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Initiative intersectorielle
" Développement Urbain et Ressources en eau :
Petites Villes Côtières Historiques " (P.V.C.H)
1997-2003

 

Rapport d'évaluation

 

 

 

 

Rachid Sidi Boumedine,
évaluateur externe
Janvier 2004

 


SOMMAIRE

Avertissement

1. Résumé exécutif
2. Introduction
3. Objectifs généraux de l'initiative et sélection des cas-pilotes
3.1. Les objectifs généraux de l'initiative  
3.2. Les cas-pilotes : critères et processus de sélection  
 
4. Evaluation
4.1. Les objectifs de l'évaluation  
4.2. Méthodologie  
 
5. Résultats et impacts principaux
5.1. Essaouira, Maroc (1997)  
5.2. Mahdia, Tunisie (1999)  
5.3. Omišalj, Croatie (2000)  
5.4. Saïda, Liban (2001)  
5.5. Jableh, Syrie (2002)  
 
6. Leçons retenues
6.1. Portée et limites de l'évaluation  
6.2. Une initiative en consolidation  
6.3. Ancrage ou redéploiement ?  
 
7. Recommandations
7.1. Enjeux majeurs et étapes  
7.2. Recommandations relatives à la structuration et à la conduite de l'initiative  
7.3. Recommandations relatives à la capitalisation, la formation et les échanges  
7.4. Recommandations pour la préparation d'un transfert efficace  
 
8. Annexes
8.1. Recommandations de la réunion d'évaluation d'Essaouira (30 novembre - 2 décembre 2003)  
8.2. Observations des experts internationaux  
8.3. Déclaration d'Istanbul (Habitat II en 1996)  
 

 

 


Avertissement

Le présent document reprend le contenu du rapport d'évaluation externe présenté comme document de travail au Séminaire d'évaluation d'Essaouira (30/11/2003 au 2/12/2003) et les remarques ou recommandations qui en ont résulté.

 


1. Résumé exécutif

1.1. Introduction : Contexte et principes de l'initiative P.V.C.H. de l'UNESCO

Dans le cadre du Grand Programme III du 31C/5, le Programme MOST[1] a poursuivi des projets de recherche et de recherche-action sur le thème des villes. Au sein des réseaux MOST, l'initiative intersectorielle " Développement urbain : Petites villes côtières historiques " P.V.C.H. a été lancée en 1996 avec le programme intergouvernemental PHI[2], dans le cadre de la plate-forme CSI[3]. Cette initiative s'est appuyée sur les résultats de recherche sur les migrations " campagnes-villes " dans la région arabe et elle contribue aussi au réseau de recherche sur le rôle des villes intermédiaires face à urbanisation mondiale : en effet, P.V.C.H. est une illustration dans un contexte géographique précis - les zones côtières - du rôle majeur d'accueil par les villes moyennes ou petites des populations issues des migrations rurales et de régulateur des réseaux urbains nationaux et interrégionaux. Les priorités de la gestion durable des ressources en eau douce et du développement durable des zones côtières du Secteur des Sciences (SC) ont aussi été prises en compte. Cette initiative a été mise en œuvre avec les Bureaux Régionaux de Beyrouth, Rabat et Venise et avec le soutien technique du Secteur de la Culture (CLT). Le rôle majeur de MOST dans cette entreprise a été déterminé à la base par la prise en considération des besoins des populations locales.

Fondée sur la Déclaration d'Istanbul (Habitat II en 1996) et sur la Charte de l'ICOMOS[4] sur les villes historiques (1987), cette initiative a pour objectif principal de promouvoir auprès des décideurs de politiques publiques les principes socio-économiques, environnementaux et culturels d'une approche interdisciplinaire et durable pour le développement urbain de certaines petites villes côtières historiques de la Méditerranée et de l'Adriatique. Les modalités de cette initiative concernent principalement la transmission des résultats de la recherche scientifique aux différents acteurs de la chaîne de gestion et de production de l'environnement urbain en zone côtière. Cette transmission est concrétisée par la mise en oeuvre de partenariats entre villes et universités mais aussi entre des villes ayant déjà fait face à des problématiques similaires et par la réalisation d'activités de terrain et d'études prospectives en urbanisme sur les villes cas pilotes qui répondent aux critères élaborés par le Comité de pilotage établi en 1998.

Cinq cas pilotes d'études sont en cours ou ont été réalisés de 1997 à 2003 : à Essaouira lancée en 1997 (Maroc) ; à Madhia en 1999 (Tunisie) ; à Omisalj en 1998 (Croatie) ; à Saïda en 2001 (Liban) ; à Jableh en 2003 ( Syrie).

Les villes partenaires comprennent entre autres, Nantes et La Rochelle (France), Taglio di Po' (Italie), Kotor (Montenegro) ou Kusadasi (Turquie). Chaque cas-pilote a été lancé après réception d'une requête officielle d'un Etat Membre. Lorsque la ville candidate a été acceptée, les problèmes majeurs du développement urbain et ses caractéristiques ont été identifiés par des experts internationaux des secteurs concernés SHS (Secteur des Sciences sociales et humaines), SC (Secteur des Sciences exactes et naturelles) et CLT (Secteur de la Culture). Les problématiques majeures ainsi que les projets architecturaux et urbains conçus par la ville sont étudiés lors d'un séminaire international co-organisé par les autorités nationales et locales concernées par cette ville et l'UNESCO. Les projets municipaux ont souvent fait l'objet de critiques majeures des experts internationaux et l'impact le plus significatif des séminaires de l'UNESCO a été d'inciter les municipalités à reformuler voire à annuler certains projets locaux. Les recommandations, concernant les futures politiques urbaines, si elles sont approuvées par les autorités nationales et locales, ont été mises en œuvre grâce au soutien de l'UNESCO ou de villes et institutions partenaires du réseau ou bien être exécutées directement au niveau de la ville, de la région ou de l'état concerné.

1.2. Principales constatations :

L'évaluation a été lancée à l'initiative du programme MOST pour renforcer l'évaluation générale en cours et sa réorientation pour sa Phase II (2004-2009) . Cette évaluation de l'initiative P.V.C.H. a été réalisée au moment où un niveau critique a été atteint dans sa mise en œuvre. En effet, tant au niveau du suivi des villes cas-pilotes, des activités opérationnelles créées que de la formulation des partenariats et de la prise en compte de nouvelles villes, il s'agit de trouver des ressources humaines et financières, pour poursuivre de façon appropriée la gestion de ce réseau et des activités opérationnelles qui en découlent.

L'évaluation de l'initiative P.V.C.H., précurseur à l'UNESCO des projets relatifs aux thèmes transversaux[5] officiellement lancés en 2002, a été réalisée en deux temps. En premier lieu, un consultant a réalisé un rapport provisoire d'évaluation sur la base de l'étude des dossiers de l'initiative P.V.C.H. et d'entretiens avec tous les partenaires tant au niveau de l'UNESCO que des villes visitées par l'évaluateur (Essaouira, Mahdia et Omišalj). Dans un deuxième temps, une réunion de tous les partenaires, Maires, experts nationaux et internationaux, représentants des ONG, a été organisée du 30 novembre au 2 décembre 2003 par l'UNESCO dans la première ville pilote du réseau, Essaouira au Maroc, pour soumettre à tous le document provisoire d'évaluation et recueillir des recommandations globales sur les orientations futures à donner à l'initiative P.V.C.H.

Les constatations faites au terme de cet exercice sont de deux ordres, celles qui s'appliquent aux villes cas d'études et celles qui concernent l'initiative P.V.C.H. de l'UNESCO en général :

L'initiative P.V.C.H. de l'UNESCO a donc stimulé d'une part :
  1. une prise de conscience, auprès des différents intervenants dans la prise de décision sur les politiques urbaines publiques, de l'interdépendance entre les problèmes physiques affectant les ressources naturelles et culturelles et les transformations socio-économiques des activités humaines en liaison avec l'expansion urbaine, et par conséquent ;
  2. une prise de conscience de la nécessité d'appliquer les principes d'une approche interdisciplinaire participative et de faire réaliser des études d'impacts avant de mettre en œuvre des projets urbains de réhabilitation ou de développement.

1.3. Résultats saillants et impacts :

La participation massive et l'expertise de haut niveau des intervenants internationaux qui ont formulé publiquement des critiques étayées, par les résultats de la recherche scientifiques ou par des expériences similaires, a permis l'ouverture d'un débat public au sein des municipalités. Ce débat ouvert par l'UNESCO a permis la re-formulation voire l'annulation de certains projets urbains.

Avant de devenir cas-pilotes au sein de l'initiative P.V.C.H. de l'UNESCO, les villes étaient déjà sous l'influence d'un projet urbain dirigé par une personnalité locale d'envergure nationale : ceci explique parfois le décalage entre le projet urbain annoncé, lors de l'étude par les experts de l'UNESCO, du projet urbain de la ville et sa mise en œuvre. Soucieuses de leur image, comme l'illustre le seul fait de leur candidature comme ville pilote de UNESCO, les villes tiennent à garder le label que confère l'inscription dans un programme de l'Organisation.

D'un cas pilote à l'autre, on peut noter la multiplication des partenaires : on est passé de la situation où les universités européennes réalisaient des constats et des diagnostics, tant au niveau de relevés architecturaux et urbains, des pollutions environnementales et des désordres sociaux engendrés par les mutations économiques, à l'état actuel où les universités européennes et locales collaborent pour élaborer des études prospectives en urbanisme, participer à des projets municipaux de terrain et former des intervenants locaux. Au fur et à mesure que de nouvelles villes ont été prises en compte, les problématiques et les démarches se sont affinées et chaque ville étudiée a permis la mise au point de nouveaux outils d'intervention et de coopération et a contribué ainsi à l'avancement de l'initiative régionale.

Cependant il faut noter une grande défaillance au niveau de la mise en réseau des résultats acquis et des expériences réalisées tant au niveau de la coordination de l'initiative P.V.C.H. par l'UNESCO qu'au sein des municipalités concernées.

Au cas par cas, l'impact de l'initiative de l'UNESCO s'est concrétisé de façon différente :

1.4. Leçons tirées :

L'évaluation a révélé tant au niveau global qu'à celui des municipalités des villes cas pilotes qu'un réel besoin avait été exprimé par ces villes pour obtenir, entre autres :

-une expertise internationale et nationale au niveau des choix de politiques de développement pour leur ville face à des mutations socio-économiques importantes et les effets de la globalisation matérialisés souvent par le déclin des activités traditionnelles, l'essor du tourisme et les migrations rurales ;

-une reconnaissance au niveau national de leur valeur environnementale et culturelle et de graves difficultés concernant la réalisation de travaux d'infrastructure lourde comme un aéroport ou un agrandissement portuaire ;

-un label international par le rattachement à un programme UNESCO en vue de renforcer le développement du tourisme ;

-une ouverture sur des échanges avec d'autres villes souffrant des mêmes problème de croissance En revanche, les pratiques locales et les objectifs électoraux à court terme accompagnés des changement d'équipes municipales ont souvent entraînés des ruptures d'élan pour la mise en œuvre des recommandations ou la mise en réseau des expériences qui n'ont pas été soutenues par l'UNESCO. Au niveau de la gestion et du développement de cette initiative, son caractère précurseur des projets relatifs aux thèmes transversaux n'a pas été appuyé par la création d'une structure formelle de suivi tant au niveau du siège que des trois bureaux hors siège concernés : tous ces efforts ont tenu par la bonne volonté des spécialistes de programme soutenus par les Directeurs de programmes en ce qui concerne MOST et la plate-forme CSI.

Pour être renforcé, cette initiative aurait du être incluse dans les projets relatifs aux thèmes transversaux lancés en 2002 par l'UNESCO pour éviter un manque de financement institutionnel minimal , de coordination au niveau du suivi des cas pilotes et de l'animation du réseau en lui- même. En ce qui concerne sa transférabilité, la méthodologie développée par MOST est tout à fait applicable à d'autres régions géographiques, dans les zones côtières comme à l'intérieur des terres. Les qualificatifs " Historiques " et " Côtières " dans l'intitulé de cette initiative donnent un contexte au problème mais ne pré-déterminent pas toute l'approche.

1.5. Recommandations /Points saillants :

  1. Les différents partenaires présents à la réunion d'évaluation tenue à Essaouira du 30 novembre au 2 décembre 2003, maires, experts nationaux et internationaux et représentants des universités, ainsi que l'évaluateur externe recommandent que l'initiative P.V.C.H. se poursuive de façon à valoriser les investissements humains et financiers et les résultats obtenus entre 1997 et 2003.
  2. Cependant dans cette deuxième phase, l'initiative P.V.C.H. devrait mettre l'accent sur la capitalisation des acquis et des expériences des cas existants en valorisant leur caractère pilote dans le cadre d'une mise en réseau inter-active entre les différentes villes et universités concernées : les enseignements novateurs qui en ressortent doivent consolidés et validés avant d'être transmis à d'autres villes ayant à faire face à des problématiques similaires de développement et de gestion d'une petite ville côtière dans le cadre d'un projet relatifs aux thèmes transversaux.
  3. Il est recommandé que de tels acquis puissent servir de base à l'élaboration de formation de techniciens et de cadres municipaux mais aussi à la création de cursus dans les universités des régions concernées.
  4. Dans ce contexte, l'objectif principal de la mise en réseau concerne les échanges au niveau horizontal, ( les villes entre elles, les universités entre elles ) mais aussi au niveau vertical en impliquant largement les mouvements associatifs et les autorités régionales et nationales grâce à l'action des bureaux régionaux de l'UNESCO qui eux aussi devraient travailler en réseau régional.
  5. Il a été vivement recommandé par tous les experts de limiter cette initiative aux cas-pilotes existants lesquels nécessitent encore des travaux d'approfondissement des processus et des activités en cours.

En ce qui concerne les activités locales, il est recommandé de promouvoir des systèmes d'information accessibles à toutes les catégories de population, d'élargir la problématique de la réhabilitation du patrimoine à la dimension sociale et à l'échelle de quartiers qui est l'un des thèmes majeurs de la stratégie de la section développement urbain du programme MOST de l'UNESCO et de favoriser certaines initiatives visant à promouvoir la gestion participative et démocratique de ces villes.

La réplicabilité potentielle de l'initiative P.V.C.H. est réelle, d'une part,

  1. quant à l'ouverture de débat public sur les choix de politique urbaine par les municipalités concernées grâce au forum ouvert par les séminaires UNESCO et, d'autre part ;
  2. pour sensibiliser des autorités municipales sur le rôle que peut jouer leur ville dans le développement équilibré des réseaux urbains nationaux face aux mouvements migratoires. De même, les expériences de terrain, relatives à la revitalisation des quartiers historiques (maisons laboratoires) ou la mise en valeur de l'environnement côtier, sont adaptables dans d'autres villes côtières de la mer Noire, de la région du Golfe Persique ou de la Mer Rouge. Les même principes et approches sont applicables dans des régions non côtières. Cependant, ceci n'est pas prévu dans le 32C/5.

 


2. Introduction

La terminologie de " Petites Villes Côtières Historiques (P.V.C.H.)" ne rend pas justice - même si dans son principe l'initiative en est une reconnaissance tacite - aux remarquables conjonctions que les villes de l'initiative représentent. En dehors de la " jeune " Essaouira, dont la fondation par le Sultan Sidi Mohammed Ben Abdallah date de 1765, c'est depuis la plus haute Antiquité, sinon la préhistoire (Saïda, Mahdia), que les sites des villes ont été habités. Trois raisons ont justifié leur fondation et leur développement : l'abondance de l'eau, un abri pour la pêche puis le commerce et des terres cultivables.

Les traces archéologiques dans et autour de ces villes soulignent leur place dans la naissance des civilisations modernes, au point que, comme dans les cas de Jableh, Mahdia et Saïda, il faille songer au meilleur moyen de " démêler " l'ancien et le nouveau, de valoriser sans muséifier ce riche patrimoine. Cette richesse illustre le rôle de capitale royale qu'elles ont joué par le passé (Mahdia, Saïda) ou leur place spirituelle fondatrice (Omišalj).

Actuellement, en raison principalement de l'action de l'homme, parfois aussi en raison de l'affaiblissement du rôle économique de ces villes, l'équilibre délicat entre la préservation des ressources naturelles de ces sites et le développement des activités humaines a été fragilisé, sinon rompu.

Essaouira, Maroc
Vue de la Muraille et du front de mer
Décembre 2003
Photo : G. Scaglietta

Face à cette situation, l'initiative P.V.C.H. de l'UNESCO semble en apparence modeste : modeste puisqu'il s'agit de " petites villes ", modeste dans ses objectifs " impulser, animer, produire et diffuser de bonnes pratiques ", modeste dans ses ressources financières et humaines. Pourtant, l'évaluation de l'initiative centrale de l'UNESCO, à savoir aider les autorités locales à adopter des politiques urbaines propres à atténuer les impacts des actions anthropiques (l'urbanisation entre autres) sur les milieux naturels et les ressources, et à sauvegarder et valoriser le patrimoine naturel et culturel, devrait conduire à mettre en évidence deux dimensions qui démentent l'apparente modestie de l'initiative :

  1. La première de ces dimensions concerne les résultats directs ou indirects des actions engagées dans ces villes : malgré leur caractère récent, elles ont impulsé ou renforcé des dynamiques de développement - souvent dans le secteur du tourisme - au point qu'il s'agit dans certains cas d'effets auto-entretenus (Essaouira).

    Ainsi, dans le futur, il s'agira pour l'essentiel de réorienter et canaliser les projets, pour éviter les effets d' " emballement " en veillant au respect des principes fondateurs du projet (Essaouira).

  2. La seconde dimension se rapporte précisément aux deux types de résultats que pouvait escompter l'UNESCO : une adhésion plus prononcée et plus active des villes concernées aux principes du développement durable et une accumulation de savoirs et savoir-faire dans le traitement des questions liées au développement durable.

En raison des enjeux réels - changer les situations concrètes et améliorer les pratiques d'intervention des villes -, l'initiative est allé bien au-delà des attentes au vu des moyens qui lui ont été alloués. Les résultats devraient être d'autant plus appréciés à leur juste mesure que cette initiative, lancée en 1997, ne relève pas de la démarche dite des " projets rélatifs aux thèmes transversaux " initiée en 2002 (autour des deux axes prioritaires que sont la lutte contre la pauvreté et les nouvelles technologies d'information). C'est pour cette raison qu'il convient de ne sous estimer ni les dynamiques amorcées ni le caractère novateur de l'initiative P.V.C.H. car il a engendré :

C'est à partir de ces avancées que doit être défini le sens de la réorientation de l'initiative dans sa Phase II : soit aller dans le sens de l'élargissement et de l'essaimage (dans les régions situées autour des villes cas-pilotes) ou de la transposition (vers d'autres villes dans d'autres pays), soit s'assurer de l'enracinement de l'initiative dans les actuelles villes cas-pilotes avant de penser à l'étendre.

Ces deux visions toutes deux légitimes pourraient être rapprochées sous le thème de la capitalisation des acquis et des savoirs par l'utilisation d'un support graphique et/ou informatique pour leur diffusion (publication, site WEB).

Après six ans d'activité, l'initiative P.V.C.H. se trouve aujourd'hui à une époque charnière dans son évolution en tant qu'initiative régionale et intersectorielle. Les expériences acquises et les données collectées sont suffisamment abondantes pour pouvoir prendre du recul dans l'analyse et envisager des propositions de révisions d'objectifs, de structure et de fonctionnement en vue de l'amélioration de l'initiative dans son ensemble, pour répondre à l'attente des villes du réseau exprimée lors de la réunion générale d'évaluation en décembre 2003.

 


3. Objectifs généraux de l'initiative P.V.C.H. et sélection des cas-pilotes

3.1. Les objectifs généraux

Dans le cadre du Grand Programme III du 31C/5, le Programme MOST a poursuivi les projets de recherche et de recherche-action sur le thème des villes et des questions urbaines. Au sein de ces réseaux MOST, l'initiative intersectorielle " Petites Villes Côtières Historiques ", lancé en 1996 avec le Programme Intergouvernemental PHI, dans le cadre de la plate-forme CSI, s'est appuyé sur les résultats des recherches sur les migrations " campagnes-villes " dans la région arabe et sur les résultats des études du groupe UIA[6]/CIMES[7]/MOST " Villes Intermédiaires et Urbanisation Mondiale " mais aussi sur les priorités de la gestion durable des ressources en eau douce du PHI et du développement durable des zones côtières du secteur des sciences.

L'initiative P.V.C.H. fondée sur les points 5 et 8 de la Déclaration d'Istanbul (Habitat II-1996) et de la Charte sur les Villes Historiques de l'ICOMOS en annexe, a pour objectif principal de promouvoir auprès des décideurs des politiques publiques les principes d'une approche interdisciplinaire et viable au développement urbain de petites et moyennes villes historiques situées sur les côtes méditerranéennes répondant aux critères élaborés en 1998 par le Comité Scientifique de l'initiatve, à savoir :

prise en compte des paramètres relatifs à l'environnement naturel, socio-culturel et économique pour lancer les projets architecturaux et urbains de la ville ; prise en compte des paramètres généraux de développement du bassin abritant la ville et la relation au réseau urbain national ; promotion de la participation de la société civile (ONG, universités ou instituts spécialisés locaux et nationaux) dans la conception et la mise en œuvre des projets urbains ; promotion de projets pilotes de démonstration dans les domaines de la gestion environnementale (eau, littoral, …) ou de la réhabilitation urbaine des centres historiques situés en front de mer ; soutien à la mise en œuvre de partenariat entre les villes côtières de l'Europe du Nord et des villes cas-pilote du réseau UNESCO.

Il faut souligner qu'il s'agit bien de promouvoir les principes d'une approche pluridisciplinaire du développement urbain qui renvoie à la problématique du développement social durable.

Mahdia, Tunisie
Vue de la Médina et du front de mer
Février 1998
Photo : R. Sidi Boumedine

3.2. Les cas-pilotes : critères et processus de sélection

Le choix des villes susceptibles de faire partie de ce réseau est basé sur les critères communs suivants :

  1. Population maximum de 500.000 habitants ;
  2. Enclavement de la ville par rapport aux transports nationaux inter-agglomérations ;
  3. Manque de soutien au niveau national pour le développement des infrastructures, de la formation des cadres municipaux et des professionnels de la gestion urbaine ;
  4. Centre historique en front de mer affecté par des désordres physiques dans le bâti dû aux infiltrations d'eau, à l'érosion côtière et à de profondes mutations socio-économiques ;
  5. Dégradation des conditions de vie des habitants les plus défavorisés et augmentation des problèmes sociaux ;
  6. Accroissement de la pollution des eaux marines et des réserves d'eau douce ;
  7. Déclin des activités économiques traditionnelles du à l'épuisement des ressources naturelles et à la pression des phénomènes de mondialisation et de globalisation sur les économies locales ;
  8. Valeur nationale et internationale du patrimoine urbain situé dans la ville qui mériterait un soutien et une mise en valeur au niveau international ;
  9. Valeur des traditions de la vie quotidienne au niveau des manifestations artistiques et des activités artisanales ;
  10. Manque d'informations et de participation de la société civile (habitants, ONG, …).

Cinq cas d'étude ont été engagés de 1997 à 2002 :

Chaque cas-pilote a été lancé à la suite d'une requête officielle d'un Etat membre, auprès du Programme MOST ou des Bureaux Régionaux (Beyrouth, Rabat ou Venise). Lorsque la ville candidate a été acceptée, à la suite d'une mission UNESCO d'évaluation, les problèmes majeurs de développement et les caractéristiques ont été ensuite identifiées par des experts internationaux dont les missions ont été financées par les secteurs de l'UNESCO concernés, les Sciences Humaines et Sociales (SHS), les Sciences Naturelles (SC) et la Culture (CLT).

Les problématiques majeures ainsi que les projets architecturaux et urbains ou environnementaux proposés par la ville sont étudiés et évalués lors d'un Séminaire International co-organisé par les autorités nationales et locales concernées par cette ville et par l'UNESCO. Un forum est alors ouvert pour proposer aux décideurs les recommandations formulées, par les experts nationaux et internationaux participants à ce séminaire, sur les stratégies et la politique urbaine de la ville concernée.

Les recommandations, lorsqu'elles sont prises en compte par les autorités nationales et locales, peuvent être mises en œuvre grâce au soutien de l'UNESCO ou de villes et institutions partenaires du réseau ou bien être exécutées directement au niveau de la ville, de la région ou de l'Etat.

 


4. Evaluation : objectifs et méthodologie

4.1. Les objectifs de l'évaluation

L'évaluation de cette initiative P.V.C.H. a été demandée par le Programme MOST du Secteur des Sciences Humaines et Sociales pour renforcer sa propre évaluation générale en cours et sa réorientation pour la Phase II (2004-2009). Cette évaluation spécifique complète l'évaluation sur les projets " recherche-action " comme cela a été réalisé dans le cadre de 31C/5 sur le projet " Villes : gestion des transformations sociales et de l'environnement " qui s'est terminé en décembre 2001[8].

L'évaluation de l'initiative intersectorielle " Développement urbain et ressources en eau douce : Petites Villes Côtières Historiques " a été demandée au moment où elle atteint un niveau critique de sa mise en œuvre en raison du nombre et de la diversité des opérations :

Il s'agit de trouver des ressources humaines et financières dans le cadre de la coopération bi et multilatérale susceptible de soutenir de façon appropriée la gestion de ce réseau et des activités opérationnelles qui en découlent.

Il est attendu de cette évaluation qu'elle apporte des réponses aux questions suivantes :

Il est aussi attendu de l'évaluation qu'elle permette d'envisager des solutions alternatives pour la poursuite éventuelle de l'initiative (Phase II) pour la période 2004-2007 (avec quels partenaires, quel cadre général, quels objectifs et quelles orientations ?) et qu'elle évalue sa replicabilité éventuelle dans une autre région (Adriatique, Mer Noire, Caraïbes).

Pour cela, l'évaluation devrait apporter des précisions concernant :

Les principaux partenaires concernés par l'évaluation sont les maires des villes cas-pilotes, les ONG locales et les Universités, les gouverneurs de région, les responsables des Ministères concernés au niveau national ou régional (Ministères de l'urbanisme, de l'équipement et de l'aménagement du territoire, de l'habitat, de l'environnement, de la culture, du développement, gouverneurs ou agences de développement urbain régionales) et au niveau de l'UNESCO les partenaires du programme MOST : SC/PHI, SC/CSI (ponctuellement IOC[9] et MAB[10], CLT et WHC[11]).

4.2. Méthodologie

L'évaluation a été réalisée en deux temps :

  1. par un évaluateur externe ;
  2. par une réunion de tous les partenaires.

L'évaluateur a présenté une méthodologie détaillée de son travail dont le but était d'affiner ou de nuancer les critères de l'évaluation compte tenu d'une part des modes d'action de l'UNESCO (inciter, impulser, persuader les acteurs municipaux d'adopter de bonnes pratiques) et d'autre part des conditions de définition des contenus des projets dans les villes cas-pilotes retenues :

Tous ces éléments, tout en rendant indispensable l'examen au cas par cas, réduisent de fait les conditions de la comparabilité en matière d'efficacité, d'impact, de durabilité.

Après analyse des documents disponibles au Siège (comptes rendus de mission, Actes des Séminaires, correspondances), l'évaluateur s'est rendu dans les villes où ont été engagés les trois premiers cas-pilotes (Essaouira, Mahdia, Omišalj) en vue de procéder aux observations directes et à l'interview des principaux acteurs locaux des projets.

Cette première évaluation externe a été confrontée à tous les partenaires lors d'une réunion générale d'évaluation qui s'est tenue à Essaouira du 30 novembre au 2 décembre 2003. Entr

 


5 - Résultats et impacts principaux

Il s'agit d'apprécier les résultats atteints ou attendus dans chacun des cas-pilotes pour mesurer les impacts de l'initiative P.V.C.H. Sommes-nous en situation de conclure à une durabilité des projets ?

A quelles conditions, chaque cas ayant sa particularité, peut-on espérer des développements positifs ? Quelle réorientation ou bien à quel effort d'organisation doit procéder l'UNESCO pour mieux asseoir ces projets locaux dans la durée, certes, mais aussi dans le respect de la plate-forme ?

Il s'agit, à cet effet, d'examiner :

D'évidence, le poids des différents projets est variable tant en raison du nombre d'opérations programmées et de leur nature, que de moyens et du temps qui leur auront été consacrées.

Aussi, si la place réservée aux différents cas-pilotes n'est pas similaire, cela ne signifie pas que les leçons à en tirer sont moins importantes.

5.1. Le cas-pilote d'Essaouira (1997)
         (80.000 habitants)

5.1.1. Naissance du projet local :

Le lancement de ce premier cas-pilote en 1997 est facilité par les travaux engagés localement par le Comité Local Agenda 21 en accord avec les autorités provinciales et municipales, sous l'impulsion de M. André Azoulay, Conseiller du Roi du Maroc. Doté d'une stratégie qui se donnait comme objectif d'impulser un développement de la ville, axé principalement sur le tourisme culturel, le projet global des autorités résultait pour une bonne part de l'imbrication et de l'intégration de sous-projets, objet d'accords de coopération multilatérale ou bilatérale.

C'est en vertu de cette option touristique que sont entreprises la réhabilitation des remparts et des monuments ainsi que le traitement des voies dans la Médina (espaces piétonniers) et la réfection des réseaux d'eau et d'assainissement.

Essaouira, Maroc
Vue des remparts de la Muraille
Décembre 2003
Photo : B.Colin

5.1.2. Les axes du projet :

Le Séminaire de lancement, en novembre 1997 a défini des axes d'intervention prioritaires dans le cadre du projet :

  1. L'essentiel des recommandations se focalise sur la réhabilitation du bâti ancien et de son environnement naturel, c'est-à-dire :
  1. L'une des caractéristiques majeures du cas-pilote d'Essaouira est la présence d'un tissu d'associations qui jouent un rôle moteur dans la conduite et l'animation du projet : outre le Comité Local Agenda 21 relayé en 2002 par une association co-financée par la Municipalité et la Province, il faut noter le rôle joué par la nouvelle association (nationale) Essaouira-Mogador, l'ONG ENDA-Maghreb, et, enfin, les amicales de quartiers.

    Ces associations sont destinées à être les premières bénéficiaires des monuments réhabilités (Consulat de Danemark, Consulat français) à l'exemple de Dar Souiri : ceci aura pour résultat un maillage de la ville (en y incluant l'ancien Palais de Justice).

5.1.3. Résultats et impacts :

Les résultats du projet local d'Essaouira restent très contrastés :

5.1.4. Leçons tirées du projet local :

Au regard des résultats matériels et malgré les hypothèques ci-dessus, il est à remarquer qu'Essaouira est engagée dans un processus de développement, à base touristique.

Elle doit cette dynamique à l'action soutenue et conjuguée d'institutions locales (Province, Municipalité) et d'associations, dans le cadre d'une stratégie claire et d'un pilotage unitaire.

Le cas d'Essaouira met en évidence l'importance dans la réussite des projets locaux, de l'existence d'objectifs clairs et de l'action coordonnée d'acteurs multiples qui "portent" l'initiative au niveau local.

5.1.5. Conclusions et recommandations :

A s'en tenir aux impacts positifs et négatifs, les développements observables et l'engagement des acteurs - institutions, associations, professionnels - la dynamique existe de même que les possibilités de prise en charge future.

La question de base concerne plutôt l'infléchissement des actions dans le but d'un meilleur respect - surtout en termes d'impacte sociaux - des paramètres du projet.

Hormis le cas de problèmes très spécialisés, les compétences existent localement. Les dispositifs institutionnels présentent - comme dans les autres pays du Maghreb, des failles qui nécessitent des aménagements pour les rendre plus opérationnels et plus adaptés aux situations existantes.

Le niveau du soutien matériel de l'UNESCO étant modeste par rapport aux ressources mobilisées, son retrait ne gênerait en rien : par contre, son appui conditionné par l'exigence du respect des règles qu'elle édicte, est déteerminant. Elle peut alors agir auprès des bailleurs et des partenaires locaux pour une plus grande attention aux aspects sociaux et environnementaux, pour que la logique économique ou de rentabilité ne soit pas la principale sinon l'unique moteur des actions à Essaouira.

Le souci sous-jacent des autorités locales de garder un label "vert" et un label "culture" - pour attirer une clientèle sélective et des résidents aisés et cultivés - peut constituer un biais par lequel les organismes soucieux de la protection de l'environnement peuvent sensibiliser les décideurs soucieux de l'image d'Essaouira.

Cette dynamique n'exclut pas d'élever le niveau de compétences des cadres techniques et animateurs locaux par une formation pouvant porter sur : la gestion environnementale, le montage et le suivi de projets locaux conduits dans la logique du développement durable.

En conclusion, et progressivement, les paramètres fixés par l'UNESCO semblent mieux pris en compte dans une dynamique de développement ; ils semblent conduire même à l'élargissement des problématiques du développement durable à l'échelle de la province. Néanmoins, l'élévation sensible du niveau de conscience quant aux enjeux du projet local, ne prémunit pas totalement des risques de déviation.

Une action soutenue de l'UNESCO pour le respect des principes directeurs du développement urbain socialement durable semble nécessaire.

Essaouira, Maroc
Pêcheurs
Décembre 2003
Photo : D.Harger

5.2. Le cas-pilote de Mahdia (1999)
          (50.000 habitants)

5.2.1. Naissance du projet local:

C'est en juin 1999, à l'occasion du deuxième Séminaire International, co-organisé par l'UNESCO et le Ministère de l'environnement de Tunisie, que le proojet local de Mahdia a été lancé.

Axé sur trois sous-projets locaux principaux, à savoir la stabilisation des dunes de la Plage Nord (Cordon dunaire Nord), la réhabilitation de la Sebkha dite Ben Ghayyadha située au sud de la ville, et, enfin, la sauvegarde de la Médina, le projet local de Mahdia avait pour but d'aboutir à un développement durable et multidimensionnel associant tourisme et artisanat.

Dans ce cadre, les dimensions patrimoniales (patrimoine naturel et culturel) et participatives ont été affirmées comme dimensions primordiales du projet local.

Mahdia, Tunisie
Vue de la presqu'île
Photo : B.Colin

5.2.2. Les grands axes du projet local:

Les recommandations les plus précises du Séminaire portaient sur :

La municipalité de Mahdia a délégué la mission de suivi à l'Association de Sauvegarde de la Médina de Mahdia (ASMM) pour jouer un rôle de Maître d'ouvrage délégué dans le cadre de ce projet local.

5.2.3. Résultats et impacts :

La mise en œuvre du projet local a conduit à certains résultats tangibles :

3.1. Les autorités locales ont déplacé le projet de marina envisagé au niveau de la presqu'île sur le site du port punique, pour le localiser au niveau de la Sebkha. C'est là une première action qui dénotait du souci de préservation du patrimoine culturel.

3.2. En partenariat avec les Ecoles d'Architecture de Nantes et de Tunis, l'ASMM a eu la charge de mettre en service une Maison-Laboratoire destinée à une reconstitution des savoirs et savoir-faire traditionnels et d'en assurer le transfert aux habitants grâce à leur participation au projet local. Ce projet local a - dans le même temps - progressé dans sa démarche scientifique et connu quelques aléas dans sa mise en œuvre.

3.3. Elaboration des Termes de Référence pour l'élaboration du Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur de la Médina (PSMV).

3.4. Pour ce qui concerne le patrimoine naturel, le projet local a donné lieu aux actions principales suivantes :

3.5. Création en cours d'un Comité Local Agenda 21.

5.2.4. Leçons tirées du projet local:

Quelles que soient le caractère novateur ou la qualité de l'exécution de certaines opérations, le projet local risque de péricliter pour les raisons suivantes :

  1. L'absence de transmission des informations entre les deux équipes municipales successives quant au contenu à l'initiative (PVCH), et aux actions ou contrats engagés, y compris le fait que Mahdia est censée appartenir à un réseau de villes.

  2. L'absence - sans doute aussi en raison de ce qui précédait - d'une coordination et surtout d'une démarche intégrée entre les trois projets en cours (Sebkha, Médina, Plage Nord) pour les faire converger vers des résultats plus bénéfiques si cette mission est assurée au niveau du Gouvernorat, ne peut-il être associé clairement au partenariat existant ?

En tout état de cause, il y a un travail de reconstruction de la mémoire du projet local qui doit s'opérer par une mise à plat de toutes les composantes et en rassemblant tous les acteurs qui ont (ou ont eu) part dans le projet local, y compris l'ancienne équipe municipale.

5.2.5. Conclusions et recommandations :

Les principaux problèmes à résoudre pour gagner efficacité sont les suivants :

Mahdia, Tunisie
Maison-laboratoire
Photo : A. Helaoui

5.3. Le cas-pilote de Omišalj (2000)
         (3000 habitants)

5.3.1. Naissance du projet local :

Jumelée avec la ville de Taglio di Po, avec qui elle a signé un accord de coopération lors du séminaire d'Essaouira en 1997, la ville d'Omišalj a pu bénéficier d'une étude réalisée à son profit par l'Institut d'Architecture et d'Urbanisme de Venise qui collaborait déjà avec la ville de Taglio di Po.
Cet accord a été appuyé en premier lieu par l'UNESCO et aussi des communes italiennes telles que Camponogara ou Cava de' Tirreni, etc.

L'intérêt de cette étude qui a pris en charge plusieurs compartiments tels que les ressources en eau, la protection de la nature et des ressources naturelles, la préservation du patrimoine culturel a été de fournir, du fait de son caractère intégrateur, les bases méthodologiques de référence pour promouvoir un développement soutenable.

Omišalj est la première ville en Croatie à disposer d'un Comité Local Agenda 21.

Omišalj, Croatie
Vue de la ville par la mer
Photo : J.Sepcic, Maire d'Omišalj

5.3.2. Résultats et impacts :

Malgré un temps très court on peut constater des résultats et impacts suivants :

1. Réalisation de fouilles et restauration archéologiques de la Basilique de Fulfinium et d'un inventaire du patrimoine urbain (patrimoine bâti et système de collecte et de gestion de l'eau) ;

2. Amorce d'un processus de participation de la population à l'appréciation des problèmes environnementaux et de développement local ;

3. Elargissement du champ territorial du débat sur les problèmes des ressources en eau à l'ensemble de la région et approfondissement de la question de la qualité chimique et bactériologique de l'eau (y compris des eaux côtières) ;

4. Ces facteurs ont conduit à envisager une école de développement durable à Rijeka (chef-lieu de la Province), alors que les Comités Agenda 21 se sont multipliés le long de la côte croate.

5.3.3. Leçons tirées du projet local:

Le projet local d' Omišalj met en évidence deux aspects :

3.1. L'existence d'une approche claire, pluridisciplinaire et intégrée est de nature à porter des fruits malgré la faiblesse (en moyens humains et matériels) des acteurs locaux. La preuve en est dans la volonté des autorités nationales et provinciales d'élargir la démarche à l'ensemble de la région et de former un encadrement à cet effet.

3.2. Il semble clair aussi que dans le choix des villes-pilotes il y a un seuil critique (une masse critique en terme de population) en deçà duquel le projet local peut aller vers l'échec.

3.3. La continuité entre équipes municipales successives est un facteur important de réussite et de durabilité.

5.3.4. Conclusions et recommandations :

Si le fait de poser d'emblée la problématique environnementale à l'échelle de l'île de Krk, dont fait partie Omišalj, a permis d'ouvrir la réflexion et la perspective d'un élargissement à l'échelle du Nord de l'Adriatique - grâce à l'appui de l'UNESCO et de la coopération italienne - le facteur limitant est, pour le moment, la faiblesse des moyens de la ville de Omišalj.

Aussi, l'élargissement du champ territorial est à la fois une nécessité et une chance pour le projet local.

En effet, l'impuissance des autorités locales à prendre en charge toutes les dimensions du projet local affiché révèle qu'il faut inclure des partenaires régionaux ou nationaux pour que ces volets soient pris en charge.

On peut évoquer à ce titre la question du statut des zones humides (lacs ou lagunes) proches des villes pilotes. Elles constituent un centre d'intérêt pour les villes lorsqu'elles ont un rôle utilitaire qui lui va décidé de leurs sort.

Autant pour les raisons de territorialité que pour des raisons de (champ de) compétences les zones humides appellent l'implication plus directe des autorités régionales, éventuellement sous couvert d'autres programmes (Ramsar, PAM,…)

La possibilité de duplication/transfert/généralisation a priori contrariée par la faiblesse du partenaire principal (municipalité) ne semble détenir toute sa force que de la qualité de la démarche initiée par UNESCO-Venise avec l'apport de l'IAUV et de Gembloux.

Cette démarche, en posant d'emblée la problématique environnementale à l'échelle de l'île, d'une part, et pour les compartiments du rapport homme-nature (patrimoines naturel et culturel), quitte à en produire des applications locales (le centre d' Omišalj, les dolines, le lac de Jezero), a ouvert la possibilité de généralisation à l'échelle régionale, ce qui lui donne encore plus de pertinence.

Omišalj, Croatie
Vue aérienne de la Basilique de Fulfinum
Photo : J.Sepcic, Maire d'Omšalj

5.4. Le cas-pilote de Saïda (2001)
         (250.000 habitants)

5.4.1. Naissance du projet local:

Lors de leur participation au Séminaire International de Mahdia en 1999, le Président de la Municipalité de Saïda ainsi que Mme la Présidente de la Fondation Hariri ont invité l'UNESCO à tenir à Saïda le prochain Séminaire (mai 2000).

C'est à l'occasion de ce dernier que les experts présents ont émis des recommandations spécifiques destinées à jeter une lumière sur les problèmes du développement urbain de l'agglomération et à propos des orientations générales en vue de la formulation d'un plan d'actions prioritaires.

Saïda, Liban
Pecheurs et front de mer
Photo : B. Colin

5.4.2. Les grands axes projet local: On peut ranger ces recommandations selon les axes suivants :

1. Préservation des ressources naturelles et culturelles Les recommandations relatives à ce volet s'articulent autour du principe de la sauvegarde, la protection et la valorisation de l'environnement terrestre, côtier et marin.

Ces principes de base trouvent leur application dans : la création d'une bande non constructible (verte) le long du littoral, la gestion rationnelle des ressources en eau et le traitement des eaux usées et des déchets solides, la limitation des extensions urbaines. La création d'une Agence de Protection du Littoral et la mise à jour des textes relatifs au Domaine Public Maritime (DPM) étant considérées des outils précieux.

5.4.3. La méthodologie d'intervention architecturale

En partant de la primauté de l'acte de réhabilitation, fondant des stratégies dont la dimension sociale est forte, il convient de privilégier des approches souples et progressives.

L'ensemble de cette démarche peut s'appliquer, en l'adaptant chaque fois aux spécificités du site, aux vestiges archéologiques à l'image des ports antiques, ou aux deux morphologies dominantes dans la ville (la Médina et les zones d'extension).

A cette fin, il apparaît indispensable de former l'encadrement et les spécialistes qualifiés à l'occasion, notamment, de l'ouverture de chantiers-pilotes. Enfin, et conformément aux principes précédemment énoncés, veiller à rétablir la continuité entre la ville et la mer en re-calibrant le boulevard maritime en promenade.

5.4.4. Résultats et impacts:

Bien que le projet local soit très récent, on peut déjà en mesurer des avancements et des impacts :

5.4.4. Leçons tirées :

Le cas de Saïda confirme l'hypothèse selon laquelle le désir d'adhésion à l'initiative PVCH et d'obtention du label UNESCO sont suffisamment forts pour que les autorités modifient un projet (boulevard côtier) dans le sens des premières recommandations de l'UNESCO.

Saïda, Liban
Le Khan Hammoud
Photo: B.Colin

5.5. Le cas-pilote de Jableh (2003)
         (80.000 habitants)

Après avoir participé au Séminaire International de Saïda (2001) en qualité d'observateur, la ville de Jableh a déposé officiellement sa candidature pour devenir ville-pilote du réseau.

5.5.1. La préparation

Dés février 2002, une équipe de spécialistes accompagnée de responsables de l'UNESCO s'est rendue sur les lieux en vue d'identifier les problématiques du développement de la ville et de la mise en valeur des zones historiques et naturelles. L'évaluation globale qui en a résulté, a conduit au constat des fragilités du milieu et à la nécessité d'approfondir sa connaissance.

A cette fin, il a été préconisé de :


Jableh, Syrie ; Le théatre romain ; Photo : M.Sauvez

5.5.2. La définition des opérations

En février 2003, une autre mission a donné lieu à un atelier qui, après l'approfondissement des questions relatives à la réhabilitation des tissus historiques, a envisagé de mettre en place un atelier de formation consacré à la gestion urbaine et au développement régional, et de faire engager les premiers relevés sur le site (urbanisme et architecture). En plus de ces aspects, l'atelier a retenu des principes d'action selon lesquels l'approche multidimensionnelle et intégrée du développement doit concilier un tourisme de qualité et la préservation des monuments et des sites historiques majeurs.

L'atelier a conclu qu'il fallait procéder à leur recensement et à leur description et à inscrire leur sauvegarde dans une démarche souple : étude de scénarios alternatifs, mise à jour des procédures et règlements, progressivité des actions d'aménagement avec le prise en compte des besoins des habitants.

Cette souplesse dans l'approche doit être accompagnée, et même soulignée, par des opérations visant à créer l'attractivité par la mise en œuvre d'événements artistiques majeurs et la création de circuits de visite, tout en rendant une certaine convivialité à l'espace public (détournement des flux majeurs de circulation).

Comme impacts notables on peut déjà prendre acte du riche débat qui s'est ouvert à propos des modes d'intervention entre autorités centrales et locales, la participation marquée des universités et institutions syriennes au projet local, et du lancement des premiers relevés, et enfin, des premières actions de préservation du littoral.

Jableh, Syrie, Port de Jableh, Photo : M. Sauvez

 


6. Leçons retenues

 6.1. Portée et limites de l'évaluation

La prudence dans la mise en œuvre de l'analyse des situations, que ce soit celles qui ont présidé au niveau du Siège au lancement de l'initiative ou celles qui résultent des contextes nationaux différenciés dans lesquels ont été lancés les projets locaux, a conduit l'évaluateur à tracer les limites de validité des critères d'évaluation.

6.1.1. Un précurseur

Le premier élément de réflexion concerne le terme de " projet " qui renvoie, dans la terminologie de l'UNESCO aux projets transversaux lancés en 2002 sur le thème " lutte contre la pauvreté " et " nouvelles technologies de l'information " : le projet transversal est à la fois un construit intellectuel (un " projet ") et une organisation (de structures, de moyens, un pilotage) qui le sous-tend. Or notre objet d'intérêt, à savoir l'initiative intersectorielle intitulée " Développement urbain et ressources en eau douce : Petites Villes Côtières Historiques " n'est pas officiellement un projet relatif aux thèmes transversaux ; elle en est un " précurseur ", puisque lancée en 1996.

6.1.2. Des convergences et des limites

En tant qu'initiative précurseur des projets relatifs aux thèmes transversaux, il résulte de convergences disciplinaires, nées au sein de l'UNESCO qui, et c'est peut-être bien le plus important, ont été " portées " par l'action conjuguée et concertée des responsables appartenant à différents secteurs de l'UNESCO. Cette première série de convergences a donné lieu à une plate-forme à laquelle les villes candidates devaient afficher leur adhésion ; c'est là la seconde convergence, entre des acteurs locaux, institutionnels ou non, et l'UNESCO quant aux objectifs à atteindre.

Il faut cependant se garder d'ignorer le décalage qui peut s'introduire - du fait des jeux et des enjeux - entre le projet local affiché (lors de l'acte de la candidature) et le projet local réel, tel qu'il est configuré par les programmes d'action.

6.1.3. Des impacts diversifiés

L'initiative intersectorielle P.V.C.H. - puisque c'est le terme qui convient - visant à faire adopter par les villes cas-pilotes de bonnes pratiques, repose essentiellement sur l'adhésion des villes et la bonne volonté des acteurs, sans leur offrir en échange des " stimulants " matériels visant à les encourager. Aussi, l'élévation sensible - et des exemples multiples sont là pour les illustrer - du niveau de conscience quant aux valeurs conjuguées de la préservation du patrimoine culturel et naturel, est donc clairement un acquis de l'initiative P.V.C.H. Ceci est vrai au fond même si les pratiques sont parfois moins tranchées ou plus velléitaires que les annonces.

Cet acquis est d'autant plus notable que les législations, les dispositifs institutionnels, les ressources, parfois même la taille de la ville (et son poids) ne donnent pas toute latitude à la ville d'agir selon une approche intégrée.

6.1.4. Des facteurs pour la durabilité

L'engagement de la ville dont la candidature reflète en fait l'existence préalable d'un projet local (une idée de la ville) et d'une équipe (souvent appuyée par une personnalité de haut rang au niveau national), fournit en même temps les conditions de la durabilité, en dépit des aléas tels que les changements induits par le renouvellement des équipes dirigeantes (élections).

Le fonctionnement du projet local et ses chances d'efficacité et de durabilité reposent sur la conjonction de l'existence de :

Cette stabilité ou, si on veut, cette permanence, peut prendre la forme du relais, par la transmission de l'information d'une équipe vers la suivante ou par la collaboration entre elles.

6.1.5. Quelle suite ?

Les niveaux d'avancement du projet local- ou de réussite - peuvent ainsi se mesurer aussi bien au niveau du respect des paramètres énoncés par l'UNESCO, que de ses impacts ou enfin de sa replicabilité.

Ceci pose avec clarté la question des conséquences de cette réussite : convient-il d'essaimer autour des cas-pilotes (échelle régionale) ou de transposer (dans un autre lieu), ou convient-il plutôt de s'assurer de l'ancrage et de l'enracinement préalable des projets locaux.

Ces choix, ne sont donc pas contradictoires dans leur substance mais ils engagent chacun des moyens et sont déterminés par la disponibilité des ressources et de l'encadrement nécessaire ; à ce titre ils méritent réflexion.

6.2. Une initiative en consolidation :

L'objectif principal de l'initiative P.V.C.H. vise non pas à obtenir des réalisations physiques mais de convaincre les acteurs politiques d'adopter des principes d'une approche pluridisciplinaires et viable du développement urbain dans les petites villes côtières historiques.

Evaluer le degré d'atteinte de cet objectif à travers cinq cas-pilotes décalés dans le temps - les trois derniers lancés depuis trois ans au plus - et très différenciés par leur contenu et le contexte local de sa mise en œuvre, incite à nuancer les jugements.

C'est sans doute ces aspects qui ont conduit un certain nombre d'intervenants, notamment les experts internationaux - invités au Séminaire d'Evaluation d'Essaouira (30 novembre-2 décembre 2003) à privilégier l'ancrage de l'initiative P.V.C.H. plutôt que son extension.

La comparaison des projets locaux, si elle ne permet pas de rapporter les avancements respectifs à une même échelle, permet néanmoins de tirer quelques leçons.

En effet, les cas-pilotes contribuent chacun à sa façon à la constitution d'une initiative globale, on pourrait même parler d'une initiative collective ou d'un projet partagé par delà l'hétérogénéité des situations.

Quels éléments peuvent justifier cette lecture ?

6.2.1. Le projet local : une idée, une équipe et un label

Tout d'abord, avant de devenir cas-pilotes, les villes étaient d'ores et déjà le siège de la conjugaison d'une IDEE (de la ville) et d'une EQUIPE (d'animation). Cette idée est souvent portée par une personnalité d'origine locale (originaire du lieu) et de rang et stature nationale.

Les questions de continuité et de concertation sont primordiales comme cela a été constaté lors de la comparaison des différents cas-pilotes. Mais cette équipe et son projet s'inscrivent dans des modalités de la gouvernance (fonctionnement institutionnel, place de la société civile) et surtout dans des contextes d'enjeux et de stratégies d'acteurs nationaux et locaux qui impriment leur marque au projet. C'est ce qui explique parfois le décalage entre le projet affiché lors de la candidature et la réalité de sa mise en oeuvre.

Soucieuses de leur image comme l'illustre le seul fait de leur candidature, ces villes tiennent à garder le label que confère l'inscription à un programme de l'UNESCO, comme leurs dirigeants n'ont cessé de le souligner lors du séminaire d'Essaouira.

6.2.2. Un élargissement progressif des partenariats

En effet, d'un cas pilote à l'autre, on peut noter la multiplication des partenaires. Le premier Séminaire d'Essaouira a donné lieu à la signature par les municipalités présentes d'une convention de coopération (une lettre d'intention) alors que l'apport des universitaires indépendantes s'est limité à des expertises ponctuelles très spécialisées. Or au fil du temps, on est passé de cette situation où elles ont surtout réalisé des constats (relevés d'architecture à Essaouira), analysé et expérimenté à une échelle limitée (Maison-Laboratoire de Mahdia), à celle où les Universités ont produit une lecture et une intelligibilité des phénomènes ainsi que des plans d'action (Omišalj). Depuis, pour Saïda et Jableh, des Universités (européennes et locales) accompagnent le projet local en engageant des formations pour les intervenants locaux et en établissant des plans d'intervention.

Il faut noter que, dans le même temps, leur nombre sur le terrain augmente et qu'elles collaborent entre elles : un exemple de décloisonnement des pratiques mais aussi des disciplines est offert avec le cas d'Omišalj. Le nombre d'Universités engagées à Jableh et Saïda est non seulement plus important (4 à 6) mais il s'accompagne en outre d'une plus grande présence des Universités locales, dans plusieurs disciplines. Ainsi, quels que soient les jugements que l'on peut porter sur les projets locaux, il s'avère qu'ils suscitent de plus en plus d'adhésions et que la tendance à la pluridisciplinarité s'améliore.

6.2.3. Une expérience collective

Chacun des cas-pilotes a été le siège de développements intéressants qui, même s'ils peuvent être sujets à discussion ou à relecture, sont les signes d'un dynamisme qui appelle plus des correctifs et des réorientations que des stimulations.

Au fur et à mesure que de nouveaux projets locaux ont surgi, il est apparu qu'ils ont permis d'affiner des problématiques et des démarches et de mettre au point des outils d'analyse et d'intervention. Dans cet affinement, chacun des cas-pilotes est porteur, dans l'état d'avancement actuel, d'une contribution. Aussi, si les Municipalités et l'UNESCO ont tardé, si ce n'est failli, dans la mise en place d'un réseau d'échanges, il y a maintenant matière à capitalisation.

C'est l'un des contrats majeurs qui peut être fait à partir du Séminaire d'évaluation d'Essaouira.

Cette expérience collective peut être valorisée sous différentes formes, notamment par l'action d'un cycle de formation à destination des acteurs et des professionnels agissant dans les différents cas pilotes.

6.2.4. Une organisation et une démarche

Le nombre actuel de cas-pilotes, cinq, au lancement échelonné dans le temps ne correspond pas à une progression linéaire, à une accumulation de cas plus ou moins similaires. Bien au contraire, et on peut le mettre au crédit de l'UNESCO, il y a eu en même temps un élargissement de champ (nature et nombre des actions engagées) et un approfondissement par le développement des expertises : Mahdia a donné le signal par la Maison-Laboratoire, Omišalj a donné un cadre conceptuel et opératoire cohérent, Saïda et Jableh ont donné l'occasion d'approfondir les problématiques urbaine et patrimoniale.

L'initiative P.V.C.H. gagne donc en complexité en même temps que le nombre et la diversité des interventions s'accroissent. Le gain en maîtrise (compréhension et traitement des problèmes) est significatif : c'est donc a posteriori, et c'est un second résultat, que l'initiative s'est doté (ou quasiment) d'une démarche intégrée en cours d'approfondissement dans ses composants et dispose, de fait, d'un Comité Scientifique de suivi.

En d'autres termes, l'initiative P.V.C.H., en plus d'avoir ouvert cinq fronts d'action, a préparé les conditions qui auraient du présider à son lancement et qui sont maintenant le gage - avec les mesures adéquates - d'un développement significatif.

6.3. Ancrage ou redéploiement ?

Nous en sommes donc, à la lecture des points précédents, au stade où on peut procéder à une capitalisation des acquis-savoirs et savoir-faire - pour peu qu'on procède à leur structuration.

Cette démarche apparaît extrêmement productive pour plusieurs raisons d'inégale importance :

1- Envisager en effet l'élargissement de la collaboration à d'autres universités et centres de recherche européens, méditerranéens, appartenant ou ayant pour champ d'autres aires culturelles et géographiques suppose qu'on leur propose au stade actuel de maturité - et non plus de maturation - de l'initiative P.V.C.H., un sujet de collaboration.

L'attractivité pour un centre de recherche réside surtout dans la nouveauté des thématiques à partir d'approches partagées, ce qui explique l'énorme développement de la recherche en réseau.

Pour une université, l'attrait réside dans l'accès à un terrain offert comme champ d'application de méthodes au profit des étudiants. Il convient là encore d'offrir aux universités une approche construite et attractive.

C'est le cas ici.

2- Concevoir l'étape à venir comme une étape de consolidation rend indispensable de construire cette conception collective, de transformer une liste de critères en une approche unitaire, cohérente adaptable au cas par cas et servant de référent pour mesurer les avancées.

Tous les cas pilotes ne disposent pas d'une telle méthodologie, construite et intégrée; privilégier l'enracinement signifie qu'à la fois on fait bénéficier les acteurs et les professionnels dont la présence dans les projets locaux pilotes est indispensable, et qu'on les met aussi en situation d'échange et de transfert d'expérience entre cas-pilote.

Il y a donc lieu de préciser à la confection sur la base des productions existantes de documents - supports de nature à