Environnement et développement
dans les régions côtières et les petites îles
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Côtes et petites îles: Favoriser leur développement intégré


Une nouvelle action vient d'être lancée officiellement par l'UNESCO, en janvier 1996, en faveur de l'"Environnement et la mise en valeur des régions côtières et des petites îles" (CSI, d'après les initiales anglaises). Les États membres se trouveront ainsi encouragés à planifier et à gérer ces zones selon des méthodes intégrées, grâce aux possibilités qui leur seront offertes d'améliorer leurs connaissances, d'appliquer les résultats des recherches et de former du personnel spécialisé.


Une approche holistique

Le CSI est l'un des outils de l'Organisation pour traiter les problèmes d'environnement par des approches transversales et intégrées en réponse aux appels lancés, en particulier, par la conférence des Nations unies sur l'environnement et le développement (Rio de Janeiro, juin 1992) et souvent réitérés depuis, notamment par le Programme d'action de la Conférence mondiale des Nations unies sur le développement durable des petits États insulaires en développement (La Barbade, avril-mai 1994).

En 1995, des discussions interdisciplinaires et les travaux préparatoires du Secrétariat de l'Organisation ont abouti à un cadre conceptuel, approuvé dans une déclaration commune des présidents des cinq organes internationaux ou intergouvernementaux de l'UNESCO compétents en matière d'environnement et de sciences sociales : COI, MAB, MOST, PHI et PICG.* Il allait bientôt donner naissance à une entité officielle, par un vote de la Conférence générale de l'UNESCO (Paris, octobre-novembre 1995).

Historique

Plusieurs chapitres du document Action 21 de la CNUED traitent ce sujet : le chapitre 8 [Dhatch] intégrer l'environnement et le développement dans les prises de décision; le chapitre 17 [Dhatch] protection des océans, de toutes les mers, y compris les régions fermées, semi-fermées et côtières et protection, utilisation et mise en valeur rationnelles de leurs ressources vivantes; les chapitres 35 [Dhatch] la science pour un développement durable et 36 [Dhatch] progrès de l'enseignement, de l'information du public et de sa formation.

Le chapitre 17 traite de la gestion intégrée et développement durable des zones côtières et marines, y compris les zones économiques exclusives; de la protection du milieu marin; de l' utilisation durable et protection des ressources marines vivantes sous juridictions nationales; du développement durable des petites îles. La conférence de La Barbade de 1994 (voir paragraph 2) a approuvé un programme détaillé pour les petits États en développement. Plusieurs de ces domaines relèvent du Programme CSI.

Les pays maritimes doivent aujourd'hui s'acquitter de la tâche primordiale qu'est

la gestion de leur domaine côtier. Les problèmes techniques et environnementaux comprennent, entre autres : les atteintes à la diversité biologique, la pollution et la dégradation du milieu, l'épuisement des ressources naturelles renouvelables et non renouvelables et enfin les moyens de réduire les effets des catastrophes naturelles compte tenu de la multiplicité des facteurs sociaux, économiques et culturels.

Le CSI : description et objectifs

Quatre projets-pilotes sont en voie d'élaboration au niveau sous-régional. Ensemble ils fixeront les lignes directrices et les méthodes scientifiques pour la planification et la gestion des régions côtières et des petites îles en vue d'un développement durable. L'objectif assigné à ces projets est de susciter une coopération réelle entre spécialistes de l'environnement physique et humain, les parties prenantes locales (habitants et personnes intéressées), les enseignants et tout autre groupe concerné par ces problèmes. Les projets portent sur:


* le développement durable des petits États côtiers grâce à une gestion intégrée des ressources en eau des communautés locales;


* la mise en valeur durable de la zone côtière par une planification et une gestion intégrées, l'accent étant mis sur la réduction des effets de l'instabilité du trait de côte ;


* la gestion intégrée de la diversité biologique en vue d'une mise en valeur durable des côtes;


* la préservation et la gestion de la productivité de l'écosystème en vue du développement durable des communautés humaines.

Dans un premier temps les projets-pilotes s'adressent à des sites dans des États insulaires du Pacifique, en Afrique orientale, en Asie du Sud-Est et aux Caraïbes. Chacun d'entre eux apporte son soutien à des activités relevant de trois domaines : culturel et socio-économique, y compris les modes traditionnels de gestion; analyses techniques et scientifiques; et enfin formation, éducation des communautés et information du public.

Des actions seront engagées conjointement avec les responsables d'autres programmes de l'UNESCO dans différents secteurs et en coopération avec d'autres organismes. Avec les États membres ils étudieront les problèmes et formuleront des recommandations sur la marche à suivre. Les bureaux régionaux de l'UNESCO joueront un rôle important dans ce domaine.

Et les autres côtes et les autres îles ?

Il ressort de ce qui a été dit que les projets-pilotes sont d'abord conçus en fonction de régions déterminées. D'autres zones seront impliquées, dans le monde entier, chaque fois que des situations particulières pourront servir de modèles ou d'exemples pour faire avancer les objectifs d'un projet pilote.

Le programme CSI se met en place actuellement. Largement diffusés, les enseignements et les lignes directrices qui se dégageront de ses activités faciliteront la prise de décisions dans les problèmes semblables qui se poseront dans d'autres aires géographiques.

Le point central de ces activités est l'UNESCO-CSI, 1 rue Miollis, 75732 Paris Cedex 15, France; fax : (33-1) 4768 5940; courrier électronique : csi@unesco.orgemail


* COI : Commission océanographique intergouvernementale

MAB : Programme de l'UNESCO sur l'homme

et la biosphère

MOST : Programme de gestion de la transformation sociale

PHI : Programme hydrologique international

PICG : Programme international de coopération géologique

Priorité à l'Afrique

Une action spéciale de l'ensemble du système des Nations unies vient d'être lancée en faveur de l'Afrique en raison de ses difficultés socio-économiques, par les diverses agences de l'ONU (et, en premier lieu et de manière officielle, par le Secrétaire général de l'ONU et d'autres personnalités, le 15 mars 1996). L'UNESCO mobilise de grands moyens dans cette direction. Pour le renforcement des capacités dans le domaine de la gestion des côtes, par exemple, elle organise des ateliers de recherche et de formation, des études de terrain et assure la publication des résultats des recherches.

Champ d'action des partenaires du CSI

Voici, à titre d'exemples, quelques activités menées par des partenaires du programme CSI (en p. 3). Notre intention n'est pas de décrire les activités du CSI en tant que telles mais plutôt d'évoquer la teneur et la variété des domaines d'intérêt du projet et les préoccupations de quelques-uns des partenaires.

Culture et environnement dans la gestion des mangroves

Dans le cadre de la Décennie mondiale de l'ONU pour le développement culturel (DMDC), des réseaux couvrant l'Asie du Sud et du Sud-Est et formés de membres d'ONG, de hauts fonctionnaires, d'universitaires et de représentants de communautés, permettent de traiter de manière cohérente les questions relevant à la fois du "Contexte culturel de la gestion des ressources naturelles" et de la "Dimension culturelle du développement en Asie". Les représentants de plusieurs pays de la région se sont rencontrés pour discuter de cette perspective nouvelle, faire part de leurs expériences et partager le bénéfice des solutions éventuelles.

L'une des grandes questions traitées par le réseau est la disparition rapide des forêts côtières de mangroves dans la majeure partie de l'Asie du Sud-Est. Ces trente dernières années, de vastes secteurs du littoral ont été dépouillés de leurs forêts de mangroves par l'abattage massif de bois pour la fabrication de charbon, et par la progression de l'élevage intensif des crevettes. Les membres du réseau tentent de définir une politique communautaire de gestion des mangroves, en privilégiant les méthodes de recherche fondées sur la participation effective des populations afin d'éveiller leur intérêt, de découvrir des solutions locales et de retrouver des pratiques traditionnelles de gestion.

Source : Secteur de la Culture (CLT/DEC), UNESCO.

Integrated Coastal Zone Management : A practical guide

En matière de gestion intégrée de la zone côtière, la plupart des pays s'efforce, maintenant, de définir une politique rationnelle qui conjugue environnement et développement, entreprisedifficile en raison du risque de conflits d'intérêts et en l'absence d'une vision d'ensemble des phénomènes côtiers. Pour élaborer ce genre de politique, il est indispensable de faire participer tous ceux qui sont concernés, de près ou de loin, par la prise de décision dans ce domaine.

Étant donné que le manque d'informations objectives est souvent à l'origine des conflits, il incombe aux scientifiques d'informer les décideurs de manière complète et impartiale sur la complexité physique et biologique de la zone côtière et ses modifications par les activités humaines.

Un groupe de travail pluridisciplinaire a été créé en France, dans le cadre des travaux de l'UNESCO-COI, pour permettre une vision plus rationnelle du problème. Il constitue une réponse à la déclaration commune des présidents des cinq programmes intergouvernementaux ou internationaux de l'UNESCO (déclaration évoquée dans l'article précédent). Sa mission consiste à définir des critères de base pour comprendre l'interaction des facteurs physiques, biologiques, démographiques et autres. Le groupe de travail est formé de représentants de certains organismes français de recherche tels que l'IFREMER, l'ORSTOM, le BRGM, et de certaines universités françaises.

Source : COI de l'UNESCO.

Peuples et plantes

Le bureau de l'UNESCO à Apia (Samoa) a entamé, en collaboration avec l'Université du Pacifique Sud, des actions pilotes pour la protection, par les communautés elles-mêmes, de plantes locales ayant une grande importance culturelle et menacées d'extinction. Ce sera le volet Pacifique du réseau mondial du projet WWF-UNESCO (MAB)-Kew, intitulé "Peuples et plantes". Le réseau permettra de protéger, d'améliorer et d'utiliser de manière durable les plantes appréciées et exploitées par les communautés. Il devra réaliser des enquêtes ethnobotaniques, établir des listes des plantes en danger d'extinction, des stratégies de protection ou de réhabilitation, sensibiliser l'opinion et fabriquer du matériel pédagogique élémentaire. Le réseau sera au service des gouvernements et des ONG pour la protection des plantes du Pacifique.

Source : Bureau de l'UNESCO à Apia.

Formation de spécialistes de l'environnement

Un atelier de dix jours d'initiation à la vidéographie subaquatique (comme instrument de recherche scientifique et moyen de sensibilisation du public), destiné à des spécialistes de l'environnement côtier, a été organisé à la Jamaïque en 1995 par l'UNESCO associée à d'autres organismes. Les stagiaires, qui n'avaient jamais tenu une caméra vidéo, ont pu, au cours de cette formation pratique, réaliser trois sujets sur divers thèmes subaquatiques. Un article a été consacré à ce sujet dans le numéro d'octobre 1995 du "UNESCO Caribbean Newsletter" du bureau de l'Organisation à Kingston.

Source : Division de la Communication (CII/COM), UNESCO.

Agrandissement par ordinateur d'une image de SPOT montrant l'estuaire du Saloum (centre, à droite) et la pointe Sangomar (en haut, à gauche). Vert = mangrove, bleu = eau et zone inondée, jaune = sable découvert. Cette imagerie est un outil de recherche pour les spécialistes africains du littoral. Sources : E. S. Diop (Sénégal) et H. Chevillote (France).

Article extrait d Bulletin IMS no. 77 (mid-1996)

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