| Environnement
et développement dans les régions côtières et les petites îles |
CSI info 7
RÉSUMÉ DES OPINIONS ET DES EXPÉRIENCES : L'AFRIQUE DU SUD
André Share, Département de
l'environnement et du tourisme,
Rogge Bay, Le Cap, Afrique du Sud
Il y a une quinzaine d'années, le Département national de l'environnement et du tourisme d'Afrique du Sud a pris conscience, au terme d'une série d'ateliers tenus le long des côtes du pays, de la nécessité de définir une politique nationale en matière de communication et d'éducation sur la gestion du littoral. Au sein du Département, cela a donné lieu au lancement d'un programme, intitulé Programme consultatif d'aménagement du littoral. Ce programme était conduit par le Conseil de la recherche scientifique et industrielle (CSIR), pour le compte du Département jusqu'en 1995, date à laquelle se sont ajoutés deux coordonnateurs nationaux, l'un relevant du Département et l'autre du CSIR.
C'est aujourd'hui un programme national efficace au service des échanges d'informations, de la pédagogie et du renforcement des capacités, qui a pris le nom de CoastCARE. Il est coordonné par le Bureau d'aménagement du littoral, créé à cet effet au sein du Département.
Ses objectifs sont les suivants :
CoastCARE lance, coordonne et gère des projets axés sur la participation d'une vaste gamme de groupes d'intérêts. On y trouve par exemple les autorités locales, provinciales et nationales, les résidents locaux, les communautés côtières, les personnes qui exploitent les ressources pour en vivre ou pour leurs loisirs, des promoteurs de biens, des industriels, des scientifiques et des chercheurs, des touristes et vacanciers nationaux et étrangers, des jeunes, des étudiants, des environnementalistes, des agents de protection de la nature, des hommes politiques, des surveillants de l'application des lois, la confrérie des juristes, des organisations non gouvernementales et des organisations opérant dans le cadre des communautés.
CoastCARE emploie divers moyens pour toucher ces personnes, tels que cours, ateliers, séminaires ; présentations multimédias, vidéos pédagogiques, publications variées, radio, presse, manuel technique et système de signalétique par symboles.
Par suite de grandes difficultés en termes d'effectifs et de budget, CoastCARE dépend, dans une large mesure, du partenari at qu'il entretient avec divers organismes et acteurs de la société civile. Ce sont, entre autres, le secteur privé (qui finance la plupart des projets spécifiques coordonnés par CoastCARE); des services publics et des ONG ; des établissements de recherche et d'enseignement supérieur, ainsi que des consultants indépendants.
Voici quelques-uns des projets spécifiques qui se trouvent à différents stades de planification ou d'exécution sous l'égide de CoastCARE:
Une évaluation des besoins nationaux, assortie d'un ordre de priorité, en matière d'éducation et de formation dans le domaine de la gestion des côtes et de la mer est en cours, en collaboration avec le Réseau sud-africain de recherches côtières et océaniques (SANCOR). Il donnera lieu à une politique mieux coordonnée, précisant les normes minimales de toutes les activités de formation dans ce domaine. En Afrique du Sud, nombreux sont les petits stages et cours répondant à des besoins ponctuels ou individuels et organisés par des institutions les plus diverses, mais il n'existe, à l'heure actuelle, aucune coopération ou coordination de ces activités, ce qui entraîne parfois de coûteuses duplications d'efforts et la transmission d'informations de qualité douteuse. L'évaluation des besoins sera terminée avant la fin de 1998. Une stratégie sera élaborée et mise en application dès que le financement aura été obtenu .
Un manuel technique de gestion des côtes de l'Afrique du Sud est en préparation. Il est possible qu'il soit élargi à l'Afrique de l'Est si se concrétise la coopération avec le Secrétariat pour la gestion de la zone côtière de l'Afrique de l'Est (SEACAM). Sa première ébauche est en cours de révision ; il sera achevé et publié au début de l'année 1999. L'idée de ce manuel est née d'une enquête nationale qui lui attribuait un caractère d'urgence dans l'intérêt des gestionnaires du littoral employés par les organismes locaux et provinciaux, ainsi que pour le génie maritime, les urbanistes, les promoteurs et autres décideurs en ce domaine.
Il existe, à l'Aquarium des deux océans, au Cap, un programme pédagogique destiné aux groupes scolaires et au grand public (environ un million de visiteurs par an). Il comporte des expositions interactives informatisées et multimédias, des méthodes interactives d'enseignement telles que les marionnettes etc., des peintures murales et autres objets visuels concernant les côtes. Deux animateurs y sont affectés à plein temps.
On est en train de compléter une collection de vidéos qui sera finalement distribuée aux écoles, aux établissements d'enseignement supérieur et aux communautés côtières.
Une série de brochures explicatives sur les côtes, qui comprend des sujets tels que "Estuaires et lagunes", "Côtes rocheuses" etc. est distribuée gratuitement au public, aux écoles et aux agences de protection de la nature par le bureau de CoastCARE. Elle s'accompagne d'un poster qui constitue lui-même un support d'étude interactif.
Un site Web est en préparation. Il contiendra des informations sur le Bureau national de gestion des côtes, CoastCARE, et sur la côte en général.
Une stratégie nationale assortie d'un plan d'application pour coordonner la signalétique par symboles tout au long de la côte d'Afrique du Sud, a été mise au point en collaboration étroite avec des acteurs venant d'horizons très différents en Afrique du Sud. Elle sera mise en oeuvre sur une période de trois ans, dès que les fonds seront disponibles.
Telles sont quelques-unes des grandes initiatives de CoastCARE, à différents stades de préparation ou d'exécution.
Il importe de remarquer que tous ces projets sont élaborés et développés en collaboration étroite avec un grand nombre d'autres acteurs, de groupes d'intérêts et d'organisations car CoastCARE met tout en oeuvre pour que les informations s'échangent réellement et ne soient pas, comme c'est l'habitude, transmises du sommet vers la base, ce qui tend à aliéner la bonne volonté des gens. De solides liens de partenariat se sont formés au cours des années et CoastCARE espère élargir ses activités locales à l'échelle de l'ensem ble du continent, car nous sommes persuadés que l'avenir appartient à la coopération dans des programmes semblables, au niveau international et régional.