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CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS DU SEMINAIRE INTERNATIONAL SUR LE " DEVELOPPEMENT URBAIN DURABLE EN ZONES COTIERES "
(Mahdia, 21-24 juin 1999)

 Le Séminaire International sur " Le Développement Urbain Durable en Zones Côtières ", organisé conjointement par l’UNESCO et le Ministère de l’Environnement et de l’Aménagement du Territoire, entre le 21 et le 24 juin 1999 à Mahdia (Tunisie), s’est déroulé principalement en quatre séances plénières et trois ateliers de travail. Les exposés et débats qui se sont tenus ont permis de dégager les conclusions et recommandations suivantes

A.   Atelier sur " Une Médina en front de Mer : la redynamisation de la presqu’île de Mahdia"

Les travaux de l’Atelier ont porté sur la redynamisation de la presqu’île de Mahdia. Les exposés suivis de discussions ont permis de traiter de diverses questions liées au développement urbain, social et économique de la presqu’île, de la protection et de la sauvegarde de la médina, et des instruments de gestion urbaine et de mise en valeur.

Les discussions ont permis de dégager les conclusions et recommandations suivantes:

1.    Face au processus de dégradation avancée de la médina, les participants jugent urgent d’engager:

2.    Considérant qu’il existe une insuffisance au niveau de la connaissance de la médina pour ses différents aspects ( social, économique, urbanistique, état du bâti...), les participants recommandent de:

3.    En matière de développement économique et social, les participants recommandent :

4.    En matière de renforcement de la participation communautaire, les participants recommandent:

B.  

Atelier sur " L’Environnement: gestion des ressources naturelles, développement durable "

Dans le cadre de cet atelier, quatre thèmes ont été plus particulièrement abordés à l’occasion de la présentation des communications : la gestion des ressources en eau, la sebkha, la plage et les outils d’aménagement et de gestion du développement durable :

   1.     A propos de la gestion des ressources eau, les participants recommandent :

2.    Abordant les problèmes liés à la sebkha de Mahdia, et au terme d’une longue discussion, les participants recommandent d’établir une coordination étroite entre les différents acteurs impliqués dans l’étude scientifique et la gestion de cette lagune qui constitue un élément important de la ville.

3.    Considérant la plage nord de Mahdia, dont la fragilité a été rappelée, les participants ont recommandé, d’une façon générale, que les aménagements dont elle fait l’objet soient précédés d’études préalables approfondies pour éviter des déstabilisations irréversibles. En particulier, tout type d’aménagement portuaire est fortement déconseillé, sur cette plage nord.

D’autre part, ils recommandent de prendre toutes les précautions utiles, dans le cadre d’une gestion intégrée, pour connaître l’impact sur les côtes, des aménagements dans les bassins versants, en particulier lorsque sont élaborés des projets d’aménagement de barrages de type collinaire ou autre.

4.    Sur le plan des structures institutionnelles, les participants recommandent :

5.    En matière de gestion des déchets solides, les participants recommandent :

6.    Abordant la question du contrôle de la qualité du milieu marin côtier, y compris les risques de pollution liée à l’intense circulation des navires au large, du suivi de son évolution et de la stratégie appropriée à mettre en œuvre, les participants soutiennent les initiatives pertinentes qui pourraient être prises par les autorités compétentes dans ces domaines.

Considérant par ailleurs que la bonne qualité des eaux de mer est un élément du développement du tourisme international, et qu’elle a une incidence sur la qualité des ressources marines vivantes, les participants recommandent de porter à cet égard, une attention accrue à la gestion rationnelle de la pêche à Mahdia.

D’une manière générale, les participants recommandent de renforcer :

7.    Enfin et considérant que, du fait de l’accroissement attendu de la population et de l’essor du tourisme sur le littoral méditerranéen, un grand besoin d’experts qualifiés du développement durable des zones côtières est nécessaire, les participants recommandent d’encourager la formation dans ce domaine, et expriment, en particulier, vivement leur souhait que des cours multidisciplinaires soient organisés pour former des techniciens des villes du réseau sur la gestion durable des zones côtières en Méditerranée, et d’examiner la possibilité d’établir une Chaire UNESCO dans un des domaines liés à la gestion durable des zones côtières en Tunisie.

8.    En matière d’échange d’expériences, les participants recommandent la réalisation des documents relatifs aux études de cas des villes participant au réseau "Petites villes historiques côtières de l’UNESCO" avec intégration de tous les aspects nécessaires à la mise en œuvre de politiques de développement durable, en particulier sur la gestion des ressources en eaux.

9.    Les participants ont pu notamment, dans le cadre de l’atelier, prendre connaissance de problèmes liés à l’eau dans d’autres villes, en particulier dans des pays de la Méditerranée orientale tels que la Syrie, dont les problèmes sont liés à l’existence de rivières ayant un cours international et Gaza, auxquelles le concours d’organisations internationales comme l’UNESCO peut être d’un grand secours.

C.  

Atelier sur la " Diversification du tourisme: concilier les exigences du développement et la mise en valeur du patrimoine social, culturel et naturel "

Dans le cadre de cet atelier, une vingtaine de participants, très attentifs, a examiné au cours des trois séances de travail, les possibilités de diversification du tourisme à Mahdia, dans le contexte général qui régit la durabilité du tourisme en zone côtière et qui implique un certain nombre de recommandations et de principes.

Le développement durable vise une gestion globale des ressources afin d’en assurer la durabilité, tout en permettant de préserver notre capital naturel et culturel, qui comprend les espaces protégés. Le tourisme, puissant instrument de développement, peut et doit jouer un rôle actif dans la stratégie de développement durable.

La contribution active du tourisme au développement durable présuppose nécessairement la solidarité, le respect mutuel et la participation de tous les acteurs, du secteur public et privé, impliqués dans le processus.

La préservation, la protection et la mise en valeur de la richesse du patrimoine naturel et culturel offrent un cadre privilégié pour la coopération, en intégrant les principes suivants :

Sachant que le développement du tourisme en Tunisie a d’abord été une opportunité économique, puis un choix, enfin une nécessité pour son avenir, la diversification du tourisme en Tunisie doit contribuer à la durabilité des projets. Elle doit favoriser la stabilisation de la clientèle potentielle, et la création de services locaux liées au tourisme.

Il a été recommandé que la participation des habitants dans les nouveaux projets soit intégrée dès leur élaboration et que leur mise en œuvre s’appuie sur un relais associatif fort.

Les nouveaux projets touristiques doivent respecter un équilibre entre les potentialités des ressources existantes et les capacités d’accueil local.

Le défi concerne à présent la définition, pour Mahdia de perspectives de développement d’un tourisme complémentaire au tourisme balnéaire ; celles-ci mettent en valeur la richesse du patrimoine socioculturel et naturel de la ville et de ses habitants, à savoir :

La valorisation touristique de ces ressources devrait permettre de les renouveler et de les transmettre aux générations futures.

Dans le cadre de la diversification du tourisme vers l’arrière pays, des sites culturels, mais aussi des traditions et des modes de vie liés à l’agriculture ont été identifiés pour les circuits régionaux et nationaux. De plus, la possibilité de développer des produits touristiques à partir de l’agriculture a aussi été évoquée. Le tourisme rural permettrait enfin de maintenir une architecture spécifique des traditions et des coutumes menacées de disparition.

On a noté les possibilités d’ouvrir au tourisme les savoir-faire liés à la pêche et à l’activité portuaire de la ville de Mahdia, mais il a été recommandé d’éviter d’implanter une marina sur la côte nord de la Médina.

L’artisanat traditionnel à Mahdia, " tissage de la soie, broderie, orfèvrerie ", devrait être soutenu par un renforcement de la formation, par des activités promotionnelles au niveau local, national et international. Cet artisanat raffiné devrait faire l’objet d’une ouverture ciblée vers la demande extérieure, pour permettre de compléter la production actuelle et retenir les jeunes artisans à Mahdia.

L’implication du secteur privé est essentiel pour lancer la dynamique de réutilisation des constructions traditionnelles à des fins touristiques dans la médina, tout en préservant son identité socioculturelle et architecturale.

Les traditions culinaires, vestimentaires, musicales, entre autres, devraient être accessibles à un plus grand nombre de visiteurs : des espaces pourraient être aménagés à cet effet dans la médina pour compléter les connaissances proposées par le Musée de Mahdia.

Les sites et monuments archéologiques et historiques inclus dans la presqu’île, tout comme la médina aux caractères architecturales remarquables, nécessitent l’élaboration urgente d’un plan de sauvegarde et de mise en valeur qui prenne en compte la population et la pression du développement touristique sur le site.

Les échanges d’information et les activités de communication1 entre trois villes pilotes du projet intersectoriel, Essaouira, Saida et Mahdia, sont essentiels.

Les nouveaux projets touristiques devraient mettre en valeur le patrimoine naturel et culturel existant et l’identité socioculturelle de la ville.

La conception d’outils promotionnels en faveur de la ville de Mahdia devrait être lancée aux niveaux local, national et international pour permettre, aux différents opérateurs et gestionnaires du tourisme, ainsi qu’aux médias d’adapter leurs offres aux richesses potentielles méconnues de Mahdia.

Le secteur hôtelier à Mahdia devrait favoriser la découverte et l’accès aux richesses présentes dans l’offre touristique complémentaire basée sur les ressources naturelles et culturelles existantes dans la ville et sa région, mais aussi donner les informations nécessaires pour économiser les ressources naturelles, en particulier l’eau potable, et enfin promouvoir la sensibilisation des touristes au respect du à la spécificité socio-culturelle des habitants.

Nous avons constaté la volonté d’initiatives au niveau local qui permettrait l’adhésion de différents partenariats en faveur de la diversification touristique et la valorisation de différents secteurs d’activités à Mahdia.

De façon générale, les participants recommandent:

1.    Qu’un comité scientifique national de suivi des études de cas, identifiés par l’UNESCO dans le cadre du projet de Mahdia, soit instauré, avec le soutien actif des responsables du projet UNESCO, pour :

2.    Que les populations locales et les ONG puissent participer comme des partenaires à part entière au développement des activités du projet, et que pour ce faire, puisse être développée à leur intention, une activité d’information et de sensibilisation concernant les activités du projet, mais couvrant également les différents aspects de la protection de l’environnement et de la gestion du développement durable.

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1 Le magazine "Le Souffle d'Essaouira" a offert de servir de plate-forme à cet échange et la revue "Madina" consacrera un numéro spécial à la ville de Mahdia.

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