Environnement et développement
dans les régions côtières et les petites îles
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Thème 2

CONSERVATION ET GESTION DURABLE DES AMAS COQUILLIERS DANS L'ESTUAIRE DU SALOUM

Sites visités
Les amas de l'île de Guior
Rencontre avec le chef de village de Niodior
Discussions et recommandations
Bibliographie
Proposition d'un plan d'étude des amas coquilliers des îles du Saloum
Annexe: quelques aspects et usages multiples des "Tumulus" ou amas artificiels de coquilles des Iles du Saloum, Sénégal

SITES VISITES

- L'île de Guior
- Le village de Nodior

Dans le cadre de l’encadrement des étudiants de DEA de la chaire UNESCO du département de géographie de l’Université Cheikh Anta Diop, M. Thiobane a choisi l’étude portant sur la conservation et la gestion durable des amas coquilliers dans le Saloum. Son encadreur, M. A. Camara, chercheur archéologue à l’IFAN, lui proposait de traiter pour son mémoire, un cas spécifique : les amas coquilliers de la localité de Falia. Ce premier choix était surtout motivé par le nombre élevé des amas surmontés de tumulus dont certains étaient en cours d'exploitation, leur richesse en matériel archéologique, et par le pillage dont ils font l’objet de la part des populations du village. Enfin, Falia a été choisi en raison des visites répétées qu'avaient effectuées régulièrement A. Camara et C. Descamps, depuis quelques années :

Dans le cadre de son étude de DEA, M. Thiobane devait faire une synthèse des études effectuées sur les amas coquilliers dans les îles du Saloum, signaler les exploitations et les carrières à Falia, entrer en contact avec les villageois, les élus locaux et proposer des solutions pour la protection et la réhabilitation de ces sites. Cependant, bien que Falia ait fait l'objet d’un intérêt très particulier de l'IFAN, lors de la sortie du 10 au 12 avril 1998, la mission a décidé de changer de secteur d’étude et de porter attention sur les amas en cours d'exploitation dans l'île de Guior ; cela après des discussions avec des informateurs sur le terrain. Selon nos informateurs: Toumani Touré gérant du campement la Pointe de Sangomar de Djifère, Baye Alou Senghor et Aliou Sarr piroguiers chargés de l'excursion des touristes dans le Saloum, l'île de Guior, au sud du village de Nodior présente beaucoup plus d'opportunités que Falia, car moins exploitée.

En revanche, ces mêmes informateurs affirment que l'exploitation de l'amas de Guior est récente et que beaucoup de vestiges protohistoriques sont récupérés et vendus sur place à des touristes ou à Djifère. Ils ont participé directement à ces transactions. Baye Alou Senghor nous informe que de retour d'une randonnée touristique de l'île de Guior, il avait ramené un crâne intact qu'il avait conservé au campement. Mais effrayé, par la suite, par les propos tenus par ses amis, il a préféré se séparer de son vestige trop encombrant en le fracassant. Une poterie entière a été ramenée de l’île de Guior par un piroguier du village de Djifère que nous avons cherché à rencontrer, mais sans succès.

Ces différentes raisons, sans compter le désir de travailler sur un site nouveau non encore inventorié dans la liste des amas recensés par l'IFAN, nous ont amenés à choisir Guior aux dépens de Falia.

LES AMAS DE L'ILE DE GUIOR

Les amas en cours d’exploitation de l'île de Guior, sont situés à 2,5 km au Sud-Est de Niodior (feuille Sokone, 1991 - Fig. 1). Selon Monsieur Djibril Sarr, chef de village de Niodior, l'exploitation de cette carrière remonterait à une trentaine d'années. Mais cette déclaration nous semble un peu exagérée, à moins que les exploitations aient été très timides au départ.

Le site, signalé au loin par un regroupement de baobabs, présente sur ses bords d’accès des petites buttes constituées par des coquillages entassés par les exploitants. Quatorze tas d'une hauteur d'environ 1,5 m, pouvant atteindre 3 mètres de diamètre ont été dénombrés. L'espèce dominante des coquillages est l’Anadara senilis.

L’exploitation se fait par excavation. C’est ainsi que trois fosses ont été observées. Profondes d'environ 2,5 m, elles sont marquées par la présence au niveau des premières strates (1,20 m) de tessons et d'ossements humains. Quelques objets ont été recueillis pour être enregistrés au laboratoire de Préhistoire de l’IFAN.

L’exploitation des amas obéit à une nécessité économique. Selon nos informateurs, la charge d’une pirogue de coquillages est vendue dans le port de Kaolack entre 150000 et 200 000 Francs CFA. Nous avons trouvé sur le site 2 grands tamis, 15 bassines pour transporter les coquillages triés vers la berge, 3 pelles, ce qui révèle une exploitation artisanale organisée par les habitants de Niodior :

Comment protéger ces sites ?

Aucun site coquillier ne fait l’objet de classement au titre de la loi 71-12 du 25 janvier 1971 fixant le régime des monuments historiques et celui des fouilles et découvertes.

Dans la liste des sites dressés par le Ministère de la Culture, les seuls monuments classés dans la région de Fatick sont la maison royale de Bour Sine à Diakhao, la tombe de Meïssa Waly à Mbissel, la tombe du Bour Sine Coumba Ndoffène Fa Maak et le mausolée de Maba Diakhou BA à Fandane.

RENCONTRE AVEC LE CHEF DE VILLAGE DE NIODIOR

Notre visite à Niodior, chef-lieu d'arrondissement, nous a permis d'observer un tas de coquillages frais accumulés par les populations. Il s'agit surtout de coquilles d'arches (pagnes), d’huîtres (yoxos) et de cymbium (yët).

Les populations utilisent donc, parallèlement aux coquillages fossiles, les coquilles actuelles rejetées après consommation pour la construction des murs et la peinture à la chaux provenant du traitement de ces coquillages.

La rencontre avec le chef de village Djibril Sarr nous a permis d'avoir une idée de la conception que ces populations ont vis à vis de ces amas. D'après Djibril Sarr, leurs ancêtres ont trouvé ces amas coquilliers sur place et donc il n'existerait pas de liens directs entre les populations actuelles et les morts qui sont enterrés dans ces amas.

Selon Djibril Sarr il existe deux sites d'exploitation sur l'île : juste après le pont qui mène à Niodior : Ngolkol, dont l'exploitation est récente, et le site de Fandaga, dont l'exploitation a démarré il y a trois décennies mais qui s'est intensifiée durant ces dernières années. Et, selon lui, il n'existe pas de groupements qui se chargent de l'exploitation des coquillages. Chaque habitant y va avec sa pirogue.

DISCUSSIONS ET RECOMMANDATIONS

Les discussions ont tourné autour de la collecte et de la conservation du matériel récupéré dans les amas. A défaut de pouvoir arrêter cette exploitation, source de revenus, la collecte sur place des objets et leur remise à une autorité villageoise pourrait permettre la création à Niodior d’un écomusée qui pourrait jouer, outre un rôle de conservation, celui de sauvegarde, de réhabilitation et de promotion d'un patrimoine culturel riche et précieux. La réalisation de ce projet présenterait des avantages économiques dans le cadre d’un tourisme rural intégré.

Le chef de village nous a donné son accord de collaboration, et s’est proposé de présenter ce projet à l’association des jeunes de Nodior.

Par cette discussion, nous avons convenu :

Notre objectif à terme est de jeter les bases saines et solides d'une collaboration avec les populations locales, collaboration qui pourrait aboutir à la protection de certains sites, à la réhabilitation de ces anciennes cultures et traditions ainsi qu’à la construction d'écomusées ou de musées de site.

Ce rapport a été rédigé par M. Thiobane. Il a été revu et corrigé par M. Camara, M. Diallo et E. S. Diop

BIBLIOGRAPHIE

Les amas coquilliers des Iles du Saloum

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PROPOSITION D'UN PLAN D'ETUDE DES AMAS COQUILLIERS DES ILES DU SALOUM

Les amas coquilliers
Définition
La zone des amas coquilliers:

La zone
Les sites
Les dimensions
Les types de coquilles
Ancienneté

État des recherches archéologiques
Historique

Les premières fouilles en 1939
L'inventaire de J. JOIRE (1947).
Les recherches de H. BESSAC à Dioron-Boundaw, en 1951.
Les recherches de R. MAUNY à Dioron-Boumak en 1956
Les recherches et fouilles de l’IFAN de 1971-1973

Le recensement
Les sites fouillés
Les amas de l'estuaire du Saloum
Qui sont ces populations

Selon la tradition
D’après les datations
D’après les textes

Problèmes de protection et de sauvegarde
La protection du patrimoine
Textes réglementant le patrimoine au Sénégal

La loi 71-12
Le décret d'application n°73-746 du 8 août 1973
Le classement

Analyse de l'efficacité des dispositifs juridiques

Type de protection
la politique mise en place

Comment réhabiliter ce patrimoine
Pour les amas coquilliers:

Tourisme culturel
Intégration des monuments à des circuits de visite
Tourisme, protection et réhabilitation

Une réponse : la création d’écomusées
 
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