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and development in coastal regions and in small islands |
Dossiers régions côtières et petites îles 7
Lexique
Canari : poterie qui constitue l'élément central d'un khambe.
À demi enterré ou simplement posé sur le sol, comportant un couvercle (en
bois ou en poterie), le canari est rempli d'eau où baignent des racines au
nombre de sept et d'espèces différentes.
Cauri : petits coquillages blancs qui servent à faire de la divination.
Damel
: titre porté par les souverains successifs du Cayor, état qui s'étend à
l'est de la presqu'île du Cap-Vert et qui
est né de la dislocation de l'Empire du Djolof dans la deuxième moitié du XVIe
siècle.
Djaraf
: à la tête de la communauté villageoise, il remplit un rôle équivalent à
celui d'un chef de “gouvernement”. À sa mort, le nouveau djaraf est élu par
l'assemblée, le jambour,
au sein de la même lignée, ou khêt,
que son prédécesseur. Dans le cas de Yoff, on trouve trois djaraf
élus dans trois lignées différentes (Wanère, Khonkh Bopp et Diassiratou).
Djinné : esprit présent dans la nature qui ne peut pas posséder une personne. Il
appartient au panthéon musulman.
Frey
ou Frai : personnes qualifiées de “jeunes”, c'est-à-dire les hommes âgés de
cinquante-cinq ans environ, et regroupées en une assemblée. Elles constituent
une sorte de police chargée du maintien de l'ordre et de l'exécution des décisions
du jambour.
Guedj : technique artisanale de transformation du poisson. La technique de préparation
est celle du “ fermenté-séché”.
Jambour
: assemblée, ou conseil des anciens, qui se compose de résidents
“authentiques” et “hautement expérimentés” (Wangari, 1997 : 24 ; Mbengue, 1996 :
83) et qui est présidé par le ndeye
ji jambour. C'est au jambour
que revient d'élire le djaraf, le ndeye ji rew et le saltigué
au sein de khêt différents.
Khambe
: le khambe,
autel individuel, regroupe un canari
(ils'agit d'une poterie) rempli d'eau avec des racines, d'un ou plusieurs pilons
fixé dans le sol et, de temps à autre, d'une pierre provenant de la mer, de
forme et de
dimension variable (Zempleni, 1966
: 305 ; Silla, 1969
: 216 et entretiens
et observations personnelles). Par extension, le terme de khambe
s'applique
à l'espace dans lequel plusieurs autels sont circonscrits. Cet espace est en général
constitué d'une enceinte, d'un ou de plusieurs arbres (baobabs, jujubiers, soump) et d'un ou plusieurs khambe
(aussi écrit hamb ou samp). Dans certains cas, des sabres sont plantés dans le sol
: ils correspondent à l'autel d'un génie considéré comme guerrier ou
agressif. Ces khambe sont à la base d'une médecine ne faisant pas
appel à des remèdes fabriqués à partir de plantes par exemple.
Khêt
: les khêt
sont les lignées. L'appartenance à un khêt
est déterminée par
l'ascendance matrilinéaire. On compte 12 lignées à Yoff et au sein de 9
d'entre elles sont
élus les djaraf, les ndeye ji rew et les saltigué.
Lamane : les lamane étaient les propriétaires de la terre et avaient
le statut de chef de village (qui en fait devait souvent se résumer au statut
de chef de famille). Ils ont constitué la première organisation sociale élue
connue des Lébou et existaient avant leur installation dans la presqu'île du
Cap-Vert au XVe siècle.
Mame ou Maam : grand-père ou grand-mère au sens restreint, ancêtre
au sens large.
Nak : mélange de mil et de lait caillé qui constitue l'une des principales
offrandes faites au rab.
Ndeye Ji Rew : il a un quasi-statut de ministre de l'Intérieur et des
Affaires étrangères. Tout comme les djaraf,
à Yoff trois ndeye ji rew sont élus par le jambour
au sein de trois lignées différentes de celles donnant les djaraf
et les saltigué (Deugagne, Bègne et Khagane).
Ndoep : rituels qui permettent une “guérison” de personnes possédées (atteintes par exemple de troubles mentaux). Ces rituels mis en place pour remédier à ces possessions permettent d'identifier et de localiser le rab (Zempleni, 1966 : 302). Le ndoep se déroule en sept phases et est dirigé par une ndoepkat. Celle-ci s'entoure d'assistantes, la plupart du temps d'anciennes possédées, ainsi que de musiciens (tam-tams) pour une partie du rituel. L'étape principale est le sacrifice d'un animal qui, selon l'exigence du rab, pourra être une chèvre, un boeuf, ect. Le rituel du ndoep s'achève par la réalisation d'un autel domestique, un khambe, qui sert à fixer le rab à l'origine de la possession.
Ndoepkat : prêtre ou
plus généralement prêtresse du culte des rab qui conduit les cérémonies de ndoep (la très grande majorité des ndoepkat sont des femmes).
Rab
: génie qui peut posséder une personne et exiger des offrandes ou des
sacrifices et qui appartient au panthéon du
culte des rab.
Sali : technique artisanale de transformation du poisson. La technique de préparation
est celle du “salé-séché”.
Saltigué : il apparaît comme un ministre de la Défense, chargé de la terre, de l'eau et de la collectivité de la communauté. Le ministère des cultes lui est aussi dévolu, il doit s'assurer que les récoltes et la pêche seront bonnes en apaisant le totem qui est attaché au village. Tout comme les djaraf, à Yoff trois saltigué sont élus par le jambour au sein de trois lignées différentes de celles donnant les djaraf et les ndeye ji rew (Soumbare, Dindir et Dorobé).
Sérigne Ndakarou : créée
en 1790, cette fonction, à l'origine purement religieuse, consistait à rendre
la justice selon le Livre saint, le Coran (Thiam, 1970
: 16-17). Le premier à
en assumer la charge fut Dial Diop, un émigrant musulman. Sous
son impulsion, le volet religieux de la fonction fut bientôt confié à un
grand imam, le sérigne ndakarou s'affirmant comme le chef d'un État lébou.
Tuur : rab présent à l'arrivée des Lébou dans la pres-qu'île du
Cap-Vert et avec qui les ancêtres ont signé un pacte.
Tuuru
: cérémonie au cours de laquelle des offrandes sont faites à un tuur
ou à un rab
pour s'attirer sa bienveillance. Il existe des grands tuuru collectifs annuels
qui sont dédiés au tuur
protecteur d'une
ville ou d’un village et des tuuru
familiaux (grand tuuru collectif dédié à Mame Ndiaré, d ivinité protectrice du village de
Yoff, tuuru
familial dédié à Mame Woré Moll, un autre génie de Yoff).
Waindaré : morceaux de papiers où sont écrits des fragments du Coran, des caractères arabes (Balandier et Mercier, 1952) et qui sont destinés à protéger les individus qui les portent (bracelet, collier, etc.), une maison, un filet de pêche. Généralement, ils sont enfermés dans un petit étui en cuir.