Environment and development
in coastal regions and in small islands
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Bilan du Projet de Terrain
Améliorer la gestion des ressources côtières et des pêches par la participation des parties prenantes, l’utilisation du savoir local et l’éducation à l’environnement Côte d’Arcadins, Haiti

Dates du bilan :

Visite des sites : 13-16 mars 2003
Fin de l’évaluation : 25 mai 2004

Bilan réalisé par :

M. Alioune Kane, titulaire de la chaire UNESCO/UCAD (Université Cheikh Anta Diop) de gestion intégrée et de développement durable des régions côtières et des petites îles, Dakar, Sénégal ; M. Tim Curtis, consultant de l’UNESCO (qui n’était pas étroitement associé au projet) ; M. Jean W.Wiener, Directeur de la Fondation pour la Protection de la Biodiversité Marine (FoProBim), Chef du projet de terrain.

Documentation :
  1. Articles du Forum des Pratiques éclairées de gestion des côtes pour un développement humain durable, 1999-2001 :

  1. UNESCO/CSI et FoProBiM, 2003 : Termes du contrat de financement de l’activité

  2. Lois relatives à l’environnement côtier et à la pêche en Haïti, Lwa ki gen pou wè ak Anviwònman Kotye ak Lapèch nan Peyi d Ayiti (CSI Info 13)

  3. Les côtes d'Haïti. Évaluation des ressources et impératifs de gestion, Coasts of Haiti. Resource assessment and management needs 1998. UNESCO-CSI papers 2

  4. Résumé du projet de terrain, 2001, français et anglais

  5. La région côtière de Haïti et la zone du projet pilote (rapport non publié, 1999)

  6. Rappport final des activités de la FoProBim. 1999. Jean W. Wiener

  7. Connaissance des ressources côtières et marines en Haïti,      Jean W. Wiener. Étude des termes créoles, du savoir local et des définitions relatifs aux ressources côtières et marines à Port-au-Prince, zone de la baie de Haïti. (manuscrit non publié, UNESCO)

  8. Résumé du projet de terrain : Gérer les ressources des plages et prévenir les changements du trait de côte des îles Caraïbes, 2000

  9. Du pêcheur au pêcheur – Approche par la base en vue  d’améliorer la gestion des pêcheries, J.W. Wiener et P. Espeut, 1998
Activités : Réunions et discussions avec:
  • M. Bernard Hadjadj, Représentant de l’UNESCO en Haïti;
  • M. Carlos Romero, UNESCO/Haïti 
  • M. Helliot Amilcar, Coordonnateur du programme de gestion des zones côtières au ministère de l’environnement
  • M. Georges Philogène, Association des pêcheurs de Léogâne
  • MM. Julien Audelin, Judes et Charles, pêcheurs et promoteurs du site éco-touristique Association des Jeunes pour la mise en valeur de Ça-Ira
  • M. Daniel Dubois, M. Christian Derrosier, FoProBiM
  • Mme Mandy Karnauskas , Peace Corps des États-Unis
  • M. Jasnel Simon, MPW (Mouvement des paysans de Williamson)
  • M. Paul Edom, CAEP (Comité d’approvisionnement en eau potable) et Coopérative des pêcheurs de Luly
  • Mme Marie St. Vil, Mme. Petit Vallious, Mouvement des femmes de Luly
  • Mme Anne-Marie François, Coopérative des femmes de l’Archaie
  • M. Loanis Blan, Parole honnête et altruiste pour des réponses éclairées
  • M. Clotaire St. Natus, et une quinzaine de membres de l’Association des pêcheurs de Mitan.
 

 

  

Discussion avec l’Association des jeunes pour le 
développement de Ça-Ira regroupant des pêcheurs et 
des promoteurs du site d’éco-tourisme
Discussion avec l’Association des pêcheurs de Mitan

Visites de terrain à :

Port-au-Prince

  • Ville de Boutilliers (vue aérienne de la baie et de la ville de Port-au-Prince) ;
  • Ville de Carrefour (visite des systèmes d’évacuation des eaux usées) ;

 

Ville de Boutilliers (vue aérienne de la baie et de la ville de Port-au-Prince)

Côte sud

  • Ville de Léogâne (avec le Coordonnateur de l’Association des pêcheurs de Léogâne) ;
  • Plage de Ça-Ira (chantier naval, construction d’un site éco-touristique, observatoire de la plage, plage des pêcheurs) ;

Côte nord

  • Village de Williamson (site de captage de l’eau) ;
  • Hotel de la Plage de Wahoo (vue panoramique de la Côte des Arcadins) ;
  • Village de Mitan (mangroves, plages de pêcheurs, village proche d’un récif artificiel, point de captage de l’eau) ;
  • Ville d’Arcahie (marché de bord de mer).
Contraintes :

Bien que l’évaluation ait été planifiée avec minutie, deux faits sont intervenus :

  • Le premier jour, l’encombrement de la circulation a retardé de deux heures la visite du premier site du programme. Ce contretemps a empêché la tenue de la réunion prévue avec la population de Léogâne

  • Très peu de contacts ont été noués avec les autorités gouvernementales

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Bilan de projet du terrain
 

Les 16 caractéristiques qui définissent les « pratiques éclairées » sont appliquées ici à l’évaluation du projet de terrain. L’échelle qualitative se décline comme suit :

Nullement : les activités du projet de terrain actuellement ne remplissent pas cette caractéristique, et/ou la caractéristique ne s’applique pas à ce projet.
Légèrement : les activités du projet commencent d’une certaine manière à satisfaire cette caractéristique.
Partiellement : les activités du projet satisfont de manière significative la caractéristique.
Entièrement : les activités du projet remplissent la caractéristique.

L’évaluation ne porte que sur les activités en cours à ce jour, à l’exclusion de celles qui sont prévues pour l’avenir.

Les activités du projet ont-elles assuré un bénéfice à long terme ?    

Partiellement

Les avantages à long terme sont réels, du fait que les associations ont été revigorées par la formation et l’éducation relatives à l’environnement. Les visites de terrain ont montré une nette prise de conscience dans les communautés de base et une volonté de poursuivre les activités. Cette disposition semble être le fruit des séminaires et autres activités réalisées dans le cadre du projet. Plusieurs interlocuteurs ont, par exemple, signalé qu’ils avaient ignoré, auparavant, l’importance de l’écosystème des mangroves dans l’environnement marin et côtier. À la suite  du succès des actions d’éveil, les populations locales n’abattent plus systématiquement les mangroves.

Les activités du projet contribuent au développement des moyens et au renforcement institutionnel ?

Partiellement

Les activités terminées ou en cours ont réellement renforcé les capacités des populations locales. La traduction en créole des lois de la pêche a permis aux populations 1) de connaître l’existence de ces lois, 2) de les comprendre et d’y réfléchir, 3) d’essayer d’agir et de s’adapter à ce cadre juridique nouveau pour eux, 4) d’être informées des responsabilités de l’État dans le domaine de l’environnement marin, 5) de comprendre que l’application des lois va dans le sens de leur intérêt en tant que communautés de pêcheurs.  

Il importe de signaler que l’État haïtien ne s’implique que faiblement : les interlocuteurs ont estimé que l’État ne jouait quasiment aucun rôle. Sur tous les sites du projet les populations se sont plaintes de l’absence d’autorités publiques et de structures décentralisées au niveau local. 

Plusieurs associations ont remarqué que les activités du projet avaient amélioré leur compréhension des problèmes et leur capacité d’intervenir au niveau de la communauté. Elles ont manifesté le désir unanime de voir se poursuivre et se renforcer les activités de ce genre de séminaires. 

Les interlocuteurs ont indiqué en plusieurs occasions que les techniques de résolution de conflits  apprises au cours de ces activités leur sont utiles, et sont mises assez souvent en application. Cette remarque est également valable pour les activités de renforcement et de création d’associations villageoises ou communautaires.

Les activités du projet sont-elles durable ? 

Légèrement 

Au regard de la situation du pays, étant donné la défaillance notoire de l’État dans le domaine de la protection des écosystèmes marins et côtiers, il n’est pas surprenant que les activités ne soient pas encore devenues viables. Il est donc impératif de poursuivre et de renforcer les interventions, notamment  en matière de sensibilisation à l’environnement. 

Les activités du projet ont-elles été transférées ?

Légèrement 

Il est tout à fait envisageable que ces activités puissent être transférées vers d’autres régions du pays, et même dans d’autre pays de la sous-région (ou même ailleurs dans le monde) dans des environnements marins similaires, mais cela ne s’est pas encore fait.

Les activités du projet sont-elles interdisciplinaires et intersectorielles ?

Partiellement

Les activités concernent plusieurs disciplines et plusieurs domaines. Par exemple, l’élaboration du guide ethno-écologique fait appel aux disciplines de la biologie marine, de la sociologie, et de l’anthropologie culturelle. Les séminaires sur les pratiques de pêche éclairées et durables évoquent la biologie marine, les relations sociales, les cadres juridiques, les sensibilités culturelles et les questions économiques. En général, les activités ont été nettement marquées par l’approche holistique.

Les activités du projet incorporent-elles un processus de participation ?

Partiellement

Les activités visent tous les groupes sociaux identifiés dans la zone côtière : pêcheurs, agriculteurs, femmes, fidèles des différentes églises, charbonniers, hôteliers, enfants, petits commerçants et associations communautaires. Comme indiqué ci-dessus, l’État n’a pas participé autant qu’il le pourrait, mais ses représentants s’investissent, au niveau local, au travers de l’Assemblée des sections communales et du Conseil d’administration des sections communales, et de la police.

Les activités du projet contribuent-elles à l’établissement d’un consensus ?

Entièrement

De nombreuses activités ont été consacrées à l’enseignement des techniques de résolution des conflits. Cet aspect a été mis en exergue comme étant l’un des éléments les plus positifs des activités lors des réunions organisées par l’équipe d’évaluation avec les acteurs locaux. 

Les activités du projet intègrent-elles un processus de communication réel et efficace ?

Légèrement

La communication entre parties concernées au niveau communautaire est jugée suffisamment bonne. Toutefois, le déficit de  communication avec les autorités et les institutions de l’État est notoire et demeure un problème majeur. La communication avec le grand public se résume à quelques publications : la traduction des lois en créole, (CSI Info.13), Les côtes d’Haïti (CSI papers 2), des interventions à la radio, et quelques insertions publicitaires dans la presse écrite. Elle pourrait être renforcée, à l’avenir.

Les activités du projet sont-elles respectueuses de la culture ?

Entièrement

Les activités ont été conçues et mises en œuvre localement. Elles respectent le cadre socioculturel et fonctionnent en harmonie avec lui. Alors que les savoirs  proposés peuvent être d’origine étrangère, les mécanismes de transmission et d’exécution sont d’inspiration locale. Les séminaires se déroulent dans les communauté, et s’adaptent à l’environnement. La création, par exemple, d’un récif artificiel a donné lieu à une coopération communautaire.

Les activités du projet prennent-elles en compte les questions liées aux genres (féminin/masculin) ?

Partiellement

Les femmes sont impliquées au plus haut degré dans les activités. Cependant, de par la culture, elles ont en général moins tendance a s’exprimer ouvertement en présence des hommes. Devant cette réalité socioculturelle, il serait souhaitable d’organiser des actions réservées aux femmes.  Par exemple, les hommes vont à la pêche, mais ce sont les femmes qui achètent, nettoient, salent, conditionnent, transforment et transportent le poisson et autres produits de la mer. Des activités de sensibilisation et de discussion, exclusivement réservées aux femmes  pourraient être bénéfiques.

Les activités du projet renforcent-elles les identités locales ?

Partiellement

L’engagement dans les activités et leur réussite mettent en jeu et renforcent les sentiments d’appartenance à une communauté, qui dépend elle-même de la disponibilité, de l’exploitation et du partage des ressources de  l’environnement.. Cette participation à la vie de la société contribue au sentiment de confiance en soi et d’utilité au service de la communauté.

Les activités du projet façonnent-elles la politique légale nationale ?

Légèrement

Quelques progrès ont été réalisés dans ce domaine. L’utilisation de la publication « Côtes de Haïti » (CSI Papers 2)  afin de mettre au point une politique nationale pour l’environnement marin et côtier en est une parfaite illustration. La traduction en créole des lois de la pêche a beaucoup aidé à sensibiliser les populations et a permis de toucher le plus grand nombre. Cependant, le gouvernement ne met pas à disposition les effectifs et les moyens matériels nécessaires pour faire respecter ces lois. En conséquence, les activités devraient, à l’avenir, viser également à encourager les autorités compétentes à assumer leurs responsabilités en matière de  protection de l’environnement.

Les activités du projet intègrent-elles la dimension régionale ?

Partiellement

Des échanges entre pêcheurs de la Jamaïque et d’Haïti ont eu lieu dans le cadre du projet. Cette activité a connu le succès et suscité le sentiment d’appartenance a une même entité régionale, ayant des intérêts communautaires semblables. Les échanges ont permis aux pêcheurs de comparer leurs conditions environnementales, sociales, et économiques, étant donné la similitude de leurs écosystèmes. 

D’autres activités ont été adjointes et effectuées en collaboration avec d’autres programmes de CSI tels que : 

Les activités du projet contribuent-elles aux Droits de l’homme ?

Partiellement

Les activités du projet appuient l’Article 25.1 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, en luttant contre la pauvreté, en garantissant des conditions de vie acceptables, en favorisant l’exploitation durable des ressources de l’environnement et en intéressant les communautés aux décisions ayant trait à leur niveau de vie.

[Article 25.1 : Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi  que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d’invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté.]

Les activités du projet ont-elles été documentées ?

Partiellement

La plupart des activités menées dans le cadre des programmes ont fait l’objet de documents. Les publications qui en sont issues sont accessibles sur le Web, et certaines ont été diffusées sur les sites concernés.

Les activités du projet ont-elles été évaluées ?

Partiellement

Une auto évaluation informelle a été effectuée en 1998 lors d’une réunion des directeurs de projets CSI à Paris (CSI info.10). Le présent rapport constitue la première évaluation officielle du programme.

Le problème de la gestion des déchets à Port-au-Prince

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Synthèse et points forts de l’évaluation

  1. Les activités développées dans le domaine marin côtier (qui connaît un état de dégradation très avancé) ont rencontré l’adhésion et l’enthousiasme des populations. L’attractivité et le succès du projet résident dans le besoin réel ressenti et exprimé par la population pour améliorer son environnement et ses conditions de vie. 

  2. Haïti est actuellement confronté à un problème aigu de gestion des ordures ménagères (il semble qu’il n’existe absolument aucune action dans ce sens). Les déchets de toute nature sont jetés directement dans les ravines et finissent par être entraînés dans la mer, avec les conséquences désastreuses qui en résultent pour la zone côtière. Le problème écologique ainsi posé est d’une extrême gravité, avec d’importantes répercussions pour les autres pays de la sous-région. 

  3. Les autorités haïtiennes semblent ne pas prendre la juste mesure de leurs responsabilités en matière de protection de l’environnement. L’équipe d’évaluation a pris note de plaintes à cet effet, venant de toutes les couches de la société. Nous avons remarqué une frustration, voire un fatalisme, inquiétant face au désengagement de l’Etat. Il est essentiel de chercher des moyens d’encourager et de renforcer les capacités de l’Etat haïtien dans ce domaine.

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Activités prévues pour la suite du projet 

Dans le court terme  

À plus long terme

 

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