Environnement et développement
dans les régions côtières et les petites îles

CSI info 10

ISE EN ŒUVRE DES “PRATIQUES ÉCLAIRÉES”                                ANNEXE 3

COMMUNICATION POUR LA DISCUSSION THÉMATIQUE III
(basé sur les communications sur les pratiques éclairées et les discussions électroniques)

Ne sommes-nous pas en train de transiger sur nos efforts en nous concentrant sur le développement des “pratiques éclairées” mais en oubliant de nous occuper de leur mise en œuvre (faisabilité, coûts, et ressources humaines) ? (G. Cambers

PRENDRE EN COMPTE LES CONTEXTES LOCAUX DE GOUVERNANCE 

Les conséquences des contextes nationaux variés, sont soulignées par A. Boina par l’exemple des PEID de l’océan indien : “Le contexte national diffère d’un pays à l’autre. Il ne s’agit pas de simples variations locales, mais de différences fondamentales dans les cadres institutionnels sur lesquels reposent et dans lesquels évoluent les relations avec les populations locales. L’éventail des types d’autorité gouvernementale est large – allant des gouvernements centralisés de l’île Maurice et des Seychelles, à celui contraire des Comores, ou encore à la structure de gouvernement central souple de Madagascar ou à celle de la régionalisation à la française à la Réunion. De plus, la capacité, ou plutôt la détermination, de la société civile à s’organiser en dehors des structures politiques officielles, en associations communautaires, ONG, et organisations locales, illustre la variété de styles de gouvernement local. Ceci inclut (comme aux Seychelles) une approbation préalable des décisions du gouvernement central par les citoyens et (aux Comores) des actions communautaires qui se substituent aux mesures gouvernementales. Le capital même de partenariat, le fondement et les moyens d’une gestion intégrée des régions côtières, doivent être développés sur la base de ces réalités locales distinctes. 

UTILISER AUSSI LES CADRES INSTITUTIONNELS EXISTANTS 

Comme l’indique G. Cambers : “la plu part des cadres institutionnels dans les Caraïbes sont de nature sectorielle et risquent fort de le rester. (…) Des agences à base plus large ne sont pas prêtes de voir le jour à court ou moyen terme. Une manière de contourner cette contrainte est de chercher des fonctions similaires parmi les agences existantes et d’essayer de les coordonner. De telles pratiques éclairées peuvent être élaborées dans le cadre des structures institutionnelles en place, et elles assurent une efficacité accrue en maximisant l’utilisation des ressources physiques et humaines”. 

BIEN ESTIMER LE TEMPS SUPPLÉMENTAIRE NÉCESSAIRE À L’INTÉGRATION ET LA COORDINATION

Lors de la mise en œuvre des “pratiques éclairées”, G. Cambers nous rappelle qu’il est très important de bien évaluer le temps de mobilisation en ressources humaines. D’après elle, ne pas évaluer les coûts en temps supplémentaire nécessaire pour la coordination et l’intégration est une des raisons pour lesquelles les plus petites îles des Caraïbes ont connu si peu “d’histoires à succès” en GIZC

LE “TIMING” EST ESSENTIEL

Une fois encore, G. Cambers note : “une autre observation à faire en matière de mise en œuvre concerne le “timing”. La période juste après des catastrophes naturelles offre souvent une excellente ouverture pour la mise en œuvre d’une pratique éclairée. Le public et les hommes politiques sont en général plus réceptifs au changement dans les pratiques après des catastrophes naturelles telles que des ouragans. Cependant, on sera récompensé si l’on fait le travail de fond avant la catastrophe naturelle, même si le soutien politique est faible ou en demi-teinte. Si le travail de fond a été réalisé, il est souvent possible de mettre en œuvre la pratique éclairée dans l’ouverture post-catastrophe. 

DÉPASSER DES CONDITIONS POLITIQUES ADVERSES

P. Espeut demande : Comment dépasser des conditions politiques adverses pour renforcer la participation de la société civile dans la prise de décisions pour un développement durable ? La question de “l’intérêt et de la volonté politique” est fondamentale à toute tentative de mise en œuvre d’une “pratique éclairée”.

TROUVER UN ÉQUILIBRE ENTRE DES PRIORITÉS POTENTIELLEMENT EN CONFLIT

N. Hinshiranan nous rappelle que la mise en œuvre signifie trouver le bon équilibre entre des objectifs conflictuels. Elle pose plus particulièrement la question de l’équilibre entre la conservation de l’environnement ou de la biodiversité et l’utilisation des ressources par les communautés locales. 

RÉSENTATION SUR LA CONFÉRENCE MONDIALE SUR LA SCIENCE                                ANNEXE 4

Susan Schneegans, UNESCO, au nom du Secrétaire de la conférence

Mesdames et Messieurs,

Vous vous demandez peut-être pourquoi une présentation sur la Conférence mondiale sur la science a été incluse dans le programme d'un atelier sur le développement des pratiques éclairées dans les régions côtières. C'est parce que cet atelier fait partie des rencontres officielles associées à la Conférence mondiale. À ce titre, l'atelier est invité à soumettre des recommandations que l'on fera circuler aux participants pendant la Conférence qui durera six jours en juin prochain (NDLT : Juin 1999). Vos suggestions serviront à stimuler le débat et pourraient avoir une influence sur les décisions finales.

Je m'adresse à vous au nom du Secrétaire de la Conférence mondiale sur la science, Howard Moore, qui n'a malheureusement pas pu être la aujourd'hui car il participe à une autre réunion associée à l'autre bout du monde, à Sydney.

“L’année prochaine, la Conférence mondiale sur la science est une chance unique de réévaluer la dynamique de la coopération scientifique internationale et d'aborder les défis auxquels elle fait face actuellement”. Ce n'est pas moi qui l'annonce mais cela se trouve dans le dernier numéro du premier journal en science, Nature, et je partage les propos de l'auteur.

De grands espoirs se greffent à cette conférence et nous ne devons pas les décevoir. La Conférence mondiale sur la science est une occasion en or pour la communauté scientifique, les décideurs et les représentants de la société civile dans son ensemble, y compris le monde industriel et les jeunes, de discuter de ce qu'ils attendent de la science au 21 i è m e siècle et des moyens que la société peut donner à la science pour qu'elle accomplisse cette tache à l'échelle mondiale. Vous aurez compris qu'en raison de la diversité des participants que je viens juste d'énumérer, la Conférence ne sera une rencontre ni scientifique ni intergouvernementale mais plutôt une combinaison des deux, un forum rassemblant scientifiques et gouvernements pour discuter sur un pied d'égalité, de la direction vers laquelle la science devrait aller pour le siècle prochain. Il était normal que l'UNESCO choisisse comme principal partenaire de cette entreprise l'organisation non-gouvernementale la plus au fait représentant la communauté scientifique, Le Conseil international pour la science (CIUS), qui regroupe environ 25 unions scientifiques internationales et 95 académies scientifique ou conseils de recherche de part le monde. Le CIUS est aussi un des partenaires les plus anciens de l'UNESCO.

La Conférence s'attachera à renforcer l'engagement mutuel entre les sciences naturelles et la société en révisant ce à quoi je ferai référence dans la suite de ce texte par le “contrat science-société”. Les scientifiques ne sont pas des ermites, contrairement à la caricature du scientifique enfermé sans interruption dans son laboratoire pendant des jours, indifférent au reste du monde. Cette image n'aurait sans doute pas fait sourciller grand monde lorsque Vannevar Bush écrivait son célèbre rapport au President Harry Truman intitulé “La science – la frontière infinie”, qui a inauguré le modèle linéaire selon lequel la recherche fondamentale conduit à la recherche appliquée et finalement au développement technologique.

Mais les temps ont changé. Le modèle linéaire a perdu de sa pertinence à mesure que les frontières entre science fondamentale et appliquée sont devenues moins tranchées. La fin de la guerre froide, coïncidant avec des avancées dans les technologies de l'information et de la communication, a remplacé la politique des grandes puissances par une course mondiale à la compétitivité économique. En effet, la grande majorité de l'aide technique apportée aux pays en développement pendant la guerre froide avait pour but tacite d'encourager ces pays à embrasser une idéologie politique particulière. Aujourd'hui, la justification de la science en tant que support de la défense et du prestige national est moins évidente. En même temps, la société demande à la science de s'intéresser en priorité aux questions et besoins sociaux. On a dit que la logique du contrat social actuel est arriérée parce qu'elle part de la science et essaie d'en prouver l'utilité au lieu de partir des besoins nationaux et de démontrer que la science y répond.

Un élément important de la Conférence mondiale sur la science sera d'élaborer un nouveau contrat science-société afin de s'assurer que la science prenne en compte les besoins et les préoccupations de la société et que la société en retour reconnaisse les énormes bénéfices que la science peut apporter, en s'engageant davantage vis-à-vis de la science en terme de soutien politique et financier. Le nouveau contrat science-société sera une Déclaration sur la Science accompagnée d'un Agenda de la Science – un cadre d'action, donnant les détails pratiques de l'application des principes énoncés dans la Déclaration. On espère qu'après discussions, les deux documents seront adoptés par la Conférence.

La Conférence sera divisée en trois forums principaux :
Forum I – Science : résultats, imperfections et défis
Forum II – La science dans la société
Forum III – Vers un nouvel engagement dans les sciences

Il n'y a pas assez de temps pour rentrer ici dans les détails de tous les thèmes de la Conférence – ceux-ci sont donnés dans le programme qui vous a été distribué – mais j'aimerais en aborder brièvement un ou deux qui pourraient être pertinents dans le cadre de cet atelier.

Horgan a donné à son article en 1996 un titre curieux “La fin de la science : faire face aux limites, au crépuscule de l'âge scientifique”. Son verdict est un peu prématuré quand tant reste encore à faire. Car si nous pouvons être fiers des résultats scientifiques des cinquante dernières années, il ne faut pas s'en contenter. Des disparités terribles demeurent entre les riches et les pauvres : par exemple, il y a plus de lignes téléphoniques à Manhattan, New York que dans l'ensemble de l'Afrique sub-saharienne. La science aura un rôle clé à jouer dans le développement au cours du siècle prochain ; la Conférence soulignera la nécessité pour la science de traiter des questions sociales telles que la croissance économique, l'emploi, l'équité sociale, la santé publique, la pauvreté et la sécurité alimentaire. Le changement climatique, la rareté et la qualité de l'eau douce, la protection réelle de l'environnement, l'utilisation prudente des ressources naturelles et la protection de la biodiversité sont aussi des questions environnementales urgentes pour les pays en développement et développés. Ces problèmes sociaux et environnementaux sont inextricablement liés. En raison de la complexité même des problèmes actuels, aller dans la direction du développement durable implique une approche intégrée incorporant la trans et l'interdisciplinarité.

Les contributions que peuvent apporter d'autres formes de connaissance à la résolution des problèmes et à l'avancement du savoir, en particulier dans les domaines de l'environnement et de la médecine, seront explorés par la Conférence au cours d’un après-midi table ronde dédiée aux savoirs, méthodes et outils traditionnels.

Sans aucun doute, l'une des révélations de plus grande portée au cours des dernières décennies est que les êtres humains sont une force environnementale majeure sur la planète : nous provoquons des changements irréversibles dans la biosphère, les cycles biogéochimiques, le système climatique mondial et les paysages naturels du globe. La qualité de la vie – et peut être même la survie de la vie – sur notre planète au siècle prochain dépendra de la réussite de la science à résoudre les problèmes générés par cette influence croissante.

Mais la science ne peut réussir seule. Le soutien du public est essentiel si l’on veut résoudre les problèmes sociaux et environnementaux de plus en plus complexes auquel le monde actuel doit faire face.

Cependant, si les sciences ont besoin de la société, la société semble douter de ses besoins envers la science. Dans les pays développés en tout cas, la confiance en la science s'est effritée au cours des dernières années. Maintenant que les menaces liées à la guerre froide ont disparues, les gouvernements et le grand public remettent en question leur soutien passé aveugle à la science. Alors qu'augmenter l’instruction scientifique dans le monde entier est un objectif souhaitable, le manque de confiance dans la science ne doit pas être seulement attribué à l'ignorance du public. Les tragédies humaines dues aux catastrophes non-naturelles tels que l'utilisation imprudente de DDT, les fuites de produits chimiques toxiques de Bohpal ou l'accident du réacteur nucléaire de Chernobyl expliquent clairement la crise de confiance actuelle. Bien que les risques ne puissent être entièrement éliminés, il est de toute première importance d'améliorer la transparence et le contrôle du risque.

Le passage de la science dirigée par le producteur à la recherche orientée par les utilisateurs implique un contrôle par la société et les scientifiques des conséquences éthiques, morales et économiques des découvertes et des nouvelles technologies. En d'autres mots, il faut doter la science d'une conscience. Les scientifiques qui se dissocient des applications pratiques de leur propre recherche en adoptant une position de neutralité refusent le lien étroit entre science et technologie. Si la confiance du public doit revenir, les scientifiques doivent parler clairement des risques potentiels associés à l'application de la science et on doit se mettre d'accord sur les niveaux de risques acceptables pour les différents types de technologies. Mais en termes concrets, comment encourager un débat démocratique tout en maintenant l'autonomie de la science ? Comment assurer d'une plus grande participation du public dans le processus décisionnel ? Les suisses ont trouvé une solution : le référendum. Près de 67% des électeurs suisses ont récemment voté de ne pas bannir la production, l'acquisition et la distribution des animaux transgéniques et la mise en circulation délibérée de tous organismes génétiquement modifiés.

Je devrai peut être souligner, en référence à ce que j'ai dit plus haut concernant le passage d'une recherche influencée par ceux qui la produisent à une recherche influencée par ceux qui l'utilisent, que cette tendance n'implique en aucun cas que la recherche fondamentale soit devenue moins importante pour le développement. En fait, c'est l'inverse qui est vrai. Les sciences fondamentales sont essentielles pour le développement, non seulement parce que d'une part elles génèrent les connaissances nouvelles nécessaires à la résolution de problèmes actuels d'une complexité toujours croissante et qu'elle offrent une base solide en matière de possibilité techniques qui sont indispensables pour innover, mais aussi, parce que l'éducation en science, quand elle est rendue accessible à tous sans discrimination, donne naissance à une population dotée d'une culture générale en sciences et à une main d’œuvre qualifiée, toutes deux sont les ressources sont les plus précieuses d'une nation.

Les gouvernements dans les pays développés et en développement on un rôle clé à jouer dans le soutien à la science fondamentale. Bien que la recherche du secteur privé soit en croissance rapide, ce secteur préfère investir dans la recherche appliquée, puisque la recherche à long terme est par définition incompatible avec la loi économique de rapide retour en investissement et la nature même de la recherche fondamentale – son imprévisibilité – signifie que, la recherche fondamentale qu’elle soit stimulée par la curiosité ou les problèmes, n'apporte des bénéfices ou ne trouve des applications économiques que plusieurs années ou décennies après le début du projet. Malheureusement, les gouvernements eux-mêmes tendent à penser en cycles de deux ou trois ans. Et pourtant que peut-on savoir du changement climatique global après deux ans seulement de suivi ? Les scientifiques participants à la Conférence tenteront de faire entendre aux décideurs que les approches à court terme en recherche fondamentale sont des approches sans vision.

Une conséquence de la globalisation et de la croissance de la recherche du secteur privé est la pression croissante exercée sur la science pour qu'elle fasse d’un “bien public” – ou propriété publique – “une marchandise”. Le danger existe de voir le savoir n’être qu'une autre marchandise sur le marché.

La Conférence mondiale sur la science examinera les manières de préserver et de promouvoir l'égalité dans l'accès à l'information. Laisser la science devenir une “marchandise” aurait des conséquences désastreuses pour les scientifiques des pays en développement, qui sont les plus vulnérables à la commercialisation des données scientifiques car souvent, ils n'ont pas les moyens de se confronter avec leurs collègues des nations plus riches. Le monde en développement est déjà marginalisé au sein même de la science en raison de la dominance de la langue anglaise dans la communauté scientifique internationale et par un système d'évaluation de la productivité scientifique qui ne repose que sur l'analyse de citations.... Une plus grande coopération sud-sud est un des moyens d'aborder ce problème.

Les nouvelles technologies de l'information et de la communication ont aidé à réduire les coûts de la recherche scientifique, en rendant les données accessibles collectivement – qui sont souvent chères à rassembler et à produire. Le partage collectif des données conduit à de nouvelles configurations institutionnelles telles que des “centres virtuels” et permet d'établir des relations électroniques ou “collaboratoires” entre les chercheurs de part le du monde. L'utilisation croissante des supports électroniques devrait faciliter le transfert d'information et permettre le développement de réseaux de recherche internationaux.

Mais des tensions existent. D'un côté la science a besoin d'un accès libre aux données dans le monde entier. D'un autre, le secteur privé a un grand intérêt à protéger les données dans certains domaines. Bien que les bases de données ne fassent pas l'objet de droits d'auteurs parce qu'elles ne remplissent pas le critère de créativité dans l'organisation des données, certains secteurs de l'industrie réclament une nouvelle clause en matière de droits d'auteurs pour protéger leurs investissements en création de bases de données et se protéger du piratage. L'extension de ces droits pourrait imposer des contraintes sérieuses à la science et à l'éducation, limitant les possibilités d'accès aux données scientifiques et leur utilisation par les chercheurs et les enseignants. Il serait plus difficile aux chercheurs de compiler des bases de données mondiales ou régionales, ou de ré-utiliser et re-combiner des données pour des publications ou pour l'enseignement. Si nous ne sommes pas vigilants, ces nouvelles technologies de l'information et de la communication pourraient avoir l'effet pervers d'accroître encore plus le fossé du savoir entre les pays développés et ceux en voie de développement.

La nécessité de revitaliser la coopération internationale s'impose d'elle-même, non seulement pour un partage plus équitable de l'information, mais aussi pour réellement résoudre des problèmes majeurs nationaux, régionaux et globaux à un coût abordable, par le partage des moyens, des équipements et des ressources humaines. À cet égard, les ressources libérées par la conversion des complexes militaro-industriels ne pourraient-elles pas être réaffectées au traitement des problèmes régionaux ou globaux ?

La Conférence mondiale sur la science examinera toutes ces questions et d'autres. Je voudrais conclure en disant – au risque de décevoir Horgan – que la fin du 20 i è m e siècle ne marquera pas plus la fin de la science que celle de l'Histoire. Ce qu'elle devrait marquer – si la Conférence l'année prochaine atteint son objectif – c'est le début d'un nouvel engagement vis-à-vis de la science par les pays en développement et développés.

Merci, Mesdames et Messieurs, de votre attention. 

RÉFÉRENCES :

Bush, V. 1945. Science the Endless Frontier. Report to President Harry Truman.

Dickson, D. 1996. Rewriting the rules for a post Cold War world. Nature, 396 (6709). November.

Fukuyama, F. 1992. The End of History and the Last Man. Free Press. New York.

Horgan, J. 1996. The End of science: Facing the Limits in the Twilight of the Scientific Age. Helix Books, Addison Wesley, Reading, Mass. USA.

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