Environnement et développement
dans les régions côtières et les petites îles
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CSI info 7

NOTIONS DE DURABILITÉ DANS LA MISE EN VALEUR DES CÔTES

Michaël Atchia, Services de la formation pédagogique et environnementale, Maurice

 NOTIONS FOND AMENTALES

w Durable  
La notion de durabilité est au cœur des préoccupations de notre atelier, à savoir : faire en sorte que se maintienne la bonne santé d'un milieu côtier, dont les habitants puissent bénéficier, dans le long terme, des ressources qu'il recèle.  

w Renforcement des capacités  
Il s'agit de l'amélioration, du renforcement, dans le sens large du terme, des compétences, des connaissances et des moyens institutionnels tendant à faciliter la réalisation d'un développement durable.  

w Intégré  
La planification de la gestion intégrée des côtes prend en compte non seulement les effets des activités humaines sur le milieu mais aussi ceux des catastrophes naturelles - cyclones, inondations, marées de tempête etc.- sur les exigences du développement et du bien-être des populations concernées. Or les données d'information proviennent souvent de sources sectorielles, fournies par des spécialistes isolés dans leurs institutions ou leurs agences. Il en va de même des travaux de planification et de la prise de décisions, qui relèvent actuellement de secteurs distincts et doivent dorénavant prendre un caractère intégré.  

L'écosphère
Le système planétaire, composé de l'atmosphère, la lithosphère, l'hydrosphère et la biosphère considérées comme un tout indissociable.

Les côtes
Lieux de transition entre terre et mer, les régions côtières ont joué un rôle essentiel dans le développement socio-économique de l'humanité.

La productivité
Les zones côtières sont des lieux d'une très forte productivitè. Quelque 90% des prises mondiales de poisson proviennent des régions proches du rivage et des récifs coralliens. Les côtes servent également de zone reproduction pour de nombreuses autres espèces de poissons.

Connaissance de l'environnment
Toute la recherche approfondie et les remarquables progrès réalisés dans les trois dernières décennies du 20ème siècle pourront-ils présenter une utilité à long terme s'ils ne sont pas transmis de façon systématique à ceux qui ignorent tout de l'environnement, et ultérieurement aux générations futures ?

Adapté de la page 4 de l'ouvrage Issues and Solutions, par Atchia and Tropp 1995.

w Zone côtière  
A côté de la définition assez souple de la zone côtière comme étant une bande de terre de 20 à 50 km de large à l'intérieur du trait de côte, il ne faut pas perdre de vue que, dans le cas de nombreuses petites îles (Zanzibar, les Seychelles, les Comores, la Réunion, Maurice, les Maldives) leurs faibles dimensions en font des zones intégralement côtières.

La gestion doit prendre en compte l'arrière-pays , où se produisent les grands phénomènes qui se répercutent sur la zone côtière – ruissellement des terres agricoles, érosion, rivières - comme formant un ensemble avec la zone côtière.

w Gestion  
La gestion représente l'art et la science de "veiller sur".

Rappelons brièvement les atteintes que subit actuellement la zone côtière :

Chacun de ces éléments mérite, certes, une attention particulière, mais si l'on veut obtenir des résultats sensibles, il faut les considérer dans leurs relations mutuelles, et c'est ce qui s'appelle faire de la gestion intégrée.

Selon Atchia (1995), il existe quatre façons principales de "veiller sur", ou gérer, l'environnement :

w Information, enseignement et communication

Un communicateur (l'expéditeur) qui envoie un message à une ou plusieurs autres personnes (les destinataires) peut avoir différents objectifs :

Voici quelques exemples de ces fonctions :

LE RÔLE DES COMMUNICATEURS, DES AGENTS DE RELATIONS PUBLIQUES ET DES ÉDUCATEURS

On se place ici dans l'hypothèse où les problèmes ont été analysés et les solutions trouvées : le rôle des communicateurs, des agents de relations publiques et des éducateurs consiste à les faire connaître au public. Le rôle de l'enseignant va évidemment plus loin, car il lui revient d'impartir à son auditoire les connaissances, le savoir - faire et le comportement appropriés.

Dans le meilleur des cas, les parties prenantes sont associées aux spécialistes de la communication et aux éducateurs dans l'étape d'analyse des problèmes et de recherche des solutions.

Ensemble ils devront alors choisir les médias, prévoir le contenu intellectuel et émotionnel des communications, décider des groupes à cibler, préparer les messages et leurs supports, tester leur validité et leur efficacité.

La campagne peut alors démarrer, conformément aux besoins et en fonction de ce que permettent les ressources. Ses résultats devront être évalués.

QUEL QUES IDÉES POUR CONTRIBUER À LA GESTION IN TÉGRÉE ET DURABLE DE LENVIRONNEMENT GRACE À LA COMMUNICATION, LENSEIGNEMENT ET LA SENSIBILISATION DU PUBLIC

La citoyenneté de l'environnement

Concevoir et mettre en oeuvre une campagne en direction de divers groupes - cibles importants dans la zone côtière (des écoliers aux décideurs en passant par les touristes et les agents de tourisme) pour faire admettre cette notion. Être citoyen de l'environnement implique, pour tous, à la fois le droit de profiter de l'environnement et le devoir de le protéger.

Le principe de précaution  

Le principle 15 de l'Action 21 (datant de 1992) stipule que "pour protéger l'environnement, des mesures de précaution doivent être largement appliquées" et qu'en cas de risque de dommages graves ou irréversibles, l'absence de certitude scientifique absolue ne doit pas servir de prétexte pour remettre à plus tard l'adoption de mesures effectives visant à prévenir la dégradation de l'environnement". Chacun des groupes concernés devra débattre de la manière d'adapter cette démarche à son environnement spécifique. Il convient également d'appliquer les principes de la comptabilité environnementale aux budgets des organismes d'Etat, semi - publics, privés et autres.  

Apprndre par la pratique

Une excellente méthode consiste à rendre acteurs ceux qui doivent apprendre : nettoyer les plages, replanter des mangrove s , coller des affiches, poser des poubelles, décompter les captures de poisson, effectuer des observations et des mesures sur le terrain de l'écologie (salinité et température de l'eau, distribution des espèces, teneur en oxygène et en certains microbes de l'eau des lagunes etc. . ). C'est ainsi, et non dans les livres ou par les moyens électroniques, qu'ils acquérront des connaissances personnelles.

Report age sur l'environnement

L'objectif du report age sur l'environnement est de former des journalistes, des agents de relations publiques et autres à présenter des informations au public, à des groupes particuliers et aux décideurs sur les événements concernant la zone côtière. Le report age sur l'environnement dispose de moyens efficaces, tels que :

Il est vivement recommandé de disposer, dans chaque Etat membre, d'un journalisme de qualité sur l'environnement et le développement, qui maintienne présents les problèmes des zones côtières et leur solution.

Un atelier sur "Ce qui fait l'actualité" a mis en relief les points suivants : la nouveauté, la proximité, l 'opportunité, l'importance, les noms, le caractère dramatique ou conflictuel, la diversité, les implications humaines, l'humour et, le plus important, l'intérêt ou les répercussions sur la vie des êtres humains.

Modèles de scénarios et de jeux sur l'environnement

L'un des premiers modèles informatisés sur l'environnement (mis au point par Dennis Meadows) concernait la relation entre tonnage de la flotte, intensité de l'effort de pêche et volume des prises sur un site de pêche donné. Les versions actuelles reposent sur les systèmes d'information géographique (SIG) impliquant l'usage d'ordinateurs, de logiciels et de procédures d'analyse des données dans l'espace ou au plan géographique, qui facilitent la résolution de problèmes complexes de planification et de gestion. Le SIG fait appel à du matériel et une formation de pointe. Il est désormais possible d'utiliser des modèles environnementaux pour résoudre des problèmes difficiles concernant la gestion intégrée des côtes.

Les grandes réflexions sur la survie, les répercussions de l'activité humaine sur la planète, le réchauffement, l'élévation du niveau de la mer, le droit de la mer, la préservation de la biodiversité, le commerce international, le transport maritime, etc. peuvent désormais être utilement débattues dans le contexte de la gestion des régions côtières africaines. Introduire le simple usage de la modélisation, élaborer différents scénarios et effectuer en toutes circonstances des études d'impact, tout ceci devrait devenir "tout naturel" dans les interventions sur l'environnement et le développement dans les zones côtières. La production de guides d'un accès facile (imprimés ou à afficher, ou informatisés permettra d'y contribuer.

RÉFÉRENCES

Nations unies, 1992. Action 21 : Programme d'action en vue du développement durable. Déclaration de Rio sur l'environnement et le développement, CNUED, Rio de Janeiro, juin 1992.

Atchia, M. et Tropp, S. (ed.). 1995. Issues and Solutions, UNEP/John Wiley.

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