| Environnement
et développement dans les régions côtières et les petites îles |
CSI info 7
COMMUNICATION ET EDUCATION : CHAIRES UNESCO ET L’APPUI DE LA COMMUNAUTÉ
Wambui Kiai, Université de Nairobi, Kenya
L'UNESCO mérite d'être félicitée d'avoir introduit l'élément communication et éducation dès les prémisses de la création d'une chaire consacrée à la gestion intégrée et au développement durable dans les régions côtières et des petites îles. Les praticiens du développement reconnaissent désormais l'importance de la communication et de l'éducation, notamment à l'échelon des communautés. Les environnementalistes du Kenya en sont persuadés : cela a été démontré lors des ateliers de formation à l'intention des communautés et parmi les médias.
Le facteur essentiel, à mon sens, lorsque l'on met au point une stratégie de communication et d'éducation orientée vers un aspect quelconque du développement, c'est que la communauté en soit la force vive. Car si elle n'y participe pas, elle n'aura pas le sentiment d'en être l'auteur et d'en porter la responsabilité. C'est ainsi qu'ont été gravement compromis maints programmes et projets de développement concernant la durabilité. Toute stratégie de communication et d'éducation doit donc commencer par une approche orientée vers le développement et la participation de la communauté.
Ceci tend à souligner le rôle de l'auditoire dans la stratégie. La première étape consiste à entreprendre une évaluation de l'ensemble des besoins, en partant des questions suivantes :
L'évaluation des besoins sera utile pour planifier la stratégie car il faudra scinder l'auditoire selon ses spécificités pour accroître l'efficacité de la communication. En outre, il faudra tirer parti, lorsqu'ils existent, de certains autres modes de communication, tels que les groupes d'écoute de la radio, a fin de réduire les dépenses d'acquisition de matériel de communication.
La stratégie devrait couvrir le long terme et le court terme. A long terme, elle devrait être axée sur la mise en place d'un système durable de communication et d'éducation à l'échelon de la communauté : en fin de parcours il est envisageable que la chaire UNESCO fournisse les informations pertinentes demandées par les communautés. Ces informations présenteraient l'intérêt d'être spécifiques à des zones et à des communautés déterminées et de répondre à leurs priorités. Les communautés seraient alors auteurs et parties prenantes du programme, du fait de leur rôle déterminant dans sa bonne marche. Cela implique, par ailleurs, que les mécanismes de retour d'information soient efficaces et utiles pour le processus.
Les grands médias peuvent être considérés comme moyen de sensibilisation et de persuasion. Les études portant sur les médias indiquent qu'ils sont surtout efficaces pour renforcer la sensibilisation et pour infléchir les politiques des décideurs et des leaders d'opinion. Radio et presse peuvent, par exemple, servir à informer et à éduquer cette catégorie de personnes, à qui il est possible de suggérer qu'ils introduisent des messages sur le développement durable dans leurs réunions ou même dans les offices religieux.
On estime que la communication par la conversation est très efficace en politique, surtout dans les pays où les grands médias ont une portée réduite. Il est possible aussi de cibler d'autres agents du développement, comme les travailleurs sociaux et les agents du développement des communautés, pour qu'ils glissent des messages sur le développement durable dans leurs contacts avec les membres des communautés. Dans l'ensemble, la stratégie devrait être pluridisciplinaire et adopter une perspective multimédia pour permettre aux planificateurs de toucher efficacement des auditoires variés et donner plus de vigueur aux messages les plus importants. Dans le système éducatif, il est possible d'utiliser l'école car l'on a constaté que la communication entre enfants a un effet certain pour les questions de santé. Cela nécessite alors d'employer les structures de l'enseignement et d'introduire dans le cursus scolaire un élément sur le développement durable.
Au niveau de l'université, il est possible de sélectionner certains instituts de communication et de journalisme pour permettre à la chaire UNESCO de faire passer des messages sur le développement durable au sein des médias et de développer leur intérêt, ainsi que des connaissances solides, sur le sujet. Les ateliers de formation peuvent constituer un bon moyen de sensibiliser cette catégorie professionnelle. Ce procédé peut également être étendu aux enseignants, aux agents du développement des communautés et aux travailleurs sociaux.
C'est ainsi que je vois les sujets que l'atelier devrait traiter. J'espère pouvoir prendre une part active dans la planification et la mise en pratique du programme.