Environnement et développement
dans les régions côtières et les petites îles
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Bilan du projet de terrain
Problématiques socioculturelles dans une communauté traditionelle du littoral, conservation de la diversité culturelle et biologique, Yoff, Sénégal

Date du bilan : 21 et 22 décembre 2002.
Bilan terminé le : 14 mai 2002.
Bilan réalisé par :

M. Philippe MacClenahan, Consultant UNESCO (sans lien spécifique avec le projet), M. Achille Olloy (UNESCO/BREDA); M. Alioune Kane, responsable du Diplôme d’Etudes Approfondies  (DEA) Chaire UNESCO, Université Cheikh Anta Diop (UCAD); M. Bachir Diouf, Département de géologie, UCAD; M. Amadou A. Sow, Département de géographie, UCAD; M. Gorgui Ciss, Département de géographie, UCAD; M. Nicolas Diallo, Département de biologie végétale, UCAD; M. Oumar Diene, représentant le président de l’Association pour la promotion économique, culturelle et sociale de Yoff  (APECSY); M. El Hadji Mamadou Sonko, étudiant UCAD - chaire UNESCO; M. Pessiezoum Adjoussi, étudiant UCAD - chaire UNESCO.   

Documentation :
  1. Bulletin ECO-Yoff Sept-Oct 1996 (en anglais).

  2. Sites naturels sacrés, le cas d’un village Lébou dans la banlieue de Dakar, Richard Dumez, Mémoire de DEA (1998).
  3. UNESCO 2000. Yoff, le territoire assiégé. Un village lébou dans la banlieue de Dakar. Dossiers régions côtières et petites îles 7, Paris, 90 pp.
Activités :
  1. Rencontre au siège de l’APECSY des représentants suivants d’associations et comités :
  • M. Oumar Diene, Centre de ressource pour l’émergence sociale participative (CRESP / APECSY)

  • M. Seydina Issa Ndiaye, Maire de Yoff

  • M. Lamine Ndoye, APECSY

  • M. Mbaye Beye, Association nationale des sauveteurs et surveillants de baignade (ANNSSB)

  • M. Moustapha Diene, surveillant de baignade, ANNSSB

  • M. Mame Boubou Ndir, Regroupement des Mareyeurs de Yoff et Comité de surveillance côtière de Yoff

  • M. Mamadou Lamine Sylla, Commune d’arrondissement de Yoff (CAY)

  • Mme Kadija Ba, Association sénégalaise pour la protection de l’environnement marin (ASPREM)

  • M. Papa Fall Dieye, Président de l’union locale des pêcheurs

  • M. Aly Mbaye, Collectif des éducateurs et moniteurs sociaux (CECEY) et Comité de développement de Yoff (CDY)

  • Mme Aminata Diop, Sociologue, CAY

  • M. Baye Mbaye Gueye Bibliothèque Ousmane Sembene de Yoff (BOSY)

  • Mme Marian Zeitlin, CRESP

  • M. Alassane Faye, BOSY

  • M. Babacar Gnasse, Association des étudiants de Yoff

  • M. Abdonlaye Ronald Diop, Coordinateur des activités de l’Ecocentre-APECSY

  • M. Mamar Diouf, exploitant de plage

  • M. Fatou Gueye Sene, élève / éducateur

  • M. Mamadou Lamine Samb, APECSY

  • Mme Fatim Diop, responsable de femmes transformatrices de poissons

  • M. Djibil Sylla Zico, APECSY

  • Adji Ndeye Diene, projet sur le développement de la petite enfance, CRESP

  1. Visite de terrain pour observer les pressions anthropiques comme par exemple les constructions en bordure de plage, l’utilisation des ordures ménagères comme protection contre l’érosion naturelle de la plage de Yoff ; rencontre avec les femmes transformatrices du poisson.
Contraintes : Manque de temps pour discuter individuellement avec les représentants des différentes associations présentes.

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Bilan de projet terrain
 

La présente évaluation discute des activités du projet à ce jour selon plusieurs paramètres ou caractéristiques de « pratiques éclairées » sur le long terme. Le projet originel s’est concentré sur l’étude des sites sacrés Lébous (1996 à 1998). Bien que l’UNESCO n’ait pas directement financé les travaux sur Yoff depuis 1998, des étudiants de la Chaire ont continué à faire leurs mémoires de DEA sur le secteur.

L’échelle qualitative suivante est utilisée :

Nullement : les activités du projet de terrain actuellement ne remplissent pas cette caractéristique, et/ou la caractéristique ne s’applique pas à ce projet.
Légèrement : les activités du projet commencent d’une certaine manière à satisfaire cette caractéristique.
Partiellement :: les activités du projet satisfont de manière significative la caractéristique.
Entièrement : les activités du projet remplissent la caractéristique.

Cette évaluation repose uniquement sur les activités entreprises jusqu’à ce jour et n’inclue pas les activités prévues dans le futur.

Les activités du projet ont-elles assuré un bénéfice à long terme ?  

Partiellement

Parmi les transformatrices de poissons, trois générations cohabitent et travaillent ensemble. Depuis 1996 elles ont modernisé leurs mode de transformation du poisson. Les revenus suffisent à payer les diverses personnes mais ne permettent pas d’investir davantage, en particulier dans la commercialisation des produits, qui garantirait une meilleure plus-value. Se pose ainsi le problème de la diminution de la ressource halieutique qui ne garanti pas cette activité sur le long terme. Malgré l’incertitude, la compétition pousse les femmes à continuellement améliorer leur gestion et leur connaissance de l’entreprise afin de générer des bénéfices à long terme. Par exemple, des initiatives importantes sont engagées en assainissement pour permettre de recycler les déchets solides et liquides sur le site.

Les activités du projet contribuent au développement des moyens et au renforcement institutionnel ?

Partiellement

L’APECSY est bien établie et produit en particulier le bulletin ECO-Yoff sur l’environnement. La collaboration entre UCAD et l’APECSY permet d’obtenir des connaissances de terrain fiables ce qui renforce l’APECSY dans son rôle d’éducation et de sensibilisation des communautés. Mais la nécessité demeure de mieux harmoniser les interventions des nombreux membres de l’APECSY.

Les activités du projet sont-elles durable ?  Partiellement

La motivation des différentes associations, qu’elles bénéficient ou non d’un soutien financier, est un élément majeur de durabilité des structures, en particulier dans le domaine de l’identification des problèmes et de la sensibilisation. Pour ceux sans soutien financier, la motivation personnelle est le seul moteur des initiatives et la garantie de leur implication à long terme. La mise en oeuvre d'actions pour remédier à la situation en particulier en ce qui concerne l’élimination des déchets, la lutte contre l’érosion marine, la diminution des ressources de pêche, est souvent compromise par le manque de moyens financiers. L’activité des transformatrices de poissons, existe depuis 1959 et semble s’autofinancer. Mais leurs moyens ne sont pas suffisants pour renforcer l’étendue de leur contrôle dans la commercialisation des produits.  

Les activités du projet ont-elles été transférées ?

Partiellement

L’association pour la promotion économique culturelle et sociale de Ndiaye (APECSON) a adopté la démarche de l’APECSY. Des personnes ayant résidé à Yoff ont à leur retour lancé une initiative similaire et créer leur propre association quand elles sont retournées dans leur communauté à Ndiaye, dans la région de Fatick. L’expérience du comité de surveillance côtière est une démarche qui est aussi en train d’être transférée ailleurs.

Les activités du projet sont-elles interdisciplinaires et intersectorielles ?

Entièrement

L’APECSY regroupe un grand nombre d’associations et de structures qui interviennent dans de nombreux domaines, y compris l’environnement, l’éducation, le secteur de la pêche et la santé. L’APECSY collabore avec la mairie dans le cadre de la publication du bulletin ECO-Yoff.  

Les activités du projet incorporent-elles un processus de participation ?

Entièrement

La participation dans la transparence est un élément au coeur de la démarche de l’APECSY et de ses partenaires et membres. Il faut toutefois noter que les populations ne font pas toujours la différence entre leur contribution à des études scientifiques et celle à des projets financés par des bailleurs de fonds. Par conséquent, les attentes sont souvent importantes et il en résulte parfois des malentendus.   

Les activités du projet contribuent-elles à l’établissement d’un consensus ?

Partiellement

Il existe un consensus sur les problèmes à aborder, mais aucune entité locale n’a pas établi de priorité sur ces questions, même si l’assainissement semble être la priorité principale pour la population. Les bailleurs ont leurs propres priorités de financement. Les femmes transformatrices de poissons et les pêcheurs du comité de surveillance côtière s’accordent sur le besoin d’intègrer la dimension écologique dans leurs activités  (utilisation de bacs à ordures pour les abats, emploi de filets autorisés, abandon de types de pêche non autorisés, entretien de la plage). Un consensus se développe sur l’application de la réglementation existante concernant l’interdiction du prélèvement du sable marin, même si ce n’est pas encore total ; de même que sur l’importance de la préservation de l’île de Yoff comme site sacré, comme le traduit une forte opposition à la construction d’une balise sur le site.

Les activités du projet intègrent-elles un processus de communication réel et efficace ?

Partiellement

En raison du processus de transformation sociale lié à l’urbanisation, il est nécessaire de développer des moyens de communication multiples pour atteindre la population la plus large. Il est ainsi parfois nécessaire de passer par l’intermédiaire d’une autorité morale (par exemple l’Imam) pour sensibiliser la population. Le cas du prélèvement du sable marin qui a été stoppé est le résultat d’une sensibilisation fortement appuyée par une documentation réalisée dans le cadre des études de la chaire. La collaboration entre l’APECSY et la mairie dans la publication du  bulletin ECO-Yoff est un autre exemple concret de communication efficace.   

Les activités du projet sont-elles respectueuses de la culture ?

Partiellement

Malgré la pression urbaine et la transformation de la société, les Lébous, gardent un fort attachement aux valeurs traditionnelles, en particulier aux sites sacrés sur le littoral. S’il y a non respect de droits et coutumes c’est en général en raison de l’ignorance de la part des populations récemment arrivées. Les cas de non respect de la tradition demeurent rares. L’installation de ces nouvelles populations à la périphérie des quartiers Lébous pose cependant des problèmes d’utilisation de l’espace récréatif, en particulier des plages.

Les activités du projet prennent-elles en compte les questions liées aux genres (féminin/masculin) ?

Partiellement

Les transformatrices de poissons forment elles-mêmes la génération suivante de femmes. Ainsi trois générations travaillent ensemble à l’entreprise de transformation. Ce sont elles qui gèrent  leur activités, toutefois avec l’aide d’un coordonateur.  

Les activités du projet renforcent-elles les identités locales ? 

Partiellement

Face à la pression de l’urbanisation et de la modernisation, les transformatrices de poissons maintiennent les méthodes de travail anciennes de transformation du poisson pour le bénéfice des anciennes femmes toujours actives. L’identité locale Lébous liée au travail se maintient ainsi. 

Les activités du projet façonnent-elles la politique légale nationale ?

Légèrement

Toute activité doit se conformer au processus décisionnel hiérarchique gouvernemental. Les autorités sont informées des réalisations pour faire valider les démarches. Dans ce sens, la collaboration et le partenariat entre l’APECSY et la commune d’arrondissement constituent un acquis de taille. Il n’est cependant pas démontré que ceci a un impact sur la politique légale nationale.

Les activités du projet intègrent-elles la dimension régionale ?

Partiellement

Toutes les activités sont essentiellement concentrées sur des questions et des interventions locales. Un réseau national d’Eco-villages est en cours de création. Le programme ECO-Yoff à travers sa formation permet aux jeunes du village de participer á des activités de développement des capacités techniques dans d’autres pays africains, notamment anglophones.  

Les activités du projet contribuent-elles aux Droits de l’homme ?

Partiellement

Les nombreuses communautés, les groupes de femmes et d’autres acteurs de Yoff sont représentés et participent librement aux réunions et aux projets (article 19 de la déclaration universelle des droits de l’homme)[1].   

Les activités du projet ont-elles été documentées ?

Partiellement

Les documents sont indiqués ci-dessus dans la liste des publications consultées sur le projet.

Les activités du projet ont-elles été évaluées ?

Nullement

Ceci est le premier bilan général.

[1] Article 19 : Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considération de frontières, les informations et les idées par quelques moyen d'expression que ce soit.

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Synthèse des questions principales à l'issue du bilan 

  1. Une meilleure coordination est nécessaire des activités et des projets planifiés ou entrepris par l’APECSY, ceci afin de proposer une approche unifiée, à la fois au maire qui est le représentant du gouvernement central, et aux donateurs. Classer les questions et les problèmes à aborder par ordre de priorité serait une première étape vers l’amélioration de la coordination.

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Activités futures revues   

  1. Améliorer la communication entre les différentes associations, en particulier celles chargées de la sensibilisation à l’environnement (déchets et hygiène) en développant la radio communautaire, en produisant une vidéo sur Yoff et en préparant un profil socio-économique à jour de la communauté.

  2. Renforcer la collaboration entre l’UCAD et la Commune de Yoff dans le cadre de l’étude des questions des transformations des usages de l’espace, de l’accès aux lieux et aux ressources et des conflits associés.

  3. Alimenter la bibliothèque communautaire des publications de l’UCAD.

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