| Environnement et développement dans les régions côtières et les petites îles |
Environnement et Développement
DOSSIERS
LA ZONE CÔTIÈRE
AMÉNAGEMENT DE SYSTÈMES COMPLEXES
La zone côtière - l'endroit où la terre rejoint la mer et où l'eau douce et l'eau salée se mélangent - abrite un grand nombre de systèmes écologiques, parmi les plus complexes, les plus divers et les plus productifs de notre planète. Il remplit la fonction de tampon et de filtre entre la terre et la mer. Il est de plus en plus apprécié pour sa beauté et comme lieu de loisirs.
Les écosystèmes côtiers sont importants pour la productivité biologique et économique, la protection contre les tempêtes et la lutte contre l'érosion. Les récifs, les mangroves, les zones humides et les zones intertidales sont essentiels pour la reproduction, l'élevage et l'alimentation de la majorité des espèces marines connues. Dans le monde entier, plus des deux-tiers de toutes les espèces pêchées en mer sont tributaires des systèmes côtiers.
Environ 60% de la population mondiale - près de 3 milliards de personnes - vivent aujourd'hui à moins de 60 kilomètres de la côte. Ces chiffres augmentent rapidement par suite de l'accroissement de la population, des migrations et de l'urbanisation. Les deux-tiers des villes peuplées de plus de 2,5 millions d'habitants sont situées à proximité d'estuaires.
L'exercice dans les zones côtières de multiples activités incontrôlées entraîne inéluctablement une concurrence pour l'exploitation de ressources qui ne sont pas illimitées, une dégradation de l'environnement et, souvent, des conflits écologiques et sociaux. En outre, les modes de développement qui ignorent la dynamique des systèmes côtiers peuvent être catastrophiques, comme le montrent les pertes croissantes en vies humaines, en biens et d'investissements résultant des inondations et de l'érosion de la côte.
Pour que les zones côtières conservent leur productivité et leurs fonctions naturelles, il faut beaucoup améliorer la manière dont nous planifions et gérons leur développement. L'aménagement de ces zones doit être fondé sur une assise scientifique solide tenant compte des limitations des systèmes naturels tout en conciliant et en intégrant les exigences des divers secteurs dont la survie dépend de ces systèmes.
Les indications d'atteintes croissantes aux écosystèmes côtiers et de difficultés pour les populations côtières s'accumulent dans le monde entier. La pollution des estuaires et la destruction des zones humides vont de pair avec les efflorescences algales, la mortalité massive de poissons et l'effondrement de la pêche. Les risques naturels auxquels est exposé le littoral, comme les tempêtes, les inondations et l'érosion, sont souvent aggravés par une mise en valeur irrationnelle et une gestion peu judicieuse. Mais la situation actuelle est encore en retrait par rapport à ce que laisse prévoir la croissance attendue des populations vivant sur le littoral couplée aux effets potentiellement dévastateurs du réchauffement planétaire.
Bien que les médias mettent généralement l'accent sur la pollution côtière par les marées noires catastrophiques, la majeure partie de la pollution est imputable à des sources bien plus banales et bien plus largement disséminées, aussi bien sur terre qu'en mer. Plus de 75 % de la pollution marine est d'origine tellurique, aussi bien urbaine que rurale. Les systèmes fluviaux tels que le Rhin emportent jusqu'à la côte des milliers de substances chimiques.
Les rejets urbains et industriels sont particulièrement préoccupants. Une abondance excessive de nutriments provenant d'eaux usées, d'engrais, de déchets de production organiques et d'autres sources entraînent une eutrophisation, processus de croissance rapide et de décomposition d'algues accompagné d'une diminution de la teneur en oxygène et provoquant la mort des poissons et d'autres formes de vie marine. Lorsque les efflorescences algales sont composées d'espèces toxiques, les consommateurs de coquillages risquent des intoxications. Les exemples extrêmes de pollution du littoral que l'on cite généralement sont ceux des grands centres urbains et industriels comme Minamata, au Japon, où 1 500 personnes ont été gravement atteintes et où 200 personnes sont mortes au cours des années 60 pour avoir mangé des fruits de mer contaminés par du mercure. Aujourd'hui, la consommation de fruits de mer récoltés dans de nombreuses zones côtières de l'Europe, de l'Amérique du Nord et d'autres régions du monde est interdite en raison de la pollution. Ainsi, des zones côtières très productives peuvent perdre leur potentiel économique à cause d'elle.
Le déboisement et l'agriculture pratiqués bien à l'intérieur des terres peuvent aussi provoquer une pollution des systèmes côtiers du fait de l'accumulation de sédiments et du transport des engrais et des pesticides.
Les activités menées en mer, comme l'extraction d'hydrocarbures et de minéraux, la navigation, le dragage et l'aquiculture intensive provoquent aussi directement une pollution de la mer et de la zone côtière. Bien que l'incidence des marées noires diminue depuis une vingtaine d'années, quelques 3,2 millions de tonnes d'hydrocarbures provenant de sources situées aussi bien sur terre qu'en mer sont encore déversées chaque année dans l'océan. Le problème du rejet délibéré d'hydrocarbures devient plus aigu dans de nombreuses régions.
IMPACTS POSSIBLES DU RÉCHAUFFEMENT PLANÉTAIRE Si les températures mondiales devaient s'élever, même légèrement, les répercussions suivantes ont été prévues:
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Des millions d'hectares de zone humide et intertidale ont été détruits ou endommagés dans le monde entier par suite de programmes non maîtrisés de développement et de la mise en valeur des terres. La pêche aux explosifs sur les récifs coralliens est encore très répandue dans de nombreuses régions tropicales. Les dunes et les plages sont exploitées par extraction de sable ou aplanies pour construire des logements sur le front de mer.
De nombreux écosystèmes côtiers sont tributaires d'un approvisionnement en nutriments dont l'équilibre est précaire. Ce sont des systèmes fragiles qui peuvent être détruits ou endommagés par les polluants.
EFFLORESCENCES ALGALES La République de Corée est le premier pays producteur d'huîtres au monde avec une production de 300 000 tonnes en 1988. La majorité de ces huîtres sont élevées dans la baie de Jinhae dont les eaux reçoivent des concentrations importantes d'effluents urbains ainsi que de phosphates provenant d'une usine d'engrais. Les déchets de l'aquiculture contribuent aussi à accroître la concentration locale de nutriments qui suscite périodiquement des efflorescences algales toxiques. Ces "marées rouges" ont dévasté les parts à huîtres en 1978 et en 1981 et leur fréquence s'est accrue depuis lors. Source : C. H. Chu, 1991, dans Marine Pollution Bulletin 23 |
La pêche est, à travers le monde, la principale source de protéines ainsi qu'une importante ressource économique. Plus de 60 % de la population des pays en développement tire du poisson 40 % ou plus de sa ration protéique annuelle. L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a estimé que plus de 90 % des prises marines mondiales (environ 82 millions de tonnes, y compris l'aquiculture, en 1991) sont réalisées à proximité du rivage. Ce niveau est jugé très proche de la limite de l'exploitation durable.
Dans de nombreuses régions telles que l'Atlantique du Nord-ouest et la Méditerranée, on observe des phénomènes de surexploitation qui ont entraîné la diminution des captures. En même temps, l'accroissement de la population et les nouvelles technologies ont accru la tendance à surexploiter les pêcheries. La concurrence entre les pêcheries artisanales et les chalutiers industriels très performants a fortement réduit les stocks de poissons dans de nombreuses régions du monde, accentué les conflits sociaux et fait perdre leur gagne-pain à certaines communautés.
Indépendamment de la surexploitation, les stocks souffrent souvent de la pollution, des atteintes à l'écosystème et des obstacles apportés à la migration. Ainsi, l'aquiculture intensive se pratique souvent dans des zones précieuses pour la reproduction et réduit donc les captures dans les zones adjacentes. De même, la construction de barrages sur des centaines de cours d'eau, comme par exemple, le Colorado, le Nil et le Danube, ont décimé la pêche côtière en barrant la route aux saumons, aux anguilles et à d'autres espèces migratrices et en modifiant en aval les flux d'eau, de nutriments et de sédiments.
Certaines côtes connaissent une forte érosion naturelle. Pour d'autres, celle-ci est intensifiée par des activités humaines telles que l'élimination des mangroves, des récifs, des dunes et d'autres formes littorales. Ces barrières naturelles jouent en effet un rôle utile contre l'érosion et les inondations et il est difficile et coûteux de les remplacer par des constructions artificielles. Les récifs et les mangroves peuvent aussi être détruits indirectement par une pollution ou une sédimentation excessives.
Le transport des sédiments côtiers peut être perturbé par la construction de jetées et de brise-lames et par des activités de dragage, qui accentuent l'érosion de nombreuses côtes. La construction de barrages sur les cours d'eau réduit parfois considérablement la quantité de sédiments transportés jusqu'à la côte et entraîne ainsi une sérieuse érosion des régions de delta. Par contre, le déboisement et l'agriculture pratiqués à l'intérieur des terres peuvent augmenter la quantité de sédiments transportés jusqu'à la côte. A Madagascar, par exemple, une sédimentation côtière massive provoquée par le déboisement et l'érosion en amont a réduit la capacité de traitement de fret du deuxième port du pays, celui de Mahajanga, à un quart de son niveau d'il y a dix ans. Il est possible que le port soit bientôt entièrement fermé.
L'ÉROSION DES PLAGES La plage de Miami Beach, en Floride (Etats-Unis) figure parmi celles qui, dans le monde, ont été le plus fortement mises en valeur et rentabilisées. Malheureusement, cette plage très prisée a presque entièrement disparu en 40 ans du fait de l'érosion résultant, notamment, d'une mauvaise pratique - qui comporte en particulier le dragage de criques pour la navigation de plaisance. Confrontée à une vulnérabilité accrue aux tempêtes, la ville a réagi en mettant sur pied un projet massif de reconstitution de la plage d'un coût de 80 millions de dollars. Source : R. W. G. Carter, 1988, Coastal Environments |
Les tempêtes et les inondations qui frappent le littoral ont depuis toujours fait des victimes et détruit des biens mais, malgré l'effort accru pour réduire les risques dus aux tempêtes, le "prix à payer" continue de progresser. Cela s'explique notamment par le fort accroissement des populations qui vivent près des côtes et par la poursuite des implantations humaines dans les deltas, les îles sur cordon littoral et d'autres zones côtières basses exposées aux inondations lors des tempêtes.
La destruction de barrières naturelles faisant obstacle aux inondations du littoral - récifs, mangroves et dunes - accroît encore la vulnérabilité des populations côtières, de même que peut provoquer l'extraction à large échelle d'eaux souterraines, d'hydrocarbures et de gaz.
INONDATIONS Le Bangladesh - où plus de 30 % du territoire est exposé aux inondations et où la densité de la population est souvent supérieure à 1000 habitants au km2 - a été dévasté à maintes reprises par des tempêtes et des inondations. La pire catastrophe que le pays ait connue s'est produite en novembre 1970 lorsqu'un typhon accompagné d'une forte inondation a entraîné la mort de 300 000 personnes, endommagé les récoltes et provoqué une famine aiguë. Les efforts déployés ultérieurement pour atténuer les effets des tempêtes grâce à une amélioration des communications, de l'éducation et des barrières de protection, ont été limités à cause de la pauvreté du pays. Source : R. W. G. Carter, 1988, Coastal Environments |
Les écosystèmes côtiers sont de plus en plus menacés par la pression croissante du développement et par les politiques de gestion à courte vue axées sur les activités humaines plutôt que sur les systèmes qui les soutiennent.
Les activités qui dégradent les écosystèmes côtiers (par exemple le défrichage de mangroves pour l'aquiculture, l'extraction de récifs coralliens pour en tirer des matériaux de construction) entrent en conflit avec un large éventail d'activités (par exemple la pêche, la tourisme) qui sont tributaires du fonctionnement de ces systèmes naturels. En raison de la complexité des systèmes naturels des zones côtières et de la large gamme d'activités menées dans ces régions, les conflits relatifs à l'utilisation de ressources peuvent être difficiles à déceler et encore plus difficiles à résoudre.
Les éléments vivants et non vivants de la zone côtière forment un système naturel d'une grande complexité, qui tient aux caractéristiques propres à l'environnement des zones où la terre et la mer se rejoignent. Les caractéristiques de cet environnement (par exemple les vents, les vagues, les marées et la salinité) sont très variables et changent progressivement lorsqu'on va de la terre vers la mer.
Les écosystèmes côtiers qui en résultent sont adaptés de façon unique aux conditions qui règnent dans ces zones et peuvent se caractériser à la fois par une souplesse remarquable et par une fragilité inattendue. Les récifs coralliens peuvent, par exemple, résister au pilonnage de la quasi-totalité des tempêtes, mais non à un taux élevé de sédimentation. Ils sont souvent très sensibles à de faibles modifications de la salinité et de la température (à peine 2 à 4°C). On dispose déjà d'indications montrant que de nombreux récifs de corail et systèmes apparentés ont été gravement endommagés.
Inversement, les systèmes de mangroves peuvent tolérer des variations de la température, de la sédimentation et de la salinité. Par contre, ces zones humides côtières sont très vulnérables aux marées noires, aux perturbations de l'alimentation en eau douce et à la marée.
Tous les éléments des systèmes côtiers sont interdépendants d'une manière ou d'une autre bien que causes et effets ne soient pas toujours immédiats ni évidents. Ces systèmes côtiers influent sur les processus qui interviennent au large et à l'intérieur des terres et son influencés par eux. Les modifications des caractéristiques de la circulation océanique, ainsi que de la température et des apports en nutriments qui leur sont associés, par exemple, peuvent avoir des répercussions spectaculaires sur les espèces côtières de poissons - comme l'ont montré à maintes reprises les effets d'El Niño sur le stocks de sardines du Pacifique. La construction, loin à l'intérieur des terres, de barrages sur des cours d'eau peut fermer la route à d'autres espèces migratrices et être fatale à d'importantes pêches côtières situées à des centaines de kilomètres de là.
Les systèmes côtiers ont la capacité de soutenir un large éventail d'activités. La diversité de celles-ci est à elle seule une preuve éclatante de la valeur des ressources côtières pour les sociétés humaines. Malheureusement, les utilisations conflictuelles se multiplient aujourd'hui. Des activités humaines de plus en plus diverses - urbanisation, industrialisation, création de zones résidentielles - rivalisent notamment pour occuper les sols.
Pêche et aquiculture : Les prises de la pêche en mer atteignaient au total en 1991 environ 82 millions de tonnes avec, pour la pêche artisanale, des captures estimées à 24 millions de tonnes par an. La pêche communautaire à petite échelle représente près de la moitié des prises destinées à la consommation humaine et emploie plus de 12 millions de personnes, soit 95 % des effectifs de pêcheurs. La production annuelle aquacole s'élève à 5 millions de tonnes environ.
Navigation et commerce : Les estuaires et les baies constituent depuis le début de l'histoire le moyen de communication le plus direct entre les régions côtières et l'intérieur pour le commerce national et international. Ces zones continuent de représenter aujourd'hui un atout majeur ; elles relient la terre à la mer et fournissent d'importantes artères pour la navigation et le commerce ainsi que des sites pour les ports, les raffineries de pétrole et les villes.
Extraction d'hydrocarbures et de ressources minérales : Les zones côtières de la planète contiennent diverses ressources minérales ayant une valeur économique considérable. On a estimé que 2 trillions de barils de pétrole, soit environ la moitié des réserves terrestres connues, sont emmagasinés sur les plateaux continentaux. Les dépôts alluviaux de minéraux tels que le cuivre, le fer, l'étain, l'argent, le tungstène et les pierres précieuses se sont également accumulés à proximité des embouchures actuelles et anciennes des fleuves. On pense, par exemple, qu'il y a au large des côtes indonésiennes des gisements contenant 650 000 tonnes d'étain, et des diamants sont extraits au large des côtes de l'Afrique du Sud. Les zones côtières contiennent aussi de grandes quantités de sable et de graviers qui sont très utilisés par l'industrie du bâtiment.
Evacuation de déchets : Une grande proportion des déchets provenant de la terre arrivent finalement à la mer où ils sont souvent dispersés et décomposés par une combinaison de processus physiques et biochimiques. Les zones humides côtières et les mangroves jouent également un rôle important en tant que filtres pour les eaux usées, les sédiments et d'autres polluants.
Loisirs et tourisme : La zone côtière est un pôle d'attraction majeur pour les personnes qui aspirent au repos et aux loisirs. Les vacances "à la plage", la plongée, la pêche et l'écotourisme côtier constituent de plus en plus des sources majeures de revenus et d'emploi. De nombreuses économies insulaires sont fortement tributaires des recettes provenant du tourisme côtier, notamment en Polynésie, en Grèce, dans la région des Caraïbes, aux Seychelles et aux Maldives.
Les problèmes de régime foncier et d'affection des ressources sont une cause fondamentale de conflits dans de nombreuses zones côtières. A qui appartiennent les terres intertidales et les fonds marins et qui a le droit d'en exploiter les ressources ? Ces zones sont généralement considérées comme un bien librement accessible. Une politique de libre accès peut être judicieuse lorsque la demande est faible par rapport aux ressources disponibles. Mais lorsqu'elle est forte, il est essentiel de mettre en place un système d'affectation des ressources pour limiter l'accès et promouvoir le développement durable. Faute d'un tel système, la concurrence se traduit par une "foire d'empoigne" qui entraîne l'épuisement des ressources et des conflits sociaux.
En outre, les utilisations des ressources côtières qui procurent un bénéfice maximum à la collectivité entrent souvent en conflit avec celles qui assurent aux propriétaires de terrains les rendements les plus élevés. Ces conflits naissent du fait qu'un grand nombre des biens et des services fournis par les ressources côtières ne profitent pas directement aux propriétaires. Ainsi, la conservation d'une zone de mangrove comme habitat et aire de reproduction pour la pêche peut constituer l'activité la plus rentable pour la collectivité alors que son exploitation pour la production de charbon de bois ou pour l'aquiculture peut être la plus rentable pour un propriétaire.
Une mauvaise compréhension des mécanismes propres aux zones côtières se traduit souvent par des approches sectorielles de l'aménagement qui sont fréquemment à courte vue. Lorsque la juridiction sur les ressources côtières est fragmentée ou sectorielle, les utilisations qui en sont faites sont souvent incompatibles, voire inconciliables. Ainsi, l'implantation d'usines ou d'hôtels sur le rivage même peut exclure toute possibilité de pêche ou toute autre activité tributaire de la mer en dégradant ou en détruisant des zones de reproduction ou en polluant des zones de pêche côtière. La solution de ces problèmes exige que l'on concilie les intérêts des différents exploitants de la zone côtière. L'intégration des ressources et des utilisations exige aussi des modifications d'activités pour garantir que les ressources côtières répondent aussi pleinement que possible aux besoins de la société.
PRINCIPES DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DES ZONES CÔTIÈRES
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AMÉNAGEMENT INTEGRÉ DE LA ZONE CÔTIÈRE
En raison de la complexité des activités humaines, des systèmes naturels et du régime de propriété de la zone côtière, un plan d'aménagement intégré est indispensable pour affecter efficacement les ressources côtières et minimiser la dégradation de l'environnement. Il faut faire des choix entre des utilisations concurrentes et fixer des limites à l'exploitation des ressources pour éviter l'escalade des conflits et la dégradation des ressources.
La planification d'une utilisation durable des ressources est fondée sur la définition des priorités, leur traduction en terme de volonté politique et, enfin, la fixation d'objectifs. Un plan de gestion précise les étapes nécessaires pour atteindre ces objectifs, désigne les entités responsables de chaque étape et établit un calendrier d'action et de réexamen.
Il n'existe pas une seule manière de gérer correctement les zones côtières. En revanche, on peut dégager certaines lignes d'action communes à tous les plans d'aménagement intégré de la zone côtière.
Les étapes essentielles d'aménagement du littoral et de la prise de décision en général sont les suivantes :
Pour aménager efficacement les zones côtières, les planificateurs doivent comprendre comment l'environnement naturel et les activités humaines s'imbriquent pour former un système. Parmi les aspects essentiels du système figurent les processus d'environnement qui créent les écosystèmes côtiers et maintiennent leur santé et leur productivité, le fonctionnement de ces écosystèmes, les flux de ressources qu'ils génèrent, l'utilisation potentielle de ces ressources pour atteindre des objectifs de développement social et économique, le type et l'ampleur des conflits actuels et futurs ayant trait à l'exploitation des ressources dans un contexte social, économique et politique qui ne cesse d'évoluer.
Chacun de ces facteurs est fortement influencé par les activités menées dans la zone côtière et à l'extérieur. C'est pourquoi la solution des conflits relatifs à l'exploitation des ressources côtières exige une vue d'ensemble des processus d'environnement et des interactions des activités humaines. Il ne faut donc pas donner de la zone côtière une définition étroite, avec des frontières rigides.
INFORMATION NÉCESSAIRES À L'AMÉNAGEMENT DE LA ZONE CÔTIÈRE Biologiques Physiques Socio-économiques Juridiques et institutionnels |
Le rassemblement et l'analyse systématiques des données fournissent des renseignements indispensables aux gestionnaires des ressources, notamment les indications chiffrées sur la situation actuelle, le recensement des informations manquantes et la projection des tendances futures (par exemple accroissement de la population, élévation du niveau de la mer). La surveillance de routine fournit aussi aux aménageurs des informations en retour qui rendent possible l'évaluation et une meilleure adéquation des mesures prises. Enfin, le rassemblement et l'analyse des données devraient permettre de déterminer la "capacité de charge" du système ou les limites de son exploitation durable et de prévoir les effets de modifications de ce système.
Les observations systématiques de l'océan, y compris des zones côtières, fournissent les connaissances et les capacités de prévision nécessaires pour un aménagement plus efficace du littoral. Le Système mondial d'observation de l'océan (GOOS) mis en place par la Commission océanographique intergouvernementale (COI) de l'UNESCO en coopération avec l'Organisation météorologique mondiale, le Programme des Nations Unies pour l'environnement et le Conseil international des unions scientifiques fournit un cadre de coopération internationale dans ce domaine.
Collecte des données : Bien qu'il soit préférable de disposer d'informations détaillées sur lesquelles reposeront les décisions prise en matière de gestion, les aménageurs de la plupart des régions côtières ne peuvent se permettre de différer toute action faute d'une base de données sophistiquée. Ils doivent au contraire s'efforcer d'élaborer des plans efficaces d'aménagement fondés dans une large mesure sur les données disponibles. Les informations provenant de la télédétection ou de la photographie aérienne sont souvent extrêmement précieuses lors des premiers stades de la planification, en particulier quand les données existantes sont peu nombreuses et les moyens aussi bien humains que financiers limités. Avec le temps, les aménageurs peuvent s'efforcer de mettre en place une collecte plus sophistiquée des données pour améliorer leur compréhension des systèmes côtiers.
Gestion des données : En raison de la très grande diversité de l'information utile pour la gestion des ressources de la zone côtière et du grand nombre d'utilisateurs potentiels de ces données, la question de la gestion des données devrait être prise en considération dès les premiers stades du processus de planification. La mise en place d'une banque de données centralisée est un moyen couramment utilisé afin d'assurer la cohérence et l'accessibilité de celles-ci.
Analyse des données : Les calques sont utiles pour regrouper et analyser des informations spatiales diverses. En établissant la carte des zones écologiques qui fournissent des bines et des services publics essentiels (par exemple zones de reproduction) et celle des régions de forte exploitation de la zone côtière et de pressions majeures sur l'environnement, on peut déceler les conflits auxquels donne déjà lieu ou risque de donner lieu l'exploitation des ressources. Les systèmes d'information géographique (SIG) rendent possible une approche particulièrement souple de la manipulation des données spatiales, même si la formation initiale et les phases de saisie peuvent être longues et ne doivent pas être sous-estimées.
L'évaluation économique et environnementale sont des techniques complémentaires pour l'aménagement des régions côtières. La première sert à déterminer et à comparer la valeur des biens et services fournis par les écosystèmes côtiers. La seconde peut servir à déterminer si les activités de développement risquent d'avoir des répercussions négatives sur les écosystèmes côtiers et sur ces biens et services.
MESURES INCITATIVES ET AUTRES OPTIONS Les incitations suivantes peuvent être des outils d'aménagement efficaces, en particulier lorsqu'il n'y a ni surveillance ni moyens d'assurer l'application d'une réglementation :
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AQUICULTURE ET PERTE DE MANGROVES Entre 1918 et 1988, on estime que 210 500 hectares de mangroves - environ 44 % de la zone de mangroves des Philippines - ont été convertis en étangs de pisciculture du chanos. Fac à une conscience croissante de la valeur des mangroves et à des inquiétudes de plus en plus grandes au sujet du rythme de leur disparition, le gouvernement s'est efforcé d'en minimiser la conversion en :
Les difficultés rencontrés pour aménage ont été notamment les suivantes : base de données incomplète, manque de personnel qualifié (en particulier, d'agents forestiers pour assurer le reboisement) aux niveaux des régions et des provinces, manque de coordination entre les administrations concernées par la réglementation pour l'aménagement des zones côtières, incohérence de la réglementation applicable à l'occupation des sols, faible sensibilisation du public. Source : Directeur, International Centre for Living Aquatic Resources Management, Philippines, 1993, comm. pers., Siddal, Atchue et Murray, 1985, dans Coastal Resources Development Case Studies (dir. publ. Clark) |
APPROCHES À GRANDE ÉCHELLE ET CIBLÉES
Une combinaison d'approches à grande échelle et ciblées de la gestion est nécessaire pour atténuer les pressions qui s'exercent sur la zone côtière.
Une approche à grande échelle implique la mise ne place d'une législation, d'une réglementation et de mesures financièrement incitatives ou dissuasives applicables à la totalité de la zone côtière. Ces modes d'aménagement devraient être bien intégrés avec celle des régions aussi bien marines que terrestres (par exemple, aménagement des bassins versants en amont). L'application des accords régionaux et internationaux en vigueur est importante à cet égard, de même que l'harmonisation transnationale de toutes les nouvelles politiques susceptibles d'avoir des répercussions sur les ressources partagées par plusieurs Etats côtiers. L'étude des modes traditionnels de gestion des systèmes côtiers peut suggérer de nombreuses voies.
Les zones côtières exigent aussi des plans d'aménagement ciblés qui soient applicables au niveau local et définis en fonction des paramètres naturels, socio-économiques et politiques propres à un site déterminé. Ces approches englobent la mise en place de zones protégées et la restauration d'écosystèmes fortement dégradés.
La protection des zones particulièrement productives, vulnérables ou belles est un élément clé de la plupart des programmes de gestion. La conservation de ces zones est un investissement pour la préservation de l'intégrité écologique et, donc, du potentiel économique global du littoral.
Indépendamment de leur valeur intrinsèque pour le maintien d'habitats cruciaux et de la diversité des espèces, les zones protégées jouent un rôle inestimable de soutien de la pêche, de maintien de la qualité de l'eau et de protection contre les inondations et l'érosion, et contribuent fréquemment de façon importante à attirer les touristes et les amateurs d'activités de loisir. Les zones côtières et marines protégées offrent souvent de bonnes possibilités de tester la validité de différents régimes d'aménagement du littoral en ouvrant des voies susceptibles d'être explorées pour l'aménagement d'espaces côtiers et marins plus vastes et plus complexes.
Etant donné la forte densité de population de la plupart des régions littorales, il est particulièrement difficile de mettre en place des zones côtières protégées. En général, les zones marines protégées devraient comprendre des écosystèmes aussi bien terrestres que marins pour assurer l'intégrité des espèces, des habitants et des processus dans les zones côtières.
L'acquisition de terrains par des organisations non gouvernementales est un moyen non législatif de mettre en place des zones protégées. En Grande-Bretagne, par exemple, le National Trust possède et gère plus de 650 kilomètres de côtes représentant la plupart des zones où le littoral est le plus beau et où il a le plus de valeur. Lorsque les crédits affectés à la conservation sont insuffisants, diverses formules ont été imaginées pour trouver des fonds, comme les échanges dette-nature et les impôts sur les recettes du tourisme ou les transactions immobilières.
La mise en place d'une base légale cohérente pour l'aménagement de la zone côtière peut être extrêmement difficile. Dans la plupart des pays, toutes sortes d'institutions locales, régionales et nationales ont des responsabilités administratives dans cette zone. Souvent, leurs mandats se chevauchent ou se contredisent.
La législation propre au littoral varie beaucoup d'un pays à l'autre - certains d'entre eux, comme les Etats-Unis, ont promulgué des lois qui portent spécifiquement sur l'aménagement du littoral. Dans d'autres, cet aménagement est abordé par le biais des lois relatives à la protection de l'environnement ou à la gestion des ressources en eau (aux Pays-Bas par exemple). De nombreux pays n'ont aucune législation nationale applicable à l'aménagement de la zone côtière. Le niveau auquel la juridiction s'exerce varie aussi - aux Pays-Bas, par exemple, où l'aménagement du littoral est une question de survie, l'administration centrale exerce un grand contrôle. D'autres pays, (par exemple l'Australie) délèguent aux Etats ou aux régions la responsabilité de l'aménagement de la zone côtière.
Quelle que soit l'approche, un bon programme de gestion des zones côtières exige une législation relative à quelques point fondamentaux. Parmi ces points figurent une définition précise des droits de propriété, d'une part, et des droits d'exploitation, d'autre part, la désignation d'une institution pilote pour l'aménagement de la zone côtière et la définition de ses responsabilités, ainsi que la fixation de normes minimales (par exemple concentration admissible de contaminants).
LÉGISLATION APPLICABLE À L'AMÉNAGEMENT DE LA ZONE CÔTIÈRE Depuis qu'elle a été promulguée par le gouvernement fédéral en 1972, la Loi sur la gestion des zones côtières des Etats-Unis ("Coastal Zone Management Act", CZMA) a contribué à initier et à faciliter l'aménagement des zones côtières au niveau des Etats. Ce programme volontaire se fonde sur des principes directeurs généraux et sur une approche souple et facilite la gestion en fournissant une contrepartie financière pour la planification et la mise en uvre par les Etats et en assurant l'examen et l'approbation des programmes des Etats au niveau fédéral ainsi qu'un soutien technique et une coordination. La totalité des 35 côtiers du pays ont participé au programme ; 29 Etats avaient, au début de 1993, des plans approuvés au niveau fédéral. Deux nouveaux programmes ont été crées au titre d'amendements apportés en 1990 à la CZMA. Le programme de mise en valeur des zones côtières encourage les Etats à élaborer de nouvelles approches dans les huit domaines correspondant à des priorités nationales : protection des zones humides, atténuation des risques auxquels est exposé le littoral, accès public au littoral, maîtrise des impacts cumulatifs et secondaires du développement, réduction des débris marins, gestion des ressources océaniques, gestion de zones spéciales et mesures destinées ) faciliter l'exploitation de l'énergie côtière et implantation d'installations publiques. Le Programme de lutte contre la pollution d'origine non ponctuelle ("Coastal Nonpoint Pollution Control Program") du littoral exige que les Etats côtiers ayant des programmes d'aménagement de la zone côtière approuvés au niveau fédéral, prennent des mesures contre la pollution provenant de sources non ponctuelles telles que l'agriculture, les marinas et les écoulements urbains. Le Programme national des estuaires ("National Estuary Program"), mis en place en 1987 au titre de la Loi sur l'eau pure ("Clean Water Act"), complète la CZMA. Ce programme a donné lieu à des actions dynamiques visant à assurer et à soutenir l'aménagement de certains grands estuaires qui sont menacés par la dégradation de la qualité de l'eau et des ressources vivantes. A ce jour, ce programme a été étendu ) 17 estuaires dont beaucoup sont communs à deux Etats ou plus. Les objectifs de ce programme sont l'élaboration de plans d'aménagement, de mise en uvre et de surveillance pour chaque estuaire, qui sont fondés sur une bonne compréhension du système et des enjeux. Source : V. Allin, Chief, Policy Coordination Division, US National Oceanic and Atmospheric Administration, comm. pers., 1993 |
La réglementation sert à fixer des limites aux types d'activités menées dans la zone côtière et à leur intensité. En général, certaines activités sont purement et simplement interdites (par exemple rejet de déchets toxiques, pêche à l'explosif, destruction de zones humides), tandis que d'autres sont contrôlées grâce à la délivrance de permis et de licences. La réglementation forme la base d'un grand nombre de programmes de gestion qui ont porté leurs fruits. Toutefois, leur efficacité est largement fonction de la surveillance, des sanctions (amendes, retrait de permis, confiscation de l'équipement et emprisonnement) ainsi que de l'adhésion et du soutien du public.
Le zonage est une technique de réglementation puissante utilisée pour délimiter des zones terrestres et aquatiques réservées spécifiquement à des utilisations déterminées (par exemple, aménagement de zones résidentielles, commerce, agriculture, aquiculture, conservation) et pur appliquer dans ces zones les normes pertinentes. Ainsi, des normes rigoureuses de construction peuvent être imposées dans des zones côtières exposées aux inondations et on peut imposer aux bâtiments d'être construits en retrait sur les rivages grignotés par l'érosion. Le zonage peut représenter une technique précieuse pour orienter la croissance future. Dans les zones qui font déjà l'objet d'une mise en valeur intense, son utilité reste toutefois limitée et il peut avoir un effet secondaire malencontreux en stimulant les aménagements non souhaitables, les propriétaires terriens se hâtant de mettre leurs biens en valeur avant que de nouvelles restrictions entrent en vigueur.
Confier à une institution déterminée la responsabilité de la mise en uvre du plan d'aménagement de la zone côtière est une condition essentielle de son efficacité. Cette institution peut avoir des responsabilités diverses, notamment celle de la planification et de la coordination, de la fixation de normes, de l'élaboration d'une réglementation, de la délivrance de permis et de licences, de la surveillance et des mesures de caractère coercitif. Ces responsabilités peuvent être confiées uniquement à une administration centrale ou partagées entre elles et des collectivités locales. Pour bien fonctionner, les services administratifs doivent être dotés de personnel qualifié et disposer de ressources financières suffisantes. Dans les cas où la responsabilité de la gestion des ressources côtières est partagée, un conseil de coordination composé de représentants des différents services peut devoir être mis en place, comme cela a été fait aux Philippine.
PRIORITÉS INTERNATIONALES L'Action 21, le plan d'action de la Conférence des Nations Unies sur l'environnement et le développement de 1992, définit pour l'aménagement des zones côtières les priorités suivantes :
Source: Action 21, Rapport de la Conférence des Nations Unies sur l'environnement et le développement, Rio de Janeiro, 3-14 juin 1992). |
LA MER DES WADDEN : AMÉNAGEMENT DU LITTORAL À TRAVERS LES FRONTIÈRES NATIONALES Partagée par le Danemark, l'Allemagne et les Pays-Bas, la mer des Wadden est un système marin de zones humides situé au sud-est de la mer du Nord. C'est la plus grande zone intertidale du monde, la principale zone de reproduction de nombreuses espèces de poissons pêchés en mer du Nord et le site de vastes réserves de pétrole et de gaz. Située à la périphérie d'une des zones les plus développées et les plus peuplées de l'Europe, cette mer est soumise à diverses menaces provenant de la région et de l'extérieur. Les trois Etats concernées collaborent depuis les années 70 à l'élaboration d'une stratégie de gestion intégrée et de plans détaillés de mise en uvre. Les principales étapes ont été les suivantes :
Une réserve de la biosphère trinationale de l'UNESCO est en cours de mise en place pour la mer des Wadden sur la base de quatre réserves de la biosphère déjà créées en Allemagne et aux Pays-Bas. En 1994, un moratoire de dix ans sur l'exploitation du pétrole et du gaz se terminera et les responsables devront prendre des décisions difficiles sur la meilleure manière d'utiliser les ressources de la région. Source : Sixth Trilateral Governmental Conference on the Protection of the Wadden Sea - Ministerial Declaration, 1992 ; J. Enemark, 1993, The Dutch-Danish Wadden Sea: A case study of international cooperation based on the principle of wise use, Common Wadden Sea Secretariat, Wilhelmshaven, 1993. |
Les moyens de diminuer les marées noires et leurs effets sont notamment les suivants : prévention, préparation (par exemple, évaluation des risques et plans d'urgence), et technologie (barrières, systèmes de récupération, traitement chimique et biologique). Un personnel qualifié et très mobile est indispensable pour obtenir dans ce domaine les résultats voulus.
Trois grandes démarches peuvent être suivies pour minimiser les effets négatifs des risques naturels tels que les tempêtes côtières et les tsunamis. Premièrement, éviter la multiplication des victimes et des destructions en contrôlant comme il convient la mise en valeur des zones exposées aux inondations (par exemple, limitation des nouveaux bâtiments dans les zones à haut risque, constructions en retrait, cahier des charges approprié). Deuxièmement, mettre en place des systèmes de prévision et d'alerte, des plans d'évacuation et des abris résistant aux tempêtes. Troisièmement, fortifier le littoral en construisant d'importants ouvrages. Cette approche, dont le Plan Delta des Pays-Bas offre un exemple, de même que la Thames River Barrier et les barrières japonaises contre les tsunamis, peut st révéler très efficace en protégeant les êtres humains et les biens mais son coût financier et écologique est généralement élevé.
| ÉLÉMENTS D' AMÉNAGEMENT DE LA ZONE CÔTIÈRE | |
| ACTION | OBJET |
| Traités et conventions | Mécanisme international/régional pour traiter les questions transcendants les frontières nationales |
Législation
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Définir une base légale pour l'aménagement des zones côtières, notamment les zones humides, la qualité de l'eau, l'utilisation des ressources, etc. |
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Définir un mandat légal pour la planification. |
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Donner le statut de réserve à des zones d'importance cruciale pour y assurer une protection permanente. |
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Recenser les institutions responsables de la planification et de la mise en uvre de l'aménagement des zones côtières et leur déléguer des pouvoirs. |
Réglementation
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Interdire ou limiter la destruction ou la modification des zones humides, des mangroves, des dunes, des plages, des récifs coralliens, etc. |
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Fixer des limites aux prises totales, une taille et un poids minimum, des raisons où la pêche est interdite; proscrire les modes de pêche nuisibles. |
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Réglementer les activités nuisibles pour l'environnement qui sont liées à l'aquiculture. |
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Fixer des normes de qualité de l'eau, limiter ou interdire les rejets ; définir des normes pour les activités de dragage. |
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Interdire/limiter la construction dans les zones inondables ; établir des codes de construction pour les zones exposées au inondations. |
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Etablir des lignes en retrait pour la construction sur le rivage ; réglementer les ouvrages de protection du littoral ; interdire ou limiter l'extraction du sable des plages et des dunes, des récifs coralliens, etc. |
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Evaluer l'impact potentiel de grands projets sur les ressources côtières. |
Approches de
caractère non réglementaire
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Garder des habitats critiques pour la conservation. |
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Remettre en état des zones humides endommagées grâce à de nouvelles plantations, etc. |
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Protéger les zones exposées au inondations grâce à la construction de digues et de barrières et à la remise en état des barrières naturelles. |
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Améliorer la qualité de la vie, réduire la pollution par les eaux usées et les écoulements urbains. |
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Réduire la concurrence pour l'exploitation de ressources limitées, encourager l'utilisation durable. |
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Augmenter les possibilités des individus en mettant en commun les ressources. |
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Accroître le rendement de l'aquiculture grâce à l'utilisation de méthodes améliorées qui ne dégradent pas l'écosystème naturel. |
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Préciser les mesures à prendre pour protéger les ressources côtières en cas d'urgence. |
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Réduire certains des effets destructeurs des tempêtes côtières. |
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Accroître l'efficacité du personnel. |
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Informer et faire participer le public. |
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Enrichir la base de données et déceler les tendances à long terme. |
| ADRESSES UTILES | ||
| UNESCO Unité pour les Régions côtières et les petites îles (CSI) 1, rue Miollis 75732 Paris Cedex 15, France Fax: (33-1) 47 83 59 40 Courrier électronique: csi@uensco.org |
Conseil
scientifique international pour le développement des
îles (INSULA) c/o UNESCO, Programme sur l'homme et la biosphère (MAB) 1, rue Miollis 75732 Paris Cedex 15, France Tél.: (33 1) 4568 2565 Fax: (33 1) 4065 9897 |
Programme des
Nations Unies pour l'environnement (PNUE) Centre du Programme d'activités pour les Océans et Zones Côtières (OCA/PAC) P.O. Box 30552 Nairobi, Kenya Tél.: (254 2) 62 12 34 Fax: (254 2) 23 01 27 |
| Caribbean
Community Secretariat (CARICOMP) Bank of Guyana Building PO Box 10827 Georgetown, Guyana Tél.: (592 2) 69281-9 Fax: (592 2) 57341 |
Société
internationale pour les écosystèmes de mangrove (ISME) Secrétariat c/o College of Agriculture University of the Ryukyus Nishihara, Okinawa 903-01, Japon Tél.: (81 98) 895 6601 Fax: (81 98) 895 6602 |
Banque
mondiale Département de l'environnement : Terre, eau et habitats naturels 1818 H Street, N.W., Rm 55121 Washington, DC 20433, Etats-Unis d'Amérique Tél.: (1 202) 458 2715 Fax: (1 202) 477 0568 |
| Organisation
des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture
(FAO) Département des pêches Via delle Terme di Caracalla 00100 Rome, Italie Tél.: (39 6) 522 51 Fax: (39 6) 5225 5188/5225 3020 |
UICN-Union
mondiale pour la nature Programme pour les zones marines et côtières Rue Mauverney 28 CH-1196 Gland, Suisse Tél.: (42 22) 999 0277 Fax: (41 22) 999 0025 |
University of
Newcastle Centre for Tropical Coastal Management Studies Department of Marine Sciences and Coastal Management Newcastle upon Tyne NE1 7RU, Royaume Uni Tél.: (44 91) 222 6659 Fax: (44 91) 222 7891 |
| International
Centre for Living Aquatic Resources Management (ICLARM) MC PO Box 2631 Makati Metro Manila 0718, Philippines Tél.: (63 2) 818 0466 Fax: (63 2) 816 3183 |
Programme
régional océanien de l'environnement (PROE) P.O. Box 240 Apia, Samoa-Occidental Tél.: (685) 21929 Fax: (685) 20231 |
University of
Rhode Island Coastal Resources Center Narragansett, RI 02882, Etats-Unis d'Amérique Tél.: (1 401) 792 6224 Fax: (1 401) 789 4670 |
| LECTURES COMPLÉMENTAIRES | ||
| I. Baker et
P. Kaeniam (dir. Publ.), Manual of Coastal Development Planning and Management for Thailand, TISTR, Bangkok, 1986. |
S. Gubbay, Coastal and Sea Use Management, Marine Conservation Society/World Wide Fund For Nature, 1989. | J. MacCinnon, et al., Managing Protected Areas in the Tropics, UICN/PNUE, Gland et Cambridge, 1986. |
| R.W.G. Carter, Coastal Environments, Academic Press, Londres, 1988. | L.S. Hamilton et S.C. Snedaker (dir.publ.), Handbook for Mangrove Area Management, PNUE et l'East-West Center, 1984. | NAGA - The ICLARM Quarterly, Manila. |
| B. Cicin-Sain et R. W. Knecht (dir. Publ.), Ocean and Coastal Management, Elsevier Applied Science, Belfast, bimestriel. | Intercoast Network International Newsletter of Coastal Management, University of Rhode Island, Coastal Resources Center, Narragansett, RI. | R.V. Salm et J.R. Clark, Marine and Coastal Protected Areas: A Guide for Planners and Managers, UICN, Gland, 1984. |
| J.R. Clark (dir.publ.), Coastal Resources Management: Development Case Studies, Research Planning Institute, Columbia, Caroline du Sud, 1985. | R.A. Kenchington, Managing Marine Environments, Taylor and Francis, New York, 1990. | UNESCO, Bulletin international des sciences de la mer, UNESCO, Paris, trimestriel. |
| J.R. Clark, Integrated Management of Coastal Zones. FAO Fish. Tech. Paper N° 327, FAO, Rome, 1992. | R.A. Kenchington et B.E.T. Hudson (dir. Publ.), Coral Reef Management Handbook, UNESCO-ROSTSEA, Jakarta, 1988 (2e édition). | |
| D. Elder et J. Pernetta, Les océans : un monde fascinant à découvrir et à protéger, Larousse, France, 1992. | G.A. Knox et T. Miyabara, Costal Zone Resource Development and Conservation in Southeast Asia with special reference to Indonesia, UNESCO-ROSTSEA, Jakarta, 1984. | |
LA ZONE CÔTIÈRE
Les avantages procurés par les systèmes côtiers sous forme de pêcheries, de transport, de protection naturelle contre les inondations et l'érosion et d'autres biens et services gratuits facilitent la vie des sociétés humaines depuis des millénaires. Par suite du surpeuplement, de la pauvreté et d'une exploitation non durable des ressources du littoral, le "capital" de nombreuses zones côtières et marines du monde s'est toutefois gravement dégradé et est en outre menacé par le risque d'une élévation du niveau de la mer et d'autres effets possibles du réchauffement planétaire.
En dépit d'une dégradation assez générale du littoral, il est encore possible de parvenir à un développement durable et de remédier aux graves dommages subis par l'environnement dans certaines zones. Il faut au préalable, toutefois, que non seulement les gouvernements, mais aussi la multitude des exploitants et des bénéficiaires des ressources côtières soient sincèrement résolus à bien gérer celles-ci. Arbitrer les conflits auxquels donne lieu le littoral exigera des mesures plus intégrées, mieux adaptées et plus orientées vers les systèmes et le long terme que les approches sectorielles couramment adoptées.
Pour alléger les pressions qui s'exercent sur le littoral, une combinaison d'approches larges et ciblées de la gestion est nécessaire. Aux niveaux national et régional, il est important de définir des politiques globales concernant les ressources et leur utilisation et comprenant des dispositions législatives en matière d'environnement et des mesures financièrement incitatives et dissuasives applicables spécifiquement au littoral et à la zone économique exclusive (ZEE). Il conviendra peut-être aussi de modifier les politiques relatives à la population humaine.
Chaque zone côtière exige aussi des approches d'aménagement plus ciblées, conçues en fonction des caractéristiques locales, tant naturelles que socio-économiques et politiques. Ces approches ciblées englobent des plans opérationnels visant à stimuler les modes durables de gestion d'activités multiples, l'amélioration de l'infrastructure, la mise en place de zones protégées et la restauration des écosystèmes fortement dégradés.
La Conférence des Nations Unies sur l'environnement et le développement (CNUED) a contribué à accréditer encore davantage l'idée qui tend à s'imposer que le développement doit être écologiquement viable. Le chapitre 17 de l'Action 21 - le plan d'action de la CNUED - fait ressortir la nécessité d'une gestion intégrée et d'un développement durable de la zone côtière et définit des objectifs précis, des activités de gestion et des moyens de mise en uvre. En reconnaissant ainsi qu'il est important de comprendre et de gérer les systèmes côtiers, la communauté internationale a franchi une étape majeure. Dans le cadre du suivi de la CNUED, plusieurs grandes conférences internationales sont prévues sur l'aménagement du littoral et concernant la pollution marine, de même que de nouvelles actions de financement sont prévues pour faciliter l'aménagement intégré de la zone côtière aux niveaux national et régional.