Environnement et développement
dans les régions côtières et les petites îles
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CSI info 7

DÉVELOPPEMENT DURABLE DES CÔTES : COMMUNICATION ET EDUCATION DANS LES ZONES CÔTIÈRES DU KENYA

B.A.J. Mwandotto, Agence de développement du littoral, Kenya

INTRODUCTION

En 1995, l'initiative Gestion intégrée de la zone côtière (SICOM) au Kenya, née du Plan d'action national pour l'environnement (PANE) et de certains autres protocoles internationaux, a réuni des hôteliers, des chercheurs, des planificateurs, des gestionnaires de ressources et des universitaires de différentes Facultés afin de définir les problèmes qui se posent aux résidents du littoral aux abords de la ville de Mombassa. D'autres personnes concernées ont par la suite été consultées afin de confirmer les problèmes à soulever concernant la zone étudiée et d'avaliser la stratégie, en complétant l'évaluation et en dressant la liste de toutes leurs suggestions. Il s'agissait, cette fois, d'administrateurs, d'exploitants maritimes, de négociants en bois de mangrove, de pêcheurs et d'agents des services touristiques. Un organisme avait été désigné pour coordonner les opérations.

En faisant participer toutes ces personnes, la liste des questions suivantes a pu être dressée : rapidité de l'urbanisation, appauvrissement des zones de pêche récifales, baisse de la qualité de l'eau, érosion du trait de côte, dégradation d'autres écosystèmes côtiers et utilisations conflictuelles des ressources. Des stratégies à court terme et à long terme pour résoudre les problèmes ont alors été élaborées et synthétisées dans un document intitulé "Stratégies". Celles-ci doivent être mises en oeuvre par différents organismes ou personnes appropriés, en fonction de leurs attributions, de leur expérience et de leurs moyens techniques ou budgétaires. Dans un premier temps, certains projets ayant valeur de démonstration sont en cours d'exécution afin de prouver le véritable potentiel de la SICOM comme instrument de gestion des ressources côtières. Pour soutenir ces efforts, des groupes de travail de volontaires spécialisés dans diverses techniques ont ensuite été mis en place pour répondre aux différents problèmes. Ils mettront en pratique et surveilleront l'exécution des stratégies sous l'autorité d'un secrétariat et d'un Comité interagences de pilotage de la gestion des côtes. Etant moi-même depuis quatre ans l'un des coordonnateurs du projet, je souhaiterais ici faire partager mon expérience à mes collègues de la région.

L'ENSEIGNEMENT CLASSIQUE

L'enseignement classique forme l'individu et l'intègre dans la société locale et globale. Le niveau de l'enseignement dispensé dans la plupart de nos communautés côtières est faible, si bien que l'environnement et la biologie des ressources sont mal connus - et le sont encore plus les principes de leur protection dans la perspective d'une exploitation durable. On ignore, par exemple, dans la région, que le corail est un organisme vivant qui exige des conditions particulières pour continuer à croître et se développer. De par l'enseignement qu'elles ont reçu, les personnes concernées ne savent pas, non plus, que les produits locaux peuvent être utilisés de façon différente ou remplacés par d'autres produits afin d'éviter leur surexploitation. Cela limite aussi leur capacité de prendre des risques en adoptant des technologies nouvelles, appropriées et pourtant peu coûteuses. Heureusement, la richesse des informations fournies par les travaux de recherche sur le site d'étude permet de relever le défi consistant à sensibiliser les communautés et à les faire participer à la mise en oeuvre d'opérations spécifiques de développement.

EDUCATION ET EXPÉRIENCE CULTURELLES

L'éducation et l'expérience culturelles sont la somme des connaissances accumulées par la pratique et les usages pendant des générations. Elles ont donc fait la preuve de leur durabilité. Les méthodes modernes de gestion des côtes doivent accepter de s'appuyer sur ce corpus de connaissances et croiser l'expérience culturelle avec la science moderne afin d'atteindre les résultats escomptés. Les garants de ce savoir sont très réticents à le faire partager : il faut donc trouver des moyens d'incitation qui récompensent le partage du savoir autochtone, lorsqu'on cherche à l'introduire dans les programmes de développement. Ce type de savoir culturel couvre des domaines tels que la construction de bateaux, la navigation à la voile, la pêche de nuit, les migrations saisonnières de bancs de poissons pélagiques, les remontées d'eaux froides, la pêche sélective etc.

COMMUNICATION

La réussite des projets portant sur les côtes dépendra dans une grande mesure de la bonne entente établie entre toutes les parties intéressées y compris les représentants du gouvernement et les bénéficiaires ou défenseurs des projets. Lorsque notre tourisme côtier souffre d'une mauvaise publicité ou image, par exemple, il faudrait corriger cela par une campagne de communication appropriée car il s'agit de soutenir une industrie qui représente quelque 60% des revenus du tourisme national. Il faudrait encourager la traduction des politiques, des stratégies et des priorités dans les diverses langues locales, même si au Kenya la langue nationale, qui fait notre unité, trouve son origine sur le littoral. Notre expérience a été largement diffusée par la radio nationale et par des conférences internationales. Notre document Stratégies a été mis sur Internet par nos collaborateurs de l'Université de Rhode Island. Les codes de conduite proposés pour nos aires de protection sont parfaitement articulés avec les procédures d'études d'impact sur l'environnement, qui seront incorporées à la politique gouvernementale pour l'environnement. La formation en cours d'emploi, la formation de formateurs et les cours de mise à niveau semblent être les méthodes de communication les plus efficaces pour les unités déjà engagées dans des opérations spécifiques : elles informent les travailleurs des dernières techniques et méthodes. Les avantages traversent la barrière des générations puisque les futurs leaders prennent conscience des problèmes côtiers à un stade précoce de leur vie professionnelle.

RENFORCEMENT DES CAPACITÉS

Un autre facteur de réussite à long terme du processus de SICOM est la mise en place d'une masse critique de personnel formé, d'un cadre national fonctionnel et d'un mode de financement durable puisqu'il provient essentiellement de chacun des pays eux-mêmes. Cette politique garantira l'intensification, l'extension et la nationalisation des projets pilotes de la SICOM. La poursuite du partage de l'expérience et l'utilisation intensive des compétences techniques venues de l'extérieur sont encouragés. Les efforts nationaux s'intégreront ainsi dans l'orbite régionale et internationale.

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