Environnement et développement
dans les régions côtières et les petites îles
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Les études pluridisciplinaires côtières au Sénégal

L'Equipe Pluridisciplinaire d'Etude des Ecosystèmes Côtiers (l'EPEEC), créée avec le support de l'UNESCO en 1984 par des chercheurs de différentes disciplines et de différentes structures du Sénégal, travaille sur l'ensemble des écosystèmes côtiers du Sénégal. Dans ce cadre, de nombreuses études sont menées de l'estuaire du fleuve Sénégal à l'estuaire de la Casamance et ceci dans des domaines très variés tels que les mangroves, l'hydrologie, l'hydrochimie, l'ichtyologie, la génétique des espèces végétales, la géomorphologie, et la sédimentologie.

Les buts des études de l'EPEEC sont :

Des missions multidisciplinaires sont régulièrement organisées par l'EPEEC sur des thèmes tels que: l'impact des barrages de Diama et de Manantali sur l'estuaire du Sénégal, le fonctionnement en estuaire inverse du Saloum et de la Casamance, l'environnement de l'ensemble des écosystèmes côtiers, l'amélioration des ressources côtières, la pollution des baies de Dakar, la dynamique sédimentaire côtière et en particulier l'évolution du delta du Saloum depuis la rupture de la flèche de Sangomar.

L'EPEEC développe l'étude de ce dernier cas, particulièrement intéressant d'un point de vue sédimentologique mais également dans la mesure où, bien qu'étant au coeur de nombreuses discussions voire polémiques, il est stupéfiant de constater à quel point les mesures prises pour agir au bénéfice des populations concernées sont rares.

Pour certains l'histoire de Sangomar a commencé le 27 février 1987, jour de sa dernière rupture. En réalité, la brèche de la flèche est un évènement dans une histoire vieille de quelques millénaires et qui n'est pas finie. Pour aller vite nous dirons que ce qui s'est passé est l'aboutissement d'un long processus naturel prenant sa place dans la formation et l'évolution de delta du Saloum.

La rupture de la pointe de Sangomar, en février 1987, n'était pas la première (on en connait plusieurs au cours du siècle: en 1909, 1928, 1960, 1970) mais celle de plus grande ampleur. C'est par contre assurément la dernière et c'est aussi ce qui fait son originalité. Donc, en février 1987, au cours d'une tempête, une brèche se crée dans la partie la plus fragile. Après un an la brèche mesure 1km de large, elle est actuellement d'environ 4 km, près de 10 ans après. Ce phénomène d'érosion a entrainé sur son passage la destruction de campements et de divers bâtiments. Le village de Djiffère situé à 4 km au nord du premier point de rupture migre depuis maintenant 2 ans au rythme du recul de la ligne de rivage; l'usine de Djiffère (usine de conditionnement de poisson pour l'exportation) a sagement plié bagage au mois de mars 1996. Elle était en effet régulièrement envahie par la mer ou le sable depuis le mois d'août 1995, comme l'équipe de sédimentologues de L'EPEEC l'avait prévu depuis plusieurs années.

Depuis plusieurs années également, sachant grâce à nos études qu'il n'y a pas de solution viable pour lutter contre l'érosion dans cette zone, l'EPEEC tire la sonnette d'alarme auprès des services et organismes concernés afin que des mesures soient prises pour reloger les habitants de Djiffère dans des conditions décentes. Jusqu'à présent, les seules actions menées dans ce sens sur le terrain sont: l'aide par l'armée à la mise en place d'un village provisoire en février 1995 sur une zone surélevée, au nord de l'ancien village de Djiffère, ainsi que la construction d'une voirie de 2 ou 300m supposée relier le futur village à la route sillonnant la flèche actuelle. Des sites d'implantation ont été proposés par la préfecture, mais jusqu'à présent les villageois se débrouillent comme ils peuvent en déplaçant leurs cases au gré de l'érosion. Pour ceux qui avaient construit des maisons "en dur", la perte est irréparable: les murs sont partis à la mer. Bon nombre de pêcheurs ont perdu leur matériel de pêche au cours d'incursions nocturnes de la mer sous l'action de fortes houles.

Parallèlement à ce phénomène naturel d'érosion se produit, sur une grande partie de la zone directement sous l'influence de la houle, un processus de sédimentation. Ainsi l'extrêmité sud de l'ancienne flèche de Sangomar formant actuellement une île, s'étend de 100 m par an vers le sud. Les abords des villages de Niodior et Dionewar, sur la rive opposée du Saloum par rapport à l'île de Sangomar, s'ensablent considérablement réduisant le trafic des pirogues et diverses embarcations à un temps limité aux alentours de la marée haute. Plus au sud vers Bétenti, l'Ile aux Boeufs, l'Ile aux Oiseaux, l'ensablement crée les mêmes problèmes, enclavant de plus en plus les populations. Les insulaires du Saloum ne peuvent pas régler eux-mêmes ces problèmes. Les chercheurs de leur côté, avec leur connaissance du terrain, aimeraient contribuer à l'amélioration des conditions de vie des habitants de cette zone.

Populations et chercheurs sauront-ils un jour se faire entendre ? C'est un des buts majeurs pour les futures actions de l'EPEEC.

Pour plus d'informations,
s'adresser à Dr. M Ba, Président de l'EPEEC: Dépt. de Géologie, Faculté des Sciences, Université C.A. Diop, Dakar, Sénégal, fax (221) 273413, e-mail diarra@isra.isra.sn

and/or

UNESCO-CSI, e-mail: csi@unesco.org

Local/régional contact: Mr.Pius Obanya (Director of Office), 12 Avenue Roume B.P. 3311,
DAKAR, SENEGAL
Tel: 00221235082, 00221238441, Fax: 221238393, Telex:5141OUNESCO SG+21735 UNESCO SG
Covers: Cape Verde, the Gambia, Guinea, G Bissau, Liberia, Senegal, ,Sierra Leone

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