| Environnement
et développement dans les régions côtières et les petites îles |
CSI info 7
4. DÉCLARATION RÉCAPITULATIVE ET RECOMMANDATIONS PARTICULIÈRES DES ATELIERS TECHNIQUES
Premièrement. La gestion durable et intégrée des zones côtières est un processus exigeant une mise en oeuvre précise et continue (voir note de la rédaction). Les ateliers techniques ont particulièrement insisté sur les principes à respecter pour par-venir à cette gestion durable et intégrée, à savoir :
| 1. | L'équité entre les êtres humains et entre les générations, ce qui implique à la fois la gestion durable des ressources naturelles et la préservation de la nature et du patrimoine culturel ; |
| 2. | La participation des collectivités, grâce à la communication , à tous les niveaux et toutes les étapes des prises de décision ; |
| 3. | La reconnaissance et l'utilisation des savoirs des populations autochtones ainsi que le respect de leurs droits fonciers ; |
| 4. | La reconnaissance de besoins spécifiques chez les États insulaire s, du fait de leur vulnérabilité et des contraintes qu'ils subissent ; |
| 5. | L'acquisition de connaissances techniques solides basées sur l' intégration des variables scientifiques, sociales et économiques pertinentes, la surveillance des aspects sociaux, économiques et des conditions naturelles et la prévision des changements ; |
| 6. | La coopération entre le secteur structuré et le secteur informel pour les prises de décision concernant le développement et la répartition des ressources ; |
| 7. | L'adoption d'une législation adéquate pour amender les mandats des structures institutionnelles et la modification des droits des usagers ainsi que l'introduction de mécanismes appropriés pour réglementer les activités et résoudre les différends ; |
| 8. | La recherche d'un consensus de base pour assurer une gestion viable et prévenir les différends ; |
| 9. | Une approche pédagogique globale et multidisciplinaire dans l' enseignement officiel et l'enseignement parallèle ; |
| 10. | L'utilisation efficace des organes d'information officiels et parallèles ; |
| 11. | La formation de professionnels pour que tous les principes énoncés ci-dessus soient appliqués ; |
Nous recommandons fortement l'application de ces principes de base pour instaurer une gestion intégrée et durable des zones côtières en Afrique. Les Ministres ont approuvé ces principes comme l'atteste la Déclaration de la Conférence de Maputo.
Deuxièmement. Les recommandations détaillées faites par les ateliers techniques sont consignées dans le rapport ci-joint. Elles reflètent le point de vue collectif des participants sur les actions à entreprendre à l'avenir pour parvenir à une gestion durable et intégrée des zones côtières en Afrique. Nous demandons aux Ministres d'approuver et d'appuyer ces recommandations.
Troisièmement. Nous souhaitons souligner les recommandations particulières suivantes faites par les ateliers techniques qui sont exposées en détails dans leur rapport commun.
| 1. | Il est essentiel que les Parties prenantes bâtissent un consensus solide pour assurer la gestion intégrée et durable des zones côtières. Les Etats doivent adopter des dispositions institutionnelles et des mécanismes juridiques pour définir les rôles respectifs des administrations centrales, provinciales et locales, de la société civile et des organismes du secteur privé, ainsi que leurs interactions. La solidarité régionale et internationale ainsi que le partenariat sont nécessaires pour pouvoir harmoniser les besoins locaux avec les préoccupations et les intérêts généraux ; | |
| 2. | La création d'une base d' information fiable pour la planification locale et régionale nécessite : | |
| a) | La mise en réseau des centres nationaux d'information sur les mers qui baignent le continent ; | |
| b) | Le renforcement et l'élargissement du réseau de stations de surveillance de l'élévation du niveau des mers en Afrique ; | |
| c) | La constitution d'un réseau d'experts formés à l'exploitation des données obtenues par télédétection satellitaire ; | |
| d) | L'adoption de mesures de facilitation pour la mise en place rapide de systèmes modernes de communication électronique dont Internet et les mécanismes de transfert de données ; | |
| 3. | Le renforcement des capacités consiste à développer les ressources humaines, les infrastructures, et les ressources financières ainsi que des politiques nationales d'appui. Les priorités établies dans ce domaine pour assurer la gestion durable et intégrée des zones côtières sont : | |
| a) | La formation et l'enseignement dans les disciplines relatives aux sciences et techniques de la mer ; | |
| b) | Le renforcement du cadre institutionnel ; | |
| c) | Un financement durable ; | |
| d) | L'intégration de la gestion des zones côtières dans les plans de développement et les plans environnementaux nationaux. | |
| 4. | Pour assurer l' harmonisation des programmes et des projets et leur durabilité if faut : | |
| a) | Créer un Comité directeur interministériel pour la gestion intégrée et durable des zones côtières qui traitera de diverses questions dont la communication et l'information, en vue de coordonner et d'assurer la collaboration effective entre les institutions et avec les collectivités concernées ; | |
| b) | Renforcer l'efficacité et la qualité du transfert des informations entre les institutions gouvernementales, leurs agents, les organisations internationales et les organisations non gouvernementales impliquées dans la mise en oeuvre des projets, grâce à l'utilisation de technologies de l'information et de la communication appropriées ; | |
| c) | Mettre en place des mécanismes appropriés pour une participation aux analyses, à la surveillance et aux évaluations. | |
| 5. | L'éducation environnementale est importante pour assurer la gestion durable et intégrée des zones côtières et il est essentiel que les gouvernements : | |
| a) | Améliorent et renforcent la place de l'écologie, à tous les niveaux de l'enseignement, structuré ou parallèle ; | |
| b) | Impliquent tous les organismes concernés du système des Nations Unies, les organisations non gouvernementales et le secteur privé, en vue de garantir une approche intégrée et interdisciplinaire propre à permettre la gestion intégrée et durable des zones côtières. | |
| 6. | Une évaluation du potentiel des ressources terres tres dans les régions côtières est nécessaire et des efforts doivent être faits pour assurer leur exploitation écologiquement rationnelle, y compris la prise de mesures pour la participation d'experts des sciences de la terre. Les instances nationales et internationales pourraient financer les projets de recherche géoscientifique et la formation dans ce domaine. | |
| 7. | La gestion des bassins hydrographiques et celle des régions côtières devraient être étroitement liées. La coordination et les échanges appropriées devraient présider à l'élaboration des plans de gestion des ressources en eau et des plans d'exploitation des sols et d'aménagement urbain. Les organisations chargées des bassins hydro-graphiques internationaux devraient être renforcées pour assurer la gestion, la protection et l'exploitation appropriées des eaux internationales, grâce à des initiatives locales et nationales et à la coopération régionale. Des relations plus étroites entre les décideurs et la communauté scientifique devraient être encouragées et une base de connaissances élargie constituée grâce à l'éducation et à la recherche. | |
Nous demandons instamment aux Etats africains, en collaboration avec les organisateurs de la Conférence et les autres partenaires, dans le domaine technique et pour le développement, d'accorder une attention particulière à la mise en oeuvre rapide et efficace de ces mesures.