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Historique

Dès la première session de sa Conférence générale, en 1945, l'UNESCO prit conscience de la contribution que les sciences humaines et sociales pouvaient apporter au développement d'une meilleure compréhension entre les peuples et à la résolution des tensions génératrices de conflits. Se fondant sur l'Acte constitutif, elle décida d'inscrire à son programme un plan d'études coordonnées sur les tensions sociales et leurs répercussions internationales. Élaboré à la suite à cette décision, un Plan d'étude des tensions était adopté par la Conférence générale à sa deuxième session, tenue à Mexico en 1947 ; sa mise en œuvre allait se pour-suivre sur plusieurs années.

En 1953, le Département des sciences sociales de l'UNESCO, sur la base des travaux déjà entrepris dans le cadre de ce Plan, invita l'Association internationale de sociologie à entreprendre une étude critique sur toutes les recherches en cours - tant sociologiques que psychologiques - dans le domaine des conflits entre groupes et sur l'orientation à donner aux recherches futures. Le bilan de cette étude fut publié par l'UNESCO en 1957 dans l'ouvrage intitulé De la nature des conflits, avec la collaboration de Jessie Bernard, T.H. Pear, Raymond Aron et Robert C. Angell (1). Pierre Hassner, dans un article remarquable publié en 1995 (2), a rappelé le rôle essentiel joué par l'UNESCO, au milieu des années 50, dans la naissance et l'essor d'une sociologie des conflits et de la sécurité internationale. Il y soulignait l'importance des travaux précurseurs de l'Organisation, qui rompaient avec le " psychologisme ", les lieux communs sur l'esprit des peuples ou le rôle pervers des dirigeants. Ces premiers travaux ont en effet permis d'explorer plus avant les causes socio-économiques des conflits et d'envisager les stratégies d'acteurs à l'origine de la sécurité ou de l'insécurité, et ce, à partir d'une théorie des jeux et des choix rationnels. La théorie politique de Raymond Aron, les Essais de stratégie théorique de Lucien Poirier, la polémologie de Gaston Bouthoul, les travaux d'Anatol Rapoport et du Journal for Conflict Resolution ont bénéficié de cet élan initial.

Pendant toute la période allant des années 60 aux années 80, l'Organisation a poursuivi ses efforts dans ce domaine, mais dans un contexte souvent marqué par de sérieux différends entre les chercheurs dus aux répercussions de la guerre froide dans le domaine des recherches sur la paix, le désarmement et l'origine socio-économique des conflits. Dans l'intervalle, l'enseignement et la recherche portant sur les thèmes relatifs à la paix et aux conflits étaient progressivement intégrés dans les programmes universitaires d'un certain nombre de pays, en partie sous l'impulsion de l'UNESCO, tandis que l'Organisation entreprenait, dans la série Research and Papers in the Social Sciences, une série de publications sur les principales tendances de la recherche dans ces domaines, tout en établissant une coopération active avec les principales institutions concernées. En 1981, on aborda une nouvelle étape avec la publication du premier UNESCO Yearbook on Peace and Conflict Studies. Celui-ci couvrait les principales recherches conduites dans le monde en 1978-1979, lesquelles annonçaient un « changement paradigmatique », pour reprendre l'expression de Hylke Trump dans son introduction au premier Yearbook, dans la mesure où l'interdépendance et les phénomènes transnationaux prenaient désormais toute leur place dans l'étude de la paix et des conflits. Cette évolution devait bien sûr trouver confirmation dans la fin de la guerre froide, qui allait exercer à son tour des effets importants sur l'étude de la paix et des conflits. En effet, dès 1988, la prolifération des conflits internes aux États devenait le principal sujet de préoccupation de la communauté internationale. Cette évolution allait marquer également le début d'un changement radical des stratégies de l'UNESCO en faveur de la paix, avec la mise en exergue de la « culture de la paix ».

L'adoption en 1995 de la Stratégie à moyen terme de l'UNESCO pour 1996-2001, avec ses quatre stratégies visant à contribuer à l'édification de la paix dans le cadre de l'effort global de l'Organisation pour promouvoir une culture de la paix, marque le début d'une nouvelle phase d'action, en particulier dans le cadre du Projet transdisciplinaire Vers une culture de la paix mis en œuvre depuis 1996. Depuis lors, la Stratégie à moyen terme et le Projet transdisciplinaire ont amplement démontré, tout à la fois, l'actualité et la spécificité de la contribution de l'UNESCO à la construction de la paix, conformément à son mandat constitutionnel.

L'actualité : il est en effet largement admis, en cette période de post-guerre froide, que les instruments de la sécurité collective ne peuvent se limiter à la seule sphère du militaire et exigent des stratégies de lutte résolues contre la pauvreté, l'ignorance, la discrimination et l'exclusion, bien davantage que des moyens sophistiqués de destruction. La notion de paix, entendue il y a peu encore comme la paix entre États, tend de plus en plus à s'élargir à celle de paix civile entre communautés, groupes sociaux et individus et à rejoindre la belle définition qu'en donnait Archibald MacLeish dans son commentaire de l'Acte constitutif :

La paix dont parle la Convention créant l'UNESCO est un devenir et une manière d'être qui supposent la confiance réciproque, l'harmonie des intentions et la coordination des activités humaines permettant aux hommes et aux femmes libres de mener une existence acceptable…

La spécificité : chacun reconnaît aujourd'hui la nécessité de construire la paix sur des fondations intellectuelles et morales en œuvrant à modifier les attitudes et les comportements - en un mot la culture - pour les faire adhérer aux valeurs sous-tendant « l'esprit de paix » : Respect de la vie, de la personne humaine, de sa dignité et de ses droits ; rejet de la violence et attachement aux principes de liberté, de justice, de solidarité, de tolérance et de compréhension, tant entre peuples qu'entre groupes et entre individus (28 C/4, par. 60 de la Stratégie à moyen terme).

De cette reconnaissance témoignent non seulement la décision de l'Assemblée générale des Nations Unies de proclamer l'an 2000 « Année internationale de la culture de la paix », de procéder, à sa 54e session, à l'examen d'un projet de Déclaration et de Programme d'action pour la culture de la paix et de déclarer la décennie 2001-2010 « Décennie internationale de la promotion d'une culture de la non-violence et de la paix au profit des enfants du monde », mais également la mobilisation croissante des gouvernements, des institutions et des individus en faveur d'initiatives novatrices pour une culture de la paix.

1. Jessie Bernard, F.H. Pear, R. Aron, R. Angel, De la nature des conflits, Paris : UNESCO, 1957.
2. Pierre Hassner, « Violence, rationalité, incertitude. Tendances apocalyptiques et iréniques dans l'étude des conflits internationaux » in La Violence et la Paix, Paris : Esprit, 1995, p. 83-84.

 
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