Environnement et développement
dans les régions côtières et les petites îles
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5. Discussions

La comparaison des mesures des coliformes fécaux entre 1996 et 1997 fait observer une pollution bactériologique des eaux de la nappe de Yeumbeul qui suggère une origine fécale des fortes teneurs en nitrates enregistrées. Sur certains puits, nous avons noté une bonne reproductibilité des résultats entre 1996 et 1997 (Puits 1; 2; 3; 16; 21 ) qui confirment la pollution de la nappe par les coliformes fécaux. Par contre, sur d'autres, on a noté une variabilité des mesures qui peut avoir 3 significations:

  1. apparition de la pollution bactérienne sur des puits sur lesquels on n'avait pas de coliformes fécaux; ce sont les puits 15; 18; 24; 41 et 47,
  2. augmentation du taux de coliformes fécaux sur certains puits 6; 12; 14 et 34,
  3. diminution ou disparition de la contamination par les coliformes fécaux sur les puits 4; 13; 17; 19; 25; 33 et 37.

Si l'apparition ou l'augmentation du nombre des coliformes fécaux peut être interprétée comme l'expression d'un mécanisme ponctuel de la pollution de la nappe comme cela avait été confirmé dans l'étude précédente, par contre, une diminution ou une disparition de la pollution par les coliformes fécaux peut être liée aux résultats positifs engendrés par les campagnes de sensibilistation pour la stérilisation des puits par utilisation de l'eau chlorée. Des enquêtes ultérieures auprès des propriétaires de puits nous permettrons de confirmer ou d'infirmer cette interprétation.

L'étude parasitologique fait observer que la majorité des parasites isolés sont à transmission orale sauf le S. stercoralis qui est transmise par voie cutanée. Ainsi la contamination par l'eau de boisson ou les aliments souillés par les kystes ou oeufs des parasites est de loin plus importante que celle liée au contact avec les eaux stagnantes. La prévalence globale passe de 50.35% à 31.40% après traitement spécifique. L'amibe Entamoeba coli est la plus fréquemment retrouvée avec un taux de prévalence passant de 19.4% à 14.8% de la première à la deuxième phase de prélèvement de l'étude.

La persistance du parasitisme après le traitement spécifique peut être dûe à un mécanisme de réinfestation à partir des mêmes sources de contamination. L'identification de facteurs de risques permet de constater que les femmes sont plus parasitées que les hommes à cause de leurs activités ménagères qui les mettent en permanence en contact avec l'eau et les aliments. De même par méconnaissance ou insouciance des règles d'hygiènes, les enfants sont plus exposés que les adultes et particulièrement la tranche d'âge qui va de 0 à 9 ans.

La contamination de la nappe par les coliformes fécaux qui témoigne d'une origine fécale pourrait impliquer celle-ci dans la transmission des parasitoses à partir des eaux de puits. Les différentes corrélations déterminées entre la prévalence des parasitoses et les paramètres que sont la profondeur des puits (Figure 4), les teneurs en nitrate des puits (Figure 5), le nombre des coliformes fécaux (Figure 6) et les distances entre les puits et les latrines (Figure 7) ne montrent pas une nette relation.

Figure 4: Corrélation entre le taux d'infection et la profondeur des puits

Figure 5: Corrélation entre le taux d'infection et les teneurs en nitrates des puits

Figure 6: Corrélation entre le taux d'infection et le taux de coliformes fécaux

Figure 7: Corrélation entre le taux d'infection et les distances latrines/puits

Cette observation indique qu'il existe d'autres facteurs de risque au parasitisme comme cela est confirmé par la comparaison entre la prévalence des consommateurs d'eau de puits et celle de ceux consommant l'eau des bornes fontaines. La prévalence chez les consommateurs de l'eau des bornes fontaines qui est considérée potable est 39,50% contre 43,93% pour les consommateurs d'eau de puits.

Dans l'environnement de Yeumbeul la contamination de l'eau de boisson peut avoir lieu au moment du puisage, du transport, du stockage et de la consommation. Donc autant de facteurs qui peuvent s'ajouter au risque de contamination de l'eau de la nappe à partir des latrines défectueuses.

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