Environnement et développement
dans les régions côtières et les petites îles
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CSI info 7

5. ACTIONS PROPOSÉES PAR L’ATELIER SUR LES QUESTIONS INTERSECTORIELLES

Les actions proposées ici ne sont pas exactement le produit de l’atelier sur la communication et l’éducation tel que présenté ici, mais leurs auteurs ont effectivement participé aux travaux de l’atelier intersectoriel qui les a synthétisées. Il se trouve qu’elles sont particulièrement pertinentes pour ce qui est de la communication et de l’éducation.

Au terme de leurs deux jours de travail sur le caractère intersectoriel de la gestion du milieu marin et des zones côtières de l'Afrique, y compris les bassins hydrographiques et les bassins versants, les participants à l'Atelier sur les questions intersectorielles ont défini les actions à entre-prendre en priorité dans la région en s'appuyant sur les structures nationales, régionales et internationales en place et ont présenté les recommandations suivantes :

1. Renforcer le cadre institutionnel et juridique existant pour une gestion intégrée des zones côtières :
a) En tenant compte des problèmes liés au milieu marin et aux zones côtières dans les politiques nationales de développement pour guider la gestion durable des zones côtières ;
b) En donnant aux institutions nationales :
i) Un mandat suffisamment large pour leur permettre de traiter efficacement les problèmes multidisciplinaires et complexes que pose la gestion des zones côtières ;
ii) La responsabilité de promouvoir une approche multisectorielle pour gérer les zones côtières ;
iii) Le pouvoir de réglementer et de faciliter l'application des politiques environnementales ainsi que d'influencer les stratégies nationales de développement dont dépend systématiquement la protection du milieu marin et des zones côtières ;
iv) La responsabilité d'accélérer la ratification de tous les accords, conventions et protocoles sous-régionaux, régionaux et inter-nationaux pertinents relatifs à l'environnement ;
v) Une législation nationale appropriée et en assurant sa cohérence avec les accords, conventions, et protocoles sous-régionaux, régionaux et internationaux relatifs à l'environnement correspondants.
2. Veiller à assurer la viabilité des programmes et projets et à les faire accepter en y impliquant toutes les parties prenantes concernées grâce :
a) À la participation, dans la mesure du possible, des collectivités locales et grâce à la formation, la mise en oeuvre, le suivi et l'évaluation des politiques, plans, projets et programmes ;
b) À la coopération effective des organisations non gouvernementales afin de faciliter la gestion des zones côtières ;
c) À la collaboration du secteur privé aux initiatives de mise en valeur et de protection des zones côtières ;
d) Au respect d'une parité hommes/femmes.
3. Se dôter des capacités locales qui permettront de traiter, dans toute leur complexité, les problèmes liés au milieu marin et aux zones côtières de l'Afrique :
a) En se dotant des compétences humaines et techniques en sciences naturelles et sociales dont a besoin la région ;
b) En élargissant les programmes scolaires, à tous les niveaux d'enseignement, pour y introduire l'étude du milieu marin et des zones côtières.
4. Renforcer la collecte et la diffusion de l'information scientifique pour permettre une gestion efficace des zones côtières grâce :
a) Au développement d'une re cherche scientifique orientée sur la gestion du milieu marin ;
b) Au recueil, à l'utilisation et à la protection des savoirs traditionnels ;
c) A la mesure et au contrôle régulier des variables relatives à l'environnement pour pouvoir prévoir les changements possibles ;
d) A l'utilisation de mécanismes appropriés de diffusion de l'information ;
e) Au partage de l'information, des données et de l'expérience relatives aux programmes et projets de gestion intégrée et durable des zones côtières ;
f) A l'identification de méthodologies communes et à l'harmonisation de la collecte de l'information ;
g) A des évaluations périodiques des initiatives de gestion intégrée des zones côtières pour en faire connaître les enseignements.
5. Améliorer la coopération aux niveaux sous-régional, régional et international pour que l'Afrique puisse traiter les nouveaux problèmes liés à son milieu marin et à ses zones côtières :
a) En révisant et en actualisant les conventions, les protocoles et les plans d'action sous-régionaux et régionaux existants ;
b) En coordonnant et en harmonisant les projets et programmes pour éviter les doubles emplois, la concurrence et les gaspillages ;
c) En tirant parti des capacités locales dans la mise en oeuvre des initiatives sous-régionales et régionales.
6. Donner confiance et assurer le succès de la gestion intégrée des zones côtières :
a) En lançant de nouveaux projets et programmes de démonstration pour la gestion intégrée et durable des zones côtières dans la région, pour compléter ceux positifs déjà en cours, dont le Programme de gestion intégrée de la côte de Tanga (République-Unie de Tanzanie), le projet relatif à l'écosystème marin du Golfe de Guinée (Afrique de l'Ouest), le projet de protection des zones côtières et des terres humides du Golfe d'Hammamet (Tunisie) et autres ;
b) En repérant et en protégeant les sites présentant une valeur culturelle et spirituelle ainsi que les zones renfermant une grande diversité biologique ;
c) En atténuant les impacts néfastes sur l'environnement.
7. Créer des mécanismes durables de financement pour que :
a) Les gouvernements donnent la priorité au Programme de gestion intégrée et durable des zones côtières et prennent les dispositions budgétaires adéquates pour sa mise en oeuvre ;
b) Les gouvernements honorent les engagements financiers pris en ratifiant les conventions et protocoles ;
c) Les gouvernements recourent à des mesures d'incitation pour encourager le secteur privé à contribuer financièrement à la mise en oeuvre des programmes et projets de gestion durable et intégrée des zones côtières ;
d) Les organismes donateurs bilatéraux et multilatéraux accordent leur appui aux programmes et projets répondants aux priorités nationales, sous-régionales et régionales ;
e) L'appui apporté par la Facilité Environnement Mondial à l'Afrique soit équitablement réparti.
8. Veiller à la poursuite de l'instauration du mode de gestion du milieu marin et des zones côtières lancé à la Conférence Panafricaine sur la Gestion Durable et Intégrée du Milieu Marin et des Zones Côtières :
a) En faisant participer activement tous les pays africains au processus engagé à la Conférence, en particulier en les incitant à participer à la Conférence du Cap et à la Conférence du partenariat prévues respectivement en 1998 et en 1999 et en assurant le suivi de la Conférence de Maputo au niveau sous-régional ;
b) En s'assurant de l'appui de l'Organisation de l'unité africaine, de la Commission économique pour l'Afrique, des organes intergouvernementaux de la région, des organisations régionales et sous-régionales traitant de l'environnement, des organismes de l'Organisation des Nations Unies et des autres organisations multilatérales et bilatérales compétentes pour concrétiser les conclusions de la Conférence de Maputo et en assurer le suivi.
    
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