| Environnement
et développement dans les régions côtières et les petites îles |
Extrait de 171EX/4 mars 2005
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Environnement et développement dans les régions côtières et les petites îles (CSI)
II.1.4 : Vers des conditions d'existence viables dans les petites îles et les régions côtières
Axe d'action 1 : Promouvoir un programme intersectoriel et interrégional d'action dans les petits États insulaires en développement
97. Résultat escompté : Renforcement de l'aptitude des petits états membres insulaires en développement à contribuer à la réunion d'examen de l'ONU de haut niveau (Barbade + 10).
Progrès réalisés par rapport aux indicateurs de performance :
Contribution aux préparatifs de la Réunion internationale de Maurice (janvier 2005) et de l'examen décennal du Programme d'action de la Barbade.
Préparation aux diverses activités préparatoires entreprises par les Nations Unies et l'Alliance des petits États insulaires (AOSIS), et notamment contributions au rapport de synthèse du Secrétaire général de l'ONU à la Commission du développement durable.
Diffusion d'informations et organisation de débats mondiaux dans le cadre du Forum Internet sur les pratiques éclairées en vue du développement durable des régions côtières (20.200 participants).
Mise en lumière, grâce à un site Web interactif, des activités de l'UNESCO à l'appui du Sommet des petits États insulaires.
Publication de dossiers sur les petits États insulaires dans le "Nouveau Courrier" de l'UNESCO et "Planète science".
Publication et diffusion, avant la Réunion internationale de Maurice, d'une brochure intitulée "Agenda pour les îles 2004 et après : réagir au changement et entretenir la diversité dans les petites îles".
98. Résultat escompté : Établissement de liens entre des projets relatifs aux petites îles dans les régions des Caraïbes, de l'océan Indien et du Pacifique.
Progrès réalisés par rapport aux indicateurs de performance :
Intégration des questions de développement durable dans les programmes d'enseignement des sciences dans 16 pays insulaires grâce au projet Sandwatch.
Partage des données d'expérience, renforcement des capacités et promotion des principes d'autosuffisance communautaire dans les îles des Caraïbes, grâce à un atelier sur les réponses communautaires à l'érosion du littoral organisé à Cuba avec la coopération du Bureau de La Havane.
Axe d'action 2 : Élaborer des pratiques éclairées : créer des moyens de gérer les conflits relatifs aux ressources côtières dans les petites îles et les régions côtières
99. Résultat escompté : Renforcement des moyens dont disposent les pays pour gérer des conflits portant sur des ressources côtières ou des valeurs sociales, économiques et culturelles.
Progrès réalisés par rapport aux indicateurs de performance :
Grâce à la coopération régionale dans le cadre du réseau UNITWIN "WiCoPEurope", publication des premiers manuels en russe sur la gestion côtière intégrée.
Récapitulation des enseignements tirés d'une initiative visant à promouvoir la gestion, sur la base du volontariat, du Trochus et d'autres ressources des régions côtières dans une publication intitulée "Evolution of village-based marine resource management in Vanuatu" (Dossier CSI n° 15).
La traduction en créole des lois relatives à la pêche a permis à la population locale de Haïti de s'informer du cadre juridique applicable à l'environnement marin, des responsabilités de l'État en la matière, ainsi que de comprendre la façon dont l'application de ces lois peut être bénéfique pour les communautés de pêcheurs.
Évaluation de la situation socioécologique et économique des pêcheurs d'Aqaba, sur les rives de la mer Rouge en Jordanie, afin de leur assurer des moyens d'existence durables, et mobilisation des acteurs en vue de la protection de la zone côtière ; suite à cette action de sensibilisation, le gouvernement a acheté des bateaux pour les pêcheurs, les a aidés à trouver d'autres sources de revenus et a élaboré une stratégie globale de gestion côtière.
Avec SC/ECO et le secture de la culture:
Axe d'action 3 : Améliorer la prise en compte des liens entre diversité biologique et diversité culturelle qui est une condition de base du développement durable
89. Résultat escompté : Meilleure durabilité de la diversité, tant culturelle que biologique, sur certains sites.
Progrès réalisés par rapport aux indicateurs de performance :
Des travaux sont en cours afin d'évaluer l'impact du dernier tsunami, documenter le rôle des savoirs autochtones dans la réaction à cette catastrophe et guider les opérations de secours au moyen des données de base réunies à ce jour.
Les savoirs locaux et autochtones (LINKS) dans une société mondialisée
257. Le projet autonomise des communautés rurales en prônant des méthodes d'élimination de la pauvreté et de préservation du développement durable en accord avec les pratiques, visions du monde et savoirs locaux. Le projet a notamment pour partenaires : le Centre national de la recherche scientifique (CNRS-France), l'Université de Bergen (Norvège), l'Université de Durham (Royaume-Uni), le Native Law Centre (Canada), l'Université de Wageningen (Pays-Bas), le PNUE et la CDB. Les résultats suivants ont été obtenus :
Les connaissances locales concernant des ressources essentielles ont été enregistrées et ont servi d'outils pédagogiques et de gouvernance des ressources locales dans le cadre de projets sur le terrain entrepris avec les Mapuche Pewenche (Chili) et les Mayangana de la Réserve de biosphère de Bosawas (Nicaragua) ; la série de CD-ROM éducatifs a été complétée par le CD-ROM intitulé "The Canoe is the People", qui porte sur les savoirs autochtones en matière de navigation dans le Pacifique, et le dossier pédagogique qui l'accompagne, ainsi que par un CD-ROM multimédia pour les Premières nations Cree (qui a bénéficié du financement du Conseil des écoles Cree de la baie James, Canada).
Le réseau du projet sur le terrain a été étendu aux PEID ; grâce à un financement du PNUE/FEM, un projet sur les savoirs autochtones et la gouvernance en matière de biodiversité a été mis au point avec des PEID et PMA, îles Salomon, Vanuatu et Palaos. Pour donner le coup d'envoi à ces activités, l'"Environmental Encyclopedia of Marovo Lagoon, Solomon Islands" (Encyclopédie sur l'environnement du lagon de Marovo, îles Salomon) a été publiée en anglais et en langue locale.
De concert avec le Fonds international pour la promotion de la culture (FIPC), des "écoles de la brousse" Cree (baie James, Canada) ont été inscrites sur la Liste Harmony pour saluer le rôle qu'elles jouent en améliorant la transmission des savoirs locaux.
Voix des petites îles
274. Le projet Voix des petites îles a continué de faire avancer des initiatives collectives de développement durable à l'échelon local et interrégional dans 13 petites îles, dont les résultats ont été présentés dans des publications, des vidéos, dans les médias (télévision, radio et presse écrite), dans des bulletins électroniques et des forums de discussion sur Internet. En outre, ce projet a figuré dans le rapport du Secrétaire général des Nations Unies (paragraphe 90) à la 12e session de la Commission du développement durable, dans un exposé thématique à la huitième Conférence sur les îles du monde, et sur le site www.sivglobal.org, forum de discussion auquel participent plus de 20.000 insulaires ; il est souvent reproduit par des agences de presse et autres services Internet. Pendant la période à l'examen, les résultats suivants ont été obtenus :
Amélioration de la capacité technologique grâce aux connexions Internet et fourniture de nouveaux ordinateurs à des centres communautaires, centres multimédias, à des bibliothèques et écoles dans neuf États insulaires.
Participation active des jeunes insulaires à l'examen et au suivi ultérieur du Programme d'action du PEID dans le cadre de l'initiative "Vision des jeunes sur la vie dans les îles" (financement extrabudgétaire de 65.000 dollars assuré par la Fondation Lighthouse) et de la manifestation "Youth Focus Bahamas".
Forum de discussion pour les jeunes sur Internet (www.sivyouth.org : username: view, password: only) en coopération avec 38 établissements scolaires dans 12 îles, forum de discussion électronique pour l'initiative "Vision des jeunes", et organisation d'échanges sur le même thème pour mettre en oeuvre des projets communs de développement durable aux Seychelles et aux Maldives.
Temps forts de la Réunion internationale de Maurice
43. L'UNESCO a participé activement aux travaux préparatoires en vue de la Réunion internationale de Maurice sur les PEID ; un site Web interactif a été créé pour faire connaître l'action de l'UNESCO en faveur des petits États insulaires et une publication a été mise au point et largement diffusée. Les activités visant à encourager les pratiques rationnelles dans les zones côtières et à favoriser l'utilisation des savoirs autochtones et locaux ont également été appuyées dans toutes les régions.
47. L'UNESCO a participé activement à l'examen du Programme d'action de la Barbade pour le développement durable des petits États insulaires en développement (PEID) et au processus de planification prospective issu de la Réunion internationale de Maurice.
48. La Réunion internationale de Maurice, accueillie par la République de Maurice du 10 au 14 janvier 2005, avait pour objet de passer en revue la mise en oeuvre du Programme d'action de la Barbade. Y ont participé 18 présidents, vice-présidents et premiers ministres, une soixantaine de ministres et près de 2.000 délégués, représentants de la société civile et journalistes de 114 pays et 15 organismes multilatéraux ou des Nations Unies.
49. La délégation de l'UNESCO était dirigée par le Directeur général qui a donné une conférence de presse dont on a largement fait état sur le rôle que l'UNESCO compte jouer dans la mise en place d'un système mondial d'alerte aux tsunamis. Lors du débat de haut niveau, le Directeur général a évoqué la catastrophe du tsunami, ses prolongements ainsi que l'action récente, en cours et future de l'UNESCO dans le domaine du développement durable des petits États insulaires en développement. Il a également souligné qu'il était capital de créer des partenariats diversifiés pour résoudre les problèmes liés à la fragilité écologique des PEID.
50. Les principaux résultats de cette réunion sont la Stratégie de Maurice, ensemble de mesures proactives destinées à poursuivre la mise en oeuvre du Plan d'action de la Barbade, et la Déclaration de Maurice qui représente un engagement au niveau politique.
51. La Déclaration de Maurice réaffirme la validité constante du Programme d'action de la Barbade qui constitue "un cadre fondamental pour le développement durable des petits États insulaires en développement". Rappelant que la vulnérabilité de ces États, désormais largement admise, ne fera que croître si des mesures ne sont pas prises d'urgence, la Déclaration réaffirme l'engagement pris par la communauté internationale d'appuyer les efforts que déploient les petits États insulaires en développement pour qui le développement durable demeure une nécessité particulière. Elle reconnaît que les conséquences tragiques du tremblement de terre et du tsunami dans l'océan Indien mais aussi de la récente saison de cyclones dans les Caraïbes et le Pacifique soulignent la nécessité de mettre en place des mécanismes efficaces de réduction des risques de catastrophes, des systèmes d'alerte précoce, des secours d'urgence et des capacités de relèvement et de reconstruction, et de renforcer ceux qui existent déjà. À cet égard, la Déclaration souligne qu'il faut s'attacher tout particulièrement à donner aux petits États insulaires en développement les moyens de se relever, grâce notamment à la mise au point et au transfert de technologies, au renforcement des capacités et à la mise en valeur des ressources humaines. Elle reconnaît en outre que le commerce international joue un rôle important en ce qui concerne la capacité de relèvement et le développement durable ; par conséquent, elle invite les institutions financières internationales à accorder l'attention voulue aux handicaps et fragilités structurels des petits États insulaires en développement. Enfin, ses auteurs s'engagent à mettre en oeuvre la Stratégie de Maurice dans les délais prévus.
52. La Stratégie de Maurice pour la poursuite de la mise en oeuvre du Programme d'action de la Barbade souligne que les petits États insulaires en développement (PEID), "sont situés dans des régions qui sont parmi les plus vulnérables du monde en raison de l'intensité, de la fréquence et de l'impact de plus en plus lourd des catastrophes naturelles et écologiques qui s'y déroulent, et ils doivent faire face à des conséquences économiques, sociales et écologiques disproportionnées", comme l'ont montré la tragédie du tsunami du 26 décembre 2004 dans l'océan Indien et la dernière saison d'ouragans, cyclones et typhons dans les Caraïbes et le Pacifique. Reconnaissant que les PEID doivent faire face à un grand nombre de problèmes qui vont des catastrophes naturelles et du changement climatique à la fragilité des écosystèmes terrestres et marins en passant par l'éloignement, les pertes sur le plan commercial et les menaces que fait peser le VIH/sida, la Stratégie définit toute une série d'activités dont l'objet est de surmonter les fragilités économiques et écologiques des petites îles et d'assurer le soutien et l'assistance de la communauté internationale.
53. Plusieurs manifestations ont été organisées dans le cadre de la Réunion de Maurice, y compris un Forum sur la société civile auquel l'Organisation a apporté son soutien et une autre manifestation en marge du projet "La voix des petites îles". Dans le cadre de la séance plénière du débat de haut niveau, un mémorandum d'accord a été signé ; il concerne la création d'un consortium des universités des PEID auquel sont associées dans un premier temps les universités de Malte, de Maurice, du Pacifique Sud, des îles Vierges et des Antilles occidentales. Ce consortium a principalement pour objet de renforcer les capacités nationales des petits États insulaires pour qu'ils puissent mettre en oeuvre la Stratégie. L'éventuelle intégration du consortium au réseau UNITWIN de l'UNESCO et la possibilité d'établir des liens avec la Décennie des Nations Unies pour l'éducation au service du développement durable sont actuellement à l'étude.
54. Sous l'autorité du Secteur de la culture, le panel de l'UNESCO sur "Le rôle de la culture dans le développement durable des petits États insulaires en développement" a indiqué qu'il soutenait résolument la reconnaissance de la culture comme une composante indispensable et omniprésente de la vie et du développement humain, en insistant sur l'importance de questions telles que l'identité et la diversité culturelles, la protection du patrimoine matériel et immatériel, l'intégration des langues locales et des savoirs traditionnels dans l'éducation formelle et les perspectives économiques offertes par la culture, en particulier par le biais des industries culturelles.
55. En outre, la manifestation spéciale organisée par l'UNESCO sur le thème "Vision des jeunes sur la vie dans les îles" a réuni des jeunes de différentes régions insulaires du monde qui ont échangé leurs points de vue et leurs aspirations concernant l'avenir de leurs îles. Les débats ont été organisés autour de trois grands thèmes : "La vie et l'amour dans les îles" (les modes de vie et cultures insulaires) ; "Mon île natale" (la sauvegarde des milieux insulaires) ; et "L'argent dans ma poche" (perspectives économiques et débouchés). Les conclusions présentées en plénière à la Réunion de Maurice figurent dans une déclaration autour de laquelle s'articulent les différents rôles que les jeunes insulaires pensent pouvoir jouer pour contribuer de façon décisive au développement des petites îles. Cette déclaration invite la communauté internationale à aider les jeunes à jouer un rôle important dans la prise des décisions, à renforcer leur action en tant que défenseurs de l'environnement, à prendre en compte leurs besoins et priorités, y compris la prévention du VIH/sida et la sensibilisation à l'abus des substances toxiques, et plus particulièrement à les accompagner dans la recherche d'emplois viables. Les représentants des jeunes se sont également engagés à entreprendre d'intenses activités de suivi à l'échelon local. Le Directeur général a participé avec le Secrétaire général de l'ONU à la cérémonie de clôture de cette manifestation.
56. À la Réunion internationale de Maurice, l'Organisation des Nations Unies et ses institutions spécialisées ont été invitées "à renforcer leur appui à la Stratégie en améliorant la cohésion, la coordination et le suivi approprié de leur action". En conséquence, l'actuel programme de travail de l'UNESCO a été revu afin de contribuer pleinement à la mise en oeuvre de la Stratégie de Maurice. S'agissant du prochain exercice biennal (33 C/5), l'UNESCO continuera à appliquer une approche à deux volets qui associe les techniques traditionnelles et les nouvelles technologies de l'information et de la communication au renforcement des capacités endogènes insulaires. Afin de renforcer ces capacités et de protéger les diversités, le projet de 33 C/5 inclut des activités qui ciblent l'éducation au service du développement durable des petites îles, les méthodes d'éducation formelle et non formelle et les capacités de formation, la conservation et la surveillance de la biodiversité ainsi que le renforcement des savoirs locaux et autochtones utiles pour le développement durable. Une attention particulière sera portée à la culture, aux peuples autochtones, aux jeunes et à la prévention des catastrophes. Ainsi, les fragilités écologiques des petites îles seront traitées dans le cadre du système mondial d'alerte précoce proposé par l'UNESCO, qui portera non seulement sur les tsunamis mais aussi sur d'autres catastrophes naturelles. Bien entendu, l'UNESCO continuera également de promouvoir des approches intégrées du développement durable dans les PEID, en particulier par une coopération interdisciplinaire et intergénérationnelle.