| Environnement
et développement dans les régions côtières et les petites îles |
CSI info 7
NOTIONS DE DURABILITÉ DANS LA MISE EN VALEUR DES CÔTES
Michaël Atchia, Services de la formation pédagogique et environnementale, Maurice
NOTIONS FOND AMENTALES
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Durable w
Renforcement des capacités w Intégré
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Adapté de la page 4 de l'ouvrage Issues and Solutions, par Atchia and Tropp 1995. |
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Zone côtière
A côté de la définition assez souple de la zone côtière comme étant une
bande de terre de 20 à 50 km de large à l'intérieur du trait de côte, il
ne faut pas perdre de vue que, dans le cas de nombreuses petites îles (Zanzibar,
les Seychelles, les Comores, la Réunion, Maurice, les Maldives) leurs faibles
dimensions en font des zones intégralement côtières.
La gestion doit prendre en compte l'arrière-pays , où se produisent les grands phénomènes qui se répercutent sur la zone côtière – ruissellement des terres agricoles, érosion, rivières - comme formant un ensemble avec la zone côtière.
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Gestion
La gestion représente l'art et la science de "veiller sur".
Rappelons brièvement les atteintes que subit actuellement la zone côtière :
destruction de terrains, d'habitats naturels,
blocage des eaux en amont,
dégradation des récifs coralliens, pollution des lagunes, déversement de pétrole dans la mer,
exploitation du sable par dragage, assèchement de marais,
surexploitation du poisson et d'autres ressources marines vivantes, prolifération d'algues, eutrophisation,
urbanisation, construction d'immeubles de grande hauteur, abus du tourisme,
pressions exercées sur la qualité de vie, le bien - être, l'éducation, la santé, l'habitat, les loisirs, les métiers et les revenus des communautés côtières.
Chacun de ces éléments mérite, certes, une attention particulière, mais si l'on veut obtenir des résultats sensibles, il faut les considérer dans leurs relations mutuelles, et c'est ce qui s'appelle faire de la gestion intégrée.
Selon Atchia (1995), il existe quatre façons principales de "veiller sur", ou gérer, l'environnement :
l'observation continue,
la protection,
la planification de l'utilisation des ressources et de leur développement,
l'amélioration de sa qualité.
w Information, enseignement et communication
Un communicateur (l'expéditeur) qui envoie un message à une ou plusieurs autres personnes (les destinataires) peut avoir différents objectifs :
l'information, c'est-à-dire faire savoir quelque chose au destinataire,
l'enseignement, c'est-à-dire que le destinataire apprenne ou comprenne quelque chose,
la communication, c'est-à-dire que le destinataire modifie son attitude ou sa conduite, qu'il soit convaincu de faire (ou de ne pas faire) quelque chose.
Voici quelques exemples de ces fonctions :
un bulletin météorologique diffusé à la radio est un message de caractère purement informatif ;
une expérience scolaire consistant à mesurer le rythme cardiaque d'une personne tour à tour couchée, assise, debout et après une course fait comprendre la relation entre le rythme cardiaque et l'effort : c'est un enseignement ;
une publicité (Buvez Coca Cola ! ou Ne salissez pas Maputo !), un événement (un bébé qui pleure pour que sa mère réagisse en l'allaitant) ou une observation (de hautes vagues en mer, frangées d'écume, ou des coups de tonnerre) peuvent inciter le destinataire à réagir en conséquence, par rapport à ce qu'ils consomment, à ce qu'ils salissent, à ce qu'ils écoutent leurs enfants ou qu'ils prennent la mer. C'est de la communication.
LE RÔLE DES COMMUNICATEURS, DES AGENTS DE RELATIONS PUBLIQUES ET DES ÉDUCATEURS
On se place ici dans l'hypothèse où les problèmes ont été analysés et les solutions trouvées : le rôle des communicateurs, des agents de relations publiques et des éducateurs consiste à les faire connaître au public. Le rôle de l'enseignant va évidemment plus loin, car il lui revient d'impartir à son auditoire les connaissances, le savoir - faire et le comportement appropriés.
Dans le meilleur des cas, les parties prenantes sont associées aux spécialistes de la communication et aux éducateurs dans l'étape d'analyse des problèmes et de recherche des solutions.
Ensemble ils devront alors choisir les médias, prévoir le contenu intellectuel et émotionnel des communications, décider des groupes à cibler, préparer les messages et leurs supports, tester leur validité et leur efficacité.
La campagne peut alors démarrer, conformément aux besoins et en fonction de ce que permettent les ressources. Ses résultats devront être évalués.
QUEL QUES IDÉES POUR CONTRIBUER À LA GESTION IN TÉGRÉE ET DURABLE DE L’ENVIRONNEMENT GRACE À LA COMMUNICATION, L’ENSEIGNEMENT ET LA SENSIBILISATION DU PUBLIC
La citoyenneté de l'environnement
Concevoir et mettre en oeuvre une campagne en direction de divers groupes - cibles importants dans la zone côtière (des écoliers aux décideurs en passant par les touristes et les agents de tourisme) pour faire admettre cette notion. Être citoyen de l'environnement implique, pour tous, à la fois le droit de profiter de l'environnement et le devoir de le protéger.
Le principe de précaution
Le principle 15 de l'Action 21 (datant de 1992) stipule que "pour protéger l'environnement, des mesures de précaution doivent être largement appliquées" et qu'en cas de risque de dommages graves ou irréversibles, l'absence de certitude scientifique absolue ne doit pas servir de prétexte pour remettre à plus tard l'adoption de mesures effectives visant à prévenir la dégradation de l'environnement". Chacun des groupes concernés devra débattre de la manière d'adapter cette démarche à son environnement spécifique. Il convient également d'appliquer les principes de la comptabilité environnementale aux budgets des organismes d'Etat, semi - publics, privés et autres.
Apprndre par la pratique
Une excellente méthode consiste à rendre acteurs ceux qui doivent apprendre : nettoyer les plages, replanter des mangrove s , coller des affiches, poser des poubelles, décompter les captures de poisson, effectuer des observations et des mesures sur le terrain de l'écologie (salinité et température de l'eau, distribution des espèces, teneur en oxygène et en certains microbes de l'eau des lagunes etc. . ). C'est ainsi, et non dans les livres ou par les moyens électroniques, qu'ils acquérront des connaissances personnelles.
Report age sur l'environnement
L'objectif du report age sur l'environnement est de former des journalistes, des agents de relations publiques et autres à présenter des informations au public, à des groupes particuliers et aux décideurs sur les événements concernant la zone côtière. Le report age sur l'environnement dispose de moyens efficaces, tels que :
les rapports sur l'Etat de la Terre
les indicateurs de l'environnement
les rapports d'impact sur le milieu
les audits d'environnement
la presse écrite (journaux, journalistes)
les médias électroniques (télévision, radio, Internet).
Il est vivement recommandé de disposer, dans chaque Etat membre, d'un journalisme de qualité sur l'environnement et le développement, qui maintienne présents les problèmes des zones côtières et leur solution.
Un atelier sur "Ce qui fait l'actualité" a mis en relief les points suivants : la nouveauté, la proximité, l 'opportunité, l'importance, les noms, le caractère dramatique ou conflictuel, la diversité, les implications humaines, l'humour et, le plus important, l'intérêt ou les répercussions sur la vie des êtres humains.
Modèles de scénarios et de jeux sur l'environnement
L'un des premiers modèles informatisés sur l'environnement (mis au point par Dennis Meadows) concernait la relation entre tonnage de la flotte, intensité de l'effort de pêche et volume des prises sur un site de pêche donné. Les versions actuelles reposent sur les systèmes d'information géographique (SIG) impliquant l'usage d'ordinateurs, de logiciels et de procédures d'analyse des données dans l'espace ou au plan géographique, qui facilitent la résolution de problèmes complexes de planification et de gestion. Le SIG fait appel à du matériel et une formation de pointe. Il est désormais possible d'utiliser des modèles environnementaux pour résoudre des problèmes difficiles concernant la gestion intégrée des côtes.
Les grandes réflexions sur la survie, les répercussions de l'activité humaine sur la planète, le réchauffement, l'élévation du niveau de la mer, le droit de la mer, la préservation de la biodiversité, le commerce international, le transport maritime, etc. peuvent désormais être utilement débattues dans le contexte de la gestion des régions côtières africaines. Introduire le simple usage de la modélisation, élaborer différents scénarios et effectuer en toutes circonstances des études d'impact, tout ceci devrait devenir "tout naturel" dans les interventions sur l'environnement et le développement dans les zones côtières. La production de guides d'un accès facile (imprimés ou à afficher, ou informatisés permettra d'y contribuer.
RÉFÉRENCES
Nations unies, 1992. Action 21 : Programme d'action en vue du développement durable. Déclaration de Rio sur l'environnement et le développement, CNUED, Rio de Janeiro, juin 1992.
Atchia, M. et Tropp, S. (ed.). 1995. Issues and Solutions, UNEP/John Wiley.