Environnement et développement
dans les régions côtières et les petites îles
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CSI info 7

3. COMMUNICATION ET EDUCATION – CONCLUSIONS ET RECOMMENDATIONS

DÉVELOPPEMENT DURABLE DES RÉGIONS CÔTIÈRES: RÔLE DE LA COMMUNICATION ET DE L'ENSEIGNEMENT

Note de la rédaction : l'atelier technique a décidé, après en avoir débattu, d'employer l'abréviation SICOM (initiales de Sustainable Integrated Coastal Management - Gestion intégrée et durable des régions côtières) dans toute cette partie du rapport. Cette décision se justifie par le rôle que joue cet atelier dans le cadre de la PACSICOM. Il est entendu que la SICOM recouvre plusieurs notions : développement durable des côtes, modes de vie durables dans les régions côtières, gestion de la zone côtière et utilisation durable des ressources côtières.

A. SITUATION ACTUELLE

Après délibérations et consultations, l'atelier technique sur le "Développement durable des régions côtières : rôle de la communication et de l'enseignement" a passé en revue les divers facteurs et les causes des problèmes, partant des prémisses que l'écosystème global se compose de l'atmosphère, la lithosphère, l'hydrosphère et la biosphère, éléments indissociables qui entrent, par ailleurs, en interaction avec les facteurs sociaux, économiques et culturels et de répartition des rôles masculin/féminin.

Le résumé des débats ci-dessous fait état des questions évoquées. Il était indispensable de définir d'un commun accord les divers éléments de la SICOM.

1 . Gestion intégrée des côtes

2 . Enseignement

3 . Communication

B. RECOMMENDATIONS

1 . Enseignement supérieur

Etant donné l'existence, dans la plupart des pays africains à façade maritime, de programmes valables sur la gestion des côtes, il paraît utile de centraliser les informations et de les mettre en commun.

Etant donné qu'il est nécessaire que le grand public comme les décideurs et les professionnels aient une meilleure connaissance des problèmes écologiques et de la gestion intégrée des régions côtières, et que cela implique la compréhension des sciences de l'environnement et des sciences humaines,

Etant donné que les problèmes de gestion des côtes et d'environnement sont complexes, interconnectés et évolutifs et qu'il existe déjà des programmes couronnés de succès dans plusieurs universités africaines, qui sont en mesure de proposer des modèles de programmes d'enseignement au niveau de la licence et audelà, ainsi que de formation en cours d'emploi, nous préconisons la hiérarchie suivante des priorités :

a) faire l'inventaire de l'expérience et des compétences dans ce domaine tant au point de vue humain que structurel, en mettant à profit les compilations existantes,
b) établir des programmes de formation et de recherche dans les domaines suivants :
i) formation des formateurs,
ii) programmes universitaires du niveau de la licence, comprenant des cours sur les problèmes d'environnement,
iii) former des spécialistes en sciences de l'environnement et en gestion des côtes aux niveaux maîtrise et doctorat,
iv) créer des cours spéciaux à l'intention de professionnels tels que fonctionnaires de haut niveau, gestionnaires, juristes, enseignants, hommes d'affaires et journalistes,
v) créer des chaires UNESCO consacrées à la gestion intégrée et durable des côtes, a fin de renforcer les compétences et les moyens régionaux.

En outre, l'atelier technique recommande :

2 . Enseignement scolaire

Eu égard à l'importance de la zone côtière quant aux moyens d'existence des populations, en particulier celles qui vivent à proximité de la mer, de nombreux pays africains savent que l'éducation relative à l'environnement constitue le véhicule le plus adapté pour traiter du sujet et s'e fforcent d'introduire dans cet enseignement les questions côtières. Il n'en reste pas moins que ni les études de sciences naturelles ni celles de sciences sociales aux niveaux scolaires primaire et secondaire ne traitent de façon satisfaisante les questions de mise en valeur des côtes.

L'atelier technique recommande en conséquence :

i) que les gouvernements revoient leurs politiques pédagogiques pour y introduire l'éducation relative à l'environnement, y compris le développement durable des régions côtières,
  • en créant ou en renforçant des organes interdisciplinaires et intersectoriels capables de planifier et de coordonner une éducation relative à l'environnement qui accorderait une juste place au développement intégré et durable des zones côtières.
ii) que les gouvernements lancent ou renforcent des programmes de formation pour l'éducation relative à l'environnement, à l'intention des concepteurs de programmes pédagogiques, des enseignants et de leurs formateurs, ainsi que des personnels administratifs,
  • en introduisant l'éducation relative à l'environnement dans la formation initiale et permanente des enseignants et en organisant régulièrement des séminaires et des stages, en collaboration avec les établissements de formation, les ONG etc.
  • en établissant un point central pour l'éducation relative à l'environnement.

iii) que les gouvernements et autres entités pertinentes apportent à l'éducation relative à l'environnement tout l'appui financier et logistique nécessaire,
  • en prévoyant des allocations bu d gétaires à cet effet et en recherchant des aides complémentaires auprès des organismes et des agences internationales et du secteur privé.

iv) que les gouvernements s'assurent que l'éducation relative à l'environnement inclue les questions concernant la zone côtière et garantissent leur maintien à travers les différents niveaux de la scolarité, de la manière suivante :
  • en introduisant de façon progressive la dimension écologique dans le programme scolaire et en mettant en place un mécanisme d'évaluation et de suivi ;
  • en créant et en diffusant du matériel pédagogique approprié.

v) Les gouvernements devraient promouvoir la coopération régionale et l'échange d'informations et d'expérience dans la rédaction du contenu des programmes et la formation des enseignants ;
  • en organisant régulièrement des forums d'échange d'informations entre experts de la gestion côtière et éducateurs ;
  • en créant des bases de données régionales et en s'appuyant sur d'autres ressources, telles qu'Internet, des bulletins d'information etc.

3. Communication

L'atelier technique a formulé les recommandations suivantes :

i) Situation (état actuel) :
La notion de communication (transfert horizontal et vertical de technologie et de connaissances) en matière de SICOM n'est pas bien comprise.
Ce qu'il faut faire :
Développer des ressources humaines formées aux processus de communication et d'information (collecte, traitement et diffusion des informations) parmi les diverses catégories de parties prenantes, conformément aux "meilleurs pratiques" de gestion intégrée et durable des côtes (SICOM).
Comment s'y prendre :
  • En assurant la formation de toutes les parties prenantes (dans les ministères, les médias, le secteur privé) aux méthodes actives de la communication et à la gestion de l'information.
  • Enformant des pro fessionnels des médias aux questions de SICOM.
  • Enformant dans les communautés locales du personnel chargé d'évaluer, de traiter et de diffuser les informations sur la SICOM.
ii) Situation (état actuel) :
Les médias ne peuvent améliorer le traitement des questions relatives à la SICOM qu'en apprenant à la connaître mieux.
Ce qu'il faut faire :
Fournir aux médias des informations appropriées et les données disponibles sur les initiatives en cours et prévues en matière de
SICOM.
Comment s'y prendre :
Mettre en place des organes d'information et de coordination entre les attachés de presse des ministères concernés , les gestionnaires des régions côtières et les médias en faisant appel aux technologies de l'information et de la communication (TIC).
iii)  Situation (état actuel) :
Les divers organismes et agences de l'Etat ne coordonnent pas suffisamment les programmes, les projets et les activités de SICOM .
Ce qu'il faut faire :
  • Créer un comité interministériel chargé de l'information et de la communication sur les questions de SICOM.
  • Elaborer, à l'échelon des ministères, des politiques d'information et de communication.
  • Définir des structures nationales d'information.
Comment s'y prendre :
  • Créer des points de contact entre les attachés de presse et les ministères concernés, les responsables de la SICOM et les médias.
  • Créer une unité interdisciplinaire spéciale sur la communication ayant trait à la SICOM.
  • Etablir, à tous les échelons de l'Etat, des forums de discussion pour évaluer les besoins en information et en communication sur les questions de SICOM.
  • Créer des réseaux d'information, comme préconisé dans les Plans nationaux d'action sur l'environnement (PNAE).
iv)  Situation (état actuel) :
Le secteur privé doit s'impliquer davantage dans la SICOM.
Ce qu'il faut faire :
Reconnaître le rôle primordial que doit jouer le secteur privé dans la SICOM.
Comment s'y prendre :
  • Lancer des campagnes de sensibilisationen direction des médias.
  • Accroître le volume d'informations sur la législation relative à l'environnement dans la presse écrite et la production vidéo et télévisuelle.
  • Encourager le secteur privé à s'impliquer, en instituant une "citoyenneté de l'environnement".
v) Situation (état actuel) :
Il faudrait établir un système d'observation et d'évaluation participative, qui ferait rapport à l'Etat, au secteur privé et aux organisations internationales concernées, de la volonté de s'impliquer dans les problèmes de SICOM.
Ce qu'il faut faire :
  • Créer des systèmes de "retour d'information" (observation et évaluation) entre collectivités locales, organismes d'Etat et agences des Nations unies.
  • Reconnaître et accepter l'importance des médias pour faire connaître la SICOM.

Comment s'y prendre :

  • Mettre en place des mécanismes d'observation et d'évaluation de l'implication entre les communautés locales de base et les différents partenaires, par l'établissement d'un flux systématique d'information en retour.
  • Sensibiliser l'Etat, le secteur privé et les parties prenantes à tous les échelons, au rôle essentiel que doivent jouer les médias pour faire connaître les programmes, les projets et les activités de la SICOM.
  • Autoriser la création de médias indépendants ainsi que locaux (communautaires) destinés à fournir à la collectivité les inform ations dont elle a besoin en matière de SICOM.
vi) 

Situation (état actuel) :
Intégrer concrètement aux projets de la SICOM les aspirations socio-culturelles des communautés de base.
Ce qu'il faut faire :
Introduire dans les réponses apportées aux problèmes de SICOM les connaissances des communautés autochtones ainsi que leurs valeurs sociales et culturelles.
Comment s'y prendre :
A fin de garantir leur participation active, organiser des rencontres spécifiques où les communautés partageraient leurs expériences et exprimeraient leurs attentes concernant les projets de SICOM.

 
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