Environnement et développement
dans les régions côtières et les petites îles
  
PARTIE A RAPPORT SUR L'ATELIER CSI info 10

INTRODUCTION

Un atelier intersectoriel intitulé “Vers des pratiques éclairées pour le développement des régions côtières” s’est tenu au siège de l’UNESCO à Paris du 30 novembre au 4 décembre 1998, organisé par la plate-forme “Environnement et développement dans les régions côtières et les petites îles” (CSI) de l’Organisation. Les directeurs des projets pilotes et des Chaires UNESCO du monde entier se sont réunis avec leurs collègues des secteurs de l’UNESCO, dévolus aux sciences fondamentales et naturelles, aux sciences humaines et sociales, à la culture, à la communication et à l’éducation.

Les exposés et les discussions ont couvert des thèmes variés, des manières d’intégrer les sciences naturelles et sociales jusqu’au rôle de la participation des communautés et de la communication dans le développement de pratiques éclairées ; et la préservation du patrimoine culturel sous-marin jusqu’à la définition et le rôle de l’économie environnementale. La diversité des thèmes a mis en lumière la variété des domaines d’action des projets pilotes et des Chaires CSI, ainsi que l’étendue géographique qui variaient d’une simple ville à un réseau circumpolaire. Le thème central rassemblant les intérêts et les expériences des participants, était d’essayer de définir la nature et la portée des pratiques éclairées pour le développement des régions côtières. Au début de l’atelier, de nombreux participants ont indiqué la nécessité de développer un langage commun afin de discuter des pratiques éclairées de manière productive. Vers la fin de l’atelier, les participants ont fini par réaliser que les pratiques éclairées constituent elles-mêmes ce langage commun.

Avant l’atelier, un groupe de discussion électronique (GDE) avait été organisé pour une période de deux mois afin de développer certaines des idées initiales concernant les pratiques éclairées. Les résultats de ce GDE ont été combinés avec les contributions apportées en amont de l’atelier par les directeurs des projets pilotes pour servir de point de départ aux discussions. Ces communications traitaient des critères des pratiques éclairées, des pratiques éclairées exemplaires et de leur mise en oeuvre. Au cours de l’atelier, un certain progrès a été fait en ce qui concerne la définition des pratiques éclairées par la mise au point d’une liste de critères pouvant être utilisés pour décrire ces pratiques.

L’accent a été continuellement mis sur la nécessité d’une communication, par tous les moyens disponibles, entre tous les secteurs de la société. Deux moyens de communication relativement récents ont été employés pendant l’atelier, l’un étant le groupe de discussion électronique organisé avant l’atelier, et l’autre une conférence en multiplex organisée pendant la réunion entre un groupe de participants à l’atelier et un groupe de pêcheurs en Jamaïque, ces derniers faisant partie d’un des projets pilotes de CSI. Ces deux “nouveaux” moyens de communication ont été employés avec succès et ont fortement amélioré les débats entre participants.

Les participants à l’atelier ont reconnu que leur travail n’était pas achevé après une semaine à Paris, qu’il ne faisait en fait que commencer. La décision a été prise de continuer les débats par le biais des groupes de discussion électronique organisés à l’échelle mondiale et régionale. Ces discussions électroniques devraient se concentrer tout d’abord sur un travail plus approfondi de définition des critères des pratiques éclairées, qui seraient ensuite utilisées pour analyser les pratiques éclairées exemplaires.

Les activités faisant suite à l’atelier, qui ont débuté en 1999 et se poursuivent en 2000, se sont développées par l’intermédiaire d’un groupe de discussion électronique, suivi d’un forum virtuel à l’échelle mondiale. Un rapport sur les progrès réalisés par le forum virtuel, jusqu’au début de 2000, est inclus dans la partie B de la présente publication.

Notes :
  • En ce qui concerne le terme “éclairées” par rapport à celui plus fréquent de “meilleures” (dans “meilleures pratiques”), notez que l’emploi de “meilleures”, en tant que superlatif, implique l’existence d’une démarche UNIQUE qui soit supérieure aux autres. Étant donné la diversité sociale, culturelle et écologique des contextes locaux auxquels ces recommandations devraient s’appliquer, “éclairées” est considéré comme un descripteur mieux adapté.

  • La gestion intégrée des régions côtières, la gestion intégrée des zones côtières (GIZC), la gestion intégrée des côtes (GIC), etc. : plusieurs termes et leurs acronymes sont utilisés à travers le monde pour indiquer la même idée ou une idée similaire, avec parfois une insistance sur tel ou tel aspect du concept global. CSI de l’UNESCO emploie de préférence Gestion intégrée des régions côtières ; mais dans le présent document le choix de chaque participant a été respecté.

OUVERTURE DE SÉANCE

ALLOCUTIONS INAUGURALES

M. Iaccarino, Directeur général adjoint pour les Sciences naturelles, a accueilli les participants et exprimé sa satisfaction au regard de la grande diversité d’expertise et d’expérience des participants à l’atelier. Il a souligné l’importance des efforts intégrés et intersectoriels en faveur du développement durable des régions côtières et des petites îles. Il a mentionné le cadre politique international de cet effort :

  1. la Conférence de 1992 des Nations Unies sur l’Environnement et le Développement qui a conduit à la Déclaration de Río et à l’Agenda 21 (Chapitre 17) ;

  2. la Conférence mondiale des Nations Unies sur le développement durable des Petits États Insulaires en Développement ou, PEID qui s’est tenue à la Barbade en 1994 ;

  3. la “Convention sur la biodiversité” et le “Programme mondial d’action pour la protection de l’environnement marin à partir des sources de pollution terrestre” ;

  4. le “Congrès Panafricain sur la gestion intégrée durable des zones côtières” ou PACSICOM, qui s’est tenu à Maputo, Mozambique, en 1998.

Il a attiré l’attention des participants sur l’une des plus grande force de l’UNESCO, c’est à dire l’étendue de son mandat…, qui inclut les sciences fondamentales et naturelles, les sciences sociales et humaines, la culture, la communication et l’information, de même que l’éducation. En rassemblant ces domaines d’expertise divers mais complémentaires, CSI – la plate-forme pour l’Environnement et le développement dans les régions côtières et les petites îles – utilise au mieux cet avantage propre à l’UNESCO et peut aborder des problèmes complexes de manière holistique et complète. En tant que plate-forme de collaboration intersectorielle, CSI encourage la coopération entre les parties prenantes dans les États membres, entre scientifiques de traditions intellectuelles diverses, et entre les programmes et les projets complémentaires des domaines d’activité au sein de l’UNESCO. Ce regroupement d’expertise et d’expériences fournit le fondement nécessaire pour développer des solutions intégrées au défi des problèmes côtiers.

L. Prott, représentant le Directeur général adjoint pour la Culture, a expliqué qu’il y avait deux raison à l’intérêt porté par le Secteur de la Culture aux “Pratiques éclairées pour le développement des régions côtières”. La première raison est liée à la politique générale de ce secteur, autrement dit “l’importance des facteurs culturels en matière de développement et le besoin de développement culturel”. Les habitants des régions côtières et des îles ont des traditions millénaires de relation avec la mer, ce qui a eu un impact extraordinaire sur l’histoire culturelle. En raison de leur sens de l’aventure et de leur compétence, les premiers échanges culturels étaient plus étendus et nombreux dans les régions côtières qu’à l’intérieur des terres. Ceci se vérifie dans la persistance de langues, d’une histoire et de compétences dans des sociétés non-lettrées sur de vastes distances et au cours de nombreux siècles, offrant en même temps un microcosme pour une différentiation culturelle progressive. La deuxième raison réside dans le souci particulier du Secteur de la Culture au cours des prochaines années pour le développement international des mouvements des peuples indigènes. Ces peuples nous demande de ne pas dissocier la biodiversité, la médecine, de la connaissance traditionnelle des ressources, de ne pas séparer les objets des musées des objets de tous les jours produit avec art, de ne pas ignorer les traditions funéraires dans la course pour une meilleure connaissance de la biologie humaine, et, le plus important, de ne pas séparer le passé du présent et le futur. Ils sont les premiers penseurs interdisciplinaires, et ils ont beaucoup à nous apprendre dans tous ces domaines si nous écoutons. Beaucoup sont des peuples des régions côtières et des îles. Elle a remercié l’unité des régions côtières et des petites îles qui a pris la tête de ces projets interdisciplinaires et a aidé à la coordination des nombreuses unités différentes et des divers consultants impliqués.

B. Colin, représentant le Directeur général adjoint pour les Sciences sociales et humaines, a indiqué que le programme MOST (Gestion des transformations sociales) s’intéresse à plusieurs projets pilotes intersectoriels développés dans le cadre défini par l’Unité “Environnement et développement dans les régions côtières et les petites îles” (CSI). Trois projets développés par le Secteur des sciences sociales et humaines dans le cadre de CSI, en partenariat avec la Division des sciences de l’eau, le Centre du patrimoine mondial et le Secteur de l’éducation, souligne l’importance des facteurs sociaux et humains dans l’étude et la mise en oeuvre de projets de démonstration réalistes. Ceux-ci comprennent :

  1. “Aide aux quartiers pour l’amélioration des conditions de vie” dans les banlieues de Dakar, où 120000 personnes vivent dans un contexte urbain sans infrastructures urbaines de base ;

  2. Processus de survie dans la “zone circumpolaire” qui s’intéresse aux moyens de faire face localement et régionalement à l’économie mondiale, aux transformation technologiques et environnementales dans une perspective circumpolaire nordique. Les pays concernés sont la Norvège, le Danemark, la Finlande, la Russie, la Suède, l’Islande et le Canada ;

  3. Le réseau des petites villes historiques côtières” lancé en juin 1997 ; la première ville pilote étant celle d’Essaouira (Maroc), la seconde celle de Madhia (Tunisie), et celle prévue de Saïda (Liban).

Elle a souligné que l’expérience du travail intersectoriel est une question de première importance en ce qui concerne le succès des futures recherches et actions de l’UNESCO. Il offre une autre vision de développement et de meilleur compréhension des actions de l’UNESCO sur site et vis-à-vis des pendants nationaux. Elle a ajouté que le programme MOST et en particulier l’Unité pour les Villes et l’habitat humain, apprécierait d’être intégrés dans les projets CSI qui contiennent un volet social et des questions liées à L’homme, afin que les États Membres tirent un réel bénéfice des programmes de l’UNESCO.

ÉLECTION DU PRÉSIDENT ET DU RAPPORTEUR

La réunion a élu S. Diop comme Président et a accepté la nomination de D. Nakashima comme Rapporteur et de P. MacClenahan comme Rapporteur Adjoint. Le Président a présenté le programme et l’emploi du temps de la réunion et a demandé s’il y avait des commentaires ou des révisions à faire. Le programme et l’emploi du temps ont été acceptés sans modifications.

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