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Être entendu, être écouté
Michel Barton, directeur du bureau de l'information du public.

Le contexte international, depuis quelques mois, souligne à quel point le travail des organisations internationales œuvrant pour la paix et le dialogue entre les cultures est urgent.
On ne peut qu’être frappé à ce propos par la pertinence des programmes et des prises de position de l’Unesco s’agissant, par exemple, de l’éducation pour tous, de la diversité culturelle, de la liberté de la presse, de la lutte contre la pauvreté et de tant d’autres questions.
Mais on ne peut, hélas, que constater le peu d’écho que suscitent ces travaux auprès des médias et du grand public.
Ce n’est pas nouveau. L’UNESCO se lamente depuis des années sur son manque de visibilité. Il ne s’agit pas là de vanité ou de coquetterie institutionnelle, mais de constater une carence grave: l’UNESCO pèse peu – et en tout cas pas assez – sur les débats publics.
C’est en tout temps fâcheux, mais c’est encore plus déplorable à un moment où le besoin de repères éthiques se fait si cruellement sentir.
L’UNESCO, heureusement, a choisi de ne pas se voiler la face et s’apprête à réorienter sa politique d’information de façon radicale. Il s’agit, en bref, de ne plus se satisfaire de prêcher les convertis, mais de communiquer, par le truchement des médias, avec l’ensemble des citoyens concernés par l’action de l’organisation.
Les sujets d’intérêt ne manquent pas. Clonage, partage des ressources en eau douce, état des côtes et des océans, éducation et développement, fossé numérique, patrimoine mondial, dialogue entre les civilisations: toutes ces questions, et bien d’autres encore, sont au centre des préoccupations du citoyen ordinaire partout dans le monde. L’UNESCO a le devoir d’enrichir les débats qui les entourent – par des faits, des chiffres, des analyses – et de les nourrir des valeurs universelles qui sont les siennes.
Aucune organisation, quelle qu’elle soit, ne peut y parvenir sans s’appuyer sur les médias: la presse écrite, la télévision, la radio et désormais Internet, que consultent, regardent et écoutent les gens au quotidien.
Pour l’UNESCO, cela implique un redéploiement du personnel chargé de l’information et une redistribution des ressources. Il a donc été décidé que le Courrier de l’UNESCO – dont le budget dépasse celui, par exemple, du Centre du patrimoine mondial ou du Bureau international d’éducation – cesserait, dès la fin de cette année, de paraître dans sa forme actuelle. Il sera remplacé, dans un premier temps, par un nouveau Courrier, gratuit, qui paraîtra deux fois par an, en mai et en octobre, dans les six langues officielles des Nations unies.
Il s’agit là d’une décision douloureuse, source inévitable de polémique. Mais il serait faux de n’y voir que la fin d’une longue et souvent brillante aventure. L’UNESCO, sous une direction nouvelle, amorce un virage décisif dans le but d’être mieux entendue, d’être mieux écoutée, et de redevenir une référence incontournable dans le débat démocratique.

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