Environnement et développement
dans les régions côtières et les petites îles
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ANNEXE 5 CSI info 5

INTERVENTIONS DES EXPERTS NATIONAUX ET INTERNATIONAUX AUX DIFFÉRENTS ATELIERS DE TRAVAIL

ATELIER 1

ATELIER 2

ATELIER 3

ATELIERS 4 et 5

ATELIER 1

Intervention de M. Ahmed Hafedh, Chef du service de l’assainissement de l’ONEP (Office National de l’Eau Potable).

Projet de Schéma directeur d’assainissement liquide de la ville d’Essaouira

Le développement socio-économique de la ville d'Essaouira est responsable du fait que les problèmes de pollution prennent des dimensions de plus en plus importantes. Ainsi, devant la prise de conscience qu’une lutte efficace est nécessaire contre les sources de pollution en général et les impacts des eaux usées sur l'environnement et les ressources hydriques en particulier, l'ONEP ne pouvait pas rester en marge de cette orientation. Son implication rejoint totalement les attributions qui lui sont assignées, à savoir :

Dans cette optique, des actions ont été menées par l’ONEP, en collaboration avec la Direction générale des collectivités locales (DGCL) dans le souci d’asseoir des bases saines et solides pour la réalisation et la gestion des infrastructures d'assainissement.

Situation actuelle de l’assainissement liquide de la ville

Pour une population actuelle de 60 000 hab., la consommation moyenne en eau potable est d’environ 5 000 m³/j, restitués 80% à l’égout, c’est à dire 4 000 m³/j d’eaux usées rejetées en mer à l’état brut. La ville est dotée d'un réseau d'assainissement de type mixte avec une grande partie en unitaire et le reste en pseudo-séparatif.

Les eaux usées domestiques mélangées avec celles de la zone industrielle sont rejetées à l’état brut en quatre points du côté nord de la ville.

Problèmes posés

La présence de dépôts dans le réseau fait que certains collecteurs sont colmatés à 80%, à cause :

Bilan des contributions de I’ONEP dans le domaine de l'assainissement liquide d'Essaouira

Depuis sa prise en charge du réseau de distribution d'eau potable dans la ville d'Essaouira, l'ONEP a inscrit dans ses priorités sa contribution à la résolution des problèmes d'assainissement de cette ville. L'ONEP a ainsi engagé une étude du Schéma directeur d'assainissement liquide dans le cadre de la coopération maroco-belge. Celle-ci a démarré au début d'octobre 1997 et son achèvement est prévu vers fin d’avril 1999.

Cette étude est censée définir les proposions techniques, institutionnelles et financières permettant d'apporter, à moindre coût, la meilleure réponse aux problèmes posés par la collecte, l'évacuation et l'élimination des eaux usées. Dans un délais de six mois, un programme relatif à la tranche prioritaire couvrant les besoins des cinq années à venir sera établi.

En attendant l'aboutissement du schéma directeur d'assainissement, l'ONEP a réalisé une expertise au mois d'avril 1997, concernant le diagnostic du réseau d'assainissement. Cette expertise a dégagé des mesures d'urgence à entreprendre pour un coût de 45 million Dirham TTC. Ces mesures permettront d'améliorer la situation environnementale et sanitaire.

L'ONEP a d'ores et déjà procédé à la recherche de financements auprès de ses bailleurs de fond traditionnels, qui ont manifesté un intérêt pour ce projet. Il est probable que, d'ici la fin de l'année en cours des accords soient obtenus. Dès lors, à l'instar des autres centres où l'ONEP a préparé des projets concrets il procédera à la conclusion d’une convention de cogestion de l'assainissement avec la ville d'Essaouira.

Intervention de Mme Svjetlana Lalic, représentante de la ville de Kotor, Monténégro, et représentante de l’Agence régionale Montenegro Coast Water Supply.

Plan d’action pour le développement intégré de la ville de Kotor
Le Plan d’Action qui a été élaboré pour le développement intégré de la ville de Kotor a fixé plusieurs objectifs primaires, surtout en ce qui concerne le réseau hydraulique de la ville, à savoir :

  1. la réhabilitation du système d’approvisionnement en eau ;
  2. la prévention de la contamination de l’eau de mer de la Baie de Kotor ;
  3. la prévention des inondations des vieux quartiers de la ville dues aux eaux des tempêtes ;
  4. la solution du problème des déchets solides ;
  5. le développement d’un projet d’éducation à l’environnement pour les jeunes.

La réhabilitation du système d’approvisionnement en eau
Le système d’approvisionnement en eau de la municipalité de Kotor est très ancien. Une partie du réseau date de 1915. Il assure aujourd’hui, avec deux zones de réserve d’eau, l’approvisionnement de 90% des habitants, avec des pertes cependant de plus de 50%. Le projet de réhabilitation du système d’approvisionnement en eau de la ville de Kotor (KWSS - Kotor Water Supply System) est très étroitement lié au projet de construction du système d’approvisionnement de la côte du Monténégro (RWSSMC - Regional Water Supply System of the Montenegro Coast), qui représente le projet principal de développement de la région entière. Ce projet, amorcé dans les années 70, est en cours de réalisation (une partie du système -25%- est déjà construite) mais sa mise en œuvre est assez ralentie en raison du manque de capitaux financiers. Son principal but est celui de pourvoir les besoins en eau potable de l’entière région de la côte du Monténégro, en vue d’éliminer ses importants déficits, surtout en période sèche. Un des moyens de distribution de cette eau sera le KWSS, qui devra assurer l’approvisionnement pour la région de Kotor. Un projet de reconstruction du KWSS apparaît donc nécessaire.

Les principaux objectifs qu’un efficace réseau de distribution doit atteindre sont les suivants :

Pour obtenir une complète réhabilitation du réseau, il faudra donc :

La prévention de la contamination de l’eau de mer de la Baie de Kotor
La Baie de Kotor est l’un des endroits de toute la côte du Montenegro les plus affectés par la pollution. Plusieurs décharges se concentrent en effet dans un espace très restreint, contribuant fortement à la contamination des eaux de surface. La situation est particulièrement critique dans la zone interne de la baie, où des mesures d’intervention urgentes sont nécessaires. Un projet soutenu par l’UNIDO pour la construction d’un réseau d’égoûts est en cours de réalisation (80 % du r
é seau est construit), mais sa finalisation nécessite encore beaucoup de travail, à savoir :

La prévention des inondations des vieux quartiers de la ville dues aux eaux des tempêtes
Le système d’égouts de la ville n’a pas une capacité suffisante pour recevoirl’eau des tempêtes et des crues, très fréquentes dans la région. Il faudrait donc effectuer des travaux d’élargissement du réseau - en construisant un système de retention souterraine, par exemple - afin d’éviter que le patrimoine historique et culturel de l’ancienne Kotor se trouve donc constamment en danger.

La solution du problème des déchets solides
La solution du problème des déchets solides de la municipalité de Kotor s’insère dans le cadre d’un projet spécifique, dont la documentation nécessaire à sa mise en œuvre est en cours de recherche. Il s’agit du Projet de traitement et de destruction des déchets solides au Monténégro (Solid Waste Treatment and Disposal in Montenegro).

Le développement d’un projet d’éducation à l’environnement pour les jeunes
L’existence d’une population responsable et consciente de ses problèmes, ainsi que d’une population active dans la participation aux prises de décisions pour l’avenir de leur ville est un élément indispensable et fondamental pour obtenir des résultats concrets dans les projets de développement urbain durable. Pour ceci, il est important que dès la jeunesse, l’éducation se concentre aussi sur les problèmes écologiques et environnementaux.

Intervention de M. Børge Lund Jensen, représentant du Danish Water Supply (DWS) et représentant de la ville d’Odense(Danemark).

Présentation des expériences du DWS : approvisionnement en eau et traitement des eaux usées.

Le DWS est une compagnie qui rassemble les douze Municipalités majeures du Danemark dont l’objectif est celui de coordonner et de divulguer les connaissances et les compétences disponibles en matière de gestion des ressources en eau.

Grâce à des bases financières très solides, le Danemark a pu, au cours des trente dernières années, développer fortement ce secteur, aussi bien au niveau technologique qu’au niveau éducatif et administratif.

Tout ceci permet aujourd’hui au DWS d’être capable d’offrir son aide et sa contribution technique dans la plupart des domaines concernant les ressources en eau et en particuliers dans :

Le DWS suggère un programme d’étroite coopération et d’aide avec la ville d’Essaouira, qui pourra ainsi bénéficier de l’apport de nouvelles technologies et d’experts qualifiés.

Intervention du Prof. Giovanni Campeol, Professeur d’Urbanisme, Département d’Analyse Sociale et Economique du Territoire, Faculté d’Architecture de l’Université de Venise.

Identification des indicateurs environnementaux pour l’aménagement du territoire
Depuis quelques temps, la communauté internationale encourage l’application d’une planification urbaine "écologiquement viable". Il est cependant nécessaire de concrétiser les propos, afin d’aboutir à un véritable développement durable, surtout pour les régions de l’écosystème les plus sensibles, à savoir les zones côtières. La première étape à franchir pour délimiter un cadre de référence auquel se tenir est l’identification d"indicateurs" pour l’application des instruments de planification, avec la possibilité de tester leur efficacité.

Le problème principal auquel doivent faire face les politiques d’aménagement urbaines et rurales est celui de l’interprétation des objectifs de compatibilité liés aux différents secteurs thématiques des différents projets. Ce processus peut se réaliser en effectuant des recherches sur :

Un aménagement du territoire "écologiquement compatible" doit se faire à deux niveaux :

Les "indicateurs" possibles
Les techniques d’évaluation dans le processus d’aménagement du territoire doivent donc identifier une série complète d’indicateurs qui permettront d’établir les lignes prioritaires d’intervention et de coordonner les différentes actions des projets en cours.

Une première catégorie d’"indicateurs" est inclue dans la définition même d'écosystème, de flux énergétique "écologique", de capacité de charge. En d’autres termes, les indicateurs peuvent être évalués après détermination des limites physiques du contexte urbain, c’est-à-dire :

Par conséquent, il ne faut pas se restreindre uniquement à une étude qui se limite à la surface urbanisée, mais s’élargir à l’espace global d'interaction de la ville avec son environnement, en considérant entre autres les ressources naturelles disponibles.

Grâce à la définition de ces indicateurs, il sera ensuite possible de prévoir une série d’actions prioritaires pour améliorer la qualité de vie des villes et évaluer les résultats à obtenir.

ATELIER 2

Intervention du Prof. Wolfgang Rosenthal, Océanographe, membre du Comité de Pilotage du projet UNESCO

Analyse du rapport de la mission effectuée à Essaouira en mai 1997
L’objet de la mission du Prof. W. Rosenthal a été d’analyser l’environnement local afin d’expliquer les graves dommages subis par la muraille historique d’Essaouira.

En l’état actuel, l’enceinte historique est soumise à la force mécanique des vagues et la corrosion chimique. Agissant ensemble, ces deux phénomènes détruisent peu à peu ce mur ainsi que les bâtiments attenants, menaçant ainsi les habitants.

a) Force mécanique des vagues
Comme en témoignent les documents historiques, l’attaque des vagues a toujours été très violente. De nos jours, la force des vagues est si violente que les bâtiments proches du mur en reçoivent les ondes de choc et que les habitants peuvent sentir le sol s’ébranler. Il est important de préciser qu’à l’heure actuelle le régime des vagues a beaucoup changé près de la muraille, surtout en ce qui concerne la présence de rochers coralliens, qui formaient auparavant une barrière intérieure naturelle contre les vagues. Grâce à une étude détaillée des cartes nautiques, on constate qu’aujourd’hui la barrière de rochers près de la muraille a presque disparu, et leur surface émerge à peine, à marée basse. Les vagues à marée haute irradient donc la baie sans être atténuées.

b) Corrosion chimique
Ce phénomène se manifeste par la présence de vastes cavités à la base du mur et dans la roche sur laquelle celui-ci est construit. La roche est en effet très sensible aux liquides acides provenant de la rupture d’une conduite d’eaux usées près de l’enceinte. La marée montante transporte le liquide provenant de la conduite jusqu’au mur où il détruit la roche corallienne qui le constitue et ses fondations. Il existe maintenant des cavités assez profondes pour que l’eau y stagne à tous les stades de la marée.

Propositions de traitement - Plan d’action proposé :
Pour améliorer la situation, un certain nombre de recommandations ont été établies, en vue de parvenir :

Atténuer la corrosion chimique en raison de l’infiltration des liquides acides signifie ouvrir les cavités à la base du mur, les traiter de façon appropriée, les assécher pendant plusieurs jours et ensuite, les refermer. De plus, il faudrait faire en sorte qu’à marée haute l’eau de la baie ne baigne pas la base du mur, et qu’à marée basse il faudrait que la base du mur soit asséchée. Pour ceci, il est nécessaire que la force et l’impact des vagues soient au préalable atténuées. La solution la plus simple envisagée pour réduire l’impact des vagues sur le mur consiste à revenir à la situation des siècles écoulés, à savoir le rétablissement l’ancienne topographie de la baie. Il faudrait ainsi remettre en place les obstacles qui s’opposaient aux vagues de l’océan, en particuliers ériger des barrages artificiels contre le mur là où il y avait les récifs de corail. La meilleure solution consisterait à utiliser des éléments souples, tels que les géotextiles (textiles artificiels très résistants). Des sacs fabriqués avec ce matériel et remplis de sable sont empilés de façon à constituer une barrière artificielle. Les rochers artificiels ainsi obtenus doivent être assez hauts pour émerger au niveau moyen de la mer à marée haute. Leur disposition horizontale, devrait correspondre approximativement à la disposition des rochers existants dans le passé. Cette technique est considérée comme une solution très prometteuse.

Si les décisions de financement sont prises rapidement, un premier abri de rochers artificiels pourra être réalisé dès l’été 1998, de sorte que, pendant l’hiver 1998-1999, la force des vagues s’exerçant sur le mur puisse être réduite de façon importante.

Suite à la mission de Monsieur Rosenthal, une autre mission d’expertise (22/25 août 1997) a été réalisée conjointement par messieurs Perrot et Ropert, du Service Culturel, Scientifique et de Coopération de l’Ambassade de France au Maroc, afin de résoudre de manière urgente les problèmes que posent les remparts de la ville d’Essaouira.

Etude du rapport de la mission d’expertise pour la restauration des ouvrages effectuée par M. Alain-Charles Perrot, architecte en chef des monuments historiques.

Comme relevé par M. Rosenthal, la muraille d’Essaouira présente de graves désordres, principalement sur les courtines tournées vers la mer. L’analyse diagnostic de la muraille a montré que les causes des désordres sont essentiellement de trois types :

  1. les attaques de l’eau pluviale
  2. les attaques du vent
  3. les attaques de la mer

Si les attaques de la mer sont les plus fortes, il ne faut pas cependant sous estimer l’action directe sur les remparts de l’eau pluviale et du vent.

  1. Attaques de l’eau pluviale
    Les altérations provenant de l’eau pluviale et des eaux de ruissellement sont principalement identifiables par des bandes horizontales sur la muraille qui montrent la dégradation des enduits protégeant la chaux. Une fois l’enduit décollé, l’eau vient s’attaquer aux œuvres vives des maçonneries et les conséquences sont alors beaucoup plus graves. Le moyen le plus efficace à mettre en œuvre pour protéger le mur consiste en la reprise des enduits du mur. Ce travail qui doit être fait régulièrement et ne nécessite pas une dégradation totale des mortiers. Ces travaux comprendront :
  1. Les abrasions éoliennes
    Ces altérations se situent principalement du côté mer. Elles portent non seulement sur les enduits mais attaquent aussi les œuvres vives des courtines par l’abrasion des mortiers et des moellons qui constituent les maçonneries. D’une manière générale, un simple entretien permanent de la muraille permet de compléter les enduits altérés, de remaçonner le moellon qui se détache ou de le changer si celui-ci est très attaqué. A Essaouira cependant, le manque d’entretien depuis plusieurs années a créé une situation grave qui nécessite des moyens plus importants :

Une intervention d’urgence destinée à éviter un effondrement massif dû aux attaques du vent est nécessaire sur une partie de plan contenant une fontaine située entre la Place Hassan II et la Skala.

Dans certains secteurs, et en particulier vers la mer, les maisons sont accolées à la courtine. Sur le plan structurel, ceci semble être souhaitable, car les murs de refend des maisons contribuent à la stabilité de la muraille. Cependant, le chemin de ronde qui entoure la muraille doit être rendu étanche à l’eau et les eaux évacuées, d’autant plus qu’à l’heure actuelle dans le quartier du mellah, ces chemins de ronde sont transformés en latrines ; c’est donc non seulement l’eau qui pénètre dans le mur mais aussi la matière organique.

  1. Les attaques de la mer
    Les attaques de la mer se produisent essentiellement sur la zone des courtines situées sur le linéaire protégeant le mellah jusqu’à la tour d’angle de la porte du Bab Doukala. C’est dans cette zone qu’il y a un véritable danger d’effondrement. Les interventions à mener sont donc les plus urgentes mais aussi les plus difficiles et les plus coûteuses.

Etat diagnostic de la muraille

Comme déjà soulevé par M. Rosenthal dans son rapport, l’examen de l’ancienne topographie montre que, depuis le XVIII° siècle, des bancs entiers de rochers, principale défense naturelle de la muraille, ont disparu. Or, les attaques de la mer sont extrêmement fortes : en régime de tempête les vagues sur ce front peuvent atteindre jusqu’à 10 m de haut. Les maçonneries avec lesquelles est constituée cette partie de la muraille ne peuvent résister à autant de force. Il est donc important de reconstituer un effet de brise-lames en avant des remparts afin de limiter la force des vagues arrivant sur la muraille. La solution envisagée par M. Rosenthal, qui prévoit la création d’une barrière artificielle formée de sacs de géotextiles, semble très intéressante.

Du point de vue architectural, la situation n’est pas meilleure. Tout au long des remparts, sont construites des maisons dont la plupart sont très anciennes. Certaines sont écroulées, un grand nombre d’entre elles ont été évacuées mais une grande partie de la population y habite encore.

Côté extérieur, les courtines présentent un état hétérogène. Les parties hautes sont dans un relatif bon état. Les parties basses offrent au contraire un état inquiétant dû aux attaques de la mer. Depuis plusieurs années, une lente érosion des pieds des remparts a été constatée. Il existe dans les rochers des cavités très profondes qui se développent sous la muraille.

Un facteur qui contribue fortement à la détérioration des remparts est l’état du réseau d’assainissement liquide de la médina :

Propositions de travail

L’état des ouvrages est tel que des interventions doivent être menées sans attendre. On distinguera trois phases :

Travaux d’urgence à mener immédiatement

Travaux à moyen terme (2/3 ans)

Les travaux devront comprendre tous les travaux relatifs à l’érosion éolienne et à l’érosion de la mer, c’est-à-dire :

Travaux à long terme (encore à discuter)

Les travaux à long terme visent l’ensemble de la restauration des remparts. Ils impliquent de prendre en compte la restauration du quartier du mellah dans le respect du patrimoine construit actuel, mais remis en valeur pour retrouver sa richesse ancienne.

Conclusion

La complexité des travaux à mener nécessite de structurer leur réalisation en plusieurs phases.

Il sera très utile de former des employés municipaux maçons à ces techniques, afin que les interventions se poursuivent par un entretien régulier comme cela a été fait dans le passé.

ATELIER 3

Intervention de M. Abderrahmane Chorfi, Consultant pour le projet UNESCO / Essaouira, Bureau de l’UNESCO à Rabat.

Situation des projets des divers partenaires nationaux et internationaux en cours ou prévus à Essaouira

  1. Création d’un centre de réflexion et d’action urbaine et création d’une cellule médina. Une structure municipale décentralisée va être mise en place, et sera constituée :

La cellule médina et le centre de services annexes seront logés dans l’ancien Palais de justice.

  1. Mise à disposition d’une maison de quartier ("Maison de bienfaisance") pour un centre social. Les accords ont déjà étés passés.
  2. Restauration de la muraille. Un rapport avec des propositions pour la restauration de la muraille a été élaboré par M. Perrot, architecte en chef des monuments historiques à Paris, soutenu par la Coopération française. Les travaux commenceront au plutôt.
  3. Eglise portugaise. Le relevé a été entièrement fait par des étudiants espagnols en été 97.
  4. Bab Doukkala. La restauration entreprise par la municipalité et la Direction du patrimoine est bien avancée (environ 60%). La porte devrait être transformée en galerie municipale.
  5. Aménagement d’un centre de documentation dans un ancien temple anglican. Le projet est déjà en cours, et il est soutenu par le GERPE.
  6. Création d’un jardin pour enfants dans le mellah. Un terrain de 600 m² a été alloué à cette fonction, mais l’aménagement doit encore commencer.
  7. Projet de restauration de la Porte de la Marine et de la Skala du port. Un projet de restauration a été entrepris. Des travaux d’entretien ont été menés sous le contrôle de la Direction du patrimoine.
  8. Projet PNUD. Un certain nombre de fontaines publiques ont déjà été réaménagées. Le projet prévoie, entre autres, la création d’une chambre d’hôtes. Une équipe du PNUD va s’installer, pour travailler en collaboration avec Action 21, dans l’ancien Palais de justice.
  9. Schéma directeur d’assainissement liquide. La deuxième phase d’étude a démarré et est confiée a un bureau Belge qui travaillera avec le BET marocain (CGS) qui a exécuté la première phase.
  10. Projet pilote dans le mellah. Le projet a été soumis par Action 21 à l’ANHI.
  11. Aménagement d’une zone tampon dunes/villes et d’un parc de loisirs dans les dunes. Le projet est en cours de réalisation :
  1. Création d’une décharge contrôlée. Des études ainsi que des propositions ont déjà été faites (mini-projets de compostage, assainissement solide, collecte des déchets).

Intervention de M. Zoubeïr Mouhli, ASM TUNIS (Association pour la sauvegarde de la médina de Tunis - Municipalité de Tunis)

"Politique d’intervention en milieu historique"

Une bonne politique d’intervention en milieu historique doit se baser sur la sauvegarde des noyaux historiques et de leur identité culturelle. Ce genre de défi a déjà été lancé à Tunis, à l’instar de nombreuses autres villes méditerranéennes.

La Médina de Tunis

Soumise à différentes conquêtes depuis l’Antiquité, Tunis ne fait vraiment parler d’elle qu’à la fin du VII° siècle. Sa position retranchée lui assura des avantages stratégiques et défensifs de premier plan. De même, la configuration générale du site (pris entre un lac à l’est et une lagune à l’ouest) détermine le sens nord-sud de son expansion urbaine. Le site englobe un noyau central, la médina, et deux faubourgs. Des boulevards aménagés sur l’emplacement des vieux remparts matérialisent la limite de cet ensemble urbain et en font un quartier distinct du reste de la ville. Le site historique de Tunis couvre 270 hectares et abrite plus de 100.000 habitants. La Médina constitue aujourd’hui le centre historique autour duquel s’articulent plus ou moins bien les nouveaux centres périphériques et banlieues résidentielles.

L’A.S.M.

Première dans son genre et aussi dans le monde arabe, l’Association pour la sauvegarde de la médina fut créée par la Municipalité en 1970. Elle a pour mission celle d’aider la ville de Tunis à conserver son style de vie, ses richesses traditionnelles, ses caractéristiques architecturales et urbaines, tout en permettant son évolution, qui, bien sûr, doit se faire en évitant tout phénomène de marginalisation.

Une stratégie de l’ASM s’est créée au fil du temps :

  1. au niveau de la gestion réglementaire, en dotant l’ASM d’outils techniques et scientifiques ainsi que d’une équipe pluridisciplinaire pour :

Ceci a permis d’aboutir à la préparation du Plan d’aménagement de la commune de Tunis, plan qui propose un règlement spécifique pour la Médina, dans lequel s'inscrivent toutes les futures actions pour la sauvegarde du tissu urbain. Ce n’est qu’en 1994 que le Code du patrimoine promulgue une loi qui institue définitivement les plans de protection et de mise en valeur ainsi que les secteurs sauvegardés ;

  1. au niveau de la sensibilisation, en essayant de développer un plaidoyer pour la sauvegarde et la réhabilitation, afin de montrer qu’elles représentent une démarche culturellement revalorisante et socialement nécessaire. Désormais, le processus de sauvegarde et de mise en valeur des villes historiques dépend du degré de sensibilité des technocrates ;
  2. au niveau des actions et des projets sur le terrain, en recherchant principalement à maintenir un équilibre entre la conservation du patrimoine et la réalité évolutive de la cité, le but final étant sans doute la valorisation de cette dernière.

La première opportunité saisie par l’A.S.M. pour s’engager dans les projets opérationnels dans la vieille ville a été la restructuration d’un quartier populaire : la Hafsia, ancien quartier juif de la médina. La deuxième opportunité a été celle du projet des "oukalas", où s’est concrètement manifestée la volonté politique de résoudre le problème de l’habitat surdensifié.

La réhabilitation de la Hafsia

Considéré comme cas pilote de la Banque mondiale, qui l’a financé à hauteur de 40 %, le projet de restructuration de la Hafsia s’est fait en deux étapes. La première étape a permis de réaliser des nouvelles constructions qui remettaient en question l’urbanisme antérieur. Cette première tranche fut récompensée par le prix Aga Khan en 1983. La seconde étape comportait un projet intégré, ayant pour maître d’ouvrage la Municipalité et pour maître d’ouvrage délégué l’ARRU (l’Agence de réhabilitation et de rénovation urbaine).

L’un des objectifs primaires de ce projet est la réhabilitation des constructions existantes, visant à assurer à chaque famille une surface habitable indépendante. Au niveau urbain, le projet "Hafsia" a été conçu pour assurer une homogénéité urbaine entre cette réalisation nouvelle et le tissu ancien.

Le projet d’assainissement des "oukalas"

Les "Oukalas" (maisons abandonnées par leurs propriétaires d’origine et louées à la pièce) ont toujours présenté des problèmes d’insalubrité et d’entassement de la population dans des conditions inhumaines. Le programme de réhabilitation des oukalas se base sur une stratégie d’intervention selon les urgences et les degrés de dégradation du bâti, ce qui a permis de les classer en deux catégories : les oukalas irrécupérables à évacuer d’urgence, à démolir ou à restaurer, et les oukalas récupérables, à réhabiliter et à assainir.

L'objectif principal de la réhabilitation des oukalas est d'aider à la remise en état d'un patrimoine immobilier dégradé, contribuant ainsi à l'amélioration des conditions générales de logement à Tunis.

  1. au niveau de la mise en valeur du patrimoine monumental, la médina de Tunis comptant de nombreux monuments historiques non classés. Depuis 1990, environ quarante monuments ont pu être restaurés. Dès lors, la politique de mise en valeur du patrimoine s'est révélée un succès, tant au niveau privé que public.
  2. au niveau des abords de la Médina, en menant une politique d'intervention directe pour sensibiliser à la nécessité et à l'urgence d'étendre les efforts de sauvegarde et de protection du patrimoine à la ville européenne, adjacente à la médina, elle même représentant un intérêt architectural et historique important.

En conclusion, les projets menés par l'A.S.M. marquent une étape importante dans l'évolution de la politique urbaine en Tunisie, qui s'oriente aujourd'hui vers une concrète récupération des patrimoines historiques des centre villes.

Intervention de M. François Dubin, Président de PACT ARIM International.

La réhabilitation du tissu urbain, que ce soit dans les pays du Maghreb, en Amérique latine ou en Europe centrale est, sans aucun doute, une réponse efficace aux problèmes des habitants pauvres. Il s’agit également d’une réponse aux difficultés des propriétaires d’immeubles, un peu moins pauvres, ainsi que des touristes, qui recherchent de plus en plus des lieux de tourisme moins "élitistes", tout en souhaitant des conditions de logement décentes.

Une réhabilitation efficace ne peut se faire sans tenir compte de la notion de développement durable : réhabiliter aujourd’hui mais pour les générations futures.

La notion de développement durable amène à définir les enjeux majeurs de la réhabilitation du patrimoine :

A Essaouira, un autre "problème" se pose : il semble qu’iI y ait actuellement un "trop" grand nombre de médecins : il faut un choix de politique forte pour la mise en place d’une structure médicale locale adéquate.

Les actions à entreprendre nécessitent une forte volonté et un soutien politique pour être réalisées.

Une liste des priorités d’intervention doit être établie, à savoir :

Intervention de M. Gérard Fourestier, Président ADEFRAM (Association pour le développement des échanges entre France et Maroc).

L' ADEFRAM est une ONG qui, depuis 10 ans, développe différents programmes au Maroc en partenariat avec des organismes marocains et français. Le projet de coopération de l’ADEFRAM propose un échange d’expériences, de savoir faire et de technologies entre artisans de France et du Maroc. Cet échange est assuré par l’Association ouvrière des "Compagnons du devoir du tour de France" (qui est devenu ensuite Tour d’Europe, Etats-Unis et Maroc). Les Compagnons du devoir, nés avec les bâtisseurs de cathédrales du Moyen-Age, (12000 jeunes en France sont en apprentissage dans les maisons et les centres des Compagnons) après un apprentissage formé de pratique et de théorie (travail pratique le jour et théorie le soir dans les "Maisons des Compagnons") deviennent ensuite chefs d’entreprise dans un corps de métier donné, et se déplacent à l’étranger pour transférer leurs connaissances. L’apprentissage du Compagnon se fait à travers un parcours itinérant. L’aspirant compagnon passe cinq à sept ans en France, mais de plus en plus en Europe ou à l’étranger. Il reste six mois environ dans une ville où, au contact de l’ancien, du maître artisan, il va se perfectionner en élargissant ses connaissances, son expérience professionnelle et surtout en enrichissant son approche humaine. Le Compagnon est donc à la fois un praticien et un formateur.

A Essaouira, un projet de réhabilitation des bâtiments a été proposé depuis l’Université conviviale de septembre 1997. La proposition consiste en la création d’un "chantier école" sur un bâtiment selon les règles traditionnelles de l’art, avec la participation des maâlems et des jeunes marocains à former. Les programmes d’échange concernent plusieurs corps de métier : maçon, tailleur de pierre, ébéniste, menuisier…Ce chantier école commencera début 1998, avec la réhabilitation d’un bâtiment de la médina qui nécessite la savoir-faire de plusieurs corps de métier. Les formateurs, venus de France, feront des sessions de deux fois six mois, et leur logement sera assuré par les autorités marocaines.

Trois sites ont été proposés pour une réhabilitation urgente :

Le bâtiment choisi pour être le premier "chantier école" est l’ancien Consulat de France. Un Comité de pilotage a été mis en place sous l’autorité du Gouverneur pour la supervision du projet. Le financement est assuré par le Ministère des travaux publics.

Intervention de M. Pascal Canonge, Ecole d’Avignon.

Une réhabilitation efficace du tissu urbain historique nécessite une formation adéquate des jeunes techniciens du bâtiment, et doit s’accompagner d’actions précises, à savoir :

Le processus de formation des jeunes techniciens du bâtiment propose des stages de 3-4 jours à une semaine. Cependant ce processus rencontre plusieurs limites, à savoir :

Le travail en question pourrait se faire avec MEDA/CORPUS et quinze pays du bassin Méditerranéen.

Intervention de M. Abdelaziz Belkeziz, Directeur général de l’ANHI (Association nationale de lutte contre l’habitat insalubre).

L’ampleur de l’habitat insalubre dans la médina d’Essaouira

La plus grande partie de l’habitat insalubre est situé au centre de la médina, dans le quartier du mellah. 50% de la population totale de la ville vit dans la médina, avec une densité de 2000 habitants/hectares dans le mellah et 1000 h/hectares dans le reste de la médina. Cependant, la ville d’Essaouira ne compte pas de bidonvilles ni d’habitat clandestin dans ses alentours.

Logements :

Reconstruction :

30000 hectares de terrain ont été sélectionnés pour la reconstruction et le relogement des 2.000 ménages, avec un budget de 70 millions de DH.

Réhabilitation :

Le projet de réhabilitation fera appel à l’Association PACT ARIM. La réhabilitation des habitations abritant 2000 ménages est nécessaire et doit se faire en fonction d’une efficace préservation du patrimoine (statut foncier, pas de déplacement de populations).

Stratégie d’intervention

Intervention de Mlle Wafâa Wessous, Projet "Bibane Al médina".

Projet de restauration des portes de maisons en pierre de taille, de la ville d’Essaouira

Une des caractéristiques, voire des spécificités urbanistiques et architecturales qui font le charme et l’originalité de la médina d’Essaouira, est la pierre de taille, matériel avec lequel sont faites non seulement toutes les portes de la muraille de la médina, mais aussi la plupart des portes d’entrée des maisons.

En quoi consiste la spécificité de ces portes? Il s’agit à la fois d’une richesse "historique" et ornementale. La ville d’Essaouira est née d’une volonté d’union entre des hommes et des femmes de plusieurs pays, cultures et origines différentes, tous animés par des idéaux de tolérance et d’ouverture aux autres. Ces idéaux se trouvent inscrits sur la plupart des portes de la ville, ce qui en fait de véritables témoins du passé. Victime du temps, cette richesse, visible et cachée à la fois que constitue la pierre de taille a tendance à s’estomper, voire à disparaître. La plupart des arcades des rues et des portes de maisons en pierre de taille ont été chaulées, repeintes, ou recouvertes de le ciment.

Le projet "Bibane Al médina" (les Portes de la Ville) vise donc à entreprendre les actions suivantes :

Cette opération a donc pour objectifs :

La réalisation de ces actions ne peut se faire sans la collaboration et le soutien de plusieurs partenaires institutionnels, parmi lesquels :

Au niveau local :

Au niveau national :

La démarche participative constituera la pierre angulaire sur laquelle reposera et de laquelle dépendra l’issue de cette opération.

Intervention de M. Abderrahim Harabida et M. Ahmed Harrouz, Association Espace des Arts Plastiques.

Réhabilitation du site de Sidi Kaouki

Le cas du site de Sidi-Kaouki touche particulièrement le cœur des habitants d’Essaouira. Situé à 20 km de la ville, la zaouia (la tombe) du marabout (appelé aussi le "gardien de l’océan") retient les empreintes de tout un héritage culturel et spirituel, et est devenue un symbole de cohésion des tribus de toute la région. Le site est aussi l’expression d’une architecture particulière, qui désormais se dégrade de plus en plus. De même, l’harmonie du site de Sidi-Kaouki se trouve menacée par un fort délabrement, qui touche aussi bien l’équilibre de l’environnement que les possibilités d’attrait touristique.

Le passage à l’action est aujourd’hui nécessaire à Sidi-Kaouki, afin d’assurer l’intervention et le suivi par les spécialistes et les partenaires éventuels déjà concernés.

Intervention de M. El Mostafa Hbibi, architecte des monuments historiques à Essaouira.

Présentation du projet de réhabilitation de l’ancien siège du consulat danois (actuellement habité par 16 ménages) en centre culturel.

Le projet est proposé par le groupe local du CNUEH/Habitat et vise à restaurer et réhabiliter le consulat danois (XVII siècle) en intégrant en plein centre ancien des habitations à un équipement collectif, maintenant ainsi sur place les locataires existants.

Ce projet peut avoir une valeur exemplaire pour :

La reconversion du Consulat en centre culturel prévoit la mise en place :

Intervention de M. Med. Tita, Direction générale de l’urbanisme, de l’architecture et de l’aménagement du territoire.

"Quel urbanisme et quelle architecture pour la sauvegarde et la mise en valeur du patrimoine historique ?"

Depuis l’instauration d’un nouvel aménagement du territoire et d’un nouveau système urbain qui s’éloigne de la tradition musulmane, l’ancienne armature urbaine et les médinas se trouvent désarticulées et désorganisées. Les médinas subissent les effets des mutations socio-économiques et accumulent toutes les manifestations de la dégradation du patrimoine immobilier, du sous-équipement et de la surdensification. En dépit de ces aspects négatifs, la médina demeure un pôle économique très dynamique, un foyer d’intégration urbaine ainsi qu’une référence de valeurs architecturales et artistiques.

La prise de conscience, quoique tardive, de l’état critique des médinas a fait ressortir l’importance de les sauvegarder. Toutefois, l’absence d’une stratégie globale d’intervention dans les médinas, le manque de moyens et l’extrême vulnérabilité des tissus traditionnels constituent de fortes contraintes aux actions concrètes de sauvegarde.

Dans le cadre de la revalorisation et de la sauvegarde du patrimoine architectural national, le Ministère de l’intérieur par le biais de la Direction de l’urbanisme et de l’architecture a procédé au lancement d’un programme d’études sur la sauvegarde des médinas, dans lequel s’inscrit l’étude architecturale de la médina d’Essaouira.

L’objet de cette étude consiste en l’analyse approfondie de la médina en tant que création architecturale et urbanistique portant témoignage d’une civilisation particulière et d’une évolution significative.

Les objectifs fondamentaux de l’étude sont :

Cette étude doit aboutir à des propositions concrètes. Elle revêt par conséquent un caractère opérationnel qui nécessite un examen approfondi du domaine d’intervention. Le contenu de cette étude est réparti en deux grands volets :

  1. l’élaboration d’un rapport d’analyse et de diagnostic général, afin de disposer d’une source d’information détaillée sur le patrimoine architectural de la médina d’Essaouira ;
  1. l’élaboration d’un rapport de recherches et de propositions, contenant des solutions à niveau urbanistique, architectural, technique et réglementaire.

Au niveau général, les recommandations devront distinguer les points suivants :

L’ensemble de ces actions constitue la base du programme d’intervention future pour l’amélioration du cadre de vie relatif à la médina d’Essaouira.

En ce qui concerne le cadre institutionnel et architectural, il faut :

Un autre point important à souligner en vue de la réhabilitation des médinas est celui du manque de documents spéciaux d’urbanisme visant à leur développement. Discuter actuellement des stratégies d’intervention dans les médinas nécessite en effet l’instauration d’un cadre juridique et opérationnel réglementant l’ensemble des actions dans les anciens bâtis. A ce propos, la Direction générale de l’urbanisme et de l’architecture a lancé l’élaboration d’un plan de sauvegarde visant au développement de la médina tout en tenant compte de ses différents aspects culturels, historiques et de ses réalités socio-économiques actuelles.

Enfin, la sauvegarde de la Médina ne doit pas se limiter à une simple opération de restructuration d’un patrimoine physique, mais doit tenir compte de sa complexité en tant que tissu historique vivant, et ainsi s’insérer dans une organisation plus large, celle de la ville.

Intervention de M. Khalid El Assal, Architecte, Chef de l’Equipe pluridisciplinaire pour l’élaboration du Plan de sauvegarde de la médina.

Présentation du Plan de sauvegarde de la médina. Actions opérationnelles.

Le plan de sauvegarde est avant tout un plan d’action ayant une vision globale et se situant dans une perspective de développement global. L’action de réhabilitation du bâti historique doit en effet dépasser l’approche de réhabilitation essentiellement réduite à la conservation du cadre physique. Le plan perçoit la médina dans ses composantes spatiales, culturelles et historiques, en la situant dans sa réalité socio-économique et en la relançant dans son dynamisme d’auto-développement.

Le plan se base sur les actions suivantes :

Elaboration d’un schéma d’orientations et de réhabilitation, en vue de :

Le schéma constitue un outil d’accompagnement des documents graphiques. Il détermine les dispositions générales applicables au périmètre de sauvegarde en matière de zoning, d’action urbaine, d’action ponctuelle, d’organisation des activités de classement et d’inscription des bâtisses de grandes valeurs architecturales.

Création d’un cahier de prescriptions architecturales: document qui a pour objectif de recenser les éléments architecturaux de référence, reflétant la spécificité architecturale de la médina d’Essaouira. Il sert d’autre part de guide pour la nouvelle production architecturale.

Elaboration de projets d’impact : pour la mise en valeur des potentialités de développement de la médina, en soulignant leurs impacts sur les aspects sociaux, culturels, économiques et spatiaux, par exemple :

Localisation de projets intégrés d’importance stratégique, à savoir :

Evaluation des outils de faisabilité

La réalisation de l’étude architecturale de la médina d’Essaouira et l’élaboration de son plan de sauvegarde nécessite le déploiement de moyens techniques d’investigation, allant de la recherche bibliographique (documents d’urbanisme, expériences similaires) à l’étude sur le terrain (étude des différentes composantes du tissu par des enquêtes in situ).

Intervention de l’Assistant de M. K. El Assal.

Analyse architecturale de la médina d’Essaouira

L’analyse du tissu de la médina d’Essaouira et des zones tampons, ainsi que des extensions au niveau du port, doit se répartir en deux volets :

  1. volet analytique : diagnostic + étude au niveau socio-économique et architectural ;
  2. actions concrètes : création d’un cahier de prescriptions architecturales en tenant compte du fait que la réhabilitation du tissu urbain requiert la mise en place d’un cadre juridique et foncier spécifique, dans un contexte différent de celui qui existe actuellement.

Ce genre d’analyse, correctement effectuée, permettra de présenter le "dossier Essaouira" pour l’inscription sur la liste du Patrimoine mondial. L’objectif principal de la réhabilitation de la médina d’Essaouira est donc celui de préserver l’identité du tissu en prévoyant les changement socio-économiques et environnementaux du contexte urbain.

Intervention de M. Jawad Mejid, Bureau privé.

Analyse architecturale de la médina d’Essaouira

L’analyse du tissu urbain nécessite entre autres, la préparation d’un cadre financier se référant au contexte, avec une étude de faisabilité chiffrée pour les projets de développement. A quel point en est-on de cette analyse, quel est l’avancement effectif de cette étude? Les enquêtes déjà lancées (40%) sont les suivantes :

Intervention de M. El Houda, Architecte à Marrakech.

L’urbanisme et l’architecture ne sont pas capables de régler tous les problèmes de la ville.

C’est un devoir moral de la part des institutions et des partenaires impliqués dans les différents projets que de porter à la connaissance de la population locale et des associations tous les problèmes de la ville et de leur faire prendre part, dans la mesure du possible, aux activités visant à résoudre ces problèmes.

Nécessité d’une intervention d’urgence pour :

ATELIERS 4 et 5

Intervention de M. Fethi, membre de l’ASPDE (Association pour la sauvegarde, la promotion et le développement d’Essaouira).

Brève exposition du projet "Mobilisation et propositions de la société civile"

Le projet en question traite principalement les éléments suivants :

A la suite d’une discussion sur les principaux objectifs du projet, les problèmes et points de réflexion suivants ont été soulevés :

Intervention de Mme Kawthar Gazoulit, Ingénieur paysagiste, CNUEH-Action 21 - Projet "Ceinture Verte / Parc d’Essaouira".

Contexte du projet Ceinture Verte, Parc d'Essaouira

Le présent projet s’inscrit dans le programme "Localising Action 21, Planification des actions pour un développement durable". Il a pour objet de traduire les composants traitant les établissements humains d'Action 21 dans une action concrète au niveau local. Le but du programme est d'orienter les capacités des pouvoirs administratifs locaux en vue d'une amélioration de la qualité de vie urbaine. Cependant par voie de convention, le programme peut générer des actions qui supposent la participation de tous les acteurs (public, privé, ONG et la population).

Objectifs du projet

Le projet de la ceinture verte d’Essaouira s’inscrit dans un processus global de développement. Il cristallise la cohésion de trois fonctions différentes et interdépendantes. Il s'agit d'un projet d'utilité à la fois urbaine et environnementale. La volonté de donner une dimension humaine, sociale et culturelle aux problèmes d'environnement permet de les enraciner dans la sensibilité des gens, dans leur quotidien, et dans leur patrimoine. Cette dimension reste la seule manière de leur faire approprier l'espace environnemental.

Fonction de protection

La fixation des dunes permet la stabilisation des surfaces et l'humidification du sol, qui, à son tour, crée un milieu favorable à la poussée des arbres. Ces derniers produisent de la matière organique et de l'azote qui favorise l'installation d'un équilibre naturel (abris pour la faune et la flore), et un retour du couvert d'origine plus riche.

Ce premier objectif est le point de départ. Il permettra de sauvegarder les espaces naturels, fragiles et extrêmement menacés par l'urbanisation. Il s'agit donc de procéder par le biais du Parc d'Essaouira à des fixations des dunes par des plantations massives dans les zones limitrophes à la ville et y interdire toute construction. Ceci aura pour but de lutter contre l'ensablement de la ville et d'éviter tous les problèmes qui peuvent être causés par les sable dans la ville, tels que l'invasion des routes et le colmatage du réseau d'assainissement. Par ce principe de base, la ceinture verte pose une limite nette à l'urbanisation qui a tendance à s'étendre sur des terrains extrêmement fragiles de par leur écosystèmes.

Fonction structurelle

La fonction structurelle de la ceinture verte est de contrôler la croissance urbaine. La particularité des plantations des dunes préalablement fixées confère à l'aménagement à leur appliquer des caractères spécifiques. Ceci est dû principalement à la fragilité des milieux et à l'objectif de protection assigné à ces plantations. Les propositions de conception du parc tiennent compte de cette spécificité.

Fonction d'animation

Il existe une demande croissante pour une meilleure qualité de l'environnement, et une demande croissante en espaces de loisir. Ceci amène à proposer que des mesures positives soient prises pour parvenir à une meilleure utilisation des sols dans ce sens. Le but est d'avoir une ceinture verte fonctionnelle et active qui participe à la valorisation d'un tourisme durable et à déclencher un processus de développement autour de l'arrière pays. La ceinture verte a pour rôle l'émergence de nombreux projets locaux autour des quartiers défavorisés de l'est.

Les composantes du projet

Des composantes naturelles

Des composantes physiques

Des composantes culturelles

Essaouira possède plusieurs atouts qui lui procurent un cachet spécial. Elle est considérée comme une ville de créativité et de création. Le besoin de ses habitants en espaces de loisirs, de sport et de promenades est manifeste.

Le concept du projet

Le parc s'inscrit dans la structure naturelle du site en la respectant et en la mettant en valeur (topographie, dunes, forêts...), mais parallèlement, le parc est un élément d'urbanisme structuré dans la nature. La ceinture verte répond à la triple nécessité de canaliser la croissance urbaine tout en protégeant les espaces naturels et en ouvrant certain d'entre eux au public pour une meilleure valorisation.

Intervention de Mme Khadija Belfakir-Kabbaj, Représentant assistant du PNUD.

Présentation du programme PNUD "Appui à la protection de l’environnement, à la gestion des ressources naturelles et à la promotion des énergies renouvelables et de substitution" et du sous-programme "Appui à l’action environnementale à Essaouira".

Les buts principaux du projet sont :

Le présent projet d'appui à la mise en œuvre du Plan d'action environnemental concerté pour la ville d'Essaouira s'inscrit dans le cadre des efforts déployés, à travers la stratégie nationale pour la protection de l'environnement et le développement durable pour protéger l'environnement, tout en favorisant une meilleure qualité de vie et des conditions socio-économiques équitables.

Le Plan d'action concerté de la ville d'Essaouira, élaboré avec l'appui de l'Observatoire National de l'environnement du Maroc (ONEM), intègre, à cet égard, différentes composantes telles que la gestion des déchets solides et liquides, les ressources en eau et l'hygiène, la protection du rivage et l'éducation à l’action environnementale.

Dans ce cadre, l'intervention proposée par le présent projet devrait permettre, à travers l'initiation d'actions concrètes, d'appuyer et concrétiser un processus participatif basé sur l'adhésion effective de la population et des acteurs nationaux et locaux, à savoir : les habitants de la médina, les élus et techniciens municipaux, les responsables administratifs provinciaux et locaux.

Le projet « Localising Agenda 21 : planification des actions pour un développement urbain durable », mené conjointement par le Centre des Nations unies pour les établissements humains et la Municipalité d'Essaouira a, d'ores et déjà, à cet égard, créé une dynamique locale et mis en exergue l'intérêt d'une vision intégrée du développement de la ville. En complément des efforts ainsi initiés, le projet proposé permettra de tester, à travers la réalisation d'actions concrètes, l'efficacité d'une approche de développement intégré basée sur la participation et le partenariat local.

Les objectifs globaux du projet d'action environnementale à Essaouira sont à la fois l'amélioration de la qualité de vie quotidienne de ses habitants et la préservation du patrimoine local, aussi bien urbain, architectural que naturel.

Stratégie proposée

La stratégie d'action environnementale proposée pour la ville d'Essaouira s'inscrit dans le contexte de la Stratégie nationale pour la protection de l'environnement et le développement durable et du Plan d'action national pour l'environnement (PANE) qui mettent l'accent sur la nécessité d'une action localisée, multi-sectorielle et intégrée, s'appuyant sur la mobilisation et la participation effectives des différents acteurs environnementaux. La stratégie préconisée à cet effet associe intimement la protection de l'environnement à l'amélioration de la qualité de vie et au développement urbain et économique de la ville.

Les principaux acteurs-cible visés par le projet sont les suivants :

Objectifs immédiats et résultats attendus du projet

L'action du projet s'articulera autour des trois principaux objectifs suivants :

  1. Le renforcement des capacités locales à travers :
  1. l'amélioration de la gestion de l'environnement local, qui comprendra :
  1. La mise en œuvre d'actions de développement intégré axées sur :

Intervention de M. Abdellah Aboulhassani, Délégué du tourisme à Essaouira.

Tout en étant dans son ensemble un pays à vocation touristique, le Maroc exploite seulement 10% de ses atouts touristiques. Les pouvoirs publics ont ainsi réservé une place de choix à ce secteur dans les plans de développement économique et social depuis plusieurs années, ce qui a pu permettre une évolution remarquable de ce secteur dans la plupart du pays. Cependant, la ville d’Essaouira semble rester à l’écart de l’évolution constatée. Pourquoi ?

Une étude a été menée afin de saisir les obstacles et problèmes qui entravent depuis longtemps le développement du secteur à Essaouira, et afin de définir un tourisme alternatif qui pourrait être développé dans cette ville, lieu magique partout renommé pour ses atouts naturels et culturels incontestables.

Un des objectifs principaux du développement du tourisme est celui de faire sortir Essaouira de l’image d'une destination de passage en tant qu'arrière pays de Marrakech et Agadir, et la rendre une destination de séjours avec son identité indépendante des pôles touristiques avoisinants. Essaouira possède à la fois son côté culturel, balnéaire et surtout (chose unique) son côté "vert", écologique.

Bref, le développement d'un tourisme alternatif durable à Essaouira doit savoir exploiter ses propres atouts tout en respectant son patrimoine culturel et naturel : la médina et ses alentours, la baie, la forêt et la montagne, et enfin les dunes, la mer et le vent. Essaouira, sans entrer en concurrence avec Agadir et Marrakech, doit être capable de développer et de promouvoir un tourisme thématique et de qualité.

Le tourisme alternatif

1. Le tourisme culturel

Tant sur plan historique que sur le plan humain, Essaouira témoigne du passage et la présence de plusieurs civilisations, cultures, races, religions. La médina, avec son riche patrimoine architectural, ses activités artistiques et artisanales est sans doute appréciée pour son importante originalité. Cette rare richesse ne peut être développée et sauvegardée que par la concrétisation des actions suivantes :

2. Le tourisme balnéaire

La province d'Essaouira, avec ses 200 km de littoral et son vent offre des baie et des plages qui constituent des centres balnéaires par excellence aussi bien pour les baigneurs que pour les pratiquants d’activités et sports nautiques (planche à voile notamment). Cependant les infrastructures nécessaires au développement de ce secteur particulier sont insuffisantes, voire inexistantes. Il apparaît donc nécessaire d’arriver à une solide cohésion des forces afin de réaliser des actions concrètes pour aboutir à un développement réel du tourisme balnéaire, à savoir :

3. Le tourisme vert

L'arrière-pays d'Essaouira est constitué de montagnes, de dunes, de plages et de forêt riches en faune et flore et d'un patrimoine culturel extraordinaire. Cet arrière-pays est source d'un tourisme rural très demandé et recherché aujourd'hui. Toutefois, des aménagements et des équipements spécifiques s'avèrent indispensables pour accueillir ce genre de tourisme, notamment en ce qui concerne l’ouverture des routes et des sentiers, l'aménagement de parcs de stationnement et de campings et la création de guides et de refuges, etc…

4. Mode d'hébergement pour un tourisme convivial

L'étude citée ci-dessus permet en quelque sorte de définir le mode et le standing d'hébergement à encourager et à développer à Essaouira, comme :

Le projet de la charte du tourisme

La Délégation provinciale du tourisme a préparé, en collaboration avec l'équipe de l'Action 21, le projet d'une "charte du tourisme", basée sur les principes issus de la conférence mondiale sur le tourisme de Lanzarote (1995). La charte a pour objectif primaire la sauvegarde du patrimoine culturel et naturel de la ville d’Essaouira et de sa région, et l'épanouissement d'un tourisme sûr et durable à Essaouira, permettant de contribuer de manière positive à son développement social, économique et culturel tout en respectant ses ressources. Le plan d'action de la Charte définit les atouts touristiques de la ville et de sa région et les axes à développer pour aboutir à et réussir un tourisme durable. Il prévoit aussi les moyens humains et matériels et précise les actions à entreprendre afin d'aboutir à un résultat concret.

Intervention du Prof. Giovanni D’Ayala, Président de l’ONG "INSULA", Paris.

En ce qui concerne le développement d’un tourisme "alternatif", il est important de souligner que beaucoup de démarches ont déjà été faites, avec plus ou moins de réussite, par d’autres pays qui essayent de diversifier leur offre par rapport au tourisme de masse.

Il faudrait donc concevoir le tourisme alternatif dans un esprit d’innovation par rapport aux expériences courantes, afin de se positionner positivement face à la compétition internationale. Il serait convenable alors de diversifier ce développement durable par le développement en parallèle d’autres secteurs économiques, tels le secteur de la pêche, traditionnel à Essaouira et celui de l’artisanat par exemple. De plus, on pourrait concentrer l’attention sur un atout important et original de la ville d’Essaouira, la médina, élément fort pour la compétitivité dans le secteur du tourisme. Un élément important de cette démarche consiste à multiplier les efforts pour que la médina soit inscrite sur la liste du Patrimoine mondial.

Intervention de Mme Maria-Luisa Gentileschi, Professeur au Département de recherche économique et sociale, Université de Cagliari, Italie.

Population et économie des petites villes côtières : indications pour le développement

Les politiques territoriales ont produit, au cours des années, différentes dispositions de la côte, dans le bassin méditerranéen comme ailleurs. La typologie de la ville côtière en Méditerranée en a été de fait profondément marquée. Les développements à venir ne pourront donc que s'appuyer sur une stratégie d'intervention correspondant à des politiques précises, mises en œuvre par les actions suivantes :

À l’échelle locale, il faudra d'abord définir des politiques susceptibles de jouer un rôle significatif dans le développement des villes côtières anciennes qui, d'un côté, risquent de ne pas bénéficier des flux d'investissement, et de l’autre d'être complètement inadaptées. Les politiques de logement et de tourisme deviennent alors prioritaires, aussi bien pour contrôler les tendances spontanées que dans le but de mettre sur pied de nouveaux ensembles fonctionnels, pouvant intégrer la ville dans un processus de développement respectueux du patrimoine historique et urbain, et, dans le même temps, être attentifs aux nécessités de logement des populations.

Le secteur du tourisme s'est occupé des zones côtières dont le développement était ralenti, tandis que les politiques de développement de l'habitat ont surtout été mises en œuvre pour satisfaire la demande et donc la croissance démographique. Il s'agit maintenant de combiner ces deux réalités pour les intégrer dans un même dessein.

Les instruments que la politique territoriale peut utiliser doivent viser à :

Par ailleurs, il faudra bien sûr protéger la vieille ville des flux démographiques en provenance des campagnes, par exemple à travers la création "d’opportunités intermédiaires" - s'interposant entre les zones d'origine de ces flux et leur destination sur la côte -, à savoir les villes de rééquilibre, les nouvelles installations productives ou les aires d’agriculture commerciale. Un projet régional d'intervention s’occupera de modérer les flux d’immigration dirigés vers les villes côtières, en évitant la croissance des bidonvilles ou bien encore, comme dans le cas d'Essaouira, la densification des quartiers historiques anciens.

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