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COMMUNICATION ET EDUCATION EN VUE DU DÉVELOPPEMENT DURABLE DES ZONES CÔTIÈRES : LES RÔLES MASCULIN/FÉMININ
Margaret Gathoni Karembu, Université du Kenyata, Kenya
INTRODUCTION
La communication est un acte essentiel de la vie. L'efficacité de la communication conditionne le degré de transfert des connaissances. Si l'acquisition du savoir est une condition préalable à tout progrès socio-économique et technologique, l'information, quant à elle, est à la fois l'indispensable catalyseur et le produit de ce progrès. L'histoire récente du monde illustre la contribution qu'apporte l'information au développement. Témoin le fait qu'en dépit des lourds investissements consacrés à la recherche scientifique et à l'innovation technologique pour combattre la surex-ploitation des écosystèmes, peu de résultats ont été obtenus en termes d'applications pratiques. La distance qui sépare la disponibilité des technologies/du savoir scientifique et leur sous-utilisation semble due, dans une large mesure, à la complexité de sa présentation habituelle. De toute évidence, le chaînon faible c'est la communication.
A côté de cela, il apparaît maintenant évident que, jusqu'ici, les campagnes d'information sur le développement (essentiellement dirigées du haut vers le bas) ne faisaient aucun cas de leurs destinataires, détenteurs cependant d'une vaste gamme de connaissances, d'une technologie et d'un savoir-faire autochtones. Il s'agit du savoir et des pratiques (dits traditionnels) que les communautés utilisent depuis des millénaires pour agir sur leur environnement et s'y adapter de façon durable. Or ce sont en majorité des femmes qui sont impliquées dans ce phénomène. Et même si le rôle que jouent les femmes pour garantir aux habitants des campagnes et des villes des moyens d'existence durables est aujourd'hui largement reconnu elles n'en ont pas pour autant gagné leur participation à la collecte, au traitement et à la diffusion des informations à ce sujet. Ce déséquilibre est masqué par la carence généralisée de la coordination et de la collaboration entre les différentes parties concernées par le processus de développement.
Il en résulte une détérioration et une précarisation croissantes des milieux naturels et urbains qui n'ont pas épargné les régions côtières et les petites îles. Alors qu'elles n'avaient pas encore succombé aux abus de l'interférence humaine, ces régions commencent à donner des signes de précarité : érosion du rivage, chute de la production halieutique, baisse de la qualité des eaux, dégradation des écosystèmes côtiers et conflits sur l'utilisation des ressources (Mwandotto, 1997). Cela n'a rien d'étonnant, compte tenu de la diversité et de la complexité des intérêts en jeu chez les principaux acteurs du développement des régions côtières tels que le gouvernement, les entreprises privées et les communautés locales. La présente communication se propose de démontrer que toute stratégie de communication et d'éducation visant à traiter en profondeur la question de la durabilité dans le développement des zones côtières devra impérativement prendre en compte l'ensemble des intérêts et des motivations de préservation, de protection ou de gestion des ressources qui animent les différents acteurs. Un dénominateur commun, pour élaborer cette stratégie, est la prise de conscience de l'influence qu' exerce le facteur genre (masculin/féminin) sur la communication, l'éducation et l'information. C'est l'objet du présent document.
LES RECHERCHES PRÉCÉDENTES
Les études sur les rôles masculin/féminin s'inscrivent dans le cadre du droit des gens à diriger et à influencer leurs propres vies et leurs conditions de vie. A la différence de l'idée généralement admise selon laquelle les questions de genre concernent des problèmes féminins, l'analyse du facteur genre contribue à élargir le champ des connaissances sur le rôle et les interactions des hommes et des femmes et les contraintes qu'ils affrontent pour survivre. Diverses études à ce sujet (Southeimer, 1991; IDRC, 1995; Picark, 1994; Sigot et coll., 1995) ont montré que les hommes et les femmes jouent des rôles différents dans la société, ce qui implique qu'en matière d'information et de communication ils ont des besoins différents , mais néanmoins synergiques.
De la même façon, la répartition du savoir dans une société donnée est conditionnée par le facteur genre, parmi d'autres facteurs tels que l'âge et le métier. Il importe donc que les personnes chargées d'enseigner la communication soient conscientes, lorsqu'elles recueillent ou diffusent des informations sur les questions de développement (ici, développement des régions côtières et des petites îles), de ce que les connaissances se répartissent différemment à l'intérieur d'un même groupe social. Chez les Mbeere du Tharaka Nithiau Kenya, par exemple, les recherches ont mis en lumière le fait que les femmes âgées ont la meilleure connaissance des petites plantes annuelles, les jeunes garçons bergers des fruits sauvages comestibles, tandis que les collecteurs de miel sont les mieux informés de la séquence des floraisons locales (IUCN, 1993).
Nous abordons maintenant les principaux domaines d'analyse à considérer pour mener une enquête sur le genre en relation avec la communication. Ce sont :
i) Les relations masculin/féminin
Dans toute unité sociale à analyser, il existe des disparités liées au sexe à l'égard de la jouissance et de la maîtrise des ressources, de la prise de décisions et des chances offertes par la vie socio-économique. L'une des ressources les plus précieuses dont peut disposer toute communauté est l'information, qui représente un puissant mécanisme capable de conduire au progrès social et économique. Être informé c'est, pour les communautés et groupes sociaux, pouvoir mener une politique exercer des pressions, apprendre, collaborer, faire des campagnes et réagir à des difficultés. Il est donc juste de dire que la démocratisation de la société (où démocratie signifie possibilité de choisir et de décider) dépend, dans une large mesure, de la quantité, de la qualité et de l'accessibilité des inform ations. Il s'agit d'un principe vital pour qui s'intéresse aux rôles de la communication et de l'éducation dans la perspective d'une mise en valeur durable des régions côtières.
Situation actuelle concernant les relations liées au genre et à la communication
Dans le contexte africain, la plupart des sociétés sont de type patriarcal et excluent les femmes de la propriété des ressources. L'accès aux ressources et leur maîtrise, ainsi que la prise de décisions, laissent les femmes en marge, tant pour les intrants que pour les produits. La teneur des informations transmises aux femmes est habituellement déterminée sans leur avis ou leur accord. Comme le fait remarquer le Centre canadien de recherche sur le développement international (IDRC, 1995) :
"Les femmes sont prisonnières d'un réseau de dépendance politique et économique par rapport aux hommes qui marquent leur vie : les pères quand elles sont enfants, les époux lors qu'elles sont mariées, les frères lorsqu'elles sont veuves".
Comparées aux hommes, les femmes ont peu de pouvoir aux niveaux local, national et international de la société et laissent les autres (entendez les voix mâles) décider ce qui est important pour elles, mais avec quelles conséquences ? Les femmes se retrouvent simples destinataires d'une information qui est souvent sans intérêt et sans rapport avec leurs besoins et leurs aspirations.
Incidences des relations masculin/féminin sur la stratégie de communication et d'éducation
Les moyens d'accès à l'information impliquent une dépense, pour plus modeste soit-elle-depuis les échanges verbaux, qui peuvent coûter le prix d'un déplacement personnel ou d'une communication téléphonique, l'achat de journaux ou d'autres imprimés, d'un poste de radio ou de télévision -jusqu'aux technologies plus évoluées d'information et de communication (les TIC). Au sein des sociétés patriarcales, qui sont dominantes en Afrique, le nombre de femmes ayant les moyens financiers d'exercer effectivement leur droit d'accès à l'information (collecte, traitement et diffusion) est bien inférieur à celui des hommes. Même lorsque les supports matériels sont disponibles, les femmes ont peu de chances d'accéder au type d'informations qu'elles devraient obtenir, ou même de les sélectionner, car leur degré de participation à la prise de décisions et à la conduite de la vie socio-économique est infime.
Elaborer des stratégies de renforcement du rôle que doivent jouer la communication et l'éducation dans le développement durable des zones côtières soulève plusieurs questions liées au principe de la distinction entre les sexes. Elles s'articulent autour du grand problème du droit des usagers tels que définis par les dive rses parties prenantes. En voici deux exemples :
Quelle que soit la manière d'aborder ces questions, le choix doit se faire entre les médias grand public (radio, télévision, presse), les médias alternatifs (folklore, marionnettes, spectacles music aux, théâtre de rue) et les autoroutes modernes de l'information (les TIC). La question à résoudre pour chacun consiste à savoir si les professionnels de la communication sont bien préparés à traiter de façon fiable et durable les problèmes de la zone côtière, en faisant appel aux moyens adéquats d'information eu égard à la complexité des questions d'environnement.
J'aborde maintenant le second domaine important dans l'analyse des genres masculin/ féminin.
ii) Rôles et responsabilités liés au sexe
En Afrique, les hommes et les femmes ont des rôles et des responsabilités distincts, fondés, en grande partie, sur la coutume et les normes sociales. La diversité culturelle et les orientations sociales quant à la division du travail font que les hommes et les femmes assument des responsabilités et des tâches définies socialement et culturellement comme distinctes, au sein de la maisonnée comme dans la communauté. Les hommes se concentrent essentiellement dans le secteur industriel, alors que les femmes remplissent le triple rôle de reproduction, de production (80% dans l'agriculture) et de services à rendre à la communauté. Les connaissances et l'expérience acquises dans l'exercice de ces rôles, ainsi que leurs exigences propres, conduisent les femmes et les hommes à avoir des besoins et des aspirations différents.
Situation actuelle concernant les rôles liés aux genres et la communication
Dans le contexte africain, les femmes sont responsables de la production et des services communautaires. Ce rôle et cette responsabilité leur imposent de faire des expériences, d'observer l'environnement et d'en tirer des leçons. Ce faisant, elles acquièrent une connaissance et une expérience spécialisées dans la gestion durable des ressources. Elles deviennent détentrices d'un précieux savoir autochtone qui a le plus souvent une connotation "scientifique".
Dans l'exercice de leurs nombreux rôles essentiels tels que l'approvisionnement en eau et sa gestion pour la famille, les femmes ont appris dans quels types de terrains elles peuvent trouver des sources d'approvisionnement en eau, fiables et de bonne qualité. Les femmes sont ainsi les piliers de la famille africaine traditionnelle et devraient à ce titre jouer un rôle essentiel dans le développement en y apportant leur savoir et leur information. Malheureusement leur contribution est souvent négligée et exclue du circuit de la communication. La valeur des connaissances et du savoir-faire des femmes sur le milieu n'est pas reconnue, elle est méprisée. Et lorsque leurs avoir est considéré comme décisif, elles ont tendance à en perdre la maîtrise. Même dans l'organisation traditionnelle de l'autorité et dans la prise de décisions les femmes sont rarement impliquées.
La charge de travail que la tradition fait peser sur les femmes a d'autres conséquences qui accentuent encore leur marginalisation dans l'arène de l'information et de la communication. Leurs chances de scolarisation sont généralement compromises, ce qui explique leur faible taux de représentation dans le secteur professionnel (niveau cadre). Il y a donc moins de femmes que d'hommes qui ont les moyens financiers de jouir pleinement des droits d'accès à l'information (coût du matériel). Le faible niveau d'instruction des femmes est un facteur important de leur incapacité à partager équitablement les bienfaits des technologies de l'information et de la communication (TIC) alors que les progrès des TIC sont en train de marquer de plus en plus fortement le paysage de l'activité humaine. A ce jour, les TIC ont le pouvoir de changer la face du monde par leurs effets sur la croissance économique et la productivité. Que les femmes aient tant à offrir et à prendre pose des questions sur leur absence dans ce domaine et sur les moyens de remédier à ces déséquilibres.
Implications des rôles masculin/féminin sur une stratégie de communication et d'éducation en vue de la gestion des régions côtières
Parmi les contraintes identifiées, basées sur la distinction des rôles selon le sexe, il y a les influences traditionnelles et culturelles, qui imposent la subordination des femmes, au point qu'elles intériorisent leur marginalisation, se découragent, perdent confiance et ont une faible estime et une mauvaise image d'elles-mêmes. Une autre contrainte de taille est leur manque de temps, étant donnée leur charge de travail. En fait, elles ne peuvent même pas exiger du temps car elles sont toute entières au service de leur communauté et plus précisément des hommes. En réflé chissant aux "quand" et "comment" les femmes pourraient participer activement à la stratégie de communication, les travailleurs sociaux devront avoir cela à l'esprit. Prenez, par exemple, les émissions de radio : quel est le meilleur moment pour les diffuser, pour les femmes ? Parmi d'autres contraintes, l'on voit également apparaître la pauvreté des femmes - quelque 75% de la population mondiale est pauvre, et les femmes constituent la majorité des pauvres (Dankelman et Davidson, 1988) - ainsi que leur manque de pouvoir et de participation à la vie politique et à la prise de décisions.
Le principe des rôles liés au sexe et leur analyse soulèvent des questions pertinentes, aux-quelles les stratégies de communication et d'éducation devraient apporter une réponse :
Il ressort de ces observations que, en dépit des contraintes qu'elles subissent, les femmes présentent un fort potentiel en tant qu'éducatrices de la communauté et que le facteur de genre devrait être placé au coeur de toute stratégie efficace de communication concernant la mise en valeur des régions côtières.
Conscientes de certains des principaux obstacles que nous avons évoqués sur la voie de leur pleine contribution au processus de développement, les femmes ont trouvé plusieurs moyens de les surmonter. L'un d'eux, que l'on retrouve fréquemment, est la capacité à s'organiser. Que ce soit spontané ou suggéré par d'autres, le nombre d'organisations féminines ne cesse d'augmenter. En fait, on assiste depuis quelques années à une multiplication des groupes de femmes démontrant une grande diversité en termes de portée de leur action, leur composition et de leur accès aux ressources. La structure actuelle et en devenir des organisations de femmes offre un point de départ à la mise en valeur du rôle des femmes comme porte-parole de la communauté.
Je traiterai maintenant de la position actuelle de tels groupes dans le champ de l'information et de la communication.
Participation des groupements féminins à la collecte, au traitement et à la diffusion de l'information
Les groupes de femmes jouent un rôle important dans le développement collectif et individuel. D'une part, les membres sont libres d'exprimer plus clairement leurs besoins ; ils répondent à des difficultés sociales, contribuent à mettre en commun les ressources et ouvrent des voies au développement (Kabutha, 1992). En second lieu, les membres du groupe s'entraident en cas de nécessité ou de pauvreté et aident aussi la communauté à satisfaire ses exigences. Bien qu'ils diffèrent par leurs ambitions et leurs structures, ils sont le plus souvent constitués pour répondre à ces besoins communs : difficulté d'accès aux ressources, au crédit et à l'information. Le manque aigu de cette dernière fait obstacle au développement. Il est dû, en grande partie, au climat social, économique et politique dominant dans chaque Etat ou région.
Les modes de communication de ces groupes sont révélateurs de leur structure et illustrent chacun l'un des aspects de l'information. Cela va du simple face à face jusqu'aux réseaux complexes de l'espace cybernétique, ce qui influence nécessairement le contenu de la communication. En outre, puisque les groupes se constituent pour satisfaire des besoins et atteindre des objectifs précis, ils traduisent nettement la perception qu'ont les femmes du processus de développement : participation et responsabilité collective.
Cité par Mathangani
(1989), March soutient l'utilité d'observer des groupes de femmes en vue d'élaborer
une stratégie de communication :
"Du fait que les groupements féminins se forment toujours dans un but déterminé,
comprendre les types de fonctions qui suscitent l'organisation des femmes nous
renseignera sur leurs besoins et sur les moyens qu'elles envisagent pour les
satisfaire. Analyser ces fonctions peut aider à préciser les questions sur lesquelles
les projets dev ront être axés" (p. 312).
L'appartenance à un groupe fait naître un sentiment de solidarité qui abolit les différences sociales et culturelles tout en favorisant l'estime de soi et la confiance en soi. Cela confère alors un certain pouvoir aux femmes traduit par leur contribution collective à la prise de décisions.
Le présent exposé ne vise pas à traiter de groupes précis mais à dégager, de la compilation d'articles consacrés à ce sujet, quelques observations - clés sur la participation des femmes à la collecte, au traitement et à la diffusion des informations. Les observations les plus pertinentes sont les suivantes :
Suggestions pour améliorer la participation actuelle des femmes à la collecte et la diffusion des informations
En conclusion, les personnes chargées d'enseigner la communication, ainsi que les principales parties concernées par le développement des régions côtières, devraient se persuader de ce que les meilleurs travaux de recherche n'ont aucune valeur si leurs conclusions ne sont pas partagées avec toutes les parties prenantes puis converties en actes. Priorité doit être donnée à s'emparer immédiatement des connaissances nouvelles et à découvrir les moyens adéquats de les présenter à un auditoire plus vaste. Pour ce faire, la stratégie de communication et d'éducation devrait s'appuyer sur des recherches finalisées abordant les nombreux domaines d'intérêt pratique et stratégique jusqu'ici négligés dans le champ de l'information-communication.
Suggestions sur les moyens d'améliorer la communication
BIBLIOGRAPHIE ET LECTURES CONSEILLÉES
Bussette, G.; Rajasunderam, C. V. (Eds.) 1996. Participatory Development Communication; A West African Agenda. IDRC, Ottawa.
Charity, K. 1992. Women’s Organization for Conservation. In: Women, Conservation and Agriculture: A Manual for Trainers. Commonwealth Secretariat, London
Dankelman, I.; Davidson J. 1988. Women and Environment in the Third World: Alliance for the Future. Earthscan Publications Ltd., London.
International Development Research Centre, 1995. Missing Links: Gender Equity in Science and Technology for Development, IDRC, Ottawa.
IUCN 1993. African Biodiversity Strategy. World Conservation Union (IUCN); Worldwide Fund for Nature (WWF); World Resources Institute (WRI).
Kabutha, C. 1992. Women's Organization for Conservation. In: Women, Conservation and Agriculture : A Manual for Trainers. Commonwealth Secretariat, London.
Mathangani, S. W. 1989. Information and Women in Development. In: Report of the Expert Group Meeting on the Establishment of a Data Bank on Women and Development in Africa. 15-19 May, Addis Ababa, Ethiopia.
Mwandotto, B. A. J. 1997. Integrated Coastal Area Mangement : Strategy Towards Sustainable Development in Kenya. In: Sustainable Coastal Development, UNESCO-Kenya National Seminar Report, Whitesands Hotel, Mombasa, 23-25 June. UNESCO, Nairobi.
Picark, S. T. 1994. Women and Rural Development : Perspectives to the Year 2000. Institute of African Studies (IAS), UON. Discussion Paper (unpublished).
Sigot, L; Thrup A.; Green J. (Eds.) 1995. Towards Common Ground: Gender and Natural Resources Management in Africa. ACTS Press, Nairobi.
Southeimer, S. (Ed.) 1991. Women and the Environment: A Reader; Crises and Development in the Third World. Earthscan Publications Ltd., London.