Environnement et développement
dans les régions côtières et les petites îles
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6. RECOMMANDATIONS DES ATELIERS DE TRAVAIL

La journée du 25 novembre 1997 a été consacrée au travail et à la présentation des projets dans les différents ateliers. Les séances ont été réparties selon les thèmes suivants :

Atelier N° 1 : Gestion des ressources en eau en zone côtière.
Atelier N° 2 :
Impacts et conséquences de l’érosion du littoral.
Atelier N° 3 :
Revitalisation socio-architecturale du tissu urbain historique.
Ateliers N° 4 et N° 5:
Activités socio-économiques de substitution et du tourisme. Approche intégrée du développement.

Un ensemble de recommandations et de propositions concrètes pour l'avenir de la ville d’Essaouira et pour l’identification des partenariats entre villes ont été élaborées à l’issue de chaque séance de travail.

Un certain nombre de recommandations et d’actions concrètes supplémentaires ont été ensuite dégagées à la suite des travaux issus de la deuxième réunion du Comité de pilotage du projet, qui s’est tenue au siège de l’UNESCO à Paris les 30 et 31 Mars 1998. Cette rencontre a permis aux responsables du projet, aux membres du Comité de pilotage, aux experts ayant participé au séminaire d’Essaouira et aux représentants de deux villes partenaires d’Essaouira (Alghero et Saint-Malo), de faire un bilan de l’évolution du projet et d’établir un cadre de référence et une méthodologie de travail pour les différentes actions concrètes en cours.

6.1 Atelier N°1 : Gestion des ressources en eau en zone côtière

Président : M. Abdelaziz El Hebil, Directeur de la région hydraulique du Tensift
Rapporteurs : Prof. Giovanni Barrocu, Université de Cagliari, Représentant du Comité Italien du PHI.
  Dr. Kees R. Meinardi, Institut national néerlandais de santé publique et de l’environnement.
Suivi UNESCO : Alice Aureli, Programme Hydrologique International

6.1.1 Recommandations générales :

Dans le cadre des recommandations des Conférences de Rio 92 et d’Istanbul 96, l’Atelier 1 recommande avant tout :

  1. l’application d’une gestion intégrée des ressources en eau comme méthodologie de travail dans la région d’Essaouira. Les participants ont en effet recommandé de considérer la ville dans le contexte de son environnement naturel, de façon à intégrer la gestion du milieu urbain historique avec la gestion des ressources naturelles, dont dépendent l’économie et le développement social des habitants d’Essaouira. L’accent a été mis en particulier sur la gestion intégrée des eaux de surface, des eaux souterraines, le traitement des eaux usées et l’impact des rejets liquides dans l’eau de la mer.
  1. la participation de la collectivité locale et de la société civile aux prises de décisions. Etant donné l’effort méthodologique soutenu par le projet UNESCO, les participants à l’Atelier n°1 ont souligné l’importance de la participation de la collectivité et de la société civile aux prises de décisions. A ce sujet, les expériences déjà menées à Saint-Malo ont été retenues comme très intéressantes, et il a été suggéré que celles-ci pourraient être partagées avec Essaouira et d’autres villes dans l’esprit du partenariat du réseau de petites villes côtières qui se crée au sein de ce séminaire.

A la suite des recommandations générales énoncées, l’Atelier a ensuite retenu comme prioritaires et urgente les actions suivantes :

En ce qui concerne les programmes de formation des techniciens, on considère les thèmes suivants :

Pour rendre opérationnels de tels projets, il est nécessaire d’analyser de façon spécifique les possibilités réelles de financement. A ce sujet, l’UNESCO pourrait aider les villes partenaires d’Essaouira, afin de présenter à la Communauté européenne, aux Coopérations bilatérales et à diverses agences et banques de développement des propositions relatives aux différents projets.

L’atelier a jugé nécessaire de définir des outils de travail et des méthodes qui puissent assurer l’intégration de la gestion de la ville avec la gestion des ressources naturelles disponibles. Le développement d’une méthodologie d’approche intégrée pour les villes historiques côtières de l’Europe et de la Méditerranée a ensuite été retenu comme la composante primaire du projet en cours. Les participants à l’Atelier n°1 ont demandé à l’UNESCO de bien vouloir soutenir la réalisation des études suivantes, considérées également prioritaires, sur :

En considérant la quantité des données déjà existantes à Essaouira, l’Atelier n°1 recommande, comme suggéré par la Monographie sur les ressources en eau rédigée par le Ministère des travaux publics, de recueillir toutes les données existantes et supplémentaires, afin de pouvoir élaborer un programme rigoureux et opérationnel pour une gestion adéquate des ressources en eau.

La réhabilitation du réseau de distribution d’eau potable et d’évacuation des eaux usées dans la médina est donc considérée comme tout à fait prioritaire, ou d’importance égale à toute mesure de réhabilitation du bâti et des monuments historiques et à la mise en œuvre de nouvelles activités génératrices de revenus.

Plusieurs propositions et offres ont été faites par les villes présentes à l’Atelier n°1. Ces propositions feront l’objet de discussions entre les autorités d’Essaouira, les différents techniciens du projet et les représentants des villes côtières. Ces propositions ont été confiées à l’UNESCO, qui les transmettra aux autorités compétentes pour l’élaboration d’éventuels accords bilatéraux.

A la suite de la deuxième réunion du Comité de Pilotage, les propositions suivantes ont été dégagées :

6.2 Atelier N°2 : Impacts et les conséquences de l’érosion du littoral

Président : M. Abdelslam Messoudi, Directeur de l’exploitation du port de Mohammédia
Rapporteurs: Prof. Wolfgang Rosenthal, océanographe, membre du Comité de Pilotage du projet UNESCO
  Prof. Arno Schmid, Président IFLA (Fédération international des architectes paysagistes)
Suivi UNESCO : Dirk Troost, Chef CSI

6.2.1 Recommandations générales :

Dans le cadre du projet UNESCO "Développement urbain et ressources en eau : petites villes côtières", et à la suite des recommandations des Conférences de Rio 92 et d’Istanbul 96, l’Atelier 2 propose l’étude du projet de restauration de la muraille historique nord de la ville d’Essaouira et l’analyse spécifique de l’environnement local pour expliquer les causes et les conséquences des grands dommages subis par cette muraille. Président, rapporteurs et animateurs ont examiné en détail la situation actuelle de dégradation des lieux, et sont parvenus à l’élaboration de propositions et d’actions prioritaires et urgentes à entreprendre.

(i) Constat des lieux :
 
  • remparts et maisons avoisinantes en état de dégradation très avancé,
  • effondrement de l’assise de la muraille en plusieurs endroits,
  • pavements des remparts en état de dégradation,
  • délocalisation de la population occupant les maisons adossées aux remparts, ce qui entraîne une augmentation des besoins en logements,
  • désertification marine et disparition d’une partie du récif corallien constituant la protection naturelle de la muraille,
  • diminution du stock sédimentaire au voisinage de la muraille,
  • ruissellement et infiltration d’eaux usées et pluviales à travers le corps de la muraille,
  • manque d’entretien des deux pavements de la muraille.
(ii) Situation technique et financière :
 
  • une action d’urgence de colmatage des brêches a été réalisée,
  • inexistence des actions d’entretien,
  • alourdissement du budget municipal par les frais de relogement,
  • manque de fonds financiers pour la sauvegarde de la muraille,
  • manque de coordination technique entre les différents intervenants.
(iii) Causes de l’endommagement de la muraille :
 
  • action de la mer (houle),
  • actions chimiques des rejets d’eaux usées sur la muraille et sur les rochers,
  • action des vents locaux.

Des propositions et actions prioritaires à lancer ont ainsi été établies. Un ordre d’urgence a été pris en considération.

(i) Propositions et actions de première urgence :
 
  • exploitation rationnelle des rapports de mission et des études menées par Messieurs Rosenthal, Ropert, Perrot et par le LPEE (Laboratoire public d’essais et d’études),
  • nécessité d’une coordination et d’une concertation technique poussées entre les différents intervenants sur le projet de protection de la muraille,
  • procéder le plus rapidement possible aux travaux de restauration de la Muraille, en adoptant des dispositifs de protection de la muraille (brise-vagues..)
  • mettre à profit de l’expérience de la ville de Saint-Malo,
  • combler les cavités observées dans la partie basse de la muraille,
  • étudier l’opportunité de reconstitution de la plage au pied de la muraille par l’apport de sable,
  • augmenter les connaissances des données sur la houle (statistiques et mesures in situ),
  • montage d’une cassette video pour l’observation des vagues in situ,
  • fournir des mesures régulières du ph de l’eau de mer au pied de la muraille.
(ii) Actions à court terme :
 
  • adopter un dispositif de protection de la muraille (construction d’un brise-lames pour atténuer la force des vagues),
  • mobilisation des fonds nécessaires à la mise en oeuvre des propositions et des recommandations.
(iii) Actions à moyen terme :
 
  • éviter le rejet des eaux usées dans la mer le long de la muraille,
  • sensibiliser la population qui habite les maisons longeant la muraille.
(iv) Actions à long terme :
 
  • restauration de la médina dans le cadre d’un projet d’aménagement intégré,
  • protection des algues benthiques qui sont surexploitées. Les algues benthiques aident à maintenir une certaine stabilité des fonds le long de la muraille.

Lors de la deuxième réunion du Comité de pilotage, de nouvelles propositions ont été dégagées. Différents exposés scientifiques sur le problème de l’érosion côtière devant la muraille d’Essaouira et les solutions basiques existantes ont été évaluées par les Professeurs Roland Paskoff, spécialiste en érosion côtière, et Wolfgang Rosenthal.

Les points suivants ont été traités :

Brise lame :
  • efficace, mais coût paysager important
  • eaux littorales confinées
  • aggravation de la pollution
  • coût très élevé
Remblayage :
  • la reconstitution d’une plage dénature le milieu ; il faut maintenir le sable dans une zone battue par les vagues ce qui est impossible
Géotextile :
  • les géotextiles ne sont pas assez stables : problème et coût de mise en œuvre
Digue en enrochement
au pied de la Muraille :
  • le moins d’inconvénients
  • mais dénature la muraille

Des propositions ont été faites pour préparer une mission conjointe des Professeurs Paskoff et Rosenthal en vue d’identifier une solution de mise en place de gros blocs de roches sur les plates-formes de grès calcaire qui sont dans la baie devant la muraille.

Cette solution sera la plus harmonieuse vis-à-vis de l’environnement existant, il faudrait cependant faire des simulations de grandes tempêtes sur un logiciel approprié pour évaluer l’impact de ce nouvel enrochement pour diminuer la force des vagues contre la muraille.

Il faudra aussi veiller à ce que les blocs ne se transforment pas en projectiles lors des grandes tempêtes de l’hiver. Une mission de suivi des travaux de la muraille côté mer sera effectuée au mois d‘avril par Monsieur Perrot avec ADEFRAM.

6.3 Atelier N°3 : Revitalisation socio-architecturale du tissu urbain historique

Présidents : Mme Fouzia Imanssar, Directeur de l’Agence urbaine Rabat/Salé.
  M. Louis Pottier, Adjoint au maire de Saint Malo.
Rapporteur : M. Serge Santelli, architecte-urbaniste professeur à l’école Paris - Belleville.
Suivi UNESCO : Mme. Brigitte Colin, SHS/SRP/HH

6.3.1 Recommandations Générales :

Dans le cadre des objectifs du Séminaire UNESCO « Développement urbain et ressources en eau : petites villes côtières », en particulier des objectifs n°2 (identification de champs préférentiels pour proposer des partenariats de soutien opérationnel et de coopération entre Essaouira et les municipalités présentes au séminaire) et n°3 (renforcer et soutenir les actions existantes entreprises par les autorités locales et nationales en sensibilisant la coopération bilatérale et multilatérale pour la sauvegarde de l’identité environnementale et socioculturelle d’Essaouira tout en assurant son développement intégré) :

L’Atelier N°3 a pris en compte les travaux de l’Université conviviale d’Essaouira de septembre 1997 et la présentation des projets identifiés par les différents services publics et associations locales. Il a proposé d’étudier la situation avec les partenaires potentiels d’Essaouira présents dans l’Atelier, à savoir :

Des perspectives réalistes de coopération entre ces différents organismes et les autorités locales, régionales et nationales chargées du développement intégré de la ville d’Essaouira (agglomération et médina) sont envisagées.

En particulier, les actions spécifiques suivantes, et prises par ordre de priorité, devront être soutenues ; certaines d’entre elles sont en cours de réalisation :

(i) Actions déjà lancées localement par la Cellule Agenda 21 en collaboration avec la coopération française :
 
  • Restauration et entretien de la muraille nord (côté mer) suivant les prescriptions du rapport de Monsieur Alain-Charles Perrot, architecte en chef des bâtiments historiques. Ce projet nécessite une action d’urgence. Les travaux ont commencé en hiver 98 : deux compagnons du devoir + deux mâhlems + dix apprentis ont été affectés à la réfection de la muraille côté mer.
  • Lancement des projets de revitalisation de l’îlot de la Rue du Koweit par l’ANHI et PACT ARIM International, compte tenu de leur expérience dans le Maghreb (Tunisie, Maroc, Algérie) et en particulier de leur connaissance des contraintes juridiques et foncières dans les médinas.
  • Mise en œuvre avec ADEFRAM du Chantier-école formant des jeunes aux métiers traditionnels de la construction dans le cadre de la réhabilitation de l’ancien Consulat de France et de la restauration dans les règles de l’art du bâtiment qui servira ensuite de "centre d’entraide familiale".
(ii) Actions déjà engagées par les autorités marocaines :
 
  • Les actions, pour l’élaboration d’un Plan d’aménagement sectoriel pour la médina déjà lancées par Direction générale de l’urbanisme, de l’architecture et de l’aménagement du territoire du Ministère de l’intérieur, en complément du Schéma d’aménagement et d’urbanisme, devront prendre en compte l’ensemble des études déjà réalisées sur la médina en étroite concertation avec la société civile, les études et les services des monuments historiques. Ce document sera utilisé comme Plan de sauvegarde à joindre au dossier qui devra être soumis de nouveau au Centre du Patrimoine mondial pour l’inscription de la ville sur la liste des biens culturels de l’humanité.
(iii) Actions à engager pour lesquelles un partenariat est recherché :
 
  • Réalisation d’un relevé photogrammétrique du pont et de la Porte de la marine en vue de réaliser une étude chiffrée de restauration de cet ouvrage en concertation avec le ministère de la culture et les services correspondants de la municipalité de Saint-Malo. Un dossier sommaire concernant les travaux nécessaires à la réhabilitation du pont et de la Porte de la marine sera envoyé à l’UNESCO pour rechercher des fonds en vue d’effectuer des travaux de consolidation d’urgence.
  • Obtention auprès d’architectes français, portugais ou espagnols, d’un cahier des charges détaillé et spécifique pour la mise en œuvre des travaux de restauration des remparts construits par Théodore Cornut.
  • Information et participation de la population aux actions de terrain en relation avec les associations existantes. Un espace a été affecté à ENDA-Maghreb dans le Palais de Justice. Les actions lancées par Environment and Development in the Third World (ENDA) Maghreb sont dirigées par M. Kamel El N’Dari, en particulier en ce qui concerne l’environnement urbain (ex.: les Fontaines de la Médina, jardins potagers de la ceinture verte, aménagement des scalas...). Cette ONG a aussi pour tâche d’informer et de former la population.
  • Encadrement et définition de la mise en oeuvre technique du projet « Bibane El Madina » et des moyens de sa réalisation par les habitants, notamment par le lancement préalable d’une phase d’étude et expérimentale concrète.

Pour assurer le succès d’une approche intégrée au développement d’Essaouira, qui bénéficie déjà d’intérêts de soutien aussi bien de partenaires nationaux que de partenaires internationaux, il paraît souhaitable :

A l’issue des travaux de la deuxième réunion du Comité de pilotage, le renforcement de certaines actions a été considéré nécessaire :

Suivant l’accord en cours de négociation entre l’Espagne et l’UNESCO pour la coopération entre les architectes techniques et les projets UNESCO, les actions suivantes seront menées cette année :

6.4 Ateliers N°4 et N°5 : Activités socio-économiques de substitution et de tourisme. Approche intégrée du développement

Présidents : M. Nour Eddine Ottmani, président du Groupement d'Etudes et de Recherches pour la Promotion d'Essaouira (GERPE) et administrateur de l’Association pour la Sauvegarde et le Développement d'Essaouira (ASPDE)
Prof. Giovanni d’Ayala, président International Scientific Council for Island Development (INSULA), ONG
Prof. Floris Zuidema, secrétaire du PHI des Pays-Bas
Rapporteurs : Prof. Maria-Luisa Gentileschi, Géographe à l’Université de Cagliari
M. Philippe Pypaert, Bureau UNESCO à Venise

Dans le cadre des objectifs spécifiques des ateliers n°4 et 5, présidents, rapporteurs et animateurs ont examiné les projets suivants :

A partir des points saillants des discussions auxquelles ont participé les experts nationaux et internationaux, les représentants des municipalités partenaires et les représentants des associations locales, de nombreuses indications utiles à la mise en oeuvre des actions et plusieurs recommandations ont été suggérées.

6.4.1 Recommandations Générales :

  1. Les participants au séminaire ont insisté sur la nécessité d’adopter de façon effective une approche intégrée au développement d’Essaouira, par une stratégie de développement de différents secteurs (tourisme, pêche, agriculture, artisanat), afin de diversifier les possibilités de développement socio-économique ;
  2. Ils recommandent la création rapide d’une cellule de coordination du projet, avec pour but essentiel de garantir une analyse intersectorielle et interdisciplinaire de toutes les composantes du projet ;
  3. Dans cette même perspective, les participants soulignent l’importance du développement d’un cadre stratégique précis du projet d’ensemble, auquel toutes les activités du projet devraient se référer (distribution dans l’espace et dans le temps et gestion des ressources) ;
  4. Pour faire en sorte que les projets envisagés (à l’étude ou déjà en cours de réalisation) contribuent véritablement au développement durable d’Essaouira, les participants recommandent vivement que tout soit mis en oeuvre pour assurer une participation effective de la population locale et des groupes d’acteurs de la société civile, en étudiant et en élaborant toutes modalités utiles à leur intégration dans les processus de prise de décision, depuis la conception des idées ou projets, jusqu’à leur réalisation, en passant par leur évaluation.

Ces modalités doivent se traduire par :

Dans cet effort de mise en œuvre d’une participation directe de la population locale, le rôle central sera joué par Agenda 21 et Environment and Development in the Third World (ENDA)-Maghreb.

6.4.2 Recommandations Spécifiques :

Des recommandations particulières ont été établies à la suite de la discussion et de l’analyse des projets spécifiques en cours (Ceinture verte, mobilisation de la population, développement du tourisme alternatif, programme PNUD).

(i) "La Ceinture verte"
Tout en insistant sur les qualités indéniables du projet à l’étude, et en soulignant le courage qu’il faut pour contrôler l’expansion de la ville, les participants recommandent toutefois que :
 
  • à la dénomination de "ceinture verte" soit préférée l’expression de "ceinture naturelle" de la ville d’Essaouira ;
  • les impacts possibles de la fixation des dunes et de la construction d’un barrage sur l’Oued Ksorb sur le régime de transport solide côtier et sur l’équilibre de la plage soient étudiés de façon approfondie ;
  • une étude hydrologique approfondie soit conduite en relation avec la localisation et les fonctions potentielles des lagunes prévues par le projet (stockage des eaux de ruissellement, écosystème aquatique d’eau douce, épuration des eaux usées, réservoirs pour l’irrigation), mais aussi avec le risque de salinisation des sols ;
  • la participation de la population intéressée par le projet (comme par exemple le quartier Skala) soit étroitement impliquée dans toutes les phases d’évaluation, d’élaboration et de réalisation des propositions qu’il contient ;
  • soient étudiées, et éventuellement développées, toutes les solutions qui permettraient le recyclage des eaux usées pour l’irrigation de la ceinture naturelle, et que, dans ce contexte soit également encouragé l’usage d’énergies renouvelables, en particulier l’énergie éolienne.
(ii) Mobilisation et participation de la population
Considérant que la première ressource d’Essaouira est constituée par ses habitants et que ceux-ci doivent être les premiers bénéficiaires des efforts de développement entrepris mais aussi ses acteurs privilégiés, les participants à l’atelier sont convenus que la participation de la population d’Essaouira dans le processus en cours devrait être encouragée selon les modalités propres à la communauté locale. Les participants demandent de ce fait que la population soit le plus étroitement possible associée à la prise de décision tout comme à la réalisation des projets à l’étude. Pour ce faire, leur créativité devrait être stimulée, et les efforts en vue du développement de leurs capacités renforcés.
(iii) Tourisme
Les participants à l’atelier ont reconnu à l’unanimité que les caractéristiques culturelles, architecturales, historiques et environnementales de la ville d’Essaouira constituent autant d’atouts qui devraient permettre un développement touristique important, vital pour son économie. Pour que ses potentialités touristiques soient effectivement source de développement pour tous, il a été toutefois recommandé :
 
  • qu’une attention particulière soit portée à la définition concertée d’une stratégie de développement de ce secteur, aboutissant à l’adoption de la "Charte du tourisme durable" d’Essaouira élaborée dans le cadre du programme "Localising Agenda 21", afin qu’elle constitue un élément essentiel de dialogue avec les opérateurs du secteur ;
  • que soit évitée autant que possible la voie de la "monoculture touristique", plus fragile et à risque, au profit du développement intégré de formes de tourisme innovatrices qui puissent être le moteur de développement de secteurs annexes et interdépendants comme l’artisanat, la pêche, la production agricole de l’arrière-pays ;
  • que dans cette optique, les autorités responsables de ce secteur cherchent en priorité à valoriser la réalité diffuse d’expériences en cours qui témoignent de l’intérêt de la clientèle touristique pour des formes alternatives de tourisme (sports balnéaires, éco-tourisme, tourisme culturel).
Il a également été souligné l’importance de considérer un tel tourisme, même sous des formes alternatives, comme une industrie à tous les effets, qui requiert d’importants investissements publics et privés, afin que soient rassemblées les conditions nécessaires à un développement harmonieux. A cet effet, les participants à l’atelier ont recommandé que soient analysées en profondeur les contraintes relatives au cycle de l’eau (approvisionnement, distribution, collecte et épuration), en particulier en ce qui concerne la médina, atout touristique majeur de la ville d’Essaouira.
(iv) L’artisanat
Comme pour le tourisme, la voie de la diversification de l’artisanat local est reconnue à l’unanimité comme un impératif. Il a été cependant recommandé :
 
  • qu’au développement de formes d’artisanat "décoratif" s’ajoute la conservation et/ou le développement de formes d’artisanat "fonctionnel" (construction navale, charpenterie, agro-alimentaire) au soutien d’activités économiques traditionnelles d’Essaouira ;
  • qu’on encourage la création d’un "village des artisans" au cœur même de la ville, afin de fournir aux artisans, outre les infrastructures les plus adéquates à leurs activités, le support essentiel pour leurs formation, promotion et échanges (réutilisation du Consulat d’Espagne après réhabilitation).

Au-delà des recommandations générales et spécifiques issues de cet atelier, un certain nombre de nouveaux éléments ont été présentés lors de la deuxième réunion du Comité de pilotage.

Une demande de mise en place d’un site Web pour Essaouira à la municipalité devrait être présentée à l’UNESCO par les autorités locales ainsi que pour la publication d’une brochure sur l’écotourisme. La diffusion de cette brochure pourrait ensuite être assurée en Europe par les villes du projet.

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