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| |Beethoven charme la
forêt
|L'acte
par lequel l'homme arrache quelque chose à la mort|Nous, peuple de métis
|L'universel
et le particulier
| Afghanistan
: le Gaulois bouddique
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| Albert Einstein
(1879-1955), inventeur de la theéorie de la relativité, a reçu
le prix Nobel de physique en 1921. |
Juin
1996
C'était
dans le Courrier de l’UNESCO en décembre 1951
La
culture doit être l’une des bases de la compréhension entre les peuples
Par Albert Einstein
(1879-1955) |
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Pour bien apprécier
la signification de la Déclaration universelle des droits de l'homme, il convient
de se représenter exactement la situation mondiale qui a donné naissance
à l'Organisation des Nations Unies et à l'UNESCO L'étendue des
catastrophes provoquées par les guerres des cinquante dernières années
a montré au monde que, dans l'état actuel de la technique, les nations
ne peuvent attendre leur sécurité que de règlements supranationaux
et d'institutions supranationales. Il apparaît de plus en plus évident
que seule une Fédération mondiale pourra à la longue empêcher
un conflit qui équivaudrait à une destruction universelle.
C'est à cette conviction que répond la création de l'Organisation
des Nations Unies, modeste début d'un ordre supranational. Certes, cette institution
ne groupe que les représentants des gouvernements nationaux et non les libres
délégués des peuples, agissant au nom de leurs convictions personnelles;
certes, les décisions des Nations Unies ne lient pas les différents
gouvernements et il n'existe pas de moyen concret pour en assurer l'exécution;
certes, l'efficacité de l'ONU est diminuée par le refus d'admettre
des nations dont l'exclusion affecte sensiblement le caractère supranational
de cette Organisation Mais le seul fait que des problèmes internationaux soient
officiellement traités en publie et discutés publiquement constitue
une contribution à la solution pacifique des conflits. La seule existence
d'une telle tribune supranationale contribue de plus à familiariser peu à
peu les peuples avec l'idée que la protection des intérêts nationaux
doit être assurée par la voie des négociations et non par le
recours à la force brutale.
C'est dans cet effet psychologique, ou même pédagogique, que réside,
à mes yeux, le principal mérite des Nations Unies. Une Fédération
mondiale présuppose chez les hommes un nouveau loyalisme, un sens des responsabilités
qui ne s'arrête pas aux frontières nationales. Pour être vraiment
fécond, ce sens des responsabilités ne doit pas se manifester uniquement
sur le plan politique. Il appelle, comme ses compléments naturels, la compréhension
mutuelle entre les différentes cultures et l'entraide mutuelle sur les plans
culturel et économique. C'est au prix de tels efforts seulement que l'on pourra
créer cette confiance réciproque que nous ont fait perdre les effets
psychologiques de la guerre, et qu'a refoulée une mentalité exclusivement
militaire et toute préoccupée de la politique de force. Sans compréhension,
sans un certain degré de confiance réciproque, aucune institution efficace
pour la sécurité collective des nations ne saurait être établie.
C'est pour le développement de ces tâches culturelles que l'institution
de l'UNESCO a été ajoutée à l'Organisation des Nations
Unies. L'UNESCO, dans une plus large mesure que l'ONU, a su échapper à
l'influence paralysante de la politique de force des gouvernements nationaux. Reconnaissant
que des relations saines ne peuvent exister sur le plan international qu'entre des
peuples composés d'individus sains et dans une certaine mesure indépendants,
l'ONU a élaboré une Déclaration universelle des droits de l'homme
qui a été adoptée par l'Assemblée générale
des Nations Unies le 10 décembre 1948. Cette Déclaration pose un certain
nombre de principes généraux évidents qui visent à protéger
l'individu, à le garantir contre l'exploitation économique, à
lui assurer le développement de sa personnalité et le libre exercice
de ses activités dans le cadre de la société. La diffusion de
ces aspirations dans chacune des nations unies a été reconnue à
juste titre et entreprise dès maintenant comme une tâche importante.
C'est pourquoi l'UNESCO organise aujourd'hui le troisième anniversaire de
la Déclaration afin d'attirer l'attention de tous sur ces aspirations fondamentales,
conditions d'une vie politique assainie de tous les peuples.
On ne pouvait éviter de donner à la Déclaration la forme d'un
document juridique dont la rigidité risquait de prêter à d'interminables
discussions. En outre, un texte de ce genre ne pouvait prendre en considération
les conditions de vie de tous les peuples dans leur infinie diversité ; et
il ne pouvait manquer de donner lieu à des interprétations différentes
sur des points de détail. Néanmoins la tendance générale
de la Déclaration est nette, et bien propre à être acceptée
par tous comme principe de pensée et d'action.
Mais reconnaître officiellement un principe est une chose, et en faire la règle
de son action en dépit des adversités de circonstances toujours changeantes
en est une autre—comme le montre à l'observateur impartial l'histoire des
institutions religieuses. La Déclaration ne peut exercer une influence effective
que si l'Organisation des Nations Unies montre qu'elle-même incarne en fait
l'esprit de cette Déclaration, qui est sa Déclaration. |
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