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Environnement
et développement
dans les régions côtières et les petites îles |
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UNESCO
Déclaration commune des présidents des cinq
programmes scientifiques
Programme international de corrélation géologique (PICG)
Programme hydrologique international
(PHI) Commission océanographique intergouvernementale
(COI) Programme sur Lhomme et la biosphère
(MAB) Programme Gestion des transformations sociales
(MOST) Quatrième réunion biennale Paris 4-5 novembre 1999
présentée à
la Commission III de la Conférence
générale de l'UNESCO
(Trentième session, Paris, novembre 1999)
Nous sommes maintenant à la veille de voir souvrir de nouvelles perspectives,
grâce à un consensus, dans les cinq programmes, pour reconnaître quils ont une
finalité commune et que lefficacité peut être fortement accrue en conjuguant les
efforts et en renforçant les synergies. Ce climat favorable coïncide avec un moment où
des changements interviennent au sein de lUNESCO et avec le début du nouveau
processus de planification stratégique. Le nouveau contrat entre la science et la
société demandé par la Conférence mondiale sur la science, que tous nos programmes
sont résolus à mettre en application, a constitué une source dinspiration dans
nos échanges de vues. Nous avons également pris en compte le fait quà sa
présente session, la Conférence générale débat du rôle de lUNESCO au XXIe
siècle. Nous navons pas perdu de vue non plus la nécessité de préparer le
réexamen international de la CNUED au bout de 10 ans (Rio + 10). Ayant toutes ces.
considérations à lesprit, nous réaffirmons notre volonté dagir de manière
constructive et complémentaire en menant chaque fois que possible des actions communes à
nos programmes.
A. CONCLUSIONS
Nos discussions ont débouché sur les conclusions suivantes :
- Relever le défi du développement durable est peut-être la plus impressionnante de
toutes les tâches quil faudra accomplir au XXIe siècle et cest aussi une
tâche qui exigera de profonds changements de nos modes de pensée et daction.
.Cette nouvelle donne a dimportantes incidences pour la science qui devra faire face
à des problèmes de plus en plus complexes, surmonter les cloisons traditionnelles entre
disciplines, concevoir des recherches utiles pour les décisions au sujet des politiques,
repenser léducation à tous les niveaux; communiquer linformation
scientifique à des groupes dutilisateurs qui ne sont pas des techniciens. Surtout,
il faudra que la science apporte un plus grand concours au processus de formulation
des politiques, aussi bien qualitativement que quantitativement. A cet égard, un des
besoins les plus pressants est celui de lintégration et de la diffusion des
connaissances de manière quelles puissent être appliquées à la solution des
problèmes du monde réel.
- Le succès de leffort de développement durable sera conditionné avant tout par
la volonté politique de prendre les décisions nécessaires pour favoriser les
changements quil implique. Cette volonté politique a jusquà présent fait
défaut. Le financement insuffisant de la recherche scientifique et de léducation,
dans lesquelles on voit pourtant des instruments clés dun avenir viable, est
particulièrement préoccupant.
- Cest principalement au niveau national quil faut prendre des mesures tendant
au développement durable. LUNESCO devrait répondre à la demande, qui a été
exprimée par les gouvernements, dun apport intégré de la science à la
formulation des politiques de façon à transcender les frontières sectorielles.
- Les cinq programmes sefforcent séparément et collectivement de parvenir à
quatre résultats primordiaux : lutilité pour la solution de problèmes concrets,
la contribution des résultats de la recherche à la formulation des politiques aux
niveaux .national et mondial, lautonomisation des personnes et des communautés,
léducation et la compréhension par le public.
- Pour accroître leur efficacité, les cinq programmes semploieront à renforcer
les partenariats et létablissement de réseaux à tous les niveaux, en particulier
avec le Conseil international pour la science (CIUS) et le Conseil international des
sciences , sociales (CISS), ainsi quavec les partenaires du système des Nations
Unies.
- LUNESCO, comme dautres institutions, agit dans un environnement de plus en
plus compétitif où les ressources sont limitées. Plus que jamais, il faut adapter,
réformer et produire des résultats. LOrganisation doit donc mieux tirer parti des
atouts dont elle dispose pour mettre la science au service de lenvironnement et du
développement durable. Ces atouts sont notamment les suivants :
- Rôle pilote au sein du système des Nations Unies en ce qui concerne aussi bien la
science que léducation au service du développement durable, en tant que maître
doeuvre pour les chapitres 35 et 36 dAction 21, et participation active aux
travaux de la Commission du développement durable de IONU.
- Possibilité pratique détablir des liens entre la science et la formulation des
politiques.
- Position unique pour soutenir les plans daction des grandes conférences des
Nations Unies et des conventions consécutives à la Conférence de Rio dans les domaines
de la science et de léducation.
- Large éventail de programmes scientifiques qui se développent ensemble selon une
approche intégrée.
- Institution compétente pour les sciences aussi bien exactes et naturelles que sociales.
- Institution compétente pour les sciences mais aussi pour léducation, la culture
et la communication, autres éléments essentiels de la recherche dun développement
durable.
- La coopération entre les cinq programmes a sensiblement progressé au cours des deux
années écoulées grâce à un certain nombre dactivités menées en coopération.
- Toutefois, plusieurs points restent réellement préoccupants :
- Visibilité et notoriété insuffisantes des cinq programmes dans la communauté
internationale.
- Manque de ressources - aussi bien financières quhumaines - pour exploiter
pleinement le potentiel des programmes.
B. DECISIONS
Nous avons donc décidé :
- De former un Groupe permanent de travail de cinq Présidents pour renforcer
encore les liens entre les cinq programmes. Ce groupe fonctionnera de façon souple et
économique en programmant ses activités sur la base des résultats souhaités. Son
travail devra être facilité par laction conjointe des secrétaires des programmes.
Au cours des deux prochaines années, ses travaux porteront essentiellement sur :
- Les orientations stratégiques qui devront être prises en compte dans la prochaine
Stratégie à moyen terme de lUNESCO
- Le rôle des programmes, leur impact, leur, visibilité, leur coordination et la
coopération entre eux, ainsi que les questions dorganisation liées à leur
exécution.
- Lintégration des actions de programme et ladaptation des structures pour
permettre cette intégration.
- La préparation du réexamen Rio + 10 en 2002.
- Dexpérimenter des modalités dintégration des travaux des cinq programmes
au niveau national en vue de fournir une contribution réelle aux efforts déployés par
les pays pour faire face aux problèmes denvironnement et de développement durable.
Ces modalités seront testées dans quelques pays en 2000-2001 en se fondant sur
lexpérience de lalliance des comités nationaux de la région
nordique-baltique pour lélaboration dune stratégie intégrée relative à la
zone côtière.
- Délaborer des projets communs de démonstration devant être mis en oeuvre et se
prêtant à une approche intégrée, depuis la recherche et la formation jusquà la
mise en oeuvre des politiques. Parmi les lieux qui pourraient être retenus figurent
notamment les grands bassins fluviaux et les vastes zones humides, les réserves de
biosphère, les sites du patrimoine mondial et les mégalopoles côtières.
- Dapporter une attention accrue à léducation et à la compréhension par le
public, en tant que pilier essentiel du développement durable. Les programmes éducatifs
doivent à tous les niveaux être scientifiquement valables,. former les individus à
faire face à la complexité des problèmes et aborder les interfaces entre disciplines et
branches du savoir qui sont au coeur de la durabilité. En outre, on sattachera
davantage à faire en sorte que les résultats scientifiques des cinq programmes soient
communiqués efficacement aux décideurs, aux éducateurs et à dautres non
spécialistes. Les cinq programmes doivent de plus en plus coopérer avec les programmes
de lUNESCO en matière déducation et en particulier avec le projet
transdisciplinaire EPD. Les chaires UNESCO interdisciplinaires dans le domaine de
lenvironnement et du développement durable et les travaux des jeunes scientifiques
devraient être encouragés.
- Dans le, cadre de lUNESCO, il est reconnu quune collaboration accrue
sinstaurera entre les cinq programmes et :
- le projet transdisciplinaire Eduquer pour un avenir viable, pour les questions
concernant léducation et le sensibilisation du public ;
- la plate-forme relative aux régions côtières et aux petites îles (CSI),
lorsquil y a lieu, pour faire progresser laction dans la zone côtière ;
- le Centre du patrimoine mondial, pour assurer une amélioration des avis et du soutien
scientifiques en ce qui concerne la gestion des biens inscrits sur la Liste du patrimoine
mondial.
- De développer des activités conjointes se rapportant aux nouveaux thèmes ci-après :
- Léthique, telle que définie comme un aspect important par la Conférence
mondiale sur la science, en collaboration avec la Commission mondiale déthique des
connaissances scientifiques et des technologies.
- Les systèmes de connaissance traditionnels et indigènes, avec une implication des
communautés locales, des spécialistes des sciences exactes, naturelles et sociales et
des spécialistes de la culture.
- Lélaboration doutils scientifiques pour la gestion des conflits et leur
résolution.
- Lamélioration de la gouvernance au service du développement durable. l Les
apports à lAnnée internationale de la montagne (2002).
- La participation au développement de linitiative concernant lhydrologie au
service de lenvironnement, de la vie et de la formulation des politiques (HELP).
- Lenseignement des sciences.
- Daccroître les activités communes relatives aux trois conventions de Rio
(biodiversité, changements climatiques et désertification) et à dautres accords
multilatéraux connexes, à la gestion intégrée des zones côtières et aux petites
îles, à la prévention des catastrophes naturelles, à leau douce, aux
transformations sociales et à la durabilité, à lurbanisation et à la gouvernance
des villes.
C. RECOMMANDATIONS
Nous recommandons que :
- Les cinq programmes scientifiques soient au premier rang des priorités dans la
prochaine Stratégie à moyen terme.
- Des politiques de gestion novatrice et de nouvelles incitations soient mises en oeuvre
pour accroître la capacité de financement des cinq programmes. Tout en accueillant avec
satisfaction la décision dallouer aux programmes des montants budgétaires fixés,
nous recommandons que les organes directeurs de lUNESCO prennent aussi en compte la
nécessité daccroître sensiblement les ressources financières et humaines
affectées aux cinq programmes.
- Les pays donateurs et la communauté des donateurs en général accroissent le
financement extrabudgétaire de laction de lUNESCO en matière
denvironnement et de développement durable.
- Les cinq secrétariats élaborent de concert une stratégie destinée à accroître le
financement extrabudgétaire.
- Le Directeur général examine les moyens de favoriser les approches intégrées et la
visibilité collective des cinq programmes scientifiques par lintermédiaire du
Bureau de la coordination des programmes denvironnement tout en reconnaissant que
ces programmes sont actuellement coordonnés de manière effective et efficace.
- Tout soit mis en oeuvre pour faciliter la collaboration concernant lenvironnement
et le développement durable entre les Secteurs des sciences exactes et naturelles, des
sciences sociales et humaines, de léducation, de la culture et de la communication
de lUNESCO et pour surmonter les cloisonnements structurels qui font obstacle à
cette collaboration. La totalité des compétences et de laction de lUNESCO
doit être mis à profit et intégrée pour tirer le meilleur parti possible de
lidentité institutionnelle qui lui est propre.
- Le Directeur général fasse en sorte que les secrétariats des différents programmes
et du Bureau de la coordination des programmes denvironnement assurent activement le
suivi de cette Déclaration commune et que des réunions des secrétariats soient
régulièrement organisées à cette fin. Les secrétaires sont chargés de veiller à ce
que toutes les informations indispensables soient diffusées régulièrement et en temps
voulu aux cinq programmes.
- Le nouveau Directeur général renforce laction globale de lUNESCO en
matière denvironnement et de développement durable, et en particulier les cinq
programmes, ainsi que léducation pour la durabilité, conformément aux
orientations, aux exigences et aux possibilités nouvelles qui commencent à se préciser
au sein de la communauté internationale.
Présidents :
Javier Castroviejo, Programme sur Lhomme et la biosphère (MAB)
Edward Derbyshire, Programme international de corrélation géologique (PICG)
Su Jilan, Commission océanographique intergouvernementale (COI)
Kunyoshi Takeuchi, Programme hydrologique international (PHI) .
Kenneth Wiltshire, Programme Gestiondes transformations sociales (MOST)
