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Conseil exécutif de l'UNESCO - Rapport et Décision (Mai '00)

Application des décisions de la Conférence mondiale sur le développement durable des petits Etats insulaires en développement

 

Dans sa résolution 54/224 concernant l'Application des décisions de la Conférence mondiale sur le développement durable des petits Etats insulaires en développement, l'Assemblée générale engage les gouvernements, ainsi que les commissions et organisations régionales et les autres organisations intergouvernementales à appuyer les efforts faits par les petits Etats insulaires en développement, en tenant compte des domaines d'action prioritaires définis dans le document récapitulatif, et les prie instamment de faire le nécessaire pour poursuivre la mise en oeuvre du Programme d'action pour le développement durable des petits Etats insulaires en développement, adopté en 1994, et en assurer efficacement le suivi.

La session extraordinaire de l'Assemblée générale de l'ONU consacrée à l'examen et à l'évaluation de l'application du Programme d'action pour le développement durable des petits Etats insulaires en développement a été organisée à New York, les 27 et 28 septembre 1999 en vue de procéder à un examen et une évaluation d'ensemble du Programme d'action de la Barbade, adopté en 1994. La septième session de la Commission du développement durable avait été désignée comme Comité préparatoire de la session extraordinaire de l'Assemblée.

La session extraordinaire a adopté un document intitulé "Progrès accomplis dans l'application du Programme d'action pour le développement durable des petits Etats insulaires en développement et initiatives en la matière" où sont identifiés six domaines prioritaires appelant la prise de mesures urgentes dans les cinq prochaines années : (a) changement climatique (adaptation au changement climatique et à l'élévation du niveau de la mer qui risque de submerger certains pays insulaires à très faible altitude) ; (b) catastrophes naturelles et écologiques et variabilité climatique (en améliorant la prévention des catastrophes naturelles et écologiques et facilitant la reconstruction et la remise en état des lieux après les catastrophes) ; (c) ressources en eau douce (empêcher que la pénurie en eau douce ne s'aggrave à mesure que la demande croît) ; (d) ressources côtières et marines (protection des écosystèmes côtiers et des récifs coralliens contre la pollution et la surpêche) ; (e) énergie (exploiter l'énergie solaire et les énergies renouvelables afin d'être moins tributaires du pétrole, qui est une énergie importée et coûteuse) ; (f) tourisme (gestion de la croissance du tourisme afin de protéger l'intégrité environnementale et culturelle).

Outre les six domaines prioritaires appelant des mesures d'urgence, le document sur les "Progrès accomplis dans l'application du programme d'action et initiatives en la matière" recommande également les moyens d'exécution ci-après : stratégies de développement durable ; renforcement des capacités ; mobilisation de ressources et financement ; mondialisation et libéralisation commerciale ; transfert d'écotechnologies ; indice de vulnérabilité ; gestion de l'information : Réseau informatique et des petits Etats insulaires en développement.

Action de l'UNESCO

Sur les 41 petits Etats insulaires en développement, trente-huit (38) sont membres de l'UNESCO, dont deux Membres associés. Les trois autres ne sont pas membres de l'Organisation. L'UNESCO mène des activités concernant "les petites îles" depuis de nombreuses décennies. Certaines ont été présentées à la Conférence des Nations Unies sur le développement des petits Etats insulaires en développement (Barbade, 1994) dans un ouvrage de 131 pages intitulé "Island Agenda - An Overview of UNESCO's work on island environments, territories and societies". Par rapport aux années précédentes, la politique de l'UNESCO à l'égard des petits Etats insulaires en développement a été renforcée aussi bien par l'accroissement des activités en général que par le lancement de processus de consultations. Les premières consultations "Les Assises du Pacifique" et "Les Assises des Caraïbes" ont été lancés avec succès au Siège de l'UNESCO le 1er novembre 1997 et le 10 octobre 1998, respectivement. L'objectif global est de répondre aux besoins spécifiques des petits Etats insulaires en développement et de les aider à élaborer leur propre agenda pour la paix et le développement dans les domaines de compétence de l'UNESCO.

Des plans d'action ont été élaborés afin de garantir la bonne exécution des activités de suivi. Dans le cadre de la structure des "Assises du Pacifique" et d'une stratégie sous-régionale, un projet intersectoriel intitulé "Développement humain pour des conditions d'existence viables dans le Pacifique" a été inclus dans le Programme et budget pour 2000-2001. De même, le projet intersectoriel "Peuples des Caraïbes : trame du passé, tissu de l'avenir - projet spécial sur le développement humain pour des conditions d'existence viables dans les Caraïbes", présenté par la sous-région des Caraïbes lors du lancement des "Assises des Caraïbes", a également été intégré.

L'UNESCO a en outre organisé le "Forum 2000 sur l'océan Indien" qui s'est tenu à Maurice du 29 au 31 mars 1999. Il avait pour but de permettre aux pays participants, à savoir les Comores, la France, Madagascar, Maurice, les Maldives et les Seychelles, et aux organisations internationales et sous-régionales d'établir une coopération plus étroite, de développer ensemble une stratégie sous-régionale et d'identifier des projets nationaux et sous-régionaux qui pourraient être intégrés au Programme et budget de l'UNESCO. Parmi les propositions et recommandations figurait la création à l'île Maurice d'un "Institut pour l'étude et la promotion de l'interculturalisme" et la création d'une chaire UNESCO sur l'étude des relations et des processus d'apprentissage interculturels à l'Université de la Réunion. Un accord de coopération entre l'UNESCO et la Commission de l'océan Indien a été signé le 3 décembre 1999.

Reconnaissant l'importance particulière des mesures intersectorielles pour les régions côtières en général et surtout pour les petits Etats insulaires en développement, la Conférence générale de l'UNESCO a lancé à sa 28e session une initiative intersectorielle sur les régions côtières et les petites îles (CSI). Des conditions d'existence viables dans les îles, la planification des modifications du littoral, les connaissances et modes de gestion traditionnels, l'atténuation de la pauvreté et la sécurité de l'approvisionnement en eau douce comptent parmi les principaux thèmes des activités de la CSI auxquelles participent les secteurs de programmes, les programmes scientifiques intergouvernementaux ou internationaux (MOST, MAB, IOC, IHP, IGCP) et le WHC. Allier des projets pilotes sur le terrain, à des chaires UNESCO interconnectées et à un forum de discussion reposant sur le Web, s'avère efficace pour l'élaboration, l'enseignement, l'échange et les essais sur le terrain de pratiques éclairées visant à instaurer des conditions d'existence viables dans les îles.

L'UNESCO a participé à la Réunion des représentants des donateurs potentiels et des représentants des petits Etats insulaires en développement qui s'est tenue à New York du 24 au 26 février 1999 afin de mobiliser des ressources financières pour assurer le suivi de la Conférence de la Barbade de 1994 sur les petits Etats en développement. Un large éventail de dossiers de projets qui avaient été soumis à l'examen des donateurs y ont été débattus. L'Organisation a également participé à la session extraordinaire de l'Assemblée générale des Nations Unies consacrée à l'examen et à l'évaluation de l'application du Programme d'action pour le développement durable des petits Etats insulaires en développement, mentionnée précédemment.

L'UNESCO continue de s'occuper de la majorité des questions prioritaires du Programme d'action de la Barbade et des moyens d'y donner suite, y compris les six problèmes classés prioritaires l'an passé lors de la session extraordinaire (changement climatique, catastrophes naturelles et écologiques et variabilité climatique, ressources en eau douce, ressources côtières et marines, énergie et tourisme). L'Organisation agit par le biais de plusieurs programmes et activités conjoints, parmi lesquels : le Système mondial d'observation de l'océan ; la planification en prévision des modifications des lignes côtières ; le Système international d'alerte aux tsunamis ; la Stratégie internationale d'atténuation des risques naturels ; la réalimentation des eaux souterraines et des études sur la contamination ; les connaissances communautaires concernant les ressources en eau ; le Réseau mondial de surveillance continue des récifs coralliens ; la biodiversité dans les îles et la conservation participative afin de promouvoir les réserves de biosphère ; les stratégies intégrées concernant la biodiversité dans les îles et les zones côtières ; le réseau sur la productivité marine côtière ; le projet "Peuples et plantes" ; le Programme solaire mondial ; la communication et l'éducation au service d'un développement côtier durable ; les sites inscrits sur la Liste du patrimoine mondial, culturel et naturel ; jeunes leaders pour une culture de la paix.

A la lumière des informations ci-dessus concernant l'application des décisions de la Conférence mondiale sur le développement durable des petits Etats insulaires en développement, le Conseil exécutif a adopté, à sa 159ème session, la décision ci-après :

Le Conseil exécutif,

  1. Ayant examiné le document 159 EX/28, sous-point 7.1.1, concernant la contribution de l'UNESCO au suivi de la Conférence mondiale des Nations Unies sur le développement durable des petits Etats insulaires en développement (la Barbade, 1994) en général, et plus particulièrement de la session extraordinaire de l'Assemblée générale consacrée à l'examen et à l'évaluation de l'application du Programme d'action pour le développement durable des petits Etats insulaires en développement,

  2. Prenant note de la résolution 54/224, ainsi que de la Déclaration et du document consacré à l'examen de la question résultant de la session extraordinaire, qui ont été adoptés par l'Assemblée générale,

  3. Rappelant la décision 156 EX/9.1.2,

  4. Réaffirmant son adhésion aux objectifs du Programme d'action de la Barbade et l'importance du suivi intersectoriel et interinstitutions des six domaines de problèmes (changement climatique, catastrophes naturelles et écologiques et variabilité climatique, ressources en eau douce, ressources marines et côtières, énergie et tourisme) considérés comme prioritaires à la session extraordinaire de l'Assemblée des Nations Unies car ils appellent des mesures d'urgence pendant les cinq prochaines années,

  5. Tenant compte des processus de consultation - Assises du Pacifique et des Caraïbes et Forum 2000 sur l'océan Indien - que l'Organisation a engagés au cours du précédent exercice biennal et qui requièrent également une approche intersectorielle,

  6. Conscient du fait que l'UNESCO possède un potentiel intersectoriel unique pour rassembler entre autres les décideurs, les communautés locales, les experts du patrimoine culturel, les éducateurs et les spécialistes des sciences sociales et des sciences exactes et naturelles,

  7. Reconnaissant l'importance particulière des systèmes traditionnels de connaissance pour les petits Etats insulaires et tenant compte des recommandations pertinentes de la Conférence mondiale sur la science (Budapest, 1999) et de l'engagement pris à la 30e session de la Conférence générale de l'UNESCO de mettre sur pied un projet intersectoriel dans ce domaine,

  8. Invite le Directeur général :

    1. à promouvoir les actions relatives aux six domaines prioritaires du Programme d'action de la Barbade pour les petits Etats insulaires en développement, par le biais des activités pertinentes de tous les secteurs de programme ainsi que de projets pilotes intersectoriels et de chaires UNESCO concernant les "pratiques judicieuses" susceptibles de garantir des conditions d'existence viables dans les îles ;

    2. à continuer de veiller à ce que les processus de consultation lancés aux Assises du Pacifique et des Caraïbes et lors du Forum 2000 sur l'océan Indien, ainsi que le suivi des recommandations de la Conférence mondiale sur la science concernant les savoirs traditionnels, soient menés de façon intersectorielle ;

    3. à veiller à ce que, lors de l'élaboration de la prochaine Stratégie à moyen terme, les éléments de programme de l'Organisation axés sur les besoins des petits Etats membres et Membres associés en développement, y compris la plate-forme intersectorielle pour les régions côtières et les petites îles (CSI), soient encore renforcés ;

    4. à poursuivre les efforts pour trouver des fonds auprès des institutions et mécanismes de financement appropriés en vue de la mise en oeuvre du Programme d'action de la Barbade et pour aider les petits Etats insulaires en développement dans leurs propres efforts nationaux visant à obtenir des ressources extrabudgétaires ;

    5. à lui rendre compte périodiquement des progrès réalisés par l'UNESCO, surtout sur le plan intersectoriel, et au niveau du système des Nations Unies, dans la mise en oeuvre du Programme d'action de la Barbade pour les petits Etats insulaires en développement ;

    6. à suivre les travaux et recherches sur les petits Etats insulaires réalisés par d'autres organismes et organisations, en particulier le Commonwealth, la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement et l'Equipe spéciale mixte du Secrétariat des pays du Commonwealth et de la Banque mondiale sur les petits Etats.
159 EX/Décision 7.1.1
(159 EX/SR.10)

 

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