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DECLARATION
DE KHARTOUM
Khartoum (Soudan), le 11 avril 1995
A l'initiative de la Commission nationale soudanaise pour l'UNESCO, avec le précieux
soutien de l'UNESCO, sous les auspices de S. Exc. M. OMER HASSAN AHMED EL BASHIR,
président de la République du Soudan, avec la participation de M. FEDERICO MAYOR,
directeur général de l'UNESCO, et de S. Exc. M. Ahmed EL SAYYAD, président de la
Conférence générale de l'UNESCO, et en présence de M. SALIM AHMED SALIM, secrétaire
général de l'Organisation de l'unité africaine, le Séminaire régional sur la culture
de la paix a eu lieu à Khartoum, capitale du Soudan, du 8 au 11 avril 1995. Les
participants ont analysé la situation au Soudan et dans la Corne de l'Afrique afin
d'examiner le concept d'une culture de la paix et ses applications dans la région. Ils
constatent avec satisfaction que les discussions ont eu lieu dans un climat de franchise,
de liberté et d'objectivité.
Ont assisté au Séminaire des représentants de chacun des
Etats de la Corne de l'Afrique et d'Afrique centrale mentionnés ci-après, à savoir
Djibouti, l'Ethiopie, la Somalie, la République centrafricaine, l'Ouganda et le Soudan,
ainsi que de l'UNESCO et du groupe africain à l'UNESCO. La société civile soudanaise y
était également largement représentée.
Dans son discours inaugural, S. Exc. M. Omer Hassan Ahmed El Bashir, président de la
République du Soudan, a réaffirmé son attachement à la cause de la paix et son soutien
à l'instauration d'une culture de la paix au Soudan et dans la région.
Prenant ensuite la parole, le Directeur général de l'UNESCO
a déclaré ce qui suit : "C'est la première fois qu'un Séminaire sur la culture de
la paix est organisé dans la Corne de l'Afrique. Malheureusement, les conflits
n'épargnent aucun pays de cette région. Nous devons comprendre que la plupart des
problèmes économiques et sociaux qui entravent le développement dans ces pays sont dus
à l'absence d'un climat de paix". Le Directeur général s'est réjoui de l'annonce
d'un cessez-le-feu dans le sud du Soudan et a félicité l'IGAD pour ses efforts de
médiation. Il a exprimé l'espoir que toutes les parties saisiraient cette occasion pour
mettre en place les conditions d'une paix durable.
Les participants au Séminaire sont convaincus que tout doit
être fait pour transformer le cessez-le-feu qui prévaut aujourd'hui dans le sud du
Soudan en une paix durable et stable, accompagnée d'importants projets de développement
auxquels toutes les nations de bonne volonté ainsi que les Nations Unies et d'autres
organismes internationaux de développement devraient contribuer pleinement.
Les participants au Séminaire réaffirment que ces objectifs
ne pourront être atteints que dans le contexte d'une culture de la paix, et s'ils
s'accompagnent d'un effort intensif et soutenu de concrétisation des valeurs
spirituelles, morales et esthétiques. Cet effort exige la mobilisation de toutes les
énergies aux fins de l'expression scientifique, artistique et littéraire, le concours
des médias et l'élaboration de programmes éducatifs pour ancrer la culture de la paix
dans les mentalités, conformément à la phrase désormais célèbre contenue dans le
Préambule de l'Acte constitutif de l'UNESCO : "Elever les défenses de la paix dans
l'esprit des hommes".
Les participants au Séminaire engagent les gouvernements et
les peuples du continent, en particulier ceux de la région, à faire tout ce qui est en
leur pouvoir pour élaborer et mettre en uvre des programmes concernant la culture
de la paix et pour participer à la création d'organes et d'institutions obéissant aux
principes de la démocratie, du respect des droits de l'homme, de l'égalité, de la
justice et de l'esprit de tolérance, en vue d'un développement durable et équitable.
Les participants réaffirment la nécessité d'élaborer des
programmes locaux et régionaux avec, autant que faire se peut, la participation de toutes
les parties au conflit et de la société civile, pour amorcer puis consolider une culture
de la paix aux niveaux local et régional. Ces programmes devraient prévoir le
renforcement du rôle des femmes et des jeunes, protéger les droits des enfants dans les
zones de conflit armé, enrichir la diversité culturelle et favoriser l'harmonie de
façon à encourager et à sceller la paix et l'unité nationale. Ils devraient aussi
prêter une attention particulière à la protection de l'environnement et aux liens entre
environnement, paix et développement.
Les participants réaffirment en outre que l'abolition de
toutes les formes de violence est la responsabilité première de tous les secteurs de la
société, puisque ce processus est au cur même de la civilisation humaine.
Les participants invitent instamment la communauté
internationale à fournir toute l'aide et tout le soutien possibles aux peuples d'Afrique
dans leur lutte contre toutes les formes d'injustice et de sous-développement et contre
la pauvreté, la misère et l'analphabétisme.
La communauté internationale devrait aider le peuple africain à délivrer le continent
des guerres et des conflits et à enrayer les effets de la dégradation de l'environnement
tels que la sécheresse et la désertification.
Les participants notent avec satisfaction le rôle actif
joué par l'UNESCO et son Directeur général dans l'organisation du Séminaire, et ils
engagent l'UNESCO à continuer d'appuyer le suivi et l'application de leurs conclusions et
recommandations.
Ils expriment leurs remerciements et leur gratitude à S.
Exc. M. OMER HASSAN AHMED EL BASHIR, président de la République du Soudan, pour le
soutien qu'il a apporté au Séminaire, ainsi qu'au peuple et au gouvernement du Soudan
pour leur hospitalité. |