espagnol.gif (840 octets)

english.gif (1445 octets)

Page d'accueil
Contacter
Nouveautés

Projets

Liens

Déclarations
Recherche
Publications
Résolutions des Nations Unies

Année internationale  pour une Culture de la  Paix

Manifeste 2000
Education pour une Culture de la Paix
Paix, Droits de l'homme, Démocratie et Tolérance

Unité de la Paix et des nouvelles dimensions  de la sécurité

Femmes et Culture de la Paix

Dialogue culturel et pluralisme pour une Culture de la Paix

Jeunesse
Bureaux UNESCO et les Comissions Nationales  
Chaires UNESCO
Prix UNESCO
FrSMlogo.gif (4181 octets)
Cette information est fournie par

UNESCO
Unité Culture de la Paix (CPP)
Communication & Information
7, place de Fontenoy
75352 Paris 07 SP
FRANCE
Tél : (+33 1) 45 68 12 19
Fax : (+33 1) 45 68 55 57
Mél : cofpeace@unesco.org
Internet: www.unesco.org/cpp

Déclaration de Zanzibar :
Les femmes d'Afrique pour une culture de la paix

Zanzibar, Tanzanie, le 20 mai 1999

Nous, femmes d'Afrique,

1. Réunies à l'occasion de la Conférence panafricaine des femmes pour une culture de la paix, à Zanzibar (République-Unie de Tanzanie), du 17 au 20 mai 1999, à la veille du nouveau millénaire et de l'Année internationale de la culture de la paix, considérons cette conférence comme l'aboutissement d'un processus irréversible pour les femmes africaines. Nous avons résolu de lancer un mouvement panafricain de femmes pour la paix pour mettre fin aux conflits violents et à la guerre, et nous lançons un appel aux femmes et aux hommes d'Afrique, et aussi d'autres continents, pour qu'ils se joignent à nos efforts.

2. Après la dévastation sociale, économique et culturelle causée par le colonialisme, l'Afrique a connu au lendemain de l'indépendance une période marquée par les carences économiques et les frustrations sociales, la répartition inégale des richesses et des chances entre les peuples, les conflits violents, les coups d'Etat militaires, l'instabilité politique, la dictature et la corruption. La pauvreté extrême, l'inégalité entre les sexes, les politiques d'exclusion, l'analphabétisme, l'absence de sécurité sur les plans social, économique, religieux et politique et la faible participation des femmes au processus de démocratisation nous ont marginalisées et ont empêché l'Afrique de mettre à profit les talents, l'expérience et les compétences des femmes en tant que promotrices de la paix et du développement. Nous sommes déterminées à employer notre imagination et nos capacités à corriger ces déséquilibres et à contribuer à assurer un développement et une paix durables.

3. L'Afrique continue à perdre des ressources du fait de systèmes économiques défavorables à l'origine d'un écart de plus en plus large entre l'Afrique et les autres régions. Ainsi, bien qu'elle ait apporté une contribution substantielle au développement mondial, l'Afrique risque de perdre pied et d'être marginalisée dans le contexte actuel dominé par la mondialisation et l'économie de marché. Nous demandons, à cet égard, l'annulation de la dette par la communauté internationale.

4. Parce que nous avons subi des violations massives des droits fondamentaux de l'être humain et que nous avons dû assurer la subsistance de notre société, tout en faisant face aux traumatismes, aux souffrances, à la violence, aux injustices sociales et à la pauvreté, nous nous engageons à promouvoir la résolution des conflits par des moyens non-violents ainsi que les valeurs africaines pour une culture de la paix.


La participation des femmes à la promotion de la paix

Nous, femmes d'Afrique,

5. Regrettons le fait que les négociations de paix actuelles soient un domaine essentiellement masculin ignorant les efforts et les initiatives des femmes en faveur de la résolution des conflits et de la promotion de la paix sur le continent, notamment par le dialogue et le consensus ;

6. Soutenons que la culture de la paix requiert la ferme détermination de mettre en question et de transformer les cadres institutionnels, les attitudes et les comportements qui divisent les individus en fonction de clivages économiques, sociaux, religieux et liés au genre ;

7. Nous engageons à promouvoir les droits de la personne humaine ainsi que les moyens non violents de prévenir les conflits en appuyant les réseaux qui visent à :

· assurer la détection et la réaction aux systèmes d'alerte rapide ;
· résoudre les conflits selon des méthodes conformes aux stratégies traditionnelles de médiation en Afrique ;
· coordonner les efforts en vue de renforcer la capacité des femmes de construire la paix ;

8. Lançons donc un appel pressant à tous les gouvernements africains, à l'OUA, aux autres organes et organismes régionaux et sous-régionaux, tels que le Comité des femmes africaines pour la paix et le développement, à la communauté internationale, y compris le système des Nations Unies, pour qu'ils prennent d'urgence des mesures efficaces pour faire en sorte que les femmes soient effectivement représentées de manière équitable dans les processus de décision, concernant en particulier la prévention, la gestion et la résolution des conflits ainsi que les négociations de paix.

Démilitarisation et désarmement

Nous, femmes d'Afrique,

9. Reconnaissons que la sécurité des peuples ne se réduit pas à la sécurité de l'Etat et à la sécurité militaire ; c'est aussi une question de survie économique et de bien-être général ;

10. Condamnons la prolifération des armes qui alimente les conflits et les guerres et compromet le développement de l'Afrique et demandons aux gouvernements africains de mettre en place des mécanismes de limitation et de contrôle du commerce des armes ;

11. Condamnons l'enrôlement des enfants africains et nous engageons à aider à libérer, démobiliser et protéger ces enfants, à en assurer la réinsertion sociale et à les intégrer activement dans des processus de développement constructifs ;

12. Soutenons les initiatives sous-régionales de démilitarisation, désarmement et lutte contre la drogue, tels que le moratoire de la CEDEAO sur l'importation, l'exportation et la fabrication des armes légères et son Programme de coordination et d'assistance pour la sécurité et le développement (PCASD) ;

13. Réaffirmons que le désarmement est un instrument indispensable à la construction d'une paix durable et nous engageons à organiser une campagne internationale massive pour collecter toutes les armes illicites et aider à faire de l'Afrique une zone exempte de tous types d'armes, y compris les mines terrestres et les matières radioactives et à obtenir le soutien de la communauté internationale en faveur de cet effort ;

14. Lançons un appel aux gouvernements et aux parlements africains pour qu'ils réduisent les dépenses militaires et réorientent les ressources ainsi dégagées en faveur des besoins fondamentaux de développement des peuples ;

15. Nous engageons à œuvrer avec les gouvernements pour revoir tous les systèmes d'éducation afin :

· d'instaurer une culture de la paix en tant que fondement de l'éducation et de la socialisation ;
· d'inclure des conseils et des programmes et modules spéciaux de formation en matière de résolution des conflits et de négociations de paix dans les programmes d'études et à tous les niveaux de l'éducation formelle et non formelle.

Mise en place de réseaux reliant mouvements de femmes africaines et mouvements internationaux

Nous, femmes d'Afrique

16. Invitons nos gouvernements, le secteur privé, la société civile, nos frères et sœurs d'ascendance africaine et la communauté internationale à soutenir le mouvement de paix en Afrique et à contribuer à renforcer la capacité des femmes africaines de sensibiliser le continent tout entier à l'importance du recours à des moyens pacifiques de prévention, résolution et transformation des conflits, et de le mobiliser et le réconcilier autour de cette notion.

Communication, information et diffusion

Nous, femmes d'Afrique,

17. Recommandons vivement d'assurer le plein accès aux outils et technologies appropries de communication et d'en développer l'utilisation afin de renforcer efficacement la constitution de réseaux et la solidarité entre les femmes à tous les niveaux. Un programme radiophonique panafricain sur les questions de genre et de paix devrait être créé en tant qu'outil efficace d'éducation civique et d'éducation à la paix, ainsi que de communication et de mobilisation à cette fin, qui se fera l'écho du combat des femmes pour la paix ;

18. Nous engageons à entreprendre, avec des femmes et des hommes de toutes conditions, de vastes efforts de consultation, de recherche et de constitution de réseaux afin de développer, en matière de prévention, de gestion et de résolution des conflits, une vision globale qui tienne compte des considérations de genre.

Mobilisation de ressources

19. Tout en mettant notre temps, nos énergies, nos compétences et nos talents au service de la construction de la paix dans nos foyers et au sein de nos communautés et de nos nations, Nous, femmes d'Afrique, demandons à l'OUA et aux autres institutions sous-régionales, à l'ONU et ses institutions, aux autres organisations internationales, aux gouvernements nationaux, aux ONG, au secteur privé, aux femmes et aux hommes épris de paix, de reconnaître et de soutenir moralement, techniquement et financièrement, nos efforts d'instauration et de consolidation de la paix.

Enfin,

Nous, femmes d'Afrique,

20. Réunies à Zanzibar (République-Unie de Tanzanie), sommes reconnaissantes à l'UNESCO de son initiative et de ses efforts pour bâtir une culture de la paix et la remercions d'avoir rassemblé quelque 300 femmes africaines de toutes conditions à l'occasion de cette importante conférence panafricaine intitulée « Les femmes s'organisent pour la paix et la non-violence en Afrique ». En vertu de son mandat, nous recommandons à ses organes directeurs de prêter une attention particulière à l'action de suivi dans la conduite et le renforcement des activités en faveur des femmes africaines et d'une culture de la paix dans le cadre du Programme et budget ordinaire, de la Stratégie à moyen terme de l'Organisation et de la poursuite de la mise en œuvre de la Plate-forme d'action de Beijing ;

21. Remercions le pays hôte et le peuple de Zanzibar de leur hospitalité et sommes reconnaissantes de l'appui qu'elles ont apporté aux initiatives des femmes africaines pour la paix à l'OUA, à la CEA et aux autres organisations africaines sous-régionales et institutions de la famille des Nations Unies, notamment la FAO, l'OIT, l'UNCHR, le PNUD, l'UNESCO, le FNUAP, le HCR, l'UNICEF, l'UNIFEM, le PAM et l'OMS ;

22. Demandons instamment à l'OUA, à la CEA, à la BAD, au Comité des femmes africaines pour la paix et le développement, à tous les organismes internationaux, régionaux et sous-régionaux tels que la CEDEAO, la SADC et l'IGAD, ainsi qu'aux ONG, aux gouvernements et à la communauté des donateurs, de soutenir et de mettre en œuvre la Déclaration de Zanzibar et l'Agenda des femmes pour une culture de la paix en Afrique, adoptés à Zanzibar le 20 mai 1999.

 

copyright.gif (1362 octets)
disclaimer.gif (1292 octets)

vsmFRLogo.gif (2056 octets)