Environnement et développement
dans les régions côtières et les petites îles

Agenda pour les îles

7 L'UNESCO dans les régions insulaires

Kaléidoscope des îles

Micrographie par balayage électronique de 
l’Umbilicosphaera sibogae, algue marine 
unicellulaire dont la surface présente des écailles 
calcifiées. C’est une composante du phytoplancton, 
ces herbiers qui flottent à la surface de tous les 
océans. Tiré de la monographie Phytoplankton 
Pïgments in Oceanography
(p. 26). Graduations 
de l’échelle = 10 µm (1µ =10
-6m).
(page 26). © Shirley W. Jeffrey

Étude de faisabilité d’une base 
de données sur l’environnement 
marin et côtier pour Bahrein (p. 26).
Dessins sur le sable à Vanuatu, véritable moyen de 
communication, aussi bien qu’expression artistique 
traditionnelle, proclamée en 2003 chef-d’œuvre du 
Patrimoine oral et immatériel de l’humanité (p. 19).
Le Centre de la Pointe aux sables, à 
Maurice, où se tiendra la manifestation 
interrégionale « Vision jeune pour la vie 
dans les îles » (p. 9) dans le contexte 
de la Réunion internationale de Maurice, 
en janvier 2005.
© Claire Green/UNESCO

Étudiants de Bequia (Saint Vincent et 
Grenadines) utilisant un cybercafé local pour 
participer au forum de la jeunesse de La Voix 
des petites îles (p. 8–9).
© Herman Belmar

Mesure du débit de la rivière Layou dans
l’île volcanique de la Dominique, aux 
Antilles (p. 22).
  © Gillian Cambers
L’atoll d’Aldabra (aux Seychelles) – 
inscrit en 1982 comme bien naturel sur
la Liste du Patrimoine mondial (p. 28) – 
abrite la plus grande population de 
tortues géantes du monde (environ 
100 000 en 1997) de l’espèce 
Geochelone gigantea
.

© 2004 karenika.com

Des initiatives interrégionales telles que 
Sandwatch (Surveillance du sable, p. 40) 
ont permis de multiplier les opérations de 
mesure des plages, que ce soit aux Antilles, 
aux Seychelles dans l’océan Indien, ou à 
Palau (comme ici) dans le Pacifique.

© Gillian Cambers

L’une des lauréates 
d’un concours de 
graffiti sur le VIH/sida 
de l’Université de technologie de la Jamaïque (p. 10)
.
© University of Technology, Jamaica 

Discours Lakalaka dansés et 
chantés de Tonga, l’un des 
chefs-d’œuvre du Patrimoine oral 
et immatériel (p. 19).

Cours d’alphabétisation d’adultes 
au Cap Vert (p. 6).

© UNESCO/Dominique Roger

Dragage du sable, l’un des 19 dessins de la 
bande illustrée de la brochure éducative « La 
fábula del manglar » (La fable de la mangrove) 
publiée par la Réserve de biosphère « Seaflower »
 (p. 28) dans l’archipel San Andrés des Caraïbes 
du Sud-Ouest.

Exemple de guide régional 
d’enseignement (p. 33).

 

Buildings close to the beach are vulnerable to erosion

Buildings at a safedistance from the beach are less 
vulnerable to erosion

Veiller à ce que les nouvelles 
constructions observent une distance
« de sécurité » par rapport à la zone 
dynamique de la plage, c’est protéger 
à la fois la plage et les constructions. 
L’un des graphiques communs à la 
collection de dix brochures sur « Les 
pratiques éclairées pour lutter contre 
l’érosion des plages » aux Antilles 
(p. 27).
© UNESCO/Barbara Navi

« La protection et l’éducation de la petite 
enfance » est l’une des initiatives phares 
du programme l’Éducation pour tous 
(p. 35) : les progrès observés en Afrique 
dans le développement de la petite 
enfance ont été examinés, entre autres 
thèmes, par les Ministres de l’éducation 
réunis en Tanzanie en 2002. Sur cette 
photo, trois jeunes de l’île de Zanzibar, 
dans l’océan Indien.
© Claire Green/UNESCO

La forteresse de Brimstone Hill, à 
Saint Kitts, inscrite en 1999 comme 
bien culturel sur la Liste du 
patrimoine mondial (p. 20)

© Claire Green/UNESCO

 

En toile de fond : « Une mer d’îles » – Aperçu des Maldives : 1 190 îles coralliennes de faible élévation ; superficie des terres émergées : 300 km2 et plus de 99 % de l’aire nationale constituée d’eau. Vu par le photographe Yann Arthus-Bertrand, qui a dressé un portrait aérien de l’état de notre planète à la fin du 20ème siècle, dans un ouvrage (La Terre vue du ciel) parrainé par l’UNESCO. Voir également les réflexions de Epile Hau’ofa sur l’idée de considérer le Pacifique comme une « mer d’îles » (p. 42).

Caraïbes

Le Programme de participation  aux Caraïbes

Le Programme de participation a été conçu dans le but d’apporter une assistance directe aux initiatives des États membres dans les domaines de compétence de l’Organisation, selon des priorités déterminées par eux-mêmes. Leurs demandes sont présentées par le biais de leurs Commissions nationales.

Les subventions accordées sont modestes (plafonnées à 26 000 dollars des É.-U. pour les projets nationaux, avec environ six projets par pays, par période de deux ans, et jusqu’à 46 000 dollars pour les projets régionaux). Mais il est vrai que l’UNESCO n’est pas une agence de financement. Et un appoint de cet ordre est souvent plus facile à assumer qu’une allocation plus importante.

Considérés dans leur ensemble, les projets du Programme de participation relèvent des mêmes domaines techniques d’intérêt que ceux qui ont déjà été décrits dans cette brochure, comme le montrent les quelques exemples suivants, pris dans la région des Caraïbes :

Antigua et Barbuda : Création de bibliothèques dans les collèges et lycées
Antilles néerlandaises : Enseignement de la traite transatlantique des esclaves
Bahamas : Séminaires de formation aux carrières scientifiques pour des femmes
La Barbade : Banque de données « Musique 2000 ». Création du musée de l’esclavage
Cuba : Éducation relative à l’environnement et à l’écologie dans la circonscription scolaire de Santo Domingo
Dominique : Programme de perfectionnement à la planification et à la gestion de l’éducation
Grenade : Projet de formation à l’artisanat pour personnes handicapées
Haïti : Publication trilingue de « L’eau en Haïti : besoins, ressources, gestion »
Jamaïque : Influence de la science et de la technologie sur le développement de la Jamaïque
République dominicaine : Participation des jeunes à la protection et à la promotion du patrimoine mondial 
Saint Kitts et Nevis : Changer la culture de la salle de classe
Sainte Lucie : Formation aux médias afin d’améliorer les normes et les pratiques de la profession
Saint Vincent et Grenadines : Faciliter l’accès aux archives et bibliothèques s’intéressant à la traite des esclaves
Trinité et Tobago : Projet « Nos montagnes, notre eau douce, notre patrimoine »
Projet régional et sous-régional : Assemblée des populations autochtones des Caraïbes.

Le bureau de l’UNESCO pour les Caraïbes, situé à Kingston, en Jamaïque, a été créé en 1979. Couvrant 19 pays anglophones et néerlandophones des Caraïbes, il a des responsabilités dans toutes les disciplines relevant des domaines de compétence de l’Organisation. Il se préoccupe cependant tout spécialement d’améliorer la condition des femmes et des jeunes, ainsi que des grandes initiatives régionales pour l’éducation préventive et la lutte contre le Sida, l’utilisation du tourisme culturel pour réduire la pauvreté chez les jeunes ruraux, l’enseignement à distance et les Centres communautaires multimédias, par exemple.

Les dernières consultations sur l’orientation à donner aux activités futures ont eu lieu en septembre 2003, à Montego Bay, lors d’une réunion sur les priorités stratégiques des Caraïbes. Ses conclusions et ses recommandations sont accessibles sur le site Web du bureau de Kingston (http://www.unesco.org/kingston). Dans le contexte régional, plus large, les propositions d’activités de l’UNESCO pour 2006–2007 ont été examinées lors d’une réunion de planification régionale pour l’Amérique latine et les Caraïbes tenue à Aruba en mai 2004.

Les autres bureaux de l’UNESCO aux Caraïbes sont celui de Port-au-Prince, en Haïti, et de la Havane à Cuba (qui sert également de bureau régional de l’UNESCO pour la culture en Amérique latine et aux Caraïbes).

Le projet de la mer des Caraïbes (PMC) est l’un des projets phares du Réseau du projet des Écoles associées (ASPnet, p. 36). Il vise à inciter les jeunes à s’intéresser activement au milieu marin afin de les mettre en condition d’apprendre à apprécier la richesse et la diversité de la région des Caraïbes.

L’un des éléments du PMC consiste à « Surveiller le sable », initiative conjointe de deux secteurs de l’UNESCO (Éducation et Sciences de la nature), du bureau de l’UNESCO à Kingston et du programme Sea Grant de l’Université de Porto Rico. Ses objectifs sont, notamment : a) de réduire la pollution de la mer des Caraïbes ; b) de former les écoliers à l’observation scientifique des plages en effectuant des mesures et des analyses de données ; c) d’aider les écoliers, avec l’aide de toute la communauté locale, à exploiter ces informations pour mieux gérer les plages de la région.

Les pays qui collaborent au projet sont : Aruba, les Bahamas, la Barbade, Cuba, Curaçao, la Dominique, Grenade, Haïti, la Jamaïque, Sainte Lucie, Saint Vincent et les Grenadines, Trinité et Tobago.

 

Juxtapositions caribéennes. Détail du panneau central d’un triptyque surréaliste « The Beautiful Caribbean » de Colin Garland (1974). Cette peinture illustre également la couverture du tome VI de l’Histoire générale des Caraïbes, avec la permission du peintre, de la National Commercial Bank of Jamaïca et du photographe Denis Valentine.

 

 


  

Toutes sortes de productions culturelles font partie intégrante des activités de l’UNESCO aux Caraïbes, qu’il s’agisse de l’éducation préventive au Sida ou des initiatives de YouthPATH pour initier les jeunes, hommes et femmes, à l’utilisation de techniques novatrices de développement durable en matière de tourisme culturel ou pour la protection des sites du patrimoine (p. 6). Sur plusieurs sites du projet YouthPATH des productions théâtrales illustrent l’histoire orale et le patrimoine culturel des communautés rurales locales. A gauche, le village Gambia (Bahamas), le premier village peuplé par des Africains libérés, sauvés des bateaux se livrant au commerce illégal d’esclaves. © UNESCO/Kingston
À la Barbade on s’efforce d’inciter les jeunes à s’impliquer dans le tourisme intégré, dans le « de heart uh » (hautes terres centrales) de l’île. © UNESCO/Kingston

Le Pacifique 

Programme de participation – Pacifique. Exemples.

Îles Cook : Enregistrer sur bandes audio ou vidéo le patrimoine oral. Projet « Les parents, premiers enseignants ». Enseignement à domicile.
Fidji : Projet de cartographie culturelle. Cinquième conférence internationale du Réseau de recherche sur les migrations entre l’Asie et le Pacifique.
Kiribati : Enregistrement du savoir, des tech-niques et des histoires du patrimoine autochtone.
Îles Marshall : Projet sur la production d’ouvrages féminins d’artisanat, dans l’atoll d’Arno.
Micronésie : Deuxième conférence des chefs traditionnels. Exposition itinérante sur l’éducation relative à l’environnement (« Le Spectacle de la route verte »).
Nauru : Création d’un laboratoire scientifique au Collège de Nauru. Modernisation du Bureau des médias de Nauru.
Niue : Aide d’urgence pour retrouver et restaurer les dossiers et les enregistrements détruits par le cyclone Heta en janvier 2004. Evaluation des ressources en eaux souterraines.
Palau : Transcription sur CD de journaux locaux. Soutien aux courses de canoë et aux voyages sur l’eau au Festival des arts du Pacifique.
PNG : Libération de l’asservissement à l’esclavage et à la polygamie. Projet en faveur de la jeunesse de Koroba.
Samoa : Centre d’initiation à l’ordinateur à Upolu.
Tokelau : Études de faisabilité sur une connexion à l’Internet et sur le téléenseignement.
Tonga : Programme de développement de la communauté : améliorer le statut des femmes. Bureau de formation et d’orientation de la jeunesse à Houma.
Tuvalu : Atelier pour les jeunes animateurs. Éducation à la santé par le théâtre.
Vanuatu : Recherches sur les langues locales. Égalité entre hommes et femmes.

Le bureau de l’UNESCO pour les États du Pacifique a été ouvert à Apia en 1984. Partant d’un simple mandat pour l’éducation, il a progressivement étendu ses domaines de compétences en y ajoutant la culture (1985), la communication (1990) et les sciences (1991). Les États membres de la région ont été consultés à plusieurs occasions, comme pour l’exposition « Pleins feux sur le Pacifique », pendant la Conférence générale tenue à Paris en novembre 1997. Dans la région même, des consultations entre États membres sont organisées tous les deux ans, la dernière en date ayant eu lieu à Fidji en juillet 2003. Ils participent également à la planification des travaux de l’UNESCO dans le cadre plus large de la région Asie-Pacifique, la dernière réunion ayant eu lieu en mai 2004 en Nouvelle-Zélande.

Les sujets qui inspirent les travaux à long terme de l’UNESCO dans le Pacifique comprennent, par exemple, la place de la tradition dans la société moderne et la mise au point d’une norme pour la protection des droits sur la propriété intellectuelle collective, dans le Pacifique. Les projets interdisciplinaires de grande envergure ont été, par exemple dans les années 1990, « Vaka Moana – les routes océaniques », qui visait à faire mieux apprécier le patrimoine culturel et la diversité des peuples du Pacifique. Parmi les activités régionales récentes ou prévues, certaines concernent l’éducation relative aux médias, l’étude des migrations, les statistiques de l’éducation et la promotion du Patrimoine mondial.

Quant à la planification et à la gestion des projets, comme dans les autres régions, elles sont souvent menées en coopération avec toute une série d’organismes nationaux, régionaux et internationaux. C’est le cas des travaux sur les ressources en eau, effectués sous l’égide du Programme hydrologique international de l’UNESCO (PHI) et de la Commission du Pacifique Sud pour les géosciences appliquées (SOPAC) ou encore de la collaboration avec le PNUD sur les énergies renouvelables. Il existe des liens avec l’Université Massey (Nouvelle-Zélande) dans le domaine des risques naturels, avec l’Université nationale australienne dans celui de la communication scientifique, et avec l’Université du Pacifique Sud sur le téléenseignement.

En décembre 2003 a eu lieu le lancement officiel, à l’Université nationale de Samoa, du Conseil international pour l’étude des îles (ICSPI), dont la mission essentielle consiste à faciliter la coopération entre établissements et organisations se consacrant à l’étude des îles du Pacifique. Le Conseil est le principal interlocuteur de l’UNESCO pour appliquer les programmes de sciences sociales et humaines dans la région. Son siège est abrité dans les locaux du bureau de l’UNESCO à Apia.



Il existe un abîme entre la vision du Pacifique comme « des îles dans une mer lointaine » et comme « une mer d’îles ». La première expression met l’accent sur les surfaces sèches dans un vaste océan, éloignées des centres du pouvoir. Dans cette vision, on insiste sur la petitesse et l’éloignement des îles. La seconde est une perspective plus holistique où les choses se présentent dans la totalité de leur système de relations.

Anthropologue Epile Hau’ofa, Université du Pacifique Sud, « Notre mer d’îles », 1993. 

Mallette pédagogique du maître, version Pacifique – 
Elle vise à faciliter l’introduction du Patrimoine mondial 
comme sujet d’étude en salle de classe. Lancée au cours 
d’une table ronderégionale réunie en octobre 2004 au Parc 
national de Tongariro, en Nouvelle-Zélande.

Vaka Moana – les routes océaniques

Si la Décennie mondiale du développement culturel a bien mis fin, officiellement en 1997, à ses activités opérationnelles en tant que programme de grande envergure, les principes directeurs qui l’ont guidée restent vivants, de par leur enracinement dans la culture et les traditions du Pacifique et de ses populations.

Le nom de Vaka Moana provient de l’usage très répandu dans le Pacifique des termes « Moana » pour désigner l’océan, et de « Vaka » pour « canoë ». Vaka est chargé d’un sens plus large, évoquant les aspects de la culture traditionnelle et contemporaine, ainsi que la navigation, les voyages d’exploration, de migration et d’échanges commerciaux. Mais les concepteurs du programme cherchaient à lui faire remplir diverses fonctions, comme l’étude des cultures traditionnelles et contemporaines, le renforcement des liens traditionnels, la conservation des ressources et des traditions, et le développement économique fondé sur une exploitation judicieuse des ressources de la région. La raison d’être de la Décennie mondiale du développement culturel, et du programme Vaka Moana, était la volonté de faire reconnaître l’importance des valeurs culturelles, spirituelles et sociales dans le processus de développement.

Vaka Moana s’est donc vu fixer pour objectifs d’améliorer la connaissance et l’appréciation du patrimoine et de la diversité culturelle des peuples du Pacifique, et de mettre à l’honneur les cultures et les attitudes qui s’appuient sur ce patrimoine, tout en tirant parti des technologies et des possibilités contemporaines. Et aussi de promouvoir la connaissance et la tolérance à l’égard des valeurs, des pratiques et des attitudes d’autrui.

Le programme s’était également fixé cinq objectifs opérationnels :

Le programme était axé autour de quatre thèmes principaux :

À bien considérer ses résultats, Vaka Moana a contribué à la renaissance culturelle du Pacifique. Le programme a permis de mettre en lumière la nécessité de revivifier les langues autochtones et l’importance des usages culturels tels que la monnaie d’échange traditionnelle, les arts et l’artisanat, la musique et la danse, et les liens puissants qui relient le savoir traditionnel et le savoir scientifique. Vaka Moana a, par ailleurs, confirmé la nécessité d’encadrer tout effort de développement dans la dimension culturelle.

Depuis la fin de la Décennie mondiale du développement culturel, de nombreuses activités lancées dans le cadre de Vaka Moana trouvent un prolongement dans des institutions telles que l’Institut du canoë de Majuro (îles Marshall), l’École de sculpture et des beaux-arts d’Apia (Samoa), le Département des arts et de la culture ainsi que l’Institut de technologie (Fidji) et d’autres encore. Le Programme de participation a contribué à mener à bien des projets tels que le dictionnaire monolingue de Samoa et le Projet type de loi pour la protection du savoir traditionnel et des formes d’expression de la culture dans le Pacifique.

Le canoë c’est le peuple

La transmission du savoir autochtone s’est affaiblie et s’est même parfois interrompue en de nombreuses parties du Pacifique. Les nouvelles technologies de l’information et de la communication, comme le CD-ROM et le DVD offrent de nouvelles possibilités de transmettre aux jeunes les connaissances traditionnelles. En stimulant leur intérêt pour leur propre culture, les jeunes sont incités à renouveler leurs liens avec les anciens, gardiens de trésors de sagesse.

C’est dans cet esprit qu’a été enregistré le CD-ROM Canoe Is the People : Exploring and sharing traditional navigational knowledge in the Pacific, dans le cadre du projet sur Les systèmes de savoir locaux et autochtones (LINKS, voir p. 12). S’adressant à la jeunesse du Pacifique, le CD-ROM est un outil pédagogique qui illustre la vitalité des connaissances, des techniques et de l’identité autochtones, tout en donnant aux communautés locales la possibilité de consulter un choix de documents d’archives conservés dans des localités éloignées. « Canoe Is the People » contribue ainsi à la restitution de l’information. S’il est en grande partie composé en anglais, il comporte aussi des séquences vidéo dans des langues vernaculaires pour souligner la thèse que la langue est aussi le socle du savoir autochtone.

« Canoe Is the People » a été pour la première fois présenté au public au Festival des arts du Pacifique, à Palau en juillet 2004 avant d’être of. ciellement lancé en fin 2004–début 2005.

 

Feuilles et fibres de cocotier jouent un rôle important dans le Pacifique pour la navigation en canoë. Ici, la voile en feuilles de cocotier « à sens unique » assure le retour à l’île de Lamen depuis les jardins de la grande terre d’Épi (Vanuatu), en exploitant la vitesse de l’alizé d’après-midi.
© Francis R. Hickey

De l’Atlantique de l’Est à la mer de Chine du Sud

Le Programme de participation

Exemples d’activités récentes du Programme de participation dans la région AIMS 

Bahrein : Applications de la technologie de l’information à l’éducation.
Cap-Vert : Création du réseau « Gestion des transformations sociales » pour contribuer au développement des communautés.
Chypre : Révision et évaluation des manuels de mathématiques.
Comores : Symposium sur la concorde et les conflits entre petits États insulaires.
Maldives : mise au point d’un programme d’enseignement pour analphabètes. Centre interactif de sciences.
Malte : Construction d’un Centre d’accueil des visiteurs à la Réserve naturelle d’Is-Simar.
Maurice : Usage de la langue maternelle (créole mauricien) dans l’enseignement primaire
Sâo Tomé et Principe : Enregistrement de la tradition orale. Campagne d’alphabétisation.
Seychelles : Création de jardins ethnobotaniques et activités connexes.
Au niveau régional et sous-régional : Recherches sur la traite des esclaves et l’esclavage dans l’océan Indien.

L’abréviation « AIMS » regroupe les régions de petits États insulaires en développement en dehors des Caraïbes et du Pacifique, c’est à dire de l’Atlantique, de l’océan Indien, de la Méditerranée et de la mer de Chine du Sud. Ce sigle a été créé pendant une réunion régionale organisée par les Nations unies en 2003 pour préparer le processus de révision de Barbade+10. La réunion, qui se tenait au Cap-Vert en septembre 2003, visait à mettre en évidence les problèmes et les perceptions qui étaient communs aux petits États insulaires et aux communautés de petites îles appartenant à des régions différentes.

Dans le découpage régional et sous-régional de l’UNESCO en groupes, les petits États insulaires de l’Atlantique de l’Est et de l’océan Indien du Sud-Ouest sont, dans un premier temps, reliés à leurs voisins continentaux et relèvent des bureaux régionaux et sous-régionaux correspondants : le bureau de l’UNESCO à Dakar (pour le Cap-Vert), à Libreville (pour Sâo Tomé et Principe), à Dar-es-Salaam (les Comores, Maurice et les Seychelles). La participation de Bahrein aux programmes de l’UNESCO passe par le bureau de l’Organisation à Doha, celle des Maldives à New Delhi, du Timor Leste à Djakarta etc.

Lorsque les petits États insulaires participent aux activités régionales et sous-régionales aux côtés de leurs voisins plus grands et plus peuplés, leurs représentants se sentent souvent débordés ou même marginalisés dans les débats et la prise de décisions. Ce sentiment est analogue à celui que connaissent les îles lointaines, dans les pays d’archipels, par rapport aux centres de pouvoir et d’influence qui se situent dans l’île de la capitale.

C’est la raison pour laquelle l’établissement de liens bilatéraux et multilatéraux est encouragé entre petites îles de régions et sous-régions différentes, au sein des programmes de l’UNESCO. La preuve en est des divers types de liens créés au plan interrégional pour l’initiative La Voix des petites îles (p. 8 et 9).

Les activités bilatérales dans l’océan Indien relient, par exemple, des écoles des Maldives (groupe Asie-Pacifique de l’UNESCO) et des Seychelles (groupe Afrique). Les échanges d’élèves entre l’école Ahmaddiyah (Maldives) et le collège de Praslin (Seychelles) ont donné lieu à des discussions sur les questions d’environnement et de développement et à des débats sur les solutions possibles, ainsi que leur mise en œuvre. « Tolérance zéro pour les ordures » constitue la première activité commune qui ait été entreprise par les deux écoles.

Faciliter le développement des médias et renforcer les capacités de communication et de diffusion, cela fait partie, depuis plus de 20 ans, des objectifs de l’UNESCO dans les régions de petites îles. Le long travail de promotion de la radio éducative, par exemple, pour la formation des maîtres dans les 9 îles habitées du Cap-Vert, ou l’établissement dans cet archipel d’une base d’informations au service des médias, publics et privés. Parmi les autres projets récents, on trouve l’achat de matériel pour renforcer la capacité de production de Radio Comores, le soutien accordé à l’archivage des émissions audiovisuelles au Collège de l’Air de Maurice, et le remplacement du matériel d’enregistrement et de montage radio aux Seychelles. On voit ici la présentatrice des programmes de radio éducative et culturelle du Cap-Vert.


© UNESCO/Dominique Roger

Promouvoir la compréhension et la coopération entre les îles tel est l’objectif du programme d’échanges scolaires engagé entre les Seychelles et les Maldives dans le cadre de l’initiative La Voix des petites îles. Au cours d’une première visite d’échange, en janvier 2004, les élèves seychellois ont été présentés au Président des Maldives, M. Abdul Gayoom (en haut).
Au cours de la visite, les élèves des deux petits pays insulaires ont élaboré les plans d’un programme de travail en commun sur la « Tolérance zéro pour les ordures ».
© Small Islands Voices

 

Rapprochement des Lusophones entre eux

Le Cap-Vert, Sâo Tomé et Principe et Timor Leste participent tous à un projet destiné à faciliter l’accès aux livres publiés en portugais. Le projet a été présenté par le ministre brésilien de la science et de la technologie, Eduardo Campos, lors d’une cérémonie tenue à la Maison de l’UNESCO en mai 2004, en présence du Directeur général adjoint, Marcio Barbosa et des Délégués permanents des pays lusophones.

Des milliers d’ordinateurs desservant des bibliothèques, des écoles et des universités d’Afrique lusophone et du Timor Leste auront accès à quelque 20 000 ouvrages et périodiques en portugais du monde entier, ainsi qu’à des périodiques en anglais et en espagnol, publiés par plus de 150 maisons d’édition, parmi lesquelles l’UNESCO, en vertu d’un accord conclu entre le gouvernement brésilien et le portail web de l’Ebrary/E-libro.

L’accord, qui a reçu le soutien du bureau de l’UNESCO à Brasilia, faisait suite à des contacts pris lors de la troisième session de la Commission mondiale de l’UNESCO sur l’éthique de la science et de la technologie (COMEST) en décembre 2003, en marge de la réunion des ministres de la science et de la technologie de la Communauté lusophone.

 

Esclaves oubliés

Le 17 novembre 1760 un navire de la Compagnie française des Indes orientales, l’Utile, quittait Bayonne, sur la côte Sud-Ouest de la France pour les îles Mascareignes. Le navire fit naufrage le 31 juillet 1761 sur l’île de Tromelin (autrefois dénommée « île du Sable ») avec, à son bord, des esclaves de Madagascar destinés à l’île de France (aujourd’hui Maurice).

L’équipage s’enfuit sur un bateau de fortune, laissant 60 esclaves sur l’île. Ils ne tinrent pas leur promesse de revenir les chercher.

Quinze ans plus tard, le 26 novembre 1776, le Chevalier de Tromelin, capitaine de la corvette La Dauphine, trouva huit survivants sur l’île : sept femmes et un bébé de huit mois.

Comment ont-ils survécu toutes ces années, sur une île désertique d’à peine plus d’1 km2 de superficie, coupés du reste du monde ? Des recherches historiques et généalogiques – couplées avec des fouilles sous l’eau et sur la terre – sont programmées, pour nous éclairer sur ce mystère.

Le projet « esclaves oubliés » est organisé et piloté par une association française, le Groupe de recherches en archéologie navale (GRAN), soutenu par l’UNESCO et d’autres organismes. Tel qu’il a été présenté et discuté à une conférence de presse tenue au siège de l’UNESCO en avril 2004 puis à un séminaire sous-régional sur la mémoire orale et l’esclavage, tenu à la Réunion en mai, le projet comporte un important volet éducatif appuyé sur un système qui associe les écoles via l’Internet. Il comporte également un fort élément d’information et de communication destiné à sensibiliser le public au problème de l’esclavage, sous ses formes anciennes et actuelles.

 

 

Timor Leste s’approprie sa culture

L’un des projets actuels de l’UNESCO à Timor Leste consiste à transcrire, traduire et reproduire sur support numérique les travaux d’archives pour lesquelles Max Stahl a reçu un Prix, et qui présentent les premiers pas d’une nation vers son indépendance. Ces archives réunissent des images photo-graphiques et vidéo qui se trouvaient dispersées dans le monde entier, dans les maisons de télévision et de presse, ou des collections et des réserves photographiques et vidéo privées. Il faut faire en sorte que les populations de cette petite nation, si longtemps privée de voix, puisse désormais accéder à son propre passé – par la création d’archives audiovisuelles composées d’images et d’enregistrements portant témoignage de leur histoire, de leurs luttes et de leurs hauts faits, et comportant des messages de membres de leurs familles et de leurs chefs emblématiques.

Ces archives comportent des images de la fuite en masse des populations, en 1999 dans les montagnes qui entourent Dili, et de femmes et d’enfants priant sous les balles au cimetière de Santa Cruz en 1991. On y voit également les deux lauréats nationaux du Prix Nobel en 1996, et les raisons pour lesquelles ils ont été honorés par la communauté internationale en tant que dignes représentants d’une petite nation semblable à tant d’autres.

Le projet d’archivage est financé grâce à la générosité des gouvernements de Finlande et d’Allemagne ; la mise en œuvre en est assurée par l’UNESCO.

 

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