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La sécurité démocratique des populations :
un chantier ouvert sur l'avenir

L'UNESCO prône la notion de sécurité démocratique des populations comme une matrice au sein de laquelle les questions relevant de la sécurité pourraient être abordées de façon permanente par l'ensemble des acteurs de la société, et ce, pour deux raisons principales. La première est que le jugement des spécialistes de la sécurité - soit indépendants soit exerçant au sein des instituts de défense, de sécurité ou d'études stratégiques - est toujours largement tributaire de conceptions géostratégiques fort éloignées des besoins des populations en la matière, notamment dans ce vaste domaine qu'il est convenu d'appeler « la sécurité citoyenne » ; la seconde est que le processus de définition des choix en matière de défense et de sécurité reste cantonné, même dans les démocraties dites vieilles ou consolidées, à un noyau d'acteurs très réduit. Qui plus est, les choix opérés par ces derniers dans l'assignation des ressources en matière de défense ou de sécurité intérieure sont souvent davantage fonction de conjonctures politiques éphémères que d'intérêts nationaux dits vitaux, ou d'analyses fondées sur l'évolution des aspirations de l'ensemble de la société en matière de sécurité qu'on ne peut plus, à l'évidence, limiter à la dichotomie répression-prévention. En outre, le risque existe toujours, dans les pays où les entreprises d'armements ont acquis un poids important en termes d'emplois, que des considérations économiques visant à maintenir les statu quo, ou tout au moins à limiter le plus possible la réduction des investissements dans la production d'armements, prévalent sur l'identification des besoins réels dans ce domaine.

Tout en prônant le désarmement et l'établissement de codes de conduite en matière de ventes d'armements, l'UNESCO, en mettant en avant la notion de sécurité démocratique des populations, a voulu aller plus loin : elle a souhaité élargir le débat démocratique sur l'assignation des ressources en matière de défense et de sécurité à l'ensemble de la société et engager plus particulièrement la réflexion sur l'économie de la sécurité, un champ jusqu'ici très peu exploré englobant à la fois la définition du coût de l'insécurité (rien moins qu'énorme pour de nombreux pays en développement) et celui d'une sécurité ancrée dans le respect de l'État de droit et des droits de l'homme. C'est là un chantier récemment ouvert par l'Organisation. Il s'agissait, dès lors, non pas tant de déconstruire le discours institutionnel traditionnel sur la sécurité que d'ouvrir de nouveaux espaces de réflexion et de discussion sur l'ensemble des questions abordées par les acteurs sociaux, au sein d'une société donnée, comme relevant de la sécurité - et le plus souvent, bien évidemment, du manque de sécurité et des insécurités partielles sur lesquels se greffent les perceptions, les attitudes et les comportements au quotidien, surtout au niveau local. Le dialogue est ainsi déjà ouvert avec les instituts de la paix, de défense et d'études stratégiques, ce afin qu'ils élargissent leur champ de réflexion et développent une prévision à long terme de l'ensemble des facteurs aptes à édifier une sécurité multidimensionnelle, élaborée prioritairement en fonction de l'évolution des besoins des populations.

L'ouverture du débat sur la sécurité à tous les acteurs sociaux implique d'emblée la nécessité d'impliquer davantage les forces armées, de police et de sécurité dans l'action en faveur d'une sécurité démocratique des populations. A cet égard, l'action de l'UNESCO ne s'est pas limitée au seul créneau de la formation aux droits de l'homme des membres des forces armées et de sécurité - axe d'action indispensable, certes, mais dont l'impact reste limité, tout comme la formation au droit humanitaire.

Elle a également abordé des questions toujours en suspens telles que celles relatives au contrôle démocratique des forces armées, au rôle de ces dernières dans la préservation du patrimoine naturel - notamment transfrontalier - et culturel, à la protection de l'environnement, y compris des océans, et à la prévention des catastrophes naturelles, de même qu'au rôle des forces de police et de sécurité dans la protection des citoyens dans le respect de l'État de droit, notamment en matière de prévention de la violence. Il existe donc autant de chantiers ouverts que de nouvelles modalités de coopération possibles, notamment pour échanger les expériences sur les meilleures pratiques et améliorer la compréhension des facteurs de risque, souvent communs dans les différentes régions malgré l'apparente diversité des situations. Il est nécessaire d'accorder aussi une place de choix aux autorités locales, confrontées aujourd'hui, dans toutes les régions, aux manifestations polymorphes de la violence, dans un contexte d'urbanisation croissante et de fragilisation de la cohésion sociale et culturelle des sociétés.

Dans ce cadre s'ouvrent également de nouvelles perspectives eu égard à la notion de prévention des conflits, domaine encore largement tributaire de perceptions à court terme des menaces. Le passage de la diplomatie préventive à l'action préventive, actuellement en cours au sein des Nations Unies, est un premier pas sur la voie d'une authentique prévention des conflits dans le sens prôné par l'UNESCO depuis le lancement de ses activités relatives à la culture de la paix, c'est-à-dire la prévention des conflits à la racine. En ouvrant l'agenda de la sécurité à l'ensemble des facteurs conditionnant la sécurité ainsi qu'à tous les acteurs sociaux, la prévention des conflits, au sens large du terme, peut prendre également une nouvelle dimension si on lui intègre le long terme. Il est préférable de procéder en termes de prévision plus qu'en termes d'alerte, en opérant par réseaux et par réseaux de réseaux et non plus seulement en fonction des acteurs internationaux centraux, dont les décisions sont toujours largement soumises à leurs intérêts stratégiques ou, inversement, à leur désintérêt. Il faudra par conséquent recourir de façon beaucoup plus systématique et coordonnée à une vaste gamme d'institutions, nationales ou non, aujourd'hui non directement associées au débat sur la sécurité ; de même le renforcement du rôle des organisations intergouvernementales, régionales ou sous-régionales, en matière de prévention des conflits devra-t-il s'opérer sur des bases nouvelles privilégiant le long terme. En ce qui concerne ce dernier point, l'Organisation s'est déjà engagée dans un processus de coopération avec l'OUA, l'OEA, l'ASEAN, etc.

On constate, au niveau du système des Nations Unies lui-même, un manque de coordination dans le traitement de l'énorme quantité d'informations, souvent très élaborées, produite par ses différentes entités lesquelles concernent des processus transnationaux, régionaux et nationaux exerçant des effets importants sur la sécurité des populations et la prévention des conflits. D'autre part, nombre des activités de l'UNESCO se devraient de contribuer davantage à la prévention à long terme des conflits, au-delà de celles mises en œuvre dans le cadre du Projet transdisciplinaire Vers une culture de la paix. A titre d'exemple, c'est dans le domaine des sciences, en particulier l'environnement, que de nombreuses activités méritent d'être d'ores et déjà réorientées vers une prévention des conflits et une identification plus claire des processus transformant des facteurs de risque en menaces pour la sécurité des populations.

Cela permet de poser de façon innovatrice la question des interactions entre paix et sécurité. On pourrait affirmer qu'il s'agit là d'un terrain demeuré en friche depuis la proclamation de la Charte des Nations Unies et que beaucoup reste à faire pour appréhender les interactions entre paix et sécurité, non pas au niveau des acteurs étatiques, investis de la charge de défendre la souveraineté, mais à celui des populations, dont la composition et, donc, la cohésion sont en constante évolution. Enfin, la notion de sécurité démocratique des populations, en tant que matrice de réflexion et d'action, peut contribuer à créer une nouvelle configuration des processus par lesquels les acteurs sociaux pensent les multiples dimensions de la sécurité et par lesquels la société, dans son ensemble, décide de peser sur les questions de la sécurité au niveau politique et d'assignation des ressources aux niveaux national et local, dans le but de construire la paix et la sécurité au bénéfice de tous.

 
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