Environment and development
in coastal regions and in small islands
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PROGRAMME DE PARTICIPATION AUX ACTIVITES DE L’UNESCO POUR 2000-2001

Contribution a l’étude de la qualité des eaux d’approvisionnement en rapport avec une approche socio-économique à  Yeumbeul (Sénégal)

RAPPORT N°1

Dr. Abdoul Aziz Tandia* intervenant
dans la chaire UNESCO du département de géographie de l'université cheikh Anta Diop
Dakar, sénégal


Table des matières
   
 

Liste des sigles et abréviations

1. Introduction - Généralités
2. Stratégie globale du projet
  2.1 - Revue bibliographique
2.2 - Entretien exploratoire
2.3 - Questionnaire test
2.4 - Collecte des données
2.5 - Echantionnage
2.6 - Traitement des données
3. Rappels des principaux résultats obtenus par les études antérieures
  3.1 - Paramètres physico-chimiques
3.2 - Pollution par les nitrates
3.3 - Contamination bactérienne de la nappe
4. Aspects sociologiques
  4.1 - Démographie
4.2 - Ages et genre des chefs de ménages
4.3 - Situation matrimoniale, ethnie et religion
4.4 - Caractéristiques des ménages
4.5 - Exode rural et statut de résidence
5. Correlation de quelques paramètres avec la source d'approvisionnement en eau
  5.1 - Correlation statut de résidence et la source d'approvisionnement en eau
5.2 - Correlation entre le type d'instruction et de la source d'approvisionnement en eau
5.3 - Correlation entre l'état d'activité et de la source d'approvisionnement en eau
5.4 - Correlation entre le niveau de revenu et de la source d'approvisionnement en eau
6. Conclusion

LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS

A.S.C

Association Sportive et Culturelle

ASECNA

Agence pour la Sécurité de la Navigation Aérienne

BFP 

Bornes Fontaines Publiques

CAMCUD

Coordination des Associations et Mouvements de la Communauté Urbaine de Dakar

CAUS

Cabinet d’Architecture et d’Urbanisme du Sénégal

CAYN

Commune d’Arrondissement de Yeumbeul Nord

CAYS

Commune d’Arrondissement de Yeumbeul Sud

CEM

Collège d’Enseignement Moyen

CSE

Centre de Suivi Ecologique

DDD

Dakar Dem Dikk

DSQ

Développement Social des Quartiers

DS IV MG

Darou Salam IV Médina Gazon

EELS

Eglises Evangéliques et Luthériennes du Sénégal

Enda-Ecopop

Enda Tiers Monde Economie populaire

IEC

Information, Education et Communication

ISS

Interviews semi-structurées

MARP

Méthode Active de recherche participative

O.M.S 

Organisation Mondiale de la Santé

PELT

Programme Eau à Long Terme

S.D.E

Sénégalaise Des Eaux

SENELEC

Société Nationale d’Electricité

SONATEL

Société Nationale des Télécommunications

S.O.N.E.S

Société Nationale des Eaux du Sénégal

U.C.A.D

Université Cheikh Anta Diop

UNESCO 

Organisation des Nations Unies pour L’Education, la Science et la  Culture

 

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1 - INTRODUCTION - GENERALITES

Les motifs de notre étude reposent sur le fait que les zones côtières périurbaines des pays en voie de développement sont composées en majorité de lotissements irréguliers avec une densité moyenne de 66 habitants à l'hectare. Dans ces zones, c’est la nappe phréatique locale qui soutient la quasi totalité de l'approvisionnement en eau des résidents à partir de puits traditionnels. De même, il est fréquent que la nappe soit aussi exploitée par les sociétés de distribution d’eau potable à partir d'une batterie de forages.

Dans ces zones, les concessions ne disposent pas toutes de dispositifs adéquats d'évacuation des eaux usées et la collecte des ordures ménagères est irrégulière. Ainsi, les populations, face à l'insuffisance ou à l'inexistence de réseaux d'assainissement rejettent directement des déchets dans la nature faisant courir un risque certain sur la qualité des eaux souterraines et sur la santé publique.

C'est pourquoi des recherches ont été entreprises par notre équipe dont la plupart ont été financées par l’UNESCO dans le cadre de la chaire UNESCO lancée en 1996 sur : ‘‘la Gestion intégrée et développement durables des régions  côtières et des petites îles’’.

Ce programme vise à résoudre les problèmes actuels et futurs de la zone côtière, en trouvant un équilibre durable entre le bien-être économique, social et une bonne santé de l’environnement. En effet, la gestion des zones côtières s’est donnée comme objectifs prioritaires :

Les études menées ont permis de produire les publications suivantes :

A.A TANDIA, C.B. GAYE, A. FAYE : Origine des teneurs élevées en nitrates dans la nappe phréatique des sables quaternaires (Region de Dakar, Sénégal). Sécheresse, vol.8, n°4, 1997.

UNESCO  (1997).Qualité de l’eau de la nappe phréatique à Yeumbeul Sénégal. Etudes sur le terrain. CSI info n° 3, UNESCO, Paris, 27 p.                      

A.A TANDIA, C.B. GAYE, A. FAYE (1998) : Origin, process and migration of the nitrates compounds in the aquifer of Dakar region, Senegal. IAEA-TECDOC-1046. Vienne.

A.A TANDIA, E.S.DIOP,C.B. GAYE (1998):Pollution par les nitrates des nappes phréatiques sous environnement semi-urbain non assaini : exemple de la nappe de Yeumbeul, Sénégal. Journal of African Earth Sciences.

Y. DIENG, A.A TANDIA, A.T.WANE, O.GAYE, E.S.DIOP (1999) : Etude de parasitoses intestinales chez des sujets habitant dans une zone péri-urbaine à nappe phréatique polluée par les nitrates d’origine fécale. Yeumbeul, Sénégal. Publication dans la revue  Cahier Santé.

TANDIA, A. A. (2000). Origine, évolution et migration de l’azote minéral dans les aquifères situés sous environnement périurbain non assaini : cas de la nappe des sables quaternaires de la région de Dakar (Sénégal). Thèse de Doctorat d’Etat.

A la suite de ces travaux, l’UNESCO nous a demandé dans le cadre du présent programme d’orienter les études vers les aspects sociologiques en relation avec les caractérisations déjà effectuées. Vu le retard de financement, cette étude s’est déroulé entre fin 2001 et début 2002.

 

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2 - STRATEGIE GLOBALE DU PROJET

Elle repose essentiellement sur trois grandes étapes : la revue bibliographique, la collecte des données et leur traitement.

2.1 - Revue bibliographique

Dans cette section nous avons revu les documents et effectués les entretiens exploratoires et des questionnaires tests.

Elle s’est déroulée dans les bibliothèques de l’UCAD, du CAUS (Cabinet d’Architecture et d’Urbanisme du Sénégal), du CSE (Centre de Suivi Ecologique), mais aussi dans les archives du Département de Géographie et les mémoires et thèses du Département de Géologie de l’UCAD. Ces recherches nous ont mis en contact avec des ouvrages généraux traitant des problématiques de l’eau, de l’assainissement, de la pauvreté entre autres. Les recherches se sont poursuivies sur Internet où nous avons recueilli des informations précieuses sur l’eau, ses sources de pollutions et sur la gestion côtière.

2.2 – Entretien exploratoire

Après une rencontre avec certaines personnes ressources, spécialistes, autorités locales et notables, nous nous sommes entretenu avec le personnel des municipalités des communes d’arrondissement de Yeumbeul Nord et de Yeumbeul Sud, des représentants d’OCB, et des délégués de quartiers de Darou Salam IV Médina Gazon (DS IV MG) et de Halwar I. Ces entretiens exploratoires et la revue documentaire nous ont permis de préciser les contours de notre étude, de dégager nos objectifs et d’élaborer un questionnaire test.

2.3 – Questionnaire test

Celui-ci a été soumis à 10 ménages vers la fin de l’année 2001. A la suite de cette pré-enquête nous avons apporté des corrections pour avoir le questionnaire ménage, très précieux dans la collecte des données.

2.4 - Collecte des données

Dans cette section nous retenons trois étapes majeures ; l’échantillonnage, le choix des techniques et outils de la collecte et l’enquête proprement dite. Pour recueillir les informations nous avons utilisé l’observation extérieure, et la MARP (Méthode Accélérée de recherche participative)  dont nous avons opté pour quelques-uns de ces outils. Parmi ceux-ci : la MARP exploratoire, les ISS (interviews semi-structurées), l’arbre à problèmes/solutions. Ces outils ont été utilisés dans les guides d’entretiens et le questionnaire.

2.5 – Echantillonnage

L’enquête proprement dite s’est déroulée suivant plusieurs étapes :

 Ensuite, nous avons procédé au traitement des données.L’unité principale d’observation est le ménage. Celui-ci, défini à travers trois aspects : le partage d’un lieu de résidence, la mise en commun de ressources financières, et la vie sous la même tutelle d’une autorité reconnue comme le chef de ménage (CM). De cette définition ressort l’aspect unifié d’une famille, d’une communauté face aux questions existentielles que posent la nourriture, l’approvisionnement en eau et en électricité, la santé, les loisirs, l’hygiène et l’assainissement, la protection de l’environnement entre autres.

A Yeumbeul, les données humaines ont montré que l’espace est densément occupé. Ainsi, les ménages estimés à plus de 10.000 sont répartis en deux communes d’arrondissement. Ne pouvant donc prétendre à une étude exhaustive, nous nous sommes contentés de tenir à la représentativité de l’échantillon que nous avons choisi en fonction de certains critères parmi lesquels : le choix d’au moins  un quartier dans chacune des communes d’arrondissement, la tenue en compte de l’âge du quartier, la densité de l’habitat, l’enclavement, les difficultés d’accès aux services urbains (eau, électricité, routes, santé, etc.). Deux quartiers ont été ciblés : Darou Salam IV Médina Gazon ( DS IV MG) et Halwar I.

DAROU SALAM IV MEDINA GAZON ( DS IV MG) : ce quartier existait déjà en 1981. A cette date, il dépendait de Darou Salam IV En 1997, les populations menacées par les inondations se concertent et proclament leur quartier avec comme délégué Mayoro Samb. DS IV MG est situé à 500 mètres après le marché Bene Baraque, à droite de la route des Niayes dans une zone dominée par un bas-fond inondable en hivernage. Selon le délégué de quartier, la localité compterait 250 à 300 maisons. Les infrastructures se résument à 04 bornes fontaines publiques et 04 puits.

HALWAR I : créé en 1977, le quartier porta le nom de Halwar, en référence à l’origine des premiers habitants. Mais il est plus connu sous l’appellation de quartier ‘‘Basse’’. Il comprend 200 à 300 maisons. Ce quartier est situé à 200 mètres à l’Est du cimetière de Yeumbeul, à un kilomètre au sud de la route de Boune. A l’Est et à l’Ouest le quartier est bâti sur des hauteurs  et au milieu c’est un bas-fond. Les infrastructures se résument 04   bornes fontaines publiques ( BFP) et 03 puits dont un à usage alimentaire. L’échantillon porte sur 1/10 des effectifs soit environ 50 ménages.

2.6 - Traitement des données

Celui-ci a commencé au début du mois de septembre avec les premières données que nous avions saisies pour ne pas perdre de temps. Il  s’est poursuivi à partir de la fin des enquêtes. Les données ont été dépouillées, arrangées et interprétées.

 

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3 - RAPPELS DES PRINCIPAUX RESULTATS OBTENUS PAR LES ETUDES ANTERIEURES

Plusieurs recherches ont été menées à Yeumbeul et certaines se sont intéressées à la nappe phréatique. Plusieurs d’entre elles ont été réalisées dans le cadre du projet pilote de Yeumbeul.

3.1. Paramètres physico-chimiques

Les mesures de conductivité électrique varient entre des minima de 880 µS / cm et 710 µS / cm et des maxima de 3300 µS / cm et 3150 µS / cm durant les périodes de crues de 1996 et de 1997 (tabl.1).

Tableau 1 : Paramètres physico-chimiques de la nappe de Yeumbeul (crue)

Code puits

Température
(°C)

pH

Conductivité électrique
siemens/cm)

Sous quartier

1996

1997

1996

1997

1996

1997

1

28,7

29,7

4,2

4,3

2530

2830

Santieubeu

2

28,5

29,8

5,4

5,2

2790

2650

Santieubeu

3

29,1

29,6

5,2

4,7

2420

2640

Madina Yeumbeul

4

30,2

30,2

5,7

5,0

2450

2240

Ndiobène

6

28,3

28,4

5,2

5,9

1510

1730

Yeumbeul 2

12

28.0

28.9

6.0

5,7

1200

1260

Darou Salam 4

13

27,2

28,7

6,6

6,2

1320

1220

Darou Salam 4

14

27,5

28,8

6,6

6,1

790

880

Darou Salam 5

15

28,8

29,1

6,1

5,8

1160

1220

Darou Salam 5

16

29,5

29,2

6,2

5,8

1410

1440

Darou Salam 5

17

27,9

28,0

5,9

5,9

1490

1590

Darou Salam 5

18

26,0

27,0

5,8

5,6

2230

2490

Darou Salam 5

19

-

28,0

6,0

5,1

3150

3300

Darou Rahmane 1

21

27,9

28,1

6,0

5,4

1930

2580

Darou Rahmane 1

24

28,8

27,6

4,3

4,0

1480

1200

Asecna

25

28,6

28,0

6,0

5,4

1150

1230

Asecna

33

26,6

27,0

6,2

5,7

1860

2020

Darou Rahmane 5

34

28,1

26,4

5,9

5,4

1670

1950

Darou Rahmane 5

37

28,4

26,3

5,6

5,1

1390

1430

Darou Rahmane 5

41

28,9

27,1

6,3

5,8

1610

1510

Bene Baraque I

47

29,0

28,0

5,7

4,9

710

1800

Bene Baraque II

Source : PROJET CITIES-CSI/MOST/MAB        

3.2. Pollution par les nitrates

Les concentrations trop fortes en nitrates NO3- dans la quasi-totalité de la nappe indiquent une pollution constante (tabl.2).

Tableau 2 : Mesures des nitrates dans la nappe de Yeumbeul (comparaison entre 1996 et 1997)

Code puits

NO3-
mg/l

Sous quartier

1996

1997

1

308

797

     Santieubeu

2

265

820

Santieubeu

3

321

789

Madina Yeumbeul

4

264

775

Ndiobène

6

233

321

Yeumbeul 2

12

220

326

Darou Salam 4

13

2

113

Darou Salam 4

14

110

222

Darou Salam 5

15

187

321

Darou Salam 5

16

250

421

Darou Salam 5

17

360

323

Darou Salam 5

18

188

148

Darou Salam 5

19

368

665

Darou Rahmane 1

20

74

-

Darou Rahmane 1

21

178

299

Darou Rahmane 1

24

132

283

Asecna

25

215

509

Asecna

29

184

-

Darou Rahmane 5

33

250

399

Darou Rahmane 5

34

43

124

Darou Rahmane 5

37

124

288

Darou Rahmane 5

41

146

377

Bene Baraque I

47

153

160

Bene Baraque II

         
Source : PROJET CITIES-CSI/MOST/

3.3. Contamination bactérienne de la nappe

Les teneurs  en coliformes fécaux de certains puits dépassent nettement les normes admises par l’OMS : 0/100 ml (tabl. 3). Leur absence dans d’autres puits ne signifie pas pour autant que l’eau soit épargnée d’une contamination future.

Tableau 3 : Mesures des coliformes fécaux dans la nappe de Yeumbeul (comparaison entre 1996 et 1997)

Code puits

Coliformes/
ml

Sous quartier

1996

1997

1

0

0

Santieubeu

2

0

0

Santieubeu

3

0

0

Madina Yeumbeul

4

7200

0

Ndiobène

5

39800

-

Ndiobène

6

100

1700

Yeumbeul 2

12

1800

7100

Darou Salam 4

13

6300

200

Darou Salam 4

14

200

6600

Darou Salam 5

15

0

300

Darou Salam 5

16

0

0

Darou Salam 5

17

3300

2400

Darou Salam 5

18

0

2200

Darou Salam 5

19

700

0

Darou Rahmane 1

20

50100

-

Darou Rahmane 1

21

400

400

Darou Rahmane 1

24

0

100

Asecna

25

200

0

Asecna

29

1700

-

Darou Rahmane 5

33

5700

200

Darou Rahmane 5

34

500

1100

Darou Rahmane 5

37

200

100

Darou Rahmane 5

41

0

0

Bene Baraque I

47

0

0

Bene Baraque II

Source : PROJET CITIES–CSI/MOST/MAB

Les importantes quantités en coliformes fécaux traduisent  ainsi ‘‘une pollution ponctuelle de la nappe’’, ce qui expose les consommateurs à des maladies d’origine bactérienne. Par ailleurs, les examens parasitologiques effectués sur 705 patients d’âges et de sexes différents comme le montre le tableau 4 révèlent la présence de 355 parasites pour une prévalence de 42,26 %. La tranche d’âge la plus touchée est celle de 10 à 19 ans avec 51,55 % ( tabl.5). Les hommes sont plus parasités que les femmes : 45,69 % contre 39,70 %.

Tableau 4 : Parasites identifiés dans la population de Yeumbeul (novembre 1997)

Code puits

Nombre de sujets

Parasites

A. lumbricoides

E.coli

G. intestinalis

H.nana

T. intestinalis

T. trichiura

1

15

4

4

1

0

0

0

2

23

2

6

3

0

0

0

3

46

11

8

11

1

1

1

4

41

2

9

5

0

0

1

6

19

2

6

1

0

0

1

12

28

1

3

4

1

0

0

13

36

0

6

4

1

0

0

14

24

0

4

4

0

0

0

15

23

6

2

3

0

0

1

16

30

0

7

8

0

0

0

17

44

4

8

4

0

0

0

18

51

14

18

11

0

0

2

19

17

8

4

2

0

0

2

21

33

7

5

5

0

0

3

24

44

13

6

4

0

0

2

25

38

10

11

2

0

0

1

33

32

3

6

6

0

0

1

34

37

1

7

11

0

0

0

37

45

4

4

7

0

0

0

41

42

2

6

5

0

0

1

47

37

1

7

2

0

0

0

Total

705

95

137

103

3

1

16

Source : PROJET CITIES-CSI/MOST/MAB 

Tableau 5 : Répartition des sujets parasités en fonction de l'âge (novembre 1997)

AGE/AN

NOMBRE  DE SUJETS

0 – 9

313

10 – 19

161

20 – 29

73

29 – 39

65

40 – 49

47

>50

46

Source : PROJET CITIES-CSI/MOST/MAB

Il faut noter que le parasite le plus fréquent est Entamoeba coli avec une prévalence relativement plus élevée chez les consommateurs d’eau de puits que chez les consommateurs d’eau de fontaines. Enfin, le commentaire fait par les auteurs indique que le diagnostic n’a pas établi de corrélations significatives chez les consommateurs d’eau de puits entre les paramètres suivants : profondeur de la nappe, teneurs en nitrates, nombre de coliformes fécaux et la distance séparant les puits des latrines.

A la suite des examens parasitologiques, des traitements anti parasitaires ont été  effectués. Ainsi sur 344 patients traités, 30,8 % restent encore parasités, soit un taux d’efficacité de 72,9 %. Ce qui se traduit par un certain nombre de recommandations appelant entre autres à un contrôle du circuit alimentaire, à une bonne politique d’information, d’éducation et de communication (IEC), à la participation de tous les acteurs impliqués.

 

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4 - ASPECTS SOCIOLOGIQUES

Si en 1954 l’habitat reposait sur 0,70 % des terres, en 1989 plus de 51 % des sols étaient habités n’épargnant ni bas-fonds ni coin de végétation naturelle. Cette situation était accentuée par l’importance grandissante de la valeur marchande de la terre à Dakar. Ainsi, maîtres et hôtes se livraient à une spéculation foncière sans précédent ; la longue présence sur la terre arrogeait un droit finalement sur elle. En plus de cela, nous dit-on la loi de 1964 relative au Domaine National  avait épargné le village traditionnel de Yeumbeul. Le statut de village traditionnel accordé à Yeumbeul, ainsi qu’à Yoff, Ngor, Ouakam, Cambérène, Hanne plage, Thiaroye/mer et Mbao par le plan directeur de 1967 sonnait l’approbation d’un laisser faire. Aujourd’hui encore ni le titre foncier, ni l’autorisation de construire ne sont exigés pour ériger un bâtiment. Ce qui donnait un vaste champ d’action aux promoteurs et aux spéculateurs.

En 1983, le décret n° 83-1129 du 29 octobre intégrait Yeumbeul dans l’ancienne commune de Pikine. En 1996, la loi n° 96-06 du 22 mars initiait le découpage de certaines grandes entités en communes et en communes d’arrondissement (CA) : c’est  le projet de  loi sur la décentralisation. A Dakar, les communes de Rufisque, de Dakar, de Guédiawaye et de Pikine accouchaient ainsi de 43 communes d’arrondissement. Pikine en comptait 16 dont celles de Yeumbeul Nord  et de Yeumbeul Sud.

La commune d’arrondissement de Yeumbeul Nord (CAYN) comptait 80 quartiers et couvre une superficie de 9 km2. Elle à un personnel composé de 14 agents fixes, de 07 temporaires, de 06 bénévoles et de 05 volontaires du service civique national. Son budget serait selon le secrétaire municipal, de 60 millions de francs CFA. Somme avec laquelle sont pris en charge les besoins de fonctionnement de la mairie (eau, téléphone, électricité), les temporaires, les bénévoles et les entreprises de développement local. Les agents fixes sont pris en charge par la mairie de Pikine. 

Celle de Yeumbeul Sud compterait le même nombre de quartiers (58) sur une surface de 2 km2. Contrairement à la CAYN où le budget nous a été communiqué, l’information ayant trait aux finances reste tue malgré la rencontre avec le chef de la division finance de la CAYS. Cependant, ce qui est une certitude, c’est qu’avec le budget disponible que la CAYS prend en charge les indemnités annuelles de représentation du maire  (1.061.664 francs CFA)  et celles de ses 04 adjoints (663.564 francs CFA).

Qu’il s’agisse de l’une ou de l’autre commune d’arrondissement, il faut dire que le budget est acquis des taxes issues des marchés, des occupations sur la voie publique ainsi que de quelques patentes (boutiques du coin). Ce qui montre l’incertitude de leur budget. D’abord, certaines populations refusent systématiquement de payer. Ce-ci d’autant plus que la mairie ne dispose pas de moyens coercitifs pour contraindre les mauvais payeurs ; pour disposer d’un agent de police, la procédure est lourde et très lente. D’autre part, la Direction des impôts et domaine  envoie directement ses agents collecter des fonds dans les marchés de ces communes. Après des calculs, elle dégage les attributs de chaque commune en fonction du nombre d’étals.

Les communes d’arrondissement de Yeumbeul Nord et Yeumbeul Sud disposent d’une subvention de la Commune de Pikine, qui n’est versée qu’à moitié (06 millions par exemple à la CAYS), et le reste est soumis au budget de l’année suivante et ainsi de suite.

C’est dire en conclusion que la politique de décentralisation, bien qu’elle soit appréciable dans son principe et ses objectifs, reste soumise à deux contradictions majeures :

4.1 - Démographie

Yeumbeul est une zone très fortement peuplée : 148.261 habitants. Sa population vit concentrée sur 10.92 hectares, soit une densité moyenne de 13500 habitants au km2 ; cette densité variant d’une commune d’arrondissement à l’autre. A Yeumbeul Sud, la densité moyenne est de 35.600 habitants au km2. A Yeumbeul Nord, elle est de 8.300 habitants au km2. Ces deux communes d’arrondissement compteraient respectivement en 1998, 75.661 et 72.600 habitants.

La population de Yeumbeul a connu une évolution fulgurante. ‘‘Au recensement de 1936 les villages de la délégation dakaroise : Ouakam, Yoff, Ngor, Thiaroye, Cambérène, Mbao, Yeumbeul, regroupèrent 12.500 habitants’’ (CALAIS, J, 1954). En 1950,  cette population se multiplia par deux, soit un taux d’accroissement de 8,75 %. En 1970, la population de Yeumbeul atteint à elle seule plus de 30.000 habitants. Elle représente aujourd’hui 18 % de la population de la commune de Pikine. A l’image des pays sous développés, la pyramide des âges de la population de Yeumbeul se rétrécit plus on monte, avec une base très représentative. En effet, les moins de 25 représentent près de 68 % et 5 % seulement ont plus de 60 ans. Les femmes occupent plus de 52 % des effectifs.

La composition ethnique de Yeumbeul, révèle une véritable diversité. Le groupe Lébou/Wolof est prédominant avec 65 %. Les Halpular suivent avec 29 %, les Sérère 5 %, et  1 % pour les autres ethnies. On note une occupation du sol centrée sur des affinités ethniques,  matérialisée par le regroupement des Lébou dans les quartiers de Ndiobène, Santhiaba ou, encore par une forte concentration des Halpular à Yeumbeul 52.

Cette population très nombreuse a un niveau d’instruction très faible et est victime d’un sous-emploi très marqué. ‘‘Moins de 40 % seulement des enfants sont scolarisés et la masse des analphabètes entre 5 et 90 ans est d’environs 60 %’’ GOMIS, 1998, p. 13). Les établissements scolaires existants ne sont pas en mesure de satisfaire la demande très forte en matière de formation. En ce qui concerne l’emploi, le secteur informel concentre plus de 81 % des actifs. Le sous-emploi est généralisé et frappe particulièrement les femme