Environnement et développement
dans les régions côtières et les petites îles
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Thème 3

DÉVELOPPEMENT DURABLE ET AMÉNAGEMENT TOURISTIQUES SUR LA PETITE CÔTE (CÔTE SUD) DU SÉNÉGAL

Préambule
I. Objectifs
II. Résultats
  1. Généralités
2. Les aménagements touristiques
  3. Quelques impacts de ces aménagements
  4. Discussions et recommandations
Liste des participants
Annexe: quelques aspects touristiques sur la Petite Côte du Sénégal, Saly Portudal

PREAMBULE

L'excursion sur la Petite Côte, organisée le 23 Juin 1998, entre dans le cadre de la formation des étudiants du DEA de la Chaire UNESCO.  Le thème sur lequel porte notre réflexion s'intitule: La problématique des aménagements touristiques de la Petite Côte.

Ce rapport constitue un cadre d'analyse relatif aux problèmes environnementaux soulevés par les aménagements de la SAPCO (Société d'Aménagement Touristique de la Petite Côte). Il s'agit, en effet, d'une opportunité pour l'ensemble des étudiants de la première promotion de la chaire/UNESCO, de mener une réflexion sur les impacts économique, sociologique, culturel ou environnemental des aménagements de la SAPCO (Fig. 1).

Nous tenons ici à attirer l'attention du lecteur sur le fait que nous ne prétendons pas effectuer une étude exhaustive de la question. Ce thème retenu nécessite des analyses plus approfondies puisque étant d'actualité et d'une grande complexité. Le temps relativement court durant lequel nous avons parcouru la Petite Côte de Mbodjiène, à Yenn, nous a empêché de recueillir certaines données qui seraient d'une grande utilité pour aller plus loin dans notre réflexion. Toutefois, cette insuffisance n'a pas constitué un inconvénient significatif d'autant plus que le thème évoqué suscite des interrogations inhérentes au concept de développement durable. Autrement dit, comment concilier la croissance économique à partir du tourisme et la prise en compte de l'environnement physique et socio-culturel?

Cette étude a été facilitée par différentes "personnes ressources" rencontrées sur les sites visités, en l'occurrence, M. Salif Ndiaye, Directeur de la SAPCO. Nous tenons à lui exprimer, à travers ces quelques lignes, notre profonde gratitude pour sa disponibilité. Nous tenons à lui présenter nos sincères remerciements, ainsi qu'aux professeurs:

Nous voudrions également dire merci à:

Nous devons à toutes ces personnes, la réussite de cette excursion.

Malgré tout l'effort consenti à la rédaction de ce rapport, des imperfections peuvent apparaître. Nous sommes disposés à accueillir gracieusement toutes critiques, remarques et suggestions allant dans le sens de l'amélioration de ce document.

Le comité de rédaction

I. OBJECTIFS

Ils peuvent se ramener à trois essentiellement:

II. RESULTATS

Thème: La problématique des aménagements touristiques de la Petite Côte et la question du développement durable

1. Généralités

La Petite Côte constitue aujourd'hui un dispositif important dans le réseau touristique du Sénégal. L'aménagement de cet espace s'appuie sur le schéma directeur élaboré à partir de 1972 par le bureau d'études Henri Chomette. Sur la base de cette étude, la Société d'Aménagement de la Petite Côte (SAPCO), chargée de la mise en valeur des sites prioritaires de cette zone littorale, a vu le jour en 1975. Ce secteur côtier est organisé autour de deux grands centres urbains: Mbour et Joal-Fadiouth. Il est devenu un espace convoité, mais fragile. Cette fragilité est d'autant plus grande que la gestion des convoitises est rendue difficile en raison des pressions multiples et contradictoires.

2. Les aménagements touristiques

2.1. Aménagement du tourisme de week-end: cas des résidences secondaires - Fig. 2.

Depuis quelques années, la Petite Côte de Mbodjène à Todd (un village situé au sud de Bargny) a connu un tourisme assez particulier qui se distingue par sa clientèle essentiellement locale et des maisons construites le long du littoral pour accueillir durant les week-end: c'est le tourisme de week-end. Il s'agit de sénégalais disposant d'un niveau de vie assez élevé ou d'étrangers vivant au Sénégal, qui, en dehors de leur résidence principale à Dakar, possèdent de très belles villas à côté de la mer. Ces villas, dénommées résidences secondaires par opposition à la principale et en raison de leur courte durée d'occupation (principalement le week-end), sont habitées en moyenne entre 1 à 4 nuitées.

Mbodjiène, situé à 30 km au sud de Mbour et que nous avons visité en premier, marque la limite sud de ces résidences secondaires. Ce site se particularise par l'existence d'une lagune. Il était jadis découvert et occupé par les coopérants français et des militaires de l'hexagone. Si le site a attiré l'attention de ces étrangers, malgré l'éloignement du milieu par rapport à Dakar, c'est parce qu'il présente des atouts certains. En effet, cette lagune permet à la population riveraine de pratiquer la pêche artisanale ou de plaisance. Elle offre aussi aux habitants l'opportunité de côtoyer un phénomène naturel original. Cette eau est séparée de la mer par une bande de terre qui se prête bien aux promenades et à l'acquisition d'un air pur. Une végétation luxuriante qui borde la lagune contribue, sans nul doute, au confort de ce milieu.

Après le départ des premiers occupants, ces résidences y connaissent un accroissement fulgurant en raison de plusieurs facteurs:

Entre autres sites visités, il convient de souligner le village de Somone situé à 2 km au nord de Saly Portudal. Cette localité se caractérise par le fait qu'elle constitue l'un des plus anciens sites de la Petite Côte. Elle se distingue aussi par l'importance numérique des résidences secondaires dont les principaux propriétaires sont sénégalais de nationalité. Ici, il est retenu que la majorité des autorités politiques, administratives ou militaires ainsi que les nationaux nantis disposent de résidences secondaires. C'est un village à vocation essentiellement touristique où le tourisme classique et le tourisme de week-end coexistent. Nous pouvons noter alors certains clubs de loisirs tels que le Baobab et la Lagune dont les renommées sont de dimension nationale voire internationale. Dans la partie la plus septentrionale de ces résidences de week-end se trouvent les villages de TODD et de SENDOU. Ici, avec des altitudes très basses, la marée où les fortes pluies provoquent souvent des difficultés d'accès car l'eau envahit même les portails des maisons. Ce qui fait que ces résidences, surtout le secteur le plus proche de Bargny, ne sont fréquentées, en grande partie, que durant la saison sèche.

2.2. Aménagement du tourisme de station: la station de Saly Portudal

La création de la station touristique de Saly Portudal constitue un acte volontaire du gouvernement du Sénégal de faire du tourisme un facteur d'appoint de l'économie nationale vu les atouts liés à la géographie du pays avec l'extension considérable de la côte sableuse.

Après de longues études de faisabilité, la décision fut prise de confier à la SAPCO le soin d'aménager le site de Saly (Fig. 3). Les facteurs favorables qui ont présidé à cet aménagement sont les suivants:

Les conceptions spatiales et urbanistes de la nouvelle station, basées sur les aspirations des touristes étrangers et locaux mettent en exergue le caractère balnéaire du tourisme à ce niveau. Ce tourisme balnéaire a nécessité que:

Plus d'une dizaine d'hôtels sont disséminés dans la station. Entre autres hôtels, nous pouvons citer: Palm Beach, les Filaos, Plein sud, Centre commercial, les Cocotiers, Savanna Coumba, Novotel Saly, Saly Beach. Le secteur sud étant saturé actuellement, la tendance est à l'exploitation de Saly où plusieurs centaines de parcelles sont déjà attribuées et des hôtels nouveaux sont en cours de construction; c'est le cas de Tennes.

Selon notre interlocuteur de la station de Saly, M. Salif Ndiaye, Directeur de la SAPCO, les infrastructures élémentaires nécessaires au développement touristique ont dû être créées de toutes pièces par la SAPCO sur financement de la Banque mondiale: une dizaine de routes bitumées, 12 km de lignes électriques, 10 km de conduites d'adduction d'eau potable, un château d'eau, cinq 5 km de conduites d'eaux usées et une station d'épuration. Selon toujours M. Ndiaye, les eaux usées traitées par cette dernière sont utilisées pour l'arrosage des espaces verts, des fleurs et des plants.

Les périmètres aménagés par la SAPCO s'étendent de Bargny à la Pointe de Sangomar. Et cet aménagement a occasionné, selon M. Ndiaye, le démolissement des cabanons de front de mer. Ainsi à Saly sud, 250 cabanons ont été détruits et plus de 300 à Saly Nord.

3. Quelques impacts de ces aménagements

Les aménagements touristiques de la Petite Côte présentent à la fois des avantages et des inconvénients. En effet, il convient de retenir qu'en 1997 le tourisme avait généré sur le plan économique près de 77 milliards de Francs CFA à l'échelle nationale; plus du tiers de cette somme revenait à la station de Saly qui reste sans nul doute la première station touristique du Sénégal. La création de cette multitude d'hôtels est à l'origine de l'implantation d'un des plus grands villages artisanaux et un important centre commercial à Saly. Sur le plan social, ces aménagements ont généré une fourchette d'emplois assez appréciable réduisant du coût le chômage au sein des populations locales.

Ces aménagements ont également profité à l'électrification ainsi qu'à l'arrivée de l'eau potable dans plusieurs villages environnants. Ils ont également permis aux populations locales de bénéficier de structures médicales modernes et proches de leur habitation. Du point de vue environnemental, l'érection de cette station a occasionné, selon M. Ndiaye, une prise en compte des exigences environnementales. Il a été question d'effectuer au préalable des études d'impact sur l'environnement pour souligner l'importance qu'ils ont accordée à l'environnement sur ces aménagements. C'est dans cet optique que des études ont été mises en pratique avec le reboisement de 400.000 arbres à Saly Sud et près de 500.000 à Saly Nord.

Sur le plan sociologique des études ont été menées et il est ressorti clairement que le phénomène de la perversion constaté actuellement chez les filles au niveau de la station de Saly est le fait de filles originaires des autres régions. Il s'agit en effet de migrantes venues de Kaolack, Mbour, Dakar, Thiès etc... et non de filles issues des populations locales. De ces études il est noté que les infrastructures hôteliers n'ont pas d'effets négatifs de ce point de vue. Cependant, les aménagements de la Petite Côte ne sont pas sans créer des problèmes. Malgré les efforts consentis pour la sauvegarde des écosystèmes, des dommages écologiques ont été engendré. Il est constaté que certaines espèces animales ou végétales ont disparu laissant la place à des poches littorales exposées à l'érosion (Saly) ou à des lagunes en voie de disparition (Somone).

Mais l'impact le plus visible est la consommation d'espace. Ces implantations hôtelières conduisent à une consommation considérable d'espace. Cette situation aboutit à une logique de conflit. Ainsi, la mise en place du complexe touristique de Saly a consacré la "spoliation" des terres agricoles villageoise.

Dans cette consommation d'espace une part importante revient aux résidences secondaires. Par exemple à Somone, de part et d'autre de la route principale ces résidences occupent de très vastes surfaces jadis utilisées pour des activités agricoles. Par ailleurs, en jetant son dévolu sur l'espace littoral, le principal problème que pose le tourisme aux yeux des autochtones est celui de l'accès à leur lieu de travail. Ces installations hôtelières qui ont élu domicile sur le littoral ont ainsi privatisé la plage: lieu d'embarquement et support des activités de transformation des nombreux pêcheurs qui habitent la Petite Côte.

4. Discussions et recommandations

Le développement fulgurant des résidences secondaires s'inscrit, d'une part, dans les principes d'aménagement de la SAPCO et, d'autre part, dans le contexte de la globalisation. Même si ces résidences posent certains problèmes, même si elles constituent la marque d'un déséquilibre social au Sénégal, elles militent par contre en faveur de la décentralisation et du développement du tourisme local.

nous suggérons un certain nombre de recommandations:

LISTE DES PARTICIPANTS

Enseignant-encadreur : M. Gorgui Ciss, Maître-assistant au département de géographie

Les étudiants de la chaire UNESCO/UCAD:
- Ibrahima Mbaye
- Thierno Ndour
- Tidiane Sané
- Claude Sène
- Joseph Martin W. Faye
- Aïssatou Dia
- Mamadou Moustapha Ka
- Joseph Sarr
- Lansana Djiba
- Mamadou Moustapha Thiam
- Mandiaye Thiobane
- Ndèye Aïcha Ndiaye
- Amadou Ly
- Souleymane Diop
 
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