Environnement et développement
dans les régions côtières et les petites îles

Agenda pour les îles

1 Prologue

Le développement durable dans les petits États insulaires en développement : état des lieux et perspectives 

Les petits États insulaires en développement (PEID) sont confrontés à de nombreux défis, qu’ils soient intrinsèques et immémoriaux ou bien extrinsèques et nouveaux, dus à l’exiguïté des terres, à la vaste étendue des zones économiques exclusives, la dispersion géographique, la vulnérabilité à l’égard des risques et des catastrophes naturelles, la faiblesse des ressources naturelles, la richesse et la créativité des cultures, l’assujettissement par rapport aux importations, la pénurie de marchandises, l’éloignement des marchés, le potentiel touristique et les contraintes qui l’accompagnent, ainsi qu’à bien d’autres spécificités et phénomènes.

En septembre 2002, réaffirmant que les PEID constituent un cas particulier, le Sommet mondial de Johannesburg sur le développement durable a demandé que soit menée une révision complète et approfondie du Programme d’action adopté en 1994 à la Barbade. Cette révision, qui se poursuit sous l’égide de la Commission des Nations unies sur le développement durable (CDD) et du Département des affaires économiques et sociales des Nations unies (UNDESA) aboutira à une réunion de hautes personnalités à Maurice en janvier 2005 et à une mise en œuvre de son suivi.

Les petits États insulaires en développement sont des zones de première ligne où se posent, en concentré, la plupart des grands problèmes d’environnement et de développement. En tant que tels, ils nous servent de pierre de touche pour éprouver la solidité des engagements que nous avons pris en 1992, au Sommet Planète Terre.
Kofi Annan, Secrétaire général des Nations unies, à « Barbade+5 », septembre 1999

Renforcer les capacités, les lieux d’échange et les réseaux

L’UNESCO ne peut fonctionner que grâce à la synergie entre les acteurs de diverses communautés qui, ensemble, constituent la communauté internationale. Ce sont les gouvernements, les Commissions nationales pour l’UNESCO, les parlementaires, les Organisations non gouvernementales (ONG) et les associations. Y figurent aussi les médias, les écoles, les institutions culturelles et scientifiques, les partenaires du secteur privé et les agences de la famille des Nations unies. Ensemble elles donnent vie aux idéaux et aux valeurs de l’UNESCO à travers le monde, au plan local, national et international.

Au 21ème siècle, les agendas de la paix et du développement durable seront indissociables.
Koïchiro Matsuura, Directeur général de l’UNESCO.

Tout en contribuant à porter un regard neuf et à prôner un engagement renouvelé à l’égard des petites îles, l’action propre de l’UNESCO restera axée sur ses domaines de compétence, à savoir : la culture, les sciences exactes et naturelles, les sciences sociales et humaines, la communication et l’éducation. Le défi consiste à renforcer les capacités, les lieux d’échange et les réseaux, à promouvoir les moyens de résoudre les problèmes et à mobiliser les acteurs clés et leur audience, à créer une dynamique et un impact efficaces, qui soient respectueux de la culture et valables au plan scientifique. Relever ce défi exige une étroite collaboration entre les différentes composantes de la société et les organisations (coopération intersectorielle), entre les régions et entre les îles relevant d’autorités différentes (coopération interrégionale) et enfin entre les différentes générations.

Coopération entre secteurs, disciplines, spécialités et institutions

Les questions et les défis posés par le développement durable se situent souvent à la croisée des compétences sectorielles et des responsabilités institutionnelles. D’où la nécessité de favoriser les approches innovantes pour encourager l’interaction aux interfaces entre les diverses composantes de la société et les organisations, d’une part, et les diverses disciplines du savoir, d’autre part. D’où également la nécessité de placer les activités développées par tel ou tel domaine ou institution dans un contexte institutionnel plus large, en mettant l’accent sur les activités de partenariat à l’interface entre deux ou plusieurs secteurs ou domaines de compétence et de responsabilité des institutions.

Cette recherche de liaisons et de coopération intersectorielles est en quelque sorte analogue aux relations entre l’Eau, l’Énergie, la Santé, l’Agriculture et la Biodiversité, les cinq champs thématiques du WEHAB proposés par le Secrétaire général de l’ONU comme contribution personnelle au Sommet de 2002 de Johannesburg sur le développement durable. Elle fait également écho à l’accent mis par ce Sommet sur l’établissement de partenariats innovants, de toutes natures.

Coopération entre régions et entre îles relevant d’autorités différentes

L’œuvre de l’UNESCO concernant les petites îles se concentre avant tout sur les petits États insulaires en développement, et plus précisément sur les plus petits d’entre eux, dont l’étendue et les ressources terrestres sont limitées. Mais elle s’intéresse aussi aux petites îles appartenant à des pays continentaux ou à des archipels, notamment ceux qui font partie de pays en développement.

En dépit des grandes différences qui existent entre les îles des diverses régions océaniques aussi bien qu’entre les îles relevant de pays qui différent au plan géopolitique, toutes connaissent des difficultés et des problèmes communs. Aussi est-il très avantageux pour les petites îles de régions et d’appartenance différentes d’échanger des expériences et des connaissances.

Synergie entre générations

Au cœur du concept de développement durable se trouve l’idée que les générations présentes puissent satisfaire leurs besoins sans compromettre la capacité des générations futures de satisfaire les leurs. La volonté d’encourager les liens entre générations se manifeste dans diverses initiatives prises pour donner aux jeunes des petites nations insulaires des occasions d’assumer pleinement leur rôle dans les débats et les actions concernant les questions d’environnement et de développement.

Dans l’environnement mondialisé qui est le nôtre, une bonne éducation ne peut tendre que vers l’incertitude : préparer des citoyens à être souples, adaptables et polyvalents.
Dame Pearlette Louisy, Gouverneur Géné-ral, St Lucie (Septembre 2004).

Les Petits Etats insulaires dans le monde
  Population
(2004)
Topographie Longueur de côte 
(km)
Superficie 
(km2)
Afrique
Cap-Verd 414,294 accidenté, rocailleux, volcanique 965 4,033
Comores 651,901 îles volcaniques 340 2,170
Maurice 1,220,481 petite plaine côtière, plateau central 177 2,030
Sao Tomé & Principe 181,565 volcaniques, montagneux 209 1,001
Seychelles 80,832 étroite bande côtière, coraux, plates 491 455
Asie et Pacifique
Bahreina 667,238   plaine basse désertique, faible escarpement central 161 665
Îles Cook 21,200   atolls coralliens sans élévation, volcaniques, collines 120 240
Fidji 880,874   montagnes d’origine volcanique, atolls coralliens 1,129 18,270
Kiribati 100,798   atolls coralliens sans élévation 1,143 811
Maldives 339,330   plates 644 300
Îles Marshall  57,738   îles basses, de grès et sables coralliens 370 181
Micronésie 108,155   atolls coralliens sans élévation, montagnes volcaniques 6,112 702
Nauru 12,809   plage de sable, récifs coralliens, plateau riche en phosphates 30 21
Niue 2,156   falaises de grès, plateau central 64 260
Palau 20,016   îles coralliennes basses, îles principales montagneuses 1,519 458
Papouasie-Nouvelle Guinée 5,420,280   littoral bas, montagnes 5,152 452,860
Samoa 177,714   plaines côtières étroites, montagnes d’origine volcanique 403 2,934
Singapour 4,353,893   terrain plat, plateau central ondulé 193 692
Îles Salomon 523,617   atolls coralliens plats, montagnes déchiquetées 5,313 27,540
Timor-Leste 1,019,252   montagneuse 706 15,007
Tokelaua, b 1,405   atolls 101 10
Tonga 110,237   formations coralliennes et volcaniques 419 718
Tuvalu 11,468   atolls coralliens bas et étroits 24 26
Vanuatu 202,609   plaines côtières étroites, montagnes d’origine volcanique 2,528 12,200
Caraïbes
Antigua & Barbuda 68,320   îles basses, de grès et de sables coralliens 153 443
Arubac 71,218   plate avec quelques collines, maigre végétation 68 193
Bahamas 299,697   formations coralliennes longues et plates 3,542 10,070
Barbade 278,289   plate, avec plateau central 97 431
Cuba 11,308,764   plaines étagées, petites collines, montagnes 5,746 110,860
Dominique 69,278   montagnes déchiquetées d'origine volcanique 148 754
République dominicainea 8,833,634   hautes terres, montagnes déchiquetées 1,288 48,380
Grenade 89,357   origine volcanique, montagnes au centre 121 344
Haïtid 7,656,166   accidentée, montagneuse 1,771 27,560
Jamaïque 2,713,130   étroites plaines côtières, montagnes 1,022 10,831
Antilles néerlandaisesa, b 218,126   collines, intérieur volcanique 364 960
St Kitts & Nevis 38,836   volcanique, intérieur montagneux 135 261
St Lucie 164,213   volcanique, montagneuse, avec de larges vallées 158 606
St Vincent & Grenadines 117,193   volcanique, montagneuse 84 389
Trinité & Tobago 1,096,585   plates, avec collines et montagnes 362 5,128
Îles Vierges américainesa,b 108,775   collines, terrains accidentées, montagnes 188 349
Méditerranée
Chypre 775,927   plaines, montagnes 648 9,240
Malte 396,851   basse, pénéplaines falaises côtières 140 316
 
a N’adhère pas à l’Alliance des petits États insulaires (Les Antilles néerlandaises et les Îles Vierges américaines y ont toutefois le statut d’observateurs)
b Non indépendant 
c Territoire du Royaume des Pays-Bas : Autonomie entière dans les affaires internes.
d Les estimations de population pour Haïti prennent en compte les effets de l’excédent de mortalité dû au sida.

Source: Adapté de www.un.org/esa/sustdev/sids/sidslist.htm (2 septembre 2004). Les données sur les populations du monde pour juillet 2004 et les données sur la super. cie des terres proviennent de: CIA Factbook http://www.cia.gov/cia/publications/factbook (2 septembre 2004).

 

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