Déclaration
de Tashkent
Adoptée par le Conseil exécutif de l'UNESCO
à sa 155ème session
Tashkent, République d'Ouzbékistan, le 6
novembre 1998
Réuni à Tachkent à la généreuse initiative du Président de la République
d'Ouzbékistan,
Inspiré par la richesse du patrimoine historique de
l'Ouzbékistan et par son souci de sauvegarder et promouvoir ses valeurs culturelles dans
un esprit d'ouverture à la démocratie et de paix, et encouragé ainsi à contribuer à
l'avènement d'une culture de la paix, qui sera un défi du nouveau millénaire,
Le Conseil exécutif,
1. Réitérant l'engagement inscrit dans la Charte des
Nations Unies de « préserver les générations futures du fléau de la guerre »,
2. Rappelant que l'UNESCO a été créée « afin
d'atteindre graduellement, par la coopération des nations du monde dans les domaines de
l'éducation, de la science et de la culture, les buts de paix internationale et de
prospérité commune de l'humanité en vue desquels l'Organisation des Nations Unies a
été constituée »,
3. Remerciant le Directeur général d'avoir lancé
l'initiative d'une culture de la paix et d'avoir largement contribué au rayonnement de
cette idée,
4. Rappelant la résolution 012 de la 28e session de
la Conférence générale sur la Stratégie à moyen terme pour 1996-2001, selon laquelle
« le défi majeur, en cette fin du XXe siècle, est d'amorcer la transition d'une culture
de la guerre vers une culture de la paix :
(a) une culture de la convivialité et du partage, fondée
sur les principes de liberté, de justice et de démocratie, de tolérance et de
solidarité,
(b) une culture qui rejette la violence, s'attache à
prévenir les conflits à leurs sources et à résoudre les problèmes par la voie du
dialogue et de la négociation,
(c) une culture qui assure à tous le plein exercice de tous
les droits et les moyens de participer pleinement au développement endogène de leur
société »,
5. Tenant compte de la Déclaration des principes sur
la tolérance et du Plan d'action destiné à donner suite à l'Année des Nations Unies
pour la tolérance (rés. 28 C/5.6),
6. Se félicitant que l'Assemblée générale des
Nations Unies ait proclamé l'année 2000 Année internationale de la culture de la paix,
7. Pleinement conscient de la responsabilité
éminente qui incombera à l'UNESCO pendant l'Année internationale de la culture de la
paix en vue de promouvoir un changement historique et de civilisation amenant les peuples
du monde à apprendre à vivre ensemble dans un contexte multiculturel en partageant des
idéaux démocratiques communs,
8. Rappelant la recommandation du Conseil économique
et social de l'ONU à l'Assemblée générale tendant à proclamer la première décennie
du nouveau millénaire décennie internationale consacrée à une culture de la paix et de
la non-violence pour les enfants du monde,
9. Estime que le passage de l'humanité à un nouveau
millénaire constitue un tournant historique qui doit être mis à profit pour engager les
femmes et les hommes à se détourner des attitudes et des comportements qui, dans le
passé, ont si souvent été à la source de la guerre, de la violence et de l'injustice
sociale, et à faire leurs les attitudes et les comportements qui rendront possible un
avenir fondé sur une culture de la paix ;
10. Réaffirme que l'ensemble des activités de
l'UNESCO doit concourir à promouvoir une culture de la paix ;
11. Souligne plus particulièrement l'engagement de
l'UNESCO dans le domaine de l'éducation à la tolérance, aux droits de l'homme et à la
démocratie ;
12. Recommande que le programme de l'UNESCO pour les
années 2000-2001 figurant dans le document 30 C/5, qui marquera le passage au nouveau
millénaire, porte le titre mobilisateur « Vers une culture de la paix » ;
13. Invite les Etats membres, les institutions du
système des Nations Unies, les autres organisations intergouvernementales et les
organisations non gouverne-mentales à célébrer par des manifestations mémorables
l'Année internationale de la culture de la paix en l'an 2000, à prendre dès à présent
toutes les mesures nécessaires pour assurer son succès et à affirmer de la sorte les
valeurs de tolérance et de compréhension mutuelle, ainsi que celles de la lutte contre
la pauvreté et l'exclusion, autant d'actions qui profiteront avant tout aux femmes, à la
jeunesse et aux pays moins avancés ;
14. Invite le Directeur général à prendre les
mesures nécessaires pour assurer la mise en oeuvre de cette décision et lui donner la
plus large diffusion. |