Environnement et développement
dans les régions côtières et les petites îles
colbartn.gif (4535 octets)

UNESCO

Première réunion du Groupe de pilotage des cinq Présidents
(Paris, 5-6 octobre 2000)

Déclaration commune des Présidents des cinq programmes scientifiques
Programme international de corrélation géologique (PICG)
Programme hydrologique international (PHI)
Commission océanographique intergouvernementale (COI)
Programme sur l'homme et la biosphère (MAB)
Programme Gestion des transformations sociales (MOST)

Au Directeur général et à la 160e session du Conseil exécutif

Le groupe de pilotage des cinq Présidents a été constitué l'an dernier afin de renforcer les liens entre les cinq programmes, reconnaître une finalité commune et une efficacité fortement accrue en conjuguant nos efforts et en renforçant nos synergies, dans le contexte de nos activités en cours où des progrès constants ont été faits dans le sens du renforcement de la coopération. Nous plaçons au premier rang notre contribution à la préparation de la nouvelle Stratégie à moyen terme de l'UNESCO, ainsi que le prochain Programme et Budget afin de traduire cette orientation stratégique en action concrète. Nous sommes informés des processus de réformes en cours à l'UNESCO, des riches débats qui avaient pris place au sein des secteurs des sciences exactes et naturelles et aux sciences sociales et humaines, et des nouvelles structures mises en place. Nous avons par ailleurs examiné les propositions préliminaires du 30 C/4 et du 31 C/5 (réf. Documents 160 EX/5, parties II et III) présentées par le Directeur général lors de la 160ème session du Conseil exécutif.

Nos discussions nous ont conduits à des commentaires et des recommandations relatifs à la formulation de la nouvelle Stratégie à moyen terme ainsi que sur le Programme et le Budget à adopter pour la période 2002-2003 :

  1. Le monde attend de l'UNESCO qu’elle soit, dans ses domaines de compétence, un leader mondial dans la promotion du développement durable. Le développement durable concerne tous les programmes majeurs et reflète une vision commune adoptée par le système des Nations Unies dans son ensemble. Nous recommandons vivement que le développement durable devienne un thème transversal du 31 C/4 et du 31 C/5, susceptible de fournir un concept fédérateur et un cadre commun pour les cinq programmes scientifiques, autant que pour l'UNESCO dans son ensemble. Nous recommandons par ailleurs que des initiatives intersectorielles et interdisciplinaires spécifiques soient prévues concernant l'éducation et la science pour le développement durable.

  2. D'une façon générale, les documents 31 C/4 et 31 C/5 devraient refléter plus explicitement le consensus international et les plans d’action qui ont émergé des conférences majeures des Nations Unies durant la décennie 1990 et qui entrent dans le cadre du développement durable. Ces documents devraient aussi anticiper les résultats de l'évaluation décennale de la CNUED (Rio + 10), qui sera réalisée en 2002, ainsi que ceux de Copenhague + 5, Beijing + 5 et Istanbul + 10.

  3. Un manque de cohérence apparaît entre les propositions préliminaires du document 31 C/4 et celles  exprimées dans le document 31 C/5. Le document C/5 devrait suivre la stratégie à moyen terme.

  4. Il est quelque peu décevant que les propositions préliminaires ne reflètent pas de façon adéquate notre déclaration commune, lors de la 30ème session de la Conférence générale. Nous souhaiterions souligner en particulier quelques traits de cette Déclaration commune:

  1. Les propositions préliminaires ne reflètent pas de façon adéquate les conclusions de la Conférence Mondiale sur la Science (Budapest, 1999).

  2. Concernant les suggestions émises sur les sciences sociales et humaines, la priorité devrait être donnée à la gouvernance, et le rôle primordial des sciences humaines et sociales sur le thème de l'éradication de la pauvreté devrait être souligné de façon plus explicite. L’éthique des sciences et des technologies est un souci majeur pour les sciences humaines et sociales comme pour les sciences exactes et naturelles. Par conséquent, un programme commun devrait être mis en place entre ces deux secteurs.

  3. Les menaces qui pèsent sur les ressources en eau et les écosystèmes qui les sous-tendent nous incitent à exprimer notre accord avec la priorité donnée au thème de l'eau dans le domaine des sciences exactes et naturelles. Assurer la sécurité en matière d'eau douce au XXIème siècle est une préoccupation qui doit concerner tous les programmes. L'utilisation et le développement croissant des ressources en eau constituent par conséquent un enjeu mondial crucial, et nécessitent de ce fait une coopération interdisciplinaire parmi nos programmes.

  4. Nous considérons que, du fait de la pression démographique majeure qui pèse sur les régions côtières dans le monde, l'UNESCO doit concentrer son effort sur une approche interdisciplinaire de la problématique des zones côtières, avec une participation intense des sciences sociales. Un suivi effectif de la Conférence de La Barbade + 5 sur les petites îles devrait être assuré, dans la préparation d’outils scientifiques pour le développement durable notamment en ce qui concerne les frontières mer/terre.

  5. L’interdisciplinarité constitue le point fort des cinq programmes scientifiques et du développement durable en général. Par conséquent, nous prêtons une attention particulière au paragraphe 41 du document 160 EX/5, Partie II, concernant "le renforcement de l'interdisciplinarité". Nous recommandons que l'interdisciplinarité, en tant que concept et réalité opérationnelle, soit reconnue comme une niche stratégique de l'action de l'UNESCO, et qu'elle devrait être exprimée de façon plus explicite dans le document 31 C/4. Nous recommandons par ailleurs que le document C/4 favorise une progression plus rapide de l'UNESCO vers l'interdisciplinarité, y compris en assurant le leadership, et en mettant en place des instruments budgétaires et de gestion, et des systèmes d’incitation afin d'atteindre cet objectif.

  6. Etant donné la nature intergouvernementale du groupe de pilotage des cinq Présidents, et étant donné notre désir de contribuer de façon constructive à l'élaboration de la stratégie de l'UNESCO et du processus de planification des programmes, nous recommandons que :

  7. Un renforcement des capacités financières, incluant des financements extrabudgétaires, et des partenariats, sera nécessaire à la réalisation de la coopération envisagée entre les cinq programmes. Cette question a été explicitement présentée dans la Déclaration commune à la 30ème Conférence Générale.  A l’avenir, elle devrait être abordée de manière concrète.
Présidents :
Javier Castroviejo Bolíbar, Programme sur L’homme et la biosphère (MAB)
Edward Derbyshire, Programme international de corrélation géologique (PICG)
Su Jilan, Commission océanographique intergouvernementale (COI)
Reinder A. Feddes, Programme hydrologique international (PHI) .
Kenneth Wiltshire, Programme Gestion des transformations sociales (MOST)

Haut de page

Introduction Activités Publications Recherche
Pratiques éclairées Régions Thèmes