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COULEUR,
NATION, ETHNIE, CASTE…
Pourquoi le racisme?
Dossier
conçu et coordonné par René Lefort et Ivan Briscoe, respectivement
directeur et journaliste du Courrier de l’UNESCO. |
Vis-à-vis
du racisme, «la pire des attitudes est de se taire», écrit ci-contre l’international
français de football, Lilian Thuram. Comme en écho, les ONG mobilisées
pour la conférence mondiale sur ce fléau (Durban, Afrique du Sud, 31
août - 7 septembre) veulent que s’y fasse entendre la voix des victimes. Soumises
à des formes multiples de discrimination raciale, elles sont encore des centaines
de millions.
Certes, le racisme institutionnel, ultime avatar du mythe de l’infériorité
congénitale de certaines «races», est mort avec l’apartheid. Né
à la Renaissance, nourri de la pensée religieuse puis scientifique,
il a culminé dans le nazisme (pp
21-23).
Aujourd’hui totalement discrédité, son héritage sévit
pourtant, notamment vis-à-vis des Noirs d’Amérique latine (pp.
24-26).
Mais surtout, son déclin n’entraîne pas la fin de la discrimination
raciale, fondée, comme le stipule l’ONU, sur «la couleur, l’ascendance
ou l’origine nationale ou ethnique». Les victimes de cet «apartheid masqué»
ne le sont plus au nom d’une «infériorité» biologique,
mais par tradition religieuse, comme les «basses castes» dans le sous-continent
indien (pp.
27-29),
ou du fait de l’instabilité politique et économique, qui nourrit les
vagues xénophobes en Afrique noire (pp. 30-32).
Ces victimes le sont aussi au nom d’une «différence culturelle»,
irrémédiable au point que celle-ci rendrait impossible toute relation
harmonieuse avec elles. C’est bien sûr le cas de nombre de peuples indigènes,
comme à Santiago du Chili (pp.
18-19),
ou d’immigrés en Europe de l’Ouest (pp. 33-35). Et, dans
ce dernier cas, ce racisme n’aurait rien de «spontané»: il serait
intimement lié aux tensions que génère la mondialisation (pp.
36-37). |
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