Environnement et développement
dans les régions côtières et les petites îles
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ACTIVITÉS INTERSECTORIELLES SUR LA PLATE-FORME CSI
(1998 - 1999)

Introduction
Afrique et Etats insulaires de l'océan Indien occidental
Etats arabes et Méditerranée
Asie
Caraïbes et Pacifique
Amérique du Sud et Amérique centrale
Région Nordique et Baltique

Au plan mondial
Contraintes et leçons retenues

L'initiative Environnement et développement dans les régions côtières et les petites îles (CSI) met en pratique l’atout principal de l'Organisation : sa capacité de promouvoir des actions intégrées impliquant les sciences exactes et naturelles, les sciences sociales et humaines, la culture, l'éducation et la communication. Plus de 20 projets pilotes intersectoriels ont été établis. Ils intéressent 50 pays et engagent la collaboration de décideurs, de communautés locales, d'experts en patrimoine culturel et de scientifiques. Une nouvelle chaire UNESCO sur la Gestion intégrée des côtes et le développement durable a été créée (aux Philippines) et quatre autres sont en voie de création (en Inde, en Lettonie, en Papouasie-Nouvelle Guinée et en Uruguay). Elles sont destinées à assurer une formation interdisciplinaire et un renforcement des compétences et des moyens propres à favoriser un développement des régions côtières et des petites îles qui soit écologiquement durable, socialement équitable et culturellement adapté. Issu de l'expérience des projets et des chaires, les premières "pratiques éclairées" ont été élaborées et exposées dans un Forum virtuel.
    
En Afrique et dans les Etats insulaires de l'océan Indien occidental, l'accent est mis essentiellement sur les stratégies de communication et d'éducation pour un développement durable des côtes, avec l'appui des chaires UNESCO. La coopération des Secteurs de l'éducation et de la communication a été recherchée pour l'élaboration d'une stratégie à laquelle ont également contribué les bureaux de Dakar, Lagos, Maputo, Nairobi et Pretoria, réunis en une Conférence panafricaine sur la gestion intégrée et durable des côtes (PACSICOM, juillet 1998). Cette stratégie a connu un début de mise en oeuvre, d'une part dans les nouveaux projets pilotes lancés à Lagos (au Nigeria) sur la lutte contre les inondations en milieu urbain - en collaboration avec le Programme hydrologique international (PHI) et, d'autre part au Maputaland sur le développement d’agro-écosystèmes durables dans les zones côtières de la République d'Afrique du Sud et du Mozambique, ainsi que dans l’état enclavé du Swaziland. A présent, la chaire de Dakar (Sénégal) accueille davantage d’étudiants des pays voisins (Mauritanie, Bénin, Côte d'Ivoire) et poursuit, en liaison avec les programmes sur la gestion des transformations sociales (MOST), sur l'homme et la biosphère (MAB), le PHI et le bureau de Dakar, ses recherches sur les moyens d’existence durables dans les zones côtières périurbaines.  Par ailleurs, avec l'appui du MOST, une coopération dans le domaine du tourisme écologique a également été établie avec la chaire UNESCO de l'Université de Las Palmas de Gran Canaria (Espagne).
    
Dans la région des Etats arabes et celle de la Méditerranée, l'accent porte surtout sur des projets pilotes intersectoriels concernant le développement humain durable dans les villes côtières historiques. Dans le projet MOST-PHI-CSI Développement urbain et ressources en eau douce : petites villes côtières historiques, une vingtaine de villes ont été incitées à opérer en réseau pour trouver ensemble des solutions intégrées à ces problèmes communs que sont la pénurie chronique d'eau douce, la dégradation du patrimoine culturel et la rapidité des transformations socio-économiques (collaboration du Maroc, de la Tunisie, du Liban, de la France, de l'Italie, de l'Espagne et des bureaux de l'UNESCO dans ces pays). Dans la région adriatique (Croatie), le projet a bien progressé en élaborant, avec le bureau de Venise, des lignes directrices pour le développement durable d'un certain nombre de villes côtières. Pour ce qui est du projet pilote d'Alexandrie (Egypte), la préservation et la mise en valeur de la Citadelle située sur la terre ferme, du site sous-marin de Pharos et de la zone urbaine adjacente ont progressé. En concertation avec le PHI, la Division des sciences de la terre, le Centre du patrimoine mondial (CPM), le Secteur de la culture et le bureau du Caire, des experts internationaux ont confirmé la faisabilité d'un parc archéologique sous-marin et ont recommandé son accession au statut de site du patrimoine mondial. Afin de réaliser ces objectives, les sources telluriques de la pollution qui défigure les sites du patrimoine ont été examinées avec l'aide du PHI et des solutions ont été proposées.
    
En Asie, on a poursuivi l'évaluation de l'impact de la mondialisation sur les populations côtières et sur le milieu naturel. Afin de concilier les intérêts de la protection de l’environnement et les objectifs du développement humain, un projet est en cours d'exécution, en coopération avec la Commission océanographique intergouvernementale (COI), son bureau du Pacifique occidental, le Secteur de la culture et le bureau de Bangkok. Il vise à renforcer les liens de partenariat et le dialogue entre les organismes nationaux et les communautés autochtones Moken qui habitent un parc national destiné à devenir un site du patrimoine mondial (Thaïlande). Aux Philippines, un écologiste et un anthropologue se partagent la chaire interdisciplinaire récemment créée par l'UNESCO. Ces deux professeurs et leurs étudiants ont mis au point, avec l'aide du Programme des Nations Unies pour le développement, et de concert avec le MAB et le bureau de Djakarta, des protocoles de surveillance des ressources côtières et d'études d'impact ainsi que des profils socio-économiques pour le projet pilote du site de la baie d'Ulugan. En collaboration avec le MOST, le MAB, la COI et le bureau de Djakarta, des activités donnant lieu à des sources nouvelles de revenus, et des campagnes de sensibilisation à l'environnement ont été entreprises dans les îles Seribu. Un centre de traitement des déchets, géré par la communauté locale, a été créé dans la zone côtière de Kapuk Muara (Indonésie) dans le contexte du projet pilote de la baie de Djakarta. En association avec le PHI et le bureau de New Delhi, une étude a été lancée sur les retombées de l'industrie de destruction de navires, en plein essor dans le Gujarat (Inde). Elle concerne les répercussions de ces activités sur les populations locales et sur le milieu côtier.
    
Dans les petits Etats insulaires en voie de développement (PEID) des régions Caraïbes et Pacifique, les efforts se sont concentrés sur le développement humain durable, l’allégement de la misère, le changement des politiques côtières : prévention des dégradations naturelles et l’assurance de l'approvisionnement en eau. Dans les Caraïbes, deux nouvelles activités pilotes ont vu le jour : l'une, menée de concert avec le Secteur de la communication et le bureau de Kingston, consiste en la réalisation de cassettes vidéo sur l'environnement, l'autre, avec le Secteur de l'éducation (Ecoles associées) et le bureau de Port of Spain, concerne la préparation de campagnes d'observation et de nettoyage du littoral, à l'intention des écoles secondaires. Elles relèvent toutes deux du projet régional intitulé Se prémunir contre les variations du trait de côte. Ce projet intéresse les organismes nationaux et autres entités concernées, dans les îles suivantes : Antigua-Barbuda, Iles Vierges britanniques, Dominique, Grenade, Montserrat, Saint Kitts et Nevis, Sainte Lucie, Saint Vincent et les Grenadines, Turks et Caïcos. Il a bénéficié d'une dotation de la Banque pour le développement des Caraïbes. Dans le cadre du projet du Golfe de la Gonave (Haïti), une enquête sur les connaissances des pêcheurs en matière d'écologie a donné lieu à la publication d'un guide en créole sur l'exploitation durable des ressources. En Jamaïque, conjointement avec le MAB, le recueil des données sur les stratégies de pêche adoptées par les pêcheurs et sur les lignes de base socio-économiques, débouchera sur l'établissement d'un plan d'aménagement pour la zone de la baie de Portland, récemment déclarée zone protégée. En Jamaïque et en Haïti les associations de pêcheurs ont été renforcées, en concertation avec les bureaux de Port-au-Prince et de Kingston et grâce en particulier à des échanges bilatéraux, afin de mettre en évidence les intérêts environnementaux et sociaux communs. Dans le Pacifique, des projets pilotes ont été lancés en Papouasie-Nouvelle Guinée en collaboration avec l'Université nationale, le projet de MOST sur Grandir dans des villes pour les enfants et les adolescents, le bureau d'Apia et les Ecoles associées locales. L'un des projets porte sur les problèmes sociaux et environnementaux que connaissent les populations de Motu-Koitabu, dont les villages se trouvent progressivement absorbés par la croissance rapide de la zone urbaine de Port Moresby. Quant à l'autre, il fixe les grandes lignes de base sur les plans social, culturel et écologique indispensables à un développement géré par la collectivité elle-même dans l'aire culturelle des Moripi. Le projet pilote Saanapu-Sataoa (Samoa), mis en oeuvre en collaboration avec le Secteur de l'éducation et le bureau d'Apia, vise à intégrer le savoir autochtone et les connaissances scientifiques dans les habitudes locales de gestion de l'environnement et à améliorer les programmes d'enseignement de l'environnement dans les Ecoles associées locales.
    
En Amérique du Sud et en Amérique centrale, élucider les fonctions et les services des écosystèmes côtiers, tel est le principal objet de la coopération avec la COI, le MAB et le bureau de Montevideo. A titre de contribution au projet ECOPLATA (qui bénéficie du soutien financier du Centre de recherche canadien pour le développement international) un système d'information et de consultation sur la diversité biologique du Rio de la Plata et de ses eaux adjacentes est en cours de réalisation ; un premier CD-ROM a été publié. Dans le Nord-Est du Brésil, un accord de partenariat a été signé avec le Programme interdisciplinaire d'études côtières du Musée Emilio Goeldi du Para (MPEG) à Belem. La collaboration va bientôt donner lieu à une publication résumant les travaux du MPEG et de ses partenaires en matière de sciences exactes et de sciences sociales. Le projet sur la Productivité marine côtière des Caraïbes (CARICOMP) s'oriente déjà plus résolument vers les interactions homme-environnement dans les écosystèmes de récifs coralliens, d'herbiers marins et de mangroves.
    
Dans la région Nordique et Baltique, un réseau consacré au développement durable des ressources côtières a été établi en coopération avec les cinq programmes scientifiques intergouvernementaux ou internationaux de l'UNESCO et les Commissions nationales du Danemark, d'Estonie, de Finlande, de Lettonie, de Lituanie, de Norvège et de Suède. Il a été connecté au réseau des villes côtières méditerranéennes. Une chaire UNESCO consacrée au développement humain durable dans les régions côtières a été créée, à l'intérieur du réseau, à l'Université de Riga, en vertu d'un accord entre la Lettonie et l'UNESCO. En collaboration avec les Secteurs de la culture et de l'éducation (Ecoles associées) une exposition sur les modes de vie durables dans les zones côtières a été mise sur pied. Elle figurera au Musée de l'océan mondial de Kaliningrad (en Russie) avant d'être présentée dans d'autres pays de la Baltique.
    
Au plan mondial, des exemples de "pratiques éclairées" en matière de développement durable des régions côtières ont été rédigés et regroupés, à la lumière des leçons tirées des projets pilotes intersectoriels et des chaires UNESCO qui leur sont associées. La réflexion se poursuit aux niveaux local, régional et mondial par l’intermédiaire de groupes de discussion à travers le web et par des ateliers permettant des échanges directs. Lors de la Conférence mondiale sur la science, la session consacrée par la CSI au thème "les connaissances écologiques traditionnelles" a largement contribué à renforcer l'argument intersectoriel. Des informations sur les activités des projets pilotes et des chaires UNESCO ont été diffusées sur le site web de la CSI. Les deux séries de documents que celle-ci distribue gratuitement se sont enrichies de nouveaux numéros (six depuis la fin de 1997). L'UNESCO a, par ailleurs, lancé une nouvelle collection d'ouvrages destinés à la vente intitulée Coastal Management Sourcebooks (un numéro déjà publié, un autre sous presse).
    
Contraintes et leçons retenues : la mise en place des chaires UNESCO a été plus lente que prévu, en raison notamment du temps qu'il a fallu aux partenaires institutionnels pour accepter des dispositifs interdisciplinaires novateurs, étrangers aux structures existantes. Réunir les différentes parties concernées des projets pilotes, qui n'ont pas l'habitude de collaborer, a été un réel défi, cependant des progrès ont été constamment enregistrés. Dans le cadre de la Conférence mondiale sur la science, par exemple, des notions intersectorielles telles que "les connaissances écologiques traditionnelles" se sont heurtées au scepticisme de certains scientifiques tout en suscitant un vif intérêt de la part de délégués de certains pays conscients de l'importance de cette question pour les populations locales et pour la réalisation des objectifs de développement. Alors que la demande de formation interdisciplinaire augmente, des diplômés de la chaire intersectorielle de Dakar ont éprouvé des difficultés à trouver des débouchés.

Le forum virtuel sur les "pratiques côtières éclairées" en vue d'un développement humain durable a fonctionné de façon très satisfaisante après avoir été constitué en groupes de travail multi-lingues sur le web. Une circulation des contributions a été assurée également par courrier électronique afin de permettre aux participants, qui rencontrent des difficultés à se connecter à Internet, de s’impliquer constamment dans les discussions. En fournissant aux interlocuteurs intéressés, dans les bureaux décentralisés et les Etats membres, des descriptifs des projets et des chaires existantes, ainsi que des exemples de "pratiques éclairées", la mise sur pied de nouvelles initiatives intersectorielles a été grandement facilité. Le financement est resté un facteur décisif de réussite : certains projets pilotes et chaires UNESCO ont fait de rapides progrès, pour s'être attiré le soutien de fonds extrabudgétaires ou assimilés, alors que d'autres ont été retardés par l'interruption inattendue de leur financement.

Pour des informations complémentaires écrire à: csi@unesco.org

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