Environnement et développement
dans les régions côtières et les petites îles
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Bilan du projet de terrain
Conservation et restauration des écosystèmes de marais à mangroves dans la Réserve de Biosphère du Delta du Saloum, Sénégal

Date du bilan : 19-20 décembre 2001.
Bilan terminé le : 15 mai 2002.
Bilan réalisé par :

M. Philippe MacClenahan, Consultant UNESCO (sans lien spécifique avec le projet); M. Achille Olloy, Bureau régional de l’UNESCO à Dakar; M. Alioune Kane, responsable des Diplômes d’Etudes Approfondies (DEA) Chaire UNESCO, Université Cheikh Anta Diop (UCAD) ; M. Nicolas Diallo, responsable du projet, Département de Biologie végétale, UCAD; M. Amadou A. Sow, Département de géographie, UCAD ; M. Gorgui Ciss, Département de géographie, UCAD ; M. Bachir Diouf, Département de géologie, UCAD ; M. Amadou Tahirou Diaw, Institut de Recherche sur le Développement, département de géographie, UCAD ; Melle Marie Fall, étudiante DEA.

Documentation :
  1. Rapport de sortie pédagogique réserve de biosphère du delta du Saloum, juin 2001.
  2. Problématiques de la gestion intégrée du domaine continental de la réserve de biosphère du Delta du Saloum, Aissata Dia, mémoire de DEA.
  3. Problématiques de la gestion intégrée du domaine insulaire de la réserve de biosphère du Delta du Saloum, Claude Sene, mémoire de DEA.
  4. Dynamique de la pluviométrie dans la réserve de biosphère du Delta du Saloum et impact sur les activités socio-économiques, Koko Zebeto Houedaakan, 1999, mémoire de DEA.
  5. Dynamique de l’écosystème des mangroves et contribution à l’élaboration de stratégies de restauration dans les Iles du Saloum (Sénégal), Sada Kane, 1999, mémoire de DEA.
  6. Conservation et gestion durable des sites historiques et archéologiques des amas coquilliers du Delta du Saloum (Sénégal), Mandiaye Thiobane, 1998, mémoire de DEA.
  7. Aménagement participatif des pêcheries artisanales du Sine-Saloum (Sénégal), décembre 1998, Rapport final 2.
  8. Contribution à l’élaboration du plan de gestion intégrée de la Réserve de Biosphère du Delta du Saloum (Sénégal), E.S. Diop (Ed), 1998.
  9. La problématique de l’écotourisme dans le Parc naturel du Delta du Saloum et les stratégies de participation et de développement des populations locales, Affro Bono Dorcas, 1999, mémoire de DEA.
  10. Perceptions et gestion de l’espace dans les Iles Gandoul et Bétenti du Saloum, Marie Fall, 2001, mémoire de DEA.
  11. Milieu et systèmes de production dans l’Ile de Mar (Iles du Saloum), Abdoulaye Ndiaye 2001, mémoire de DEA.
  12. Restauration des milieux par le reboisement des sites avec la mangrove, El Hadji Sonko 2001, mémoire de DEA.
Activités :
  1. Rencontre avec le chef du village de Fahia et visite guidée sur le site d’amas coquilliers du village et du site d’exploitation d’amas de Guior.

  2. Rencontre avec la communauté du village de Dionewar, en particulier le groupe des femmes.
    La visite incluait une nuit dans un campement à l’embouchure du Delta du Saloum. Le transport dans le delta s’est effectué par pirogue à moteur.

Contraintes : Il s’agit d’un bilan partiel qui repose sur la visite au cours de 24 heures de deux sites seulement. Manque de disponibilité des enseignants en raison de la période des examens.

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Bilan de projet terrain
 

La présente évaluation discute des activités du projet à ce jour selon plusieurs paramètres ou caractéristiques de « pratiques éclairées » sur le long terme. La zone de la Réserve biologique du Delta du Saloum a été étudiée par l’UCAD depuis les années 80. Le présent bilan s’intéresse aux activités récentes du projet, en particulier à la gestion des ressources naturelles (bois de mangrove et pêche), à la résolution des conflits, aux perceptions de l’environnement par les différentes ethnies. 

L’échelle qualitative suivante est utilisée :

Nullement : les activités du projet de terrain actuellement ne remplissent pas cette caractéristique, et/ou la caractéristique ne s’applique pas à ce projet.
Légèrement : les activités du projet commencent d’une certaine manière à satisfaire cette caractéristique.
Partiellement :: les activités du projet satisfont de manière significative la caractéristique.
Entièrement : les activités du projet remplissent la caractéristique.

Cette évaluation repose uniquement sur les activités entreprises jusqu’à ce jour et n’inclue pas les activités prévues dans le futur.

Les activités du projet ont-elles assuré un bénéfice à long terme ?  

Partiellement

En ce qui concerne l’exploitation des amas coquilliers, il n’a y a pas d’estimation des stocks. Il s’agit d’une exploitation opportuniste non gérée d’une ressources non renouvelable. La destruction des amas entraîne la disparition des baobabs et la dégradation des paysages. Des initiatives sont en cours d’étude pour créer des emplois alternatifs pour les villageois. Une des initiatives est de créer un écomusée et de former des éco-gardes. 

Dans une zone mieux développée du Delta du Saloum, le village de Dionewar, les communautés disposent de sources alternatives de revenus. Les populations vendent leurs produits agricoles aux centres touristiques. Le village est le siège de la communauté rurale. Il existe une certaine compétition entre villages pour attirer les financements.

Les activités du projet contribuent au développement des moyens et au renforcement institutionnel ?

Partiellement

L’UCAD collabore avec des ONG telle que la West African Association for Marine Environment (WAAME) et dans cette coopération à bénéfice mutuel des partenariats se créent qui favorisent le développement des capacités des ONG et de la Chaire. La population par exemple développe ses connaissances en matière de plantation et de gestion des mangroves sur la base d’expériences menées en collaboration avec les scientifiques de l’UCAD.

Les activités du projet sont-elles durable ?  Partiellement

Dans le passé, l’approche a été essentiellement du sommet vers la base, le gouvernement jouant le rôle principal. La mise en oeuvre d’un processus participatif permet de passer progressivement d’activités gérées de manière unidirectionnelle à des initiatives pilotées par les communautés. Les populations définissent ainsi elles-mêmes les actions et en assurent l’exécution en partenariat avec les autre acteurs tels que scientifiques, structures gouvernementales, ONG, bailleurs de fonds. Ceci garantit la durabilité des actions menées.

Les activités du projet ont-elles été transférées ?

Légèrement

Les femmes membres de la coopérative de Dionewar vivent pour certaines dans d’autres villages. Elles sont en train progressivement de transférer les connaissances tirées des actions de formation en gestion d’une coopérative. Il est trop tôt pour mesurer la réussite et les bénéfices de ce transfert de savoir-faire.

Les activités du projet sont-elles interdisciplinaires et intersectorielles ?

Entièrement

Le travail des universitaires fait intervenir en collaboration de nombreuses disciplines : agroforesterie, sociologie, géographie humaine et physique, développement touristique, archéologie, géologie. Les investigations ont été menées par une équipe intersectorielle constituée de chercheurs, d’agents du Service des Pêches, d’aménageurs, de pêcheurs connaissant bien les pratiques traditionnelles, de transformatrices (femmes chargées de la transformation du poisson), de mareyeurs, d’autorités religieuses et coutumières.

Les activités du projet incorporent-elles un processus de participation ?

Entièrement

Le processus participatif est un élément clé des initiatives. D’ailleurs les scientifiques insistent sur le fait qu’ils font aussi partie du processus de participation car ils doivent être progressivement acceptés par les communautés avant d’être autorisés à travailler dans le secteur. Des personnes qui sont originaires de la région et enseignent sur Dakar facilitent la prise de contact avec les populations et son maintien. 

Les personnels et étudiants de l’université apportent une information scientifique crédible et une vision plus globale des problèmes liés à la gestion des ressources naturelles. Données et vision sont partagées avec les communautés. Tous les groupes travaillent ensemble de manière participative afin : 

  • D’évaluer la disponibilité en ressources et de leurs contraintes,

  • D’évaluer les systèmes productifs et leurs contraintes,

  • De développer un processus de gestion,

  • De déterminer des solutions possibles pour atténuer les contraintes identifiées,

  • De définir des actions prioritaires.

Les activités du projet contribuent-elles à l’établissement d’un consensus ?

Entièrement

Trois domaines de priorités générales sont retenus : la gestion des ressources, le règlement des conflits, le développement d’activités génératrices de revenu. Les priorités spécifiques sont définies ensuite sur la base des diagnostics de terrain et en collaboration avec les groupes cibles. Par exemple, dans le cadre de l’élaboration du plan d’aménagement des pêches, des assemblées se sont tenues avec les habitants de Missirah et de Bétenti. Trois options ont été proposées sur la base d’un large consensus, pour une gestion durable des pêcheries au Saloum : 

  • le renforcement de la surveillance côtière et marine,

  • l’usage de techniques et d’engins de pêche appropriés,

  • la préservation et la restauration des habitats naturels.

Les activités du projet intègrent-elles un processus de communication réel et efficace ?

Entièrement

A chaque visite des équipes de chercheurs et des étudiants, se déroule un long processus de rencontre et discussion avec les différentes composantes de la communauté (chef, femmes, anciens). C’est une démarche coûteuse en temps mais nécessaire pour créer des liens de confiance et encourager la communication. Dans le cas de la gestion des ressources de la pêche, le processus de concertation regroupe tous les acteurs de la pêche et assure une communication efficace. Des outils comme les causeries, le théâtre, la radio et la télévision sont également utilisés.

Les activités du projet sont-elles respectueuses de la culture ?

Partiellement

La pratique d’exploitation des amas coquilliers va à l’encontre de la préservation et du respect d’anciennes sépultures. Les populations locales n’acceptent pas ce point de vue puisqu’elles ne se connaissent aucun lien de parenté ou d’ancestralité avec les hommes et femmes enterrés sous les amas. De leur coté, certains chercheurs tentent de justifier le respect de la culture pour son seul intérêt scientifique. 

Les chercheurs et des étudiants font attention à respecter les coutumes, les communautés villageoises et la hiérarchie. Ceci est un facteur prépondérant de réussite des projets. L’aménagement participatif des pêcheries du Sine-Saloum par son approche basée sur les pratiques traditionnelles, par son organisation qui privilégie des valeurs coutumières, assure un respect de la culture. 

Les activités du projet prennent-elles en compte les questions liées aux genres (féminin/masculin) ?

Entièrement

Les femmes jouent un rôle essentiel dans l’économie de la communauté. Elles sont les premières actrices du développement par leur niveau d’organisation. La gestion de l’espace du village de Dionewar repose sur le travail des femmes. Le rapport hommes/femmes est dissymétrique en raison d’une forte émigration de la population masculine âgée entre 15 et 40 ans vers Dakar et l’étranger. Une forte proportion de l’économie locale est soutenue par l’envoi d’argent de la capitale ou de l’étranger. Les femmes organisent le magasin coopératif ainsi que les jardins de culture. 

Si les activités de pêche sont du ressort des hommes, la transformation est surtout dominée par les femmes. Les femmes achètent des pirogues, deviennent propriétaires d’unité de pêche et interviennent également dans le mareyage. Les femmes jouent ainsi un rôle très important dans l’économie halieutique de la région.

Les activités du projet renforcent-elles les identités locales ? 

Légèrement

Les différents groupes (Niominka, Mandingues) font face aux mêmes contraintes en terme d’exploitation des ressources. Ils adoptent aussi les mêmes nouvelles techniques de gestion des ressources (par exemple le reboisement des mangroves). Cette tendance vers la standardisation des techniques n’entraîne pas pour autant une diminution des différences dans leurs modes de vie traditionnels.

Les activités du projet façonnent-elles la politique légale nationale ?

Légèrement

Toutes les activités doivent adhérer aux politiques locales ainsi qu’être conformes à la politique nationale. Ceci assure l’appui officiel. Il n’y a pas d’indications que les nouvelles pratiques aient eu une influence sur la politique légale nationale.

Les activités du projet intègrent-elles la dimension régionale ?

Partiellement

Le projet de recherche et d’appui aux communautés locales couvre une large région à proximité ou dans la réserve naturelle du Saloum. Il n’y a pas de retombées, de transferts ou d’extension des activités en dehors de la zone.

Les activités du projet contribuent-elles aux Droits de l’homme ?

Partiellement

L’implication des scientifiques et la mise à disposition des résultats de leurs études procède en partie de l’article 27.1 de la déclaration universelle des droits de l’homme qui vise le partage des progrès et des bénéfices des connaissances scientifiques par tous[1].   

Les activités du projet ont-elles été documentées ?

Entièrement

La liste des Maîtrises, mémoires de DEA, Thèses et Publication est donnée dans la section documentation.

Les activités du projet ont-elles été évaluées ?

Nullement

Ceci est la première évaluation.

[1] Article 27.1 : « Chacun a le droit de participer librement à la vie culturelle de la communauté, d'apprécier les arts et de partager le progrès de la science et de ses bénéfices ».

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Synthèse des questions principales à l'issue du bilan 

  1. Il est nécessaire de continuer à travailler sur les moyens de créer des opportunités d’emplois alternatifs afin de réduire la pression sur les ressources naturelles (mangroves, poissons) et patrimoniales (les tumulus).

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Activités futures revues   

  1. Etudier davantage la dimension socioculturelle de l’utilisation et de l’accès aux ressources naturelles, y compris les contraintes associées aux sites sacrés.

  2. Cartographier les sites d’amas coquilliers exploités.

  3. Suivre les activités de reboisement.

  4. Mettre sur le site UCAD la bibliographie complète annotée des publications liées à la Réserve de Biosphère du Delta du Saloum.

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