« Les femmes s’organisent pour la paix et la non-violence en Afrique »

Conférence Pan-Africaine des Femmes pour une Culture de la Paix

Zanzibar (République Unie de Tanzanie), 17-20 mai 1999

L’UNESCO organise, en coopération avec le Gouvernement de la République-Unie de Tanzanie, l’Organisation de l’unité africaine (OUA), le Comité des femmes africaines pour la paix et le développement, et d’autres organisations inter et non-gouvernementales, une Conférence panafricaine des femmes pour une culture de la paix qui se tiendra à l’Hôtel Bwawani à Zanzibar, en République-Unie de Tanzanie, du 17 au 20 mai 1999.

Tirant profit de l’expérience des femmes africaines, de leur savoir et de leur savoir-faire, cette Conférence concentrera principalement sa réflexion sur la contribution des femmes à une culture de la paix. Elle apportera un éclairage plus fort sur les initiatives des femmes et leur pouvoir potentiel en matière de construction de la paix. Enfin, elle aura pour but de renforcer les efforts des femmes, notamment par le développement de leurs capacités et la mise en place de réseaux.

POURQUOI ?

En 1998, 14 des 53 états africains étaient impliqués dans des conflits armés, ce qui représentait plus de la moitié des morts victimes de la guerre dans le monde. Selon les estimations statistiques les plus récentes du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCNUR), le nombre de personnes déplacées en Afrique approche les 8 millions, dont 70 à 80% sont des femmes et des enfants. Avec l’accroissement du nombre des guerres civiles, environ 90% des victimes sont des civils, indication évidente s’il en est de la dimension tragique des conflits violents sur ce continent et son coût élevé en vies humaines.

Préoccupée par la persistance de la violence et la prolifération des conflits armés dans le monde, l’UNESCO est décidée à se pencher sur les causes profondes de ces phénomènes y compris la pauvreté, l’injustice, l’ignorance, l’exclusion sociale et les violations des droits humains, estimant qu’il est plus efficace et humain de prévenir que d’intervenir quand la souffrance et la destruction sont survenues. Ainsi, l’UNESCO mobilise les femmes et les hommes de par le monde en faveur de la culture de la paix.

Alors que la préoccupation face à la montée de la violence et des conflits armés est largement partagée par les femmes et les hommes, les perspectives, l’expérience et les capacités des femmes en matière de prévention des conflits demeurent largement mal utilisées, voire ignorées, en dehors du contexte strictement familial. Bien que leurs responsabilités au sein de la famille ne doivent pas être sous-estimées, les femmes restent largement exclues des processus de prise de décision qui régissent leurs conditions de vie. Leur force et leur pouvoir sont trop mal connus mais les femmes d’Afrique s’expriment et agissent.

Aujourd’hui, sur tout le continent, de nombreux groupes de femmes, aux niveaux national, régional ou sous-régional, défendent activement la paix et créent des réseaux de communication alternatifs qui ouvrent de nouveaux horizons pour la résolution non-violente des conflits et de nouvelles formes de solidarité à la fois parmi les femmes entre elles mais aussi entre les hommes et les femmes. Ces initiatives novatrices doivent être renforcées et bénéficier d’une plus grande visibilité. Les femmes retrouvent leur pouvoir de dire non à la guerre et l’UNESCO est déterminée à les aider.

 

"Ce n'est qu'ensemble, en partenaires placés sur un pied d'égalité, que nous pourrons, hommes et femmes, venir à bout des obstacles et de l'initertie, du silence et de l'impuissance et leur substituer la vision, la volonté politique, la pensée créatrice et les actions concrètes nécessaires pour faire passer le monde de la culture de la violence à une culture de la paix »

(Déclaration de l'UNESCO sur la contribution des femmes à une culture de la paix, 1995)

 

INITIATIVE DE L’UNESCO POUR UNE CULTURE DE LA PAIX

Cette Conférence constitue un jalon important d’un processus de mobilisation des femmes et des hommes en faveur d’une culture de la paix et de la non-violence qui passe par la transformation des sociétés mues par une logique de guerre et de violence. Ce processus, initié dans le cadre du Projet transdisciplinaire de l’UNESCO « Vers une culture de la paix », attire de plus en plus de nouveaux partenaires et génère un nouvel élan dans la perspective de l’An 2000, proclamé par l’Assemblée générale des Nations Unies « Année internationale de la culture de la paix », avec l’UNESCO comme agence chef de file.

OBJECTIFS . . .

L’objectif principal de la Conférence est d’offrir aux femmes africaines un forum pour coordonner leurs actions en faveur de la paix de façon à ce que l’impact sur les processus de prise de décision soit effectif et significatif sur ce continent et que ces actions servent de mécanisme de prévention.

. . . IMMEDIATS

. . . A LONG TERME

LA CONFERENCE

« La culture de la paix est une transition du logique de la force et la crainte vers une logique de la raison et de l'amour » (Directeur général de l'UNESCO, Federico Mayor)

 

La Conférence s’inscrit dans le cadre des décisions et réalisations des grandes conférences des Nations Unies - notamment le Programme d’action de Beijing (1995) - qui ont contribué à l’adoption d’un large consensus autour de l’idée que l’égalité, le développement et la paix sont étroitement liés.

« Le renforcement du popuvoir d'action des femmes et l'égalité entre les sexes sont des préalables essentiels à la sécurité politique, sociale, économique, culturelle et écologique de tous les peuples » (Beijing, Programme d'Action, 1995 para. 41)

Elle se situe dans le cadre du prolongement des résolutions pertinentes des Nations Unies qui ont mis l’accent sur l’intégration d’une perspective de genre dans des domaines souvent considérés comme neutres, tels que le désarmement, la paix et la sécurité et les questions d’ordre juridique et politique.

« … Nécessité d'intégrer systématiquement une démarche d'équité entre les sexes dans tous leurs domaines d'activité, en particulier dans les domaines suivants : macro-économie, activités operationnelles pour le développement, élimination de la pauvreté, dorits de l'homme, aide humanitaire, établissement des budgets, désarmament, paix et sécurité, questions juridiques et politiques … » (ECOSOC, juillet 1997)

Les Femmes s’organisent pour la paix et la non-violence en Afrique trouve également son fondement dans les conclusions des Assises de l’Afrique (février 1995); la Déclaration de l’UNESCO sur la contribution des femmes à une culture de la paix (1995) présentée à la Conférence de Beijing, et le Projet spécial de l’UNESCO sur les femmes et la culture de la paix en Afrique (1998-1999).

S’agissant avant tout d’une conférence de femmes africaines, elle se base également sur les accords régionaux et sur les conférences de femmes sur la paix telles que :

THEMES DE DISCUSSION

Ä 1ère séance L’impact des conflits violents en Afrique

La Conférence concentrera d’abord ses travaux sur les effets des conflits armés dans les sociétés africaines en général et sur les femmes en particulier, de façon à évaluer les dégâts qui en découlent du point de vue économique, politique, socio-culturel et de l’environnement. A partir de cette analyse sur le « coût de la guerre » dans une perspective de genre, les participantes étudieront les méthodes par lesquelles les femmes peuvent réagir contre la croyance commune et bien établie selon laquelle les conflits violents sont inévitables.

Ä 2ème séance Le rôle des femmes en Afrique dans la prévention et la résolution des conflits et dans la construction de la paix

A partir des travaux de la 1ère séance, les participantes devront aborder les questions relatives aux facteurs liés au genre et qui entravent ou au contraire stimulent le développement d’une culture de la paix en Afrique. Elles formuleront ensuite des stratégies pour lutter contre la pauvreté, l’ignorance et le désespoir en comparant les différentes composantes qui contribuent à l’acceptation et à la légitimation des guerres et des conflits violents. A partir du rôle traditionnel et du savoir-faire de la femmes africaine dans les domaines de la médiation et de la réconciliation, les participantes devront définir la vision qu’à la femme africaine de ce que devrait être une culture de la paix dans leur vie quotidienne et leur société.

Ä 3ème séance Le renforcement des capacités et la mise en réseau pour une culture de la paix en Afrique, actions novatrices et pratiques

Au cours de cette séance, les discussions se feront en groupes de travail et aborderont les différentes manières dont les femmes peuvent organiser leur action en faveur d’une culture de la paix d’une part et, d’autre part, continuer leur effort en faveur de leur participation aux prises de décision. Les groupes de travail concentreront leurs travaux sur un certain nombre de domaines tels que l’éducation et la formation (y compris l’éducation à la paix), la mise en place de réseaux et l’utilisation des techniques de communication (e.g. : radio, presse écrite, télévision) et d’internet aux niveaux inter-collectif, inter-communal, inter-régional et sous-régional. A partir des conclusions de ces travaux les participantes auront la possibilité d’articuler leurs besoins, leurs expériences, préoccupations, et engagements de façon plus complète et globale.

Ä 4ème séance L’Agenda des femmes pour une culture de la paix en Afrique et les préparatifs de l’Année internationale de la culture de la paix (An 2000)

L’Agenda des femmes pour une culture de la paix en Afrique sera l’aboutissement des travaux de ces quatre jours de réunion. Il reflètera la stratégie issue de la réflexion des participantes ainsi que l’esquisse des actions concrètes qui seront exécutées par ces dernières elles-mêmes, par les organisations inter et non-gouvernementales et par les gouvernements, dans le but de bâtir en Afrique une culture de la paix qui intègre une perspective de genre . L’Agenda sera lancé à l’occasion de L’Année internationale de la culture de la paix (An 2000) et la Décennie mondiale de la culture de la paix et de la non violence pour les enfants du monde.

RESULTATS

Les résultats de la Conférence seront largement diffusés. Ils seront soumis aux chefs d’état et de gouvernement africains, dans le cadre de l’OUA, afin de solliciter leur engagement et leur soutien politiques en vue de l’adoption de mesures concrètes de suivi. Ils seront également présentés aux organisations régionales et autres institutions des Nations Unies, ainsi qu’aux organes directeurs de l’UNESCO.

LES PARTICIPANTES

Il est prévu qu’environ 200 participantes assisteront à la Conférence. Parmi elles se trouveront des femmes dirigeantes, des politiciennes ayant une expérience dans la consolidation de la paix, des chercheurs dans les domaines de l’égalité des sexes et de la paix, des militantes aux niveaux communautaire et national, et des spécialistes de la communication réputées pour leur engagement en faveur de la paix et de la non-violence. Ces personnalités seront issues des différentes régions d’Afrique et participeront aux débats à titre personnel.

D’autres agences du système des Nations Unies, des organisations non-gouvernementales et des institutions régionales sont également invitées à participer activement en qualité de partenaire ou d’observateur et à présenter des articles de fond ou d’information.

Les organisateurs prendront à leur charge les frais de voyage et de séjour d’une participante par pays.

ORDRE DU JOUR PROVISOIRE ET ORGANISATION DU TRAVAIL

Enregistrement des participantes à partir du 15 mai 1999

Séances du matin : 9.00 h. à 12.00 h.

Séances de l’après-midi : 14.00 h. à 17. 00 h.

Lundi 17 mai

matin :

après-midi :

 

Mardi 18 mai

matin :

après-midi :

 

Mercredi 19 mai

matin :

après-midi :

 

Jeudi 20 mai

matin :

après-midi :

15h30. Cérémonie de clôture.

 

LES PARTENAIRES

La Conférence sera organisée par l’UNESCO en coopération avec l’Organisation de l’unité africaine (OUA), le Comité des femmes africaines pour la paix et le développement, le Gouvernement de la République-Unie de Tanzanie. D’autres organisations régionales, agences du système des Nations Unies telles que le HCP, l'OIT, le PNUD, l'UNIFEM et l'OMS et des organisations non-gouvernementales telles que « Advocacy for Women in Africa », « The Institute for Security Studies » ; le « Forum for African Women Educationalists »et « La Fondation Charles Léopold Mayer pour le Progrès de l'Homme » apporteront leur appui.

LANGUES DE TRAVAIL

POUR PLUS D’INFORMATION VEUILLEZ CONTACTER

Madame I. Breines, Directrice
Programme des femmes pour une culture
de la paix (WCP)
UNESCO
7 Place de Fontenoy
75352 Paris 07 SP (France)
Téléphone : (33-1)45.68.12.12
Fax : (33-1)45.68.55.57
E-mail :
i.breines@unesco.org
Web :
www.unesco.org/cpp

Madame B. Pavlic, Directrice,
Unité pour la promotion de la condition des femmes et de l’égalité des sexes - (WGE)
UNESCO
7 Place de Fontenoy
75352 Paris 07 SP (France)
Téléphone : (33-1) 45.68.12.02
Fax : (33-1)45.68.55.58
E-mail :
b.pavlic@unesco.org
Web :
www.unesco.org/women

Monsieur Joof, Directeur,
Bureau régional de l’UNESCO en République-Unie de Tanzanie
P.O. Box 31473 - Dar-es-Salaam
Téléphone :(255.51)112.799 - 801 (PNUD)
Fax:(255.51)113.272 (PNUD)
Telex : 41284 (UNDP)
Télégramme : UNDEVPRO DAR ES SALAAM
E-mail :
dar-es-salaam@unesco.org