| Environment
and development in coastal regions and in small islands |
Bilan
du
Projet de Terrain
Améliorer la gestion des ressources côtières et des pêches
par la participation des parties prenantes, l’utilisation du savoir local et
l’éducation à l’environnement Côte d’Arcadins, Haiti
| Dates du bilan : |
Visite des sites :
13-16 mars 2003 |
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| Bilan réalisé par : |
M. Alioune Kane, titulaire de la chaire UNESCO/UCAD (Université Cheikh Anta Diop) de gestion intégrée et de développement durable des régions côtières et des petites îles, Dakar, Sénégal ; M. Tim Curtis, consultant de l’UNESCO (qui n’était pas étroitement associé au projet) ; M. Jean W.Wiener, Directeur de la Fondation pour la Protection de la Biodiversité Marine (FoProBim), Chef du projet de terrain. |
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| Documentation : |
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| Activités : |
Réunions et discussions avec:
Visites de terrain à : Port-au-Prince
Côte sud
Côte nord
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| Contraintes : |
Bien que l’évaluation ait été planifiée avec minutie, deux faits sont intervenus :
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Bilan de projet du terrain
Les 16 caractéristiques qui définissent les « pratiques éclairées » sont appliquées ici à l’évaluation du projet de terrain. L’échelle qualitative se décline comme suit :
| Nullement : | les activités du projet de terrain actuellement ne remplissent pas cette caractéristique, et/ou la caractéristique ne s’applique pas à ce projet. |
| Légèrement : | les activités du projet commencent d’une certaine manière à satisfaire cette caractéristique. |
| Partiellement : | les activités du projet satisfont de manière significative la caractéristique. |
| Entièrement : | les activités du projet remplissent la caractéristique. |
L’évaluation ne porte que sur les activités en cours à ce jour, à l’exclusion de celles qui sont prévues pour l’avenir.
| Les
activités du projet ont-elles assuré un bénéfice à long terme ? |
Partiellement |
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Les avantages à long terme sont réels, du fait que les associations ont été revigorées par la formation et l’éducation relatives à l’environnement. Les visites de terrain ont montré une nette prise de conscience dans les communautés de base et une volonté de poursuivre les activités. Cette disposition semble être le fruit des séminaires et autres activités réalisées dans le cadre du projet. Plusieurs interlocuteurs ont, par exemple, signalé qu’ils avaient ignoré, auparavant, l’importance de l’écosystème des mangroves dans l’environnement marin et côtier. À la suite du succès des actions d’éveil, les populations locales n’abattent plus systématiquement les mangroves. |
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| Les activités du projet contribuent au développement des moyens et au renforcement institutionnel ? |
Partiellement |
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Les activités terminées ou en cours ont réellement
renforcé les capacités des populations locales. La traduction
en créole des lois de la pêche a permis aux populations 1) de connaître
l’existence de ces lois, 2) de les comprendre et d’y réfléchir, 3)
d’essayer d’agir et de s’adapter à ce cadre juridique nouveau pour
eux, 4) d’être informées des responsabilités de l’État dans le
domaine de l’environnement marin, 5) de comprendre que l’application des
lois va dans le sens de leur intérêt en tant que communautés de pêcheurs. Il importe de signaler que
l’État haïtien ne s’implique que faiblement : les interlocuteurs
ont estimé que l’État ne jouait quasiment aucun rôle. Sur tous les
sites du projet les populations se sont plaintes de l’absence d’autorités
publiques et de structures décentralisées au niveau local. Plusieurs associations ont
remarqué que les activités du projet avaient amélioré leur compréhension
des problèmes et leur capacité d’intervenir au niveau de la communauté.
Elles ont manifesté le désir unanime de voir se poursuivre et se renforcer
les activités de ce genre de séminaires. Les interlocuteurs ont indiqué en plusieurs occasions que les techniques de résolution de conflits apprises au cours de ces activités leur sont utiles, et sont mises assez souvent en application. Cette remarque est également valable pour les activités de renforcement et de création d’associations villageoises ou communautaires. |
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Les activités du projet sont-elles durable ? |
Légèrement |
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Au regard de la situation du pays, étant donné la défaillance notoire de l’État dans le domaine de la protection des écosystèmes marins et côtiers, il n’est pas surprenant que les activités ne soient pas encore devenues viables. Il est donc impératif de poursuivre et de renforcer les interventions, notamment en matière de sensibilisation à l’environnement. |
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Les activités du projet ont-elles été transférées ? |
Légèrement |
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Il est tout à fait envisageable que ces activités puissent être transférées vers d’autres régions du pays, et même dans d’autre pays de la sous-région (ou même ailleurs dans le monde) dans des environnements marins similaires, mais cela ne s’est pas encore fait. |
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Les activités du projet sont-elles interdisciplinaires et intersectorielles ? |
Partiellement |
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Les activités du projet incorporent-elles un processus de participation ? |
Partiellement |
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Les activités visent tous les groupes sociaux identifiés dans la zone côtière : pêcheurs, agriculteurs, femmes, fidèles des différentes églises, charbonniers, hôteliers, enfants, petits commerçants et associations communautaires. Comme indiqué ci-dessus, l’État n’a pas participé autant qu’il le pourrait, mais ses représentants s’investissent, au niveau local, au travers de l’Assemblée des sections communales et du Conseil d’administration des sections communales, et de la police. |
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Les activités du projet contribuent-elles à l’établissement d’un consensus ? |
Entièrement |
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De nombreuses activités ont été consacrées à l’enseignement des techniques de résolution des conflits. Cet aspect a été mis en exergue comme étant l’un des éléments les plus positifs des activités lors des réunions organisées par l’équipe d’évaluation avec les acteurs locaux. |
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Les activités du projet intègrent-elles un processus de communication réel et efficace ? |
Légèrement |
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La communication entre parties concernées au niveau communautaire est jugée suffisamment bonne. Toutefois, le déficit de communication avec les autorités et les institutions de l’État est notoire et demeure un problème majeur. La communication avec le grand public se résume à quelques publications : la traduction des lois en créole, (CSI Info.13), Les côtes d’Haïti (CSI papers 2), des interventions à la radio, et quelques insertions publicitaires dans la presse écrite. Elle pourrait être renforcée, à l’avenir. |
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Les activités du projet sont-elles respectueuses de la culture ? |
Entièrement |
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Les activités ont été conçues et mises en œuvre localement. Elles respectent le cadre socioculturel et fonctionnent en harmonie avec lui. Alors que les savoirs proposés peuvent être d’origine étrangère, les mécanismes de transmission et d’exécution sont d’inspiration locale. Les séminaires se déroulent dans les communauté, et s’adaptent à l’environnement. La création, par exemple, d’un récif artificiel a donné lieu à une coopération communautaire. |
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Les activités du projet prennent-elles en compte les questions liées aux genres (féminin/masculin) ? |
Partiellement |
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Les femmes sont impliquées au plus haut degré dans les activités. Cependant, de par la culture, elles ont en général moins tendance a s’exprimer ouvertement en présence des hommes. Devant cette réalité socioculturelle, il serait souhaitable d’organiser des actions réservées aux femmes. Par exemple, les hommes vont à la pêche, mais ce sont les femmes qui achètent, nettoient, salent, conditionnent, transforment et transportent le poisson et autres produits de la mer. Des activités de sensibilisation et de discussion, exclusivement réservées aux femmes pourraient être bénéfiques. |
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Les activités du projet renforcent-elles les identités locales ? |
Partiellement |
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L’engagement dans les activités et leur réussite mettent en jeu et renforcent les sentiments d’appartenance à une communauté, qui dépend elle-même de la disponibilité, de l’exploitation et du partage des ressources de l’environnement.. Cette participation à la vie de la société contribue au sentiment de confiance en soi et d’utilité au service de la communauté. |
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Les activités du projet façonnent-elles la politique légale nationale ? |
Légèrement |
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Quelques progrès ont été réalisés dans ce domaine. L’utilisation de la publication « Côtes de Haïti » (CSI Papers 2) afin de mettre au point une politique nationale pour l’environnement marin et côtier en est une parfaite illustration. La traduction en créole des lois de la pêche a beaucoup aidé à sensibiliser les populations et a permis de toucher le plus grand nombre. Cependant, le gouvernement ne met pas à disposition les effectifs et les moyens matériels nécessaires pour faire respecter ces lois. En conséquence, les activités devraient, à l’avenir, viser également à encourager les autorités compétentes à assumer leurs responsabilités en matière de protection de l’environnement. |
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Les activités du projet intègrent-elles la dimension régionale ? |
Partiellement |
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Des échanges
entre pêcheurs de la Jamaïque et d’Haïti ont eu lieu dans le
cadre du projet. Cette activité a connu le succès et suscité le
sentiment d’appartenance a une même entité régionale, ayant des intérêts
communautaires semblables. Les échanges ont permis aux pêcheurs de
comparer leurs conditions environnementales, sociales, et économiques, étant
donné la similitude de leurs écosystèmes. D’autres activités ont été
adjointes et effectuées en collaboration avec d’autres programmes de
CSI tels que : |
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Les activités du projet contribuent-elles aux Droits de l’homme ? |
Partiellement |
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[Article 25.1 : Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d’invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté.] |
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Les activités du projet ont-elles été documentées ? |
Partiellement |
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La plupart des activités menées dans le cadre des programmes ont fait l’objet de documents. Les publications qui en sont issues sont accessibles sur le Web, et certaines ont été diffusées sur les sites concernés. |
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Les activités du projet ont-elles été évaluées ? |
Partiellement |
| Une auto évaluation informelle a été effectuée en 1998 lors d’une réunion des directeurs de projets CSI à Paris (CSI info.10). Le présent rapport constitue la première évaluation officielle du programme. | |
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| Le problème de la gestion des déchets à Port-au-Prince |
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Synthèse et
points forts de l’évaluation
Les activités développées
dans le domaine marin côtier (qui connaît un état de dégradation très
avancé) ont rencontré l’adhésion et l’enthousiasme des populations.
L’attractivité et le succès du projet résident dans le besoin réel
ressenti et exprimé par la population pour améliorer son environnement et
ses conditions de vie.
Haïti est
actuellement confronté à un problème aigu de gestion des ordures ménagères
(il semble qu’il n’existe absolument aucune action dans ce sens). Les déchets
de toute nature sont jetés directement dans les ravines et finissent par être
entraînés dans la mer, avec les conséquences désastreuses qui en résultent
pour la zone côtière. Le problème écologique ainsi posé est d’une
extrême gravité, avec d’importantes répercussions pour les autres pays
de la sous-région.
Les autorités haïtiennes semblent ne pas prendre la juste mesure de leurs responsabilités en matière de protection de l’environnement. L’équipe d’évaluation a pris note de plaintes à cet effet, venant de toutes les couches de la société. Nous avons remarqué une frustration, voire un fatalisme, inquiétant face au désengagement de l’Etat. Il est essentiel de chercher des moyens d’encourager et de renforcer les capacités de l’Etat haïtien dans ce domaine.
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Activités prévues
pour la suite du projet
Dans
le court terme
Terminer le guide ethno-écologique
Mettre au point des outils éducatifs :
Affiches de sensibilisation
Petits livres de sensibilisation à l’environnement côtier et marin
Brochures d’information sur la pollution marine
Conception de jeux éducatifs
Continuer à organiser des séminaires ou ateliers sur :
L’éducation relative à environnement
La résolution des conflits
Le renforcement et le développement des associations locales
Les activités et les problèmes propres aux femmes concernant l’environnement
Poursuivre les activités de COSALC
Désigner trois sites supplémentaires de COSALC
Vérifier l’état d’avancement des activités de COSALC et les données disponibles au ministère de l’environnement
Contribuer au Forum des pratiques éclairées
À plus long terme
Renforcer les capacités dont dispose la FoProBiM pour exécuter ses activités. Renforcer la coordination locale et assurer une visibilité permanente à Port-au-Prince, et l’accès à la documentation
Renforcer et faciliter les relations avec les autorités de l’État
Développer dans la mesure du possible le système des récifs artificiels, appréciés par les populations qui ont pu en tirer parti
Étudier les solutions envisageables pour l’évacuation des déchets.