| Environnement
et développement dans les régions côtières et les petites îles |
Agenda pour les îles
4 Environnement
et ressources naturelles
Ressources en eau
douce
Gérer les déchets
Un
correspondant de San Andrès, aux Caraïbes, avait été le premier à
décrire,
dans une communication, les problèmes d’évacuation des déchets dans un
archipel, en se demandant quelle était la situation dans d’autres îles. La
question a suscité de nombreuses réactions stimulantes, qui citaient les
mesures prises, au plan local, aux îles Cook et à Palau, dans le Pacifique,
à
l’île de Chumbe et à Maurice dans l’océan Indien, ainsi qu’aux Bahamas,
Cuba et Sainte Lucie, aux Caraïbes. L’une des réponses suggérait d’encourager les insulaires à considérer les déchets comme une ressource et non comme un simple problème, et de tout faire pour éviter de produire des déchets. Pour inciter au recyclage, on peut citer une solution économique, actuellement à l’étude à Kiribati. C’est un système de consigne pour les conteneurs de boissons. Des bouteilles et des boîtes d’aluminium toutes estampillées paient une taxe fixée à 5 centimes pour la consigne, prélevée à l’importation et transmise jusqu’au consommateur par la filière commerciale. Lorsqu’il rapporte le conteneur vide, il récupère 4 centimes par unité, le dernier centime étant affecté aux frais de manipulation. Cet élément facile à recycler est donc ainsi retiré du flot de déchets grâce un simple instrument économique. |
En raison de leurs petites dimensions et de leurs particularités
géologiques,
topographiques et climatiques, l’approvisionnement en eau douce des petits
États
insulaires en développement est très problématique, tant au point de vue
qualitatif que quantitatif. C’est surtout vrai des îles de faible élévation,
constituées de corail, où les disponibilités en eaux souterraines sont
limitées
et ne sont protégées que par une mince couche de sol perméable. Même là où
les pluies sont abondantes, l’accès à une eau salubre a été restreint par
la faiblesse des systèmes de stockage et de distribution. De même, la
gestion
et l’évacuation des déchets soulèvent de graves difficultés pour les
petits pays insulaires et constituent des sources de pollution, aussi bien à
terre qu’en mer.
Pour résoudre les problèmes méthodologiques de la bonne gestion des
eaux,
l’UNESCO agit essentiellement par le canal du
Programme hydrologique
international et par celui du Programme mondial
pour l’évaluation des
ressources en eau (WWAP), qui fonctionne à l’échelle du système des
Nations
unies, ainsi que par le programme l’Homme et la biosphère (MAB).
Au plan régional, dans le Pacifique une série d’études a été menée
sous l’égide du Groupe de travail du PHI pour le Pacifique, comportant des
travaux sur les bassins versants et les communautés (îles Salomon, Vanuatu),
la pollution des eaux souterraines (Tonga) et le rechargement des nappes
souterraines des atolls (Kiribati).
À Kiribati, les travaux de terrain étaient concentrés sur la recharge
des
poches d’eau douce souterraines à Bonriki, qui fait partie de l’île
corallienne de Tarawa Sud, et sur l’évaluation du rechargement de l’eau en
présence de cocotiers, ainsi que sur les effets de salinisation dus au
pompage
excessif des eaux souterraines. À Tarawa Sud les travaux ont mis en lumière
deux problèmes très répandus de gestion de l’eau douce dans les petites îles
: la sécheresse (fréquente chez les petites nations habitant des îles
coralliennes dans tout l’océan Indien et le Pacifique) et les conflits
provoqués par l’utilisation et la gestion des eaux souterraines.
Le fait que les travaux sur les ressources en eau aient été réalisés
dans le contexte socioculturel local a suscité un grand intérêt dans la
communauté, qui s’est associée à la surveillance de la pollution des eaux
souterraines dans l’île de Lifuka de Tonga et à l’emploi des représentations
théâtrales pour communiquer avec les populations locales sur les questions
de
qualité de l’eau, à Vanuatu.
Des suggestions de travaux à entreprendre ont été formulées à Fidji en
octobre 2003, à la réunion régionale du PHI-SOPAC (Commission des géosciences
appliquées, Pacifique Sud). Un partenariat conclu entre plusieurs
organismes prévoit
un programme de formation hydrologique à long terme pour des techniciens et
des
scientifiques.
|
Ressources en eau et petites îles Dans le cadre du PHI un guide pratique rédigé il y a déjà un certain
temps (1991) par toute une équipe s’adressait aux techniciens, hydrologues,
ingénieurs et administrateurs pour les aider à découvrir, évaluer, mettre en
valeur, gérer et protéger les ressources en eau sur les petites îles. Y
figuraient des études de cas donnant des informations sur Anguilla, Antigua
et
Barbuda, les Bermudes, l’atoll de Majuro dans les îles Marshall, Maurice et
les Seychelles. Les ressources en eau des petites îles tropicales ont
également fait l’objet de l’une des collections de rapports non techniques,
illustrés, du PHI sur les questions d’eau dans les zones tropicales humides
et autres régions chaudes et humides. Cette dernière décennie, les travaux du PHI sur les ressources en eau
des
petites îles comportaient, entre autres, des études sur des domaines
techniques particuliers, et la participation à des opérations de terrain
telles que la formation, sous diverses formes. Les questions techniques
portaient, par exemple, sur la contamination des eaux souterraines par les
égouts et les systèmes d’assainissement dans les îles tropicales. Quant au niveau interrégional, les ressources en eau douce des petites
îles
seront traitées dans le deuxième Rapport sur la mise en valeur de l’eau dans
le monde, qui sera publié en 2006. |
Faire face aux risques et cataclysmes naturels
De nombreux petits pays insulaires en développement sont
extrêmement vulnérables
aux divers types de risques naturels et de catastrophes : éruptions
volcaniques,
tremblements de terre, tsunamis, glissements de terrain, inondations,
ouragans
et cyclones. Au point que plus de la moitié des 25 pays les plus exposés aux
catastrophes sont des PEID.
L’UNESCO travaille à reconnaître les zones sujettes aux risques
naturels,
à affiner les méthodes d’évaluation des risques et à encourager la
préparation
à la survenue des catastrophes. Dans le Pacifique, ses efforts ont aidé les
communautés à réduire et atténuer par elles-mêmes les effets des risques et
des catastrophes naturelles à Tonga, Vanuatu et ailleurs, en collaboration
avec
l’Université Massey de Nouvelle-Zélande et d’autres partenaires. Pendant
de longues années la Commission océanographique intergouvernementale
(COI) de
l’UNESCO a parrainé le
Groupe international de coordination du Système
d’alerte aux tsunamis du Pacifique (et ses activités de diffusion de
bulletins de veille, d’alerte et de conseils sur les tsunamis) ainsi que le
Centre d’information sur les tsunamis, qui collecte et conserve les
données
sur les épisodes générateurs de tsunamis.
Depuis une quinzaine d’années, dans le cadre d’un
projet aux Caraïbes
sur la stabilité des côtes et des plages des Petites Antilles, les
gestionnaires des côtes, les autorités nationales et certaines ONG
surveillent
les plages et le trait de côte afin de mettre au point des pratiques
éclairées
pour leur mise en valeur et afin de faire face aux effets des ouragans et
des
ondes de tempête sur la bande côtière. Ces recherches sont désormais
étendues
à d’autres régions insulaires. Toujours dans les Caraïbes, plusieurs
activités ont été entreprises sur les dimensions éducatives et de
communication de l’atténuation des catastrophes telles que le manuel de
préparation
à ces éventualités, qui s’adresse aux écoles, dans le cadre d’une
initiative menée en association avec l’Agence caribéenne de réaction aux
urgences en cas de catastrophe.
Se préparer
au pire
Beaucoup de petits pays insulaires se posent une question qui se situe à
la
charnière de l’éducation, de la science, de la culture et de la
communication : comment introduire dans la chaîne et la trame du tissu
éducatif
d’un pays le savoir et l’interprétation scientifiques, le contenu local et
l’emploi des langues locales ?
Une réponse exemplaire à ce défi typique nous est donnée par le
programme
scolaire de sensibilisation au volcanisme de l’île de Niuafo’ou du Royaume
de Tonga, entrepris dans le cadre de l’action de l’UNESCO pour la
préparation
aux catastrophes naturelles et leur prévention. Niuafo’ou est l’île d’un
volcan toujours actif, dont les éruptions répétées (1867, 1886, 1912, 1929,
1935–36, 1943, 1946, 1985) ont provoqué la destruction de beaucoup de
plantations et de villages. À la suite de l’éruption de 1946, Niua-fo’ou a
été évacuée et le gouvernement a finalement autorisé en 1958 le retour des
insulaires.
Informer les jeunes de leur héritage volcanique et les préparer à l’éventualité de nouveaux risques, cela a donné lieu à un projet parrainé par le bureau de l’UNESCO pour les États du Pacifique, à Apia. Une collection de matériel pédagogique novateur a été conçue et testée, comprenant notamment une brochure de référence pour l’enseignant ou l’étudiant et quatre affiches grand format. Ce matériel donne des informations sur les volcans en général et sur Niuafo’ou en particulier et suggère des activités cognitives et pratiques telles qu’un jeu d’évacuation, la cartographie de la communauté et les stratégies de réaction en cas d’éruptions futures.
| Niuafo'ou 'etau mo'ungaafi | ||
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Ko Niuafo'ou ko e motu fa'u
'e
he mo'ungaafi, na'e fo'u ia 'i he ta'u 'e lauimiliona kuo hili'. Na'e toutou mapunda ia 'o fo'u ai 'a e motu ko eni. Ko e motu fo'u 'e he mo'unga afi
'i |
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||
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| A volcano erupts under the water on the sea-bed. |
Many eruptions happen, lava cools around the vent and forms a lava shield. |
With many
eruptions the volcano grows until it rises above the sea. |
Réagir aux changements du niveau de la mer
|
Observer le Système de
la Terre Au cours de la dernière décennie, la coopération internationale a
progressé sur les plans politique et scientifique, pour tenter d’observer et
de comprendre comment évoluent les systèmes qui entretiennent la vie sur la
planète, comme le rappellent ces brèves indications, avec leurs sigles
:
|
À la fin des années 80, des preuves de plus en plus sûres d’une
élévation
du niveau de la mer ont déclenché l’intérêt mondial pour les effets du
changement climatique et la vulnérabilité particulière de bon nombre de
petits États insulaires à ce changement. Les Maldives ont pris l’initiative
de créer l’Alliance
des petits États insulaires (AOSIS), qui a adopté en
1989 la Déclaration de Malé proclamant que « l’élévation du
niveau de la
mer menace la survie même de certains petits États insulaires » et demandant
instamment à la communauté internationale de prendre des mesures immédiates
et efficaces pour réduire l’effet de serre.
Quinze ans plus tard, les effets délétères du changement climatique et
de
l’élévation du niveau de la mer menacent toujours le développement durable,
les conditions d’existence et l’existence même de maintes petites nations
insulaires. Devant les conséquences prévisibles de divers scénarios,
beaucoup
d’entre elles ont préparé des plans pour protéger leurs lignes de côtes,
en construisant des digues, par exemple. Vu la densité de la population de
leur
île principale, Malé, les Maldives ont construit une île artificielle pour y
abriter une partie de leurs citoyens. Et dans le Pacifique, certaines îles
comme Tuvalu et Kiribati ont envisagé de déplacer leurs populations en
Australie, en Nouvelle Zélande et ailleurs, dans le demi-siècle
prochain.
Pendant ce temps, la communauté scientifique internationale s’est
efforcée
d’affiner ses méthodes et ses procédures pour surveiller et interpréter sur
le long terme les changements de l’environnement mondial, comme prélude à
des décisions politiques et à une action préventive.
|
Mesurer l’élévation du
niveau de la mer Depuis 1933 le
Service permanent du niveau moyen de la mer (PMSLM) est chargé
de recueillir, publier, analyser et interpréter les données du niveau de la
mer à partir du réseau mondial de marégraphes. Comme l’indique un
échantillon
de stations disposant de longues séries annuelles du niveau moyen de la mer,
il
existe une tendance générale, mais absolument pas universelle, à
l’élévation,
sujette cependant à une considérable variabilité entre les années (et entre
les saisons). D’après les estimations du Groupe intergouvernemental
d’experts sur le climat (GIEC), le niveau de la mer serait monté au
cours du
20ème siècle, à l’échelle du globe, d’environ 10 à 20 cm, soit au
rythme de 1 à 2 mm/an. Dans sa troisième évaluation (2001), les projections du GIEC pour le
niveau mondial de la mer donnent une fourchette de 9 à 88 cm au cours du
siècle
actuel (soit entre 0,9 et 8,8 mm/an). De nombreuses îles ne disposent pas de
séries
de données d’une durée comparable à celles des côtes des continents. Il
faut au moins 20 années de données pour déceler, même grossièrement, un
changement à long terme, or peu de stations insulaires possèdent déjà des
données de cette durée. |
![]() |
|
Tiré d’un article sur
« Le changement climatique : faire |
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Le système mondial d’observation
de l’océan
se
compose d’un |
![]() Global Ocean Observing System for Climate |
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![]() |
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| Réseau de marégraphes | installé à 58 % | ||||
| Déploiement de balises de mesure Argo, de 3° en 3° | terminé à 35 % | ||||
| Déploiement de bouées dérivantes de surface, de 5° en 5° | terminé à 45 % | ||||
| Bouées amarrées | Existantes | Prévues | |||
| Station océanique de référence | Existantes | Prévues | |||
| XBT* de haute précision et ligne de fl ux | Existantes | Prévues | |||
| Ligne d’XBT fréquemment répétée | Existantes | Prévues | |||
| Inventaire du carbone et lignes de l’océan profond | Inventaire mondial @ 10 ans | ||||
À partir de l’espace : Température de surface de la mer, hauteur de la surface de l’eau, gradient du vent de surface, glace de mer et couleur de l’océan |
|||||
| * Bathythermographe jetable (instrument de
mesure
de la température en fonction de la hauteur de la colonne d’eau) Source du graphique : offert par le Bureau des programmes mondiaux de la NOAA. Voir http://www.oco.noaa.gov/, sous « observing system »-> « system design » 20 octobre 2004 |
|||||
Étudier et gérer au mieux les ressources côtières
Chez les petites nations insulaires, les zones
côtières
occupent une place très importante par rapport aux masses terrestres. Ce
sont
essentiellement des entités littorales. Leur environnement côtier est donc
investi d’une valeur particulière, au plan socioéconomique comme au plan
culturel. La compétition qui se joue pour l’utilisation de l’espace côtier
et de ses ressources y entretient des foyers de conflits récurrents, encore
accentués par la forte densité d’une population en constante augmentation
sur le littoral, ainsi que par l’essor de secteurs économiques tels que le
tourisme.
Par contraste avec l’exiguïté de leur masse terrestre et de leur
population, les petites nations insulaires possèdent souvent de grandes
zones
économiques exclusives qui ont considérablement agrandi les domaines de
pêche
et les autres biens des petits États insulaires en développement. Les
bénéfices
potentiels en sont immenses. Mais le sont aussi les obstacles et les
difficultés
auxquels sont exposés ces pays lorsqu’ils tentent de se saisir de ces
avantages potentiels et en tirer le meilleur profit.
Dans le milieu terrestre comme dans le milieu marin, la difficulté de
planifier et de mettre en œuvre des méthodes efficaces de gestion des
ressources se traduit parfois par la surexploitation de certaines
ressources, la
pollution et la dégradation des écosystèmes terrestres et aquatiques, ainsi
que par des conflits aigus à propos d’utilisations concurrentielles des
ressources.
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Plongeurs appliquant la |
Au sein de l’UNESCO, la COI est le principal centre de réflexion sur la science des processus océaniques et du proche océan. En organisant et en coordonnant des programmes et des projets scientifiques, elle aide les États membres à renforcer leurs capacités et à élaborer et mettre en œuvre des politiques visant les zones océaniques et marines côtières. Ces activités comportant notamment un programme d’océanologie, composé de trois grands éléments interactifs : l’océan et le climat, la science pour les écosystèmes et la protection de l’environnement marin, et enfi n les sciences de la mer pour la gestion intégrée de la zone côtière. Parmi les sujets traités se trouvent notamment la séquestration du carbone dans l’océan, les indicateurs benthiques, la décoloration du corail et l’observation des récifs, la biochimie terre-océan-atmosphère, les efflorescences d’algues nuisibles, les populations de poissons pélagiques. D’autres initiatives concernent la recherche d’indicateurs comme instruments de gestion intégrée de la zone côtière, la participation au Réseau (pluridimensionnelle) mondial de surveillance continue des récifs coralliens et le coparrainage du Forum mondial sur les océans, les côtes et les îles, qui a été établi pour assurer le suivi des engagements pris au Sommet mondial sur le développement durable en 2002.
Toujours au sein de la COI, le Programme international d’échange de données
et d’information facilite et favorise le libre échange des données et
des
informations océaniques parmi ses États membres et aide également les pays à
renforcer leurs capacités à gérer et à exploiter les données disponibles.
Améliorer les capacités par des partenariats avec la communauté mondiale est
non seulement pour la COI un thème transversal mais aussi le cœur du
programme
de
Formation, éducation et assistance mutuelle (TEMA), qui s’efforce de
développer
localement les connaissances et les techniques, à tous les niveaux, en
matière
d’océanographie et de gestion des ressources. Parmi ses grandes réussites se
trouvent les programmes « Formation par la recherche » – qui se déroule en
mer, à bord de navires de recherche – et les actions de formation par « des
travaux pratiques à distance » sur les efflorescences d’algues
nuisibles.
|
Conditions d’existence
viables et ressources
dans les récifs coralliens S’il est généralement admis que les récifs coralliens ont besoin d’être
protégés, on commence cependant à peine à comprendre la complexité des
relations qui unissent les populations locales aux récifs, dont ils sont
souvent largement tributaires, ainsi que l’importance des récifs pour
réduire
la pauvreté. Si bien que malgré le souci de protéger les récifs coralliens,
les efforts bien intentionnés pour y engager la population ont échoué. On admet volontiers désormais que la protection des récifs coralliens ne
saurait atteindre son objectif si l’on n’accorde pas davantage d’attention
aux questions de pauvreté et aux conditions d’existence des communautés
pauvres dont la vie dépend de ces récifs. La perception de ces relations est
devenue manifeste lorsque l’on a compris que la gestion des récifs
coralliens
a peu de chances de réussir si elle ne prend pas en compte les besoins et
les
aspirations de la population dont la survie en dépend. Des mesures de
gestion
qui ignoreraient ce type de relations risquent d’être soit contournées,
soit de conduire les pauvres vers une misère plus grande. Telles sont les conclusions d’un projet sur l’évaluation des conditions
d’existence dans les récifs, qui a examiné les relations complexes entre les
communautés côtières et les récifs coralliens, notamment sur l’importance
des récifs pour les populations pauvres, financé par le Département du développement
international du Royaume-Uni. Ses résultats et ses recommandations sont
consignés
dans un rapport en deux volumes publié par la COI en fin 2003. Le rapport,
qui
présente un tableau général des bienfaits apportés par les récifs aux
communautés côtières est illustré de quatre études de cas et l’expérience
acquise sur divers sites récifaux de la région de l’océan Indien. La COI se trouve également au cœur des travaux du Réseau mondial de
surveillance continue des récifs coralliens (GCRMN), consacré à
renforcer les
capacités des utilisateurs et autres parties concernées, à recueillir et
exploiter les données écologiques et socioéconomiques sur l’état et
l’évolution
des récifs coralliens, à sensibiliser les populations et à soutenir les
interventions des administrateurs pour renverser la tendance au
dépérissement
des récifs coralliens. Le réseau produit, entre autres résultats, une
évaluation
biennale intitulée Status of the
Coral
Reefs of the World ainsi que des manuels pour l’observation
écologique
et socioéconomique des récifs. |
Remédier à l’érosion des plages
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Opération de mesure |
Les modifications du trait de côte, dus à des processus naturels
et à
l’intervention humaine, inquiètent beaucoup les responsables du littoral
dans
les petites îles du monde entier, et même les citoyens ordinaires qui
s’intéressent
de près ou de loin aux plages et aux propriétés du bord de mer. Aux
Caraïbes,
l’une des activités de recherche en coopération porte, depuis le
milieu des
années 80, sur la stabilité des côtes et des plages. Ces activités ont
permis d’élaborer des méthodes de mesure des modifications du trait de côte
et de rédiger des directives pratiques de réponses possibles à la
disparition
ou à la dégradation des plages.
Les travaux ont produit notamment une collection de 10 brochures
illustrées
sur ces questions dans les îles Caraïbes. Elles sont le fruit du dévouement
d’agents des services nationaux, d’organisations non gouvernementales,
d’enseignants, d’élèves et d’autres particuliers. Ensemble ils ont
scrupuleusement mesuré pendant plusieurs années les changements survenus sur
leurs plages en conjuguant la recherche et l’observation scientifiques avec
toutes sortes d’activités éducatives et environnementales. Chaque brochure
présente des informations d’ordre général et d’intérêt spécifique pour
chaque île, sur des sujets tels que les forces naturelles et humaines qui
s’exercent sur les zones de plage, les initiatives nationales d’observation
et de gestion des changements, des recommandations de pratiques éclairées
pour
maintenir les plages en bon état. Outre la brochure sur
Antigua et Barbuda
(couverture et dos de couverture reproduits ci-dessous), des brochures
individuelles sont consacrées à
Anguilla, la Dominique,
Grenade,
Montserrat,
Nevis, Saint
Kitts, Sainte Lucie,
Saint Vincent et les
Grenadines, et les
îles
Turks et Caïcos.
Plus récemment, ce travail de surveillance continue et de mesure des
plages
a été étendu à des petites îles d’autres régions, comme les îles Cook,
Palau et les Seychelles.
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La coopération
intersectorielle et la
plate-forme
CSI L’initiative sur l’Environnement et le développement dans les régions
côtières et les petites îles (CSI), née en 1995–96, a pour principal
objectif de catalyser la volonté d’agir en commun des cinq secteurs du
programme, au Siège et dans les bureaux hors siège des différentes parties
du
monde. Conçue comme une plate-forme, elle sert de terrain d’essai pour
explorer les possibilités, surmonter les obstacles et exposer des solutions.
Ses trois principaux domaines d’action sont : les projets de
terrain étudiant
les facettes complémentaires d’un même problème mis en commun ; les chaires
de l’UNESCO et le dispositif de jumelage d’universités qui mettent en
commun une expertise transdisciplinaire ; et les forums virtuels
multilingues
sur Internet (voir p. 7 et 8). |
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Entretenir la biodiversité des îles
L’intérêt que l’UNESCO porte à la diversité
biologique remonte aux premiers jours de l’Organisation et à son premier
Directeur général, le biologiste Julian Huxley. De cette époque date
l’entente avec le gouvernement français et la Ligue suisse pour la nature
pour fonder, en 1948, l’UICN,
l’Union mondiale pour la
nature.
Quant à la biodiversité des îles, l’action constante de l’UNESCO
trouve son origine dans deux initiatives internationales complémentaires
pour
la protection de la diversité biologique.
La
Convention pour la protection du Patrimoine naturel et culturel mondial
est un instrument juridique contraignant qui encadre la coopération
internationale au point de vue juridique, financier et administratif afin de
protéger ce patrimoine. Il vise nommément les sites de valeur remarquable et
universelle. La Liste du patrimoine mondial comprend des sites distingués
spécifiquement
pour leurs processus biologiques et l’intérêt de leur biodiversité :
c’est le cas de deux sites à Cuba, du parc national « Mornes
trois pitons »
(Dominique), du parc national des Galapagos et de sa Réserve marine
(Équateur),
de la Zone d’aménagement des Pitons (Sainte Lucie), de l’atoll Aldabra et
de la
vallée de Mai (Seychelles) ou encore d’East Rennell (îles Salomon).
Le Réseau
mondial des réserves naturelles, élément du programme
l’Homme et la biosphère (MAB) regroupe actuellement 459 sites de 97 pays et
territoires, dont Cuba, la République dominicaine, Maurice et les îles
Vierges
des Etats-Unis. Dans l’idéal, les réserves de biosphère sont des lieux
d’excellence où l’on explore et l’on met en application des méthodes de
développement durable dans un esprit de recherche, d’observation, de
formation et d’éducation, qui implique l’engagement de la population locale
comme moteur de la protection de la nature.
Outre ces deux initiatives et instruments de protection in situ de la
diversité biologique, d’autres activités sont engagées, notamment des études
des ressources vivantes de la mer par la COI (comme les récifs coralliens, la
faune benthique, les algues marines nuisibles), des recherches sur les
dimensions éducatives et éthiques de la biodiversité, ou les questions qui
se
situent à l’interface de la diversité biologique et de la diversité
culturelle.
La protection de la biodiversité dans les petites îles a également été
traitée dans de nombreuses activités de la Plate-forme pour
les régions côtières
et les petites îles (CSI). Ce sont par exemple des communications du
forum de
discussion sur les pratiques éclairées pour la gestion des zones côtières,
et des expériences de terrain effectuées, par exemple, à Portland Bight en
Jamaïque, aux îles Trobriand de Papouasie Nouvelle-Guinée, à Saanapu-Sataoa
des Samoa, à l’île Cousin aux Seychelles, à l’île Chumbe de Tanzanie et
aux îles Surin de la mer d’Andaman, de Thaïlande.
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La Zone d’aménagement des pitons, à
Sainte
Lucie,
fait partie des nouveaux sites naturels inscrits sur la Liste par le Comité
du
patrimoine mondial à sa 28ème session, tenue à Suzhou (Chine) en juillet
2004. Ce site de 2 909 ha proche de la ville de Soufrière, couvre les
Pitons,
deux pics volcaniques qui se dressent ensemble dans la mer (770 m et 743 m
de
haut), reliés entre eux par la chaîne du Mitan des pitons. Ce complexe
volcanique comporte un champ géothermique avec ses fumeroles sulfureuses et
des
sources chaudes. Les récifs coralliens couvrent près de 60 % de l’aire
marine du site. |
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Les îles Galapagos
appartenant
à l’Équateur occupent un rang emblématique dans la biodiversité de l’île
pour le rôle déterminant qu’elles ont joué dans la théorie de Charles
Darwin sur la sélection naturelle. L’archipel, qui a été classé en 1984
Réserve
de biosphère est aussi l’un des sites les plus célèbres de la liste du
Patrimoine mondial. Un projet commun au Centre UNESCO du Patrimoine mondial
et
de la Fondation des Nations unies fait partie des initiatives récentes
contre
l’invasion d’espèces allogènes dans l’archipel. Pour ce qui est des espèces
endémiques, les îles Galapagos abritent la seule espèce d’iguane marin au
monde, l’Amblyrhynchus
cristatus,
sur cette photo. © S. Engelmann |
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Protection de la biodiversité : activités en
cours et prévues
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Mettre au point des systèmes d’énergie
alternative est une nécessité vitale pour beaucoup de petites îles. Les
travaux entrepris de longue date par l’UNESCO sur l’exploitation des sources
d’énergie propre ont reçu un coup d’accélérateur, dans les années 1990,
après le Sommet solaire mondial (1993–1995), puis grâce à la contribution
de l’Organisation au Programme solaire mondial des Nations
unies
(1996–2005). Parmi les activités de renforcement des capacités se trouvent
le Programme mondial d’éducation et de formation en matière
d’énergies
renouvelables (GREET), ainsi qu’une collection de matériels d’étude sur
les énergies nouvelles et renouvelables.
Menée par l’UNESCO et le PNUD, une
initiative en cours apporte son
soutien à toute une gamme de projets régionaux et nationaux sur les énergies
renouvelables dans le Pacifique, comme une politique énergétique nationale
et
un plan d’action stratégique pour Tokelau, des options pour une production
ininterrompue d’énergie pour l’île d‘Apolima (aux Samoa), un
renforcement de l’usage des énergies renouvelables aux îles Cook et la
formation aux systèmes photo-voltaïques domestiques.
Des mallettes didactiques viennent d’être diffusées portant, par
exemple, sur les systèmes photovoltaïques solaires et l’énergie
géothermique.
Une vidéo et son livret d’accompagnement (Rays of
Hope) expose l’importance des énergies renouvelables dans le
Pacifique, illustrée par des interviews et des réflexions enregistrées dans
plusieurs pays.
Kiribati : des panneaux solaires alimentent en électricité des
dispensaires ruraux et des relais excentrés de radio-téléphone
Fidji : une coopérative villageoise gère une petite unité
hydroélectrique
qui fournit de l’électricité à plus de 200 foyers d’un hameau situé bien
à l’intérieur de l’île principale
Samoa : un projet hydroélectrique de taille moyenne implanté à
Afalilo a réussi à inverser les parts respectives de l’énergie hydraulique
et du diesel qui alimente une centrale : 80 % de l’énergie provient
désormais
de l’énergie hydraulique et 20 % seulement du diesel
Aux îles Cook, l’huile de noix de coco sert de combustible aux
moteurs diesel : elle a été utilisée à Vanuatu pour alimenter les moteurs
d’autobus, de taxis et d’autres véhicules ainsi qu’aux générateurs
d’un projet d’hydroponique (cultures hors sol). Étant donné que presque
tous les pays insulaires du Pacifique disposent de noix de coco en
abondance, le
fait que les moteurs diesel et les générateurs peuvent fonctionner à
l’huile de noix de coco est le gage d’un avenir prometteur pour les énergies
renouvelables dans la région.
L’UNESCO s’efforcera désormais d’apporter son soutien en matière
d’énergies renouvelables à un programme de renforcement des capacités dans
les Caraïbes.
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INSULA et l’énergie dans
les îles Parmi les ONG internationales proches collaboratrices de l’UNESCO, le
Conseil scientifique international pour la mise en valeur des îles (INSULA)
développe
un programme substantiel sur les énergies renouvelables, notamment en Europe
et
en Atlantique de l’Est. Elle organise des conférences internationales et en
diffuse les documents et autre matériel d’information, comme ceux du Sommet
solaire des îles et son Agenda solaire pour les îles (Tenerife, mai 1999) ;
de
la conférence Europe-Caraïbes sur les énergies renouvelables (Sainte Lucie,
mai 2002) avec le forum de discussion de son suivi ; de sa conférence
internationale sur les systèmes d’énergies renouvelables destinés aux îles,
au tourisme et au dessalement de l’eau (Crète, mai 2003). Plusieurs numéros
de l’International Journal of
Island
Affairs d’INSULA ont traité des énergies renouvelables, notamment de
leur application aux politiques et aux stratégies de dessalement (janvier
2001)
et aux biosciences et aux biotechnologies (février 2003). INSULA a, par ailleurs, parrainé d’autres activités : elle a, par
exemple, apporté son soutien technique à des projets de terrain.
Actuellement
elle aide El Hierro, aux Canaries, (nommée Réserve de biosphère en 2002) à
assurer son autosuffisance en énergie. Ce programme se développe selon trois
axes : économie d’énergie, production et transport d’énergie, avec le
soutien de la Commission européenne et d’un consortium de partenaires
coordonné par l’Instituto Tecnologico de Canarias. |
![]() À Chypre, des chauffe-eau solaires ont été installés sur le toit de nombreuses maisons. D’après Renewable Energy of the Sun (UNESCO Publishing, 1996). |
![]() © Peter Coles |