Environnement et développement
dans les régions côtières et les petites îles
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CSI info 7

COMMUNICATION ET ENSEIGNEMENT DANS UNE APPROCHE PARTICIPATIVE

Aboubakari Boina, Commission de l’Océan Indien/Union Européenne, Project Régional Environnement, Moroni, Comores

RÉSUMÉ

Le présent texte n'a pas la prétention de répondre à toutes les questions liées à la gestion intégrée des zones côtières, mais d'aider à la prise en compte (dans le domaine de la communication et de l'enseignement) de la dimension participative pour une gestion durable de l'environnement côtier.

Les sociétés africaines ont une perception spécifique de l'environnement qui s' étale à travers la mythologie, les religions, les traditions orales et les savoir-faire traditionnels. Alors qu'en Occident l'homme se veut "maître et possesseur de la natur", en Afrique, Eric Dardel souligne que "c'est un monde d'un seul tenant où l'homme fait corps avec le monde, l'individu avec le clan, l'intérieur avec l'extérieur, un monde de participation où l'homme se cherche dans les êtres du monde et se trouve à partir de l'univers. Sa vie se prolonge dans celle des plantes et des bêtes, dans celle de la terre et du ciel, et le feu vital qui anime les vents et les astres, les germinations et la maturation, la marée et la pluie. C'est le même qu'il sent à l'oeuvre dans son être".

La force des pays africains réside sur la participation des populations dans les programmes de développement. La participation suppose l'implication des populations dans la conception, la réalisation et la pérennisation (des résultats) des projets. Dans ce sens, la participation occupe une place fondamentale dans la gestion durable et intégrée des zones côtières.

Imaginons, pour mieux saisir le sens de la participation, une situation dans laquelle la communication et l'enseignement restent l'apanage des structures officielles, en ignorant les bénéficiaires finals. Dans ce cas, il serait impossible d'atteindre les objectifs fixés, et encore moins l'intégration des bénéficiaires et la durabilité de l'exploitation des ressources.

En guise d'exemple, aux Comores, le ministère de la pêche avait installé des dispositifs de concentration de poissons (D.C.P). Mais comme il n'y avait pas eu un travail préalable de sensibilisation sur la bonne gestion des D.C.P, certains pêcheurs se sont permis de les détacher pour récupérer le cordage. Par contre, nous pouvons noter que dans plusieurs villages côtiers, les pêcheurs se sont organisés indépendamment des pouvoirs publics pour protéger le coelacanthe, les tortues marines et lutter contre les pratiques destructrices des ressources marines (la pêche par les filets à petites mailles, par empoisonnement ou par la dynamite).

La participation (loin de là) ne présente pas que des avantages et des facilités. Il faudrait nécessairement imaginer des structures souples d'intégration, des formes adaptées de communication, des thèmes et des techniques de formation appropriés, des capacités à surmonter les difficultés inhérentes à la participation, notamment lors des prises de décisions et l'application des lois et programmes liés à l'environnement.

Le mal est qu'il n'y a pas de prise de conscience de la gravité des problèmes. En matière de communication et d'enseignement sur l'environnement, les principaux problèmes peuvent se résumer ainsi :

Cependant des différences existent d'un pays à l'autre. Il est par conséquent nécessaire de développer la recherche/action, dans le souci de mieux appréhender les problèmes et affiner les instruments de la communication et de l' enseignement. Dans le cas des Comores, il serait par exemple aléatoire de miser sur les institutions étatiques. Des télévisions de proximité poussent comme des champignons, alors que la télévision nationale n'a pas encore vu le jour. L'expérience a montré que les espaces traditionnels (place publique, mosquée, école coranique, foyer de quartier) sont encore des lieux privilégiés de communication et "d'enseignement". Ici, le principe est d'avoir une approche du développement adaptée aux conditions socioculturelles et fondée sur le renforcement des capacités.

Pour ce faire, les priorités restent à notre sens :

Enfin, la gestion intégrée des zones côtières est un processus laborieux. Le but ultime est de réfléchir sur une nouvelle approche de la communication et de l'enseignement permettant à tous les niveaux, du décideur politique aux bénéficiaires finals, en passant par les acteurs, de participer à une politique de gestion durable et intégrée des zones côtières. La stratégie ne serait-elle pas de trouver un bon équilibre entre le formel et l'informel dans le domaine de la communication et de l'enseignement appliqué à l'environnement ?

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