions publiques distantes.
Et la convergence de leurs forces respectives pourrait accélérer l’émergence
d’un Etat puissant et de droit (p.
18).
Ce dossier décrit l’action de ces auto-organisations populaires, en la replaçant
dans son contexte historique et social. En Somalie, où leur développement
pourrait déboucher sur une renaissance nationale (pp. 21-23);
au Congo ex-Zaïre, où la faillite de l’Etat se double d’une guerre civile
(pp.
24-26);
dans des bidonvilles de Port-au-Prince (Haïti) et de Ciudad Guatemala (pp.
27-29
et pp.
30-32)
et enfin dans les campagnes afghanes (pp.
33-34). |
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