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UNESCO
Unité Culture de la Paix (CPP)
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7, place de Fontenoy
75352 Paris 07 SP
FRANCE
Tél : (+33 1) 45 68 12 19
Fax : (+33 1) 45 68 55 57
Mél : cofpeace@unesco.org
Internet:
www.unesco.org/cpp

Déclaration de Malte

Les Routes de la Foi

La Vallette, Malte, le 22 juin 1997

 

1. A la suite du processus commencé à Rabat en 1995, dans le cadre de la mise en œuvre du projet interculturel « Les Routes de la Foi », des croyants pratiquants, fidèles ou simples adeptes des trois religions monothéistes du Livre - le Judaïsme, le Christianisme et l'Islam - et des traditions spirituelles de l'Hindouisme, du Bouddhisme et du Sikhisme se sont réunis à Malte du 20 au 22 Juin 1997, à l'invitation de l'UNESCO, de la Commission nationale de Malte et de la « Foundation for Intemational Studies at the University of Malta » en vue de promouvoir le dialogue inter religieux. La réunion a été présidée par M. Salvino Busuttil avec pour vice-présidents, Madame Jacqueline Rougé, M. Emile Moatti, Cheik Rajai Abdo et Lama Denys Teundroup, le rapporteur principal étant M.Iba der Thiam et les rapporteurs adjoints, Madame Suha Farouqi et M. John Baldocl.

2. Face aux défis du monde actuel qui est marqué autant par la violence, la peur de l'autre, les malentendus, la méfiance réciproque, la montée de l'intolérance et de l'incompréhension que par la volonté de collaboration et de compréhension, nous, croyants pratiquants, fidèles ou simples adeptes des religions monothéistes du Livre et des autres traditions spirituelles, représentées à Malte, nous fondant sur certaines convergences de nos patrimoines spirituels respectifs, estimons qu'il est plus que jamais urgent de développer et d'approfondir le dialogue inter religieux pour consolider la paix, la compréhension mutuelle, le pardon et la réconciliation.

3. Un tel dialogue, loin de faire abstraction des différences existant entre nos patrimoines spirituels respectifs, permet au contraire de les découvrir, de mieux nous connaître et de nous enrichir mutuellement. Il ne conduit pas chaque individu à se dissoudre dans l'autre mais à conforter ses convictions. Ce dialogue ne vise en effet ni la fusion des identités spirituelles, ni l'élaboration d'un quelconque syncrétisme, ni à fournir une tribune de prosélytisme. Il est ouverture, respect et reconnaissance des possibilités de vivre ensemble dans un contexte pluraliste. Après une série d'allocutions au cours de laquelle chaque intervenant a dressé le bilan de son expérience personnelle dans le dialogue inter religieux, et exposé sa vision des perspectives d'avenir, la réunion a permis un échange fécond et a donné à chacun l'occasion d'exprimer la spécificité de son héritage.

4. Inspirés, pendant cette rencontre, par l'espoir de développer le dialogue et de promouvoir la coopération entre les adeptes de toutes les religions, nous nous sommes enrichis et sentis interpellés par la diversité des expériences et des approches présentées pendant les jours passés ensemble. Nous avons, de plus, découvert que bien souvent le regard de l'autre sur notre propre tradition religieuse nous aide à approfondir notre système de croyance personnel.

5. Dans la reconnaissance et le respect des différences, nul ne s'est senti contraint de renoncer à ses perspectives ou d'ignorer la spécificité de sa tradition religieuse.

6. En effet, cette diversité apporte un nouvel éclairage à nos traditions et pratiques. C'est pourquoi nous affirmons que les relations personnelles constituent une source privilégiée pour le dialogue inter religieux et l'échange fructueux des expériences.

7. A l'inverse, les religions ont pu, et peuvent avoir des implications tragiques dans les conflits, ainsi que nous en avons pris davantage conscience au cours de notre rencontre.

Nous réaffirmons face à cela nos engagements visant à développer l'énorme potentiel pour le bien inhérent aux religions du monde, qui nous commandent de rechercher, et d'instaurer, la paix.

Les religions sont ainsi, des réalités humaines. Aussi, l'expression selon laquelle « les religions sont pour la paix » ne fait-elle pas suffisamment cas des dissensions engendrées ou encouragées par certains adeptes des diverses religions. Voilà pourquoi nous insistons sur la nécessité, d'une part, de prendre conscience d'une mauvaise utilisation des motivations religieuses, et d'autre part, de mettre en garde contre ses conséquences terribles.

8. Dans cette perspective, tous ceux qui se sentent menacés dans leur appartenance confessionnelle, par l'extrémisme ou l'intolérance, se sont rapprochés les uns et les autres. Les temps de crise ouvrent parfois de nouvelles routes pour le dialogue. Au sein de sociétés plurireligieuses, il faut que les attitudes vécues soient conformes à la sincérité des engagements souscrits, sinon la distance qui apparaît disqualifie le dialogue inter religieux.

9. Considérant que nous avons besoin les uns des autres, nous avons décidé de fonder notre démarche sur notre foi commune en la Transcendance qui donne à la vie un sens et au monde une finalité. Ce faisant nous avons résolu de tourner le dos à tout ce qui a pu nous opposer dans le passé, pour marcher ensemble dans l'identification d'un commun désir de vivre ensemble dans la paix, la justice, la solidarité, le respect mutuel et la fraternité.

10. Pour ce faire, nous avons pris davantage conscience qu'il est de notre responsabilité, mais qu'il est également de la responsabilité des communautés religieuses et de chaque croyant pratiquant, fidèle ou adepte de nos spiritualités de promouvoir un environnement juste et pacifique, par la mobilisation de l'immense potentiel spirituel, moral, social et matériel offert par les religions sur les plans personnel, local, régional, national et international.

Sur les bases ainsi définies, les participants à la Réunion de Malte soumettent à toutes les communautés religieuses, associations et personnes concernées, ainsi qu'à I'UNESCO, les propositions suivantes :

i. L'adoption et la mise en œuvre d'un cadre d'orientation et d'une méthodologie pour le dialogue entre les religions. A cette fin, envisager la rédaction d'une Charte contenant les objectifs majeurs des religions monothéistes et des autres traditions spirituelles pour éclairer les axes d'intervention et mettre au point une démarche pour le dialogue et la coopération entre les adhérents des différentes religions, qu'ils soient religieux ou séculiers ;

ii. Le recueil et l'évaluation d'exemples de dialogue et de coopération entre les communautés religieuses du monde entier, en vue de faire connaître les initiatives réussies pouvant servir de modèles et de promouvoir le dialogue en dehors des cercles académiques. Favoriser la collaboration entre universitaires et personnes engagées dans le dialogue inter religieux sur le terrain, afin d'allier la réflexion à l'action pour élargir le dialogue, en l'étendant au-delà des universités et des institutions en tant que telles aux familles, communautés et à tous les niveaux de la société, et ainsi lui donner une plus grande portée ;

iii. L'examen et l'analyse par chaque communauté religieuse des éléments de sa tradition textuelle et de son histoire sacrée qui ont été utilisés pour justifier les conflits et la violence, ainsi que des commandements, pratiques et enseignements de ces traditions invitant à la tolérance et au respect mutuel pour les faire connaître, la rédaction et la diffusion de brochures de vulgarisation présentant les principales religions et, dans la mesure du possible, de toute publication pertinente allant dans le même sens ;

iv. L'organisation des visites, avec un message de paix fondé sur leurs traditions religieuses, auprès des croyants vivant sur les lieux des conflits actuels. Ces visites ne doivent pas permettre de reconnaître un état de fait encore moins de s'en accommoder, mais visent à apporter un message spirituel, non-politique, un message de paix invitant à la coexistence qui trouve sa source dans l'injonction divine communément partagée d'aimer son prochain. Dans cet esprit, encourager des pèlerinages communs vers des lieux chargés de signification spirituelle pour les différentes communautés ;

v. Dans le domaine de l'éducation, les participants recommandent aux communautés religieuses, avec l'appui de l'UNESCO :

a. De favoriser des études sur l'image et sur la perception de « l'autre » dans les textes religieux. Sur cette base, établir des orientations pour la présentation des autres croyances au sein des systèmes éducatifs de chacune des communautés religieuses ou associations œuvrant dans un esprit de rapprochement entre les personnes ;

b. La promotion des recherches sur les façons dont les communautés ont utilisé des textes religieux pour justifier des conflits; la publication concomitante d'autres références sacrées appelant à la tolérance et au respect mutuel ;

c. La diffusion des publications d'intérêt commun publiées dans les pays membres de l'UNESCO ;

vi. La mise en œuvre de la proposition 3 (a) et (e) de l'accord de Rabat: « La création d'Instituts de connaissance réciproque des trois écritures et des chaires UNESCO des trois écritures et de leur culture spécifique. » et dans ce cadre, remettre des prix à des particuliers, à des organisations, à des universités, etc., pour la réussite de projets inter religieux prometteurs dans différents domaines ;

Dans les domaines de l'information, de la communication et de la documentation :

vii. Recommander aux communautés religieuses avec l'appui de l'UNESCO :

a. de créer un répertoire inter religieux et un bulletin regroupant toutes les institutions travaillant dans le domaine inter religieux et toutes les initiatives entreprises ;

b. de faciliter la communication entre les communautés et les personnes engagées dans le dialogue et la coopération en faisant, par exemple, appel à l'utilisation des nouvelles technologies, telles que le courrier électronique, les banques et les bases de données, dans le but d'identifier et de faire connaître les activités inter religieuses existant à travers le monde.

c. de créer un site Internet UNESCO intitulé « Dialogue inter religieux »,

Recommande à l'UNESCO :

viii. d'accorder, en partenariat avec d'autres sources de financement, des moyens financiers et humains conséquents pour la promotion du dialogue comme élément d'une culture de paix, de justice, de compréhension mutuelle et de fraternité ;

ix. de poursuivre le projet des 'Routes de la Foi', et de proposer que la prochaine réunion ait lieu au Moyen Orient, en Jordanie par exemple, dans le courant de l'automne 1998 ;

x. d'insérer dans son programme culturel, des activités inter religieuses privilégiant la création et les expressions artistiques, littéraires, théâtrales, cinématographiques et musicales, ainsi que l'étude des sites et monuments parce que les pierres nous parlent au-delà de nos clivages- de faire appel, à cette fin, aux contributions volontaires ;

xi. d'organiser, en partenariat avec les communautés et les associations religieuses:

a. des forums de dialogue consacrés spécialement aux jeunes et aux femmes en cherchant les moyens adéquats pour nourrir la relation inter religieuses venue par ceux-ci ;

b. des rencontres inter religieuses locales, car il ne faut pas oublier ou négliger le contexte dans lequel se développent les différends inter religieux, si nous voulons que le dialogue ne se réduise pas à une simple spéculation intellectuelle ;

c. un symposium sur le pardon et la réconciliation, une contribution pour la paix avec toutes les traditions religieuses ;

d. un symposium sur la promotion d'un état de droit basé sur l'égalité, la justice, l'aide pour l'éducation, et une solidarité à l'égard de toute personne, dans une vision d'espoir ;

xii. de tenir compte, enfin, des conclusions des Réunions de Barcelone de 1994 et de porter un intérêt à celles qui seront organisées par le Centre UNESCO de Catalogne: Catania en avril 1998 « Future Of Cultures and of Religions in the Mediterranean Areas », en mai 1998 à Grenade.- « Religious education in the context of pluralism and tolerance », 2004: Universal Forum of Cultures.

En conclusion, bien que nous disposions d'exemples admirables d'alliance nouées pour lutter, contre la méconnaissance, l'ignorance d'autrui et les malentendus, nous sommes également, les héritiers de divisions nées de fausses interprétations des textes sacrés.

Nous avons donc le devoir, en tant que membres de communautés religieuses, de transmettre aux générations futures un patrimoine commun de respect mutuel, de solidarité fraternelle, de coopération confiante et fructueuse, de tolérance, de paix et de justice.

Les religions ont la tâche de porter un message de bien-être spirituel et une vision pour un monde de paix et de relations justes entre les Personnes: nous croyons que, tous ensemble, nous devons propager ce message.

 

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