Environment and development
in coastal regions and in small islands
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Dossiers régions côtières et petites îles 7 - Chapitre II - partie A

Les Yoffois et leur environnement naturel : pêche, agriculture et territoire

1 – LE LITTORAL DE LA PRESQU'ÎLE DU CAP-VERT : UN ÉCOTONE RICHE

À travers la thèse de R. Sourié, seule référence qui présente véritablement une étude précise de la biologie du littoral de la presqu'île 17, et un entretien avec M. Domain, océanologue à l'IRD-Dakar, nous avons cherché à connaître la richesse biologique des fonds marins dans la région de la presqu'île du Cap-Vert, afin d'évaluer les ressources halieutiques, la pêche étant l'une des principales activités économique de Yoff, et plus largement de définir la qualité de l'environnement naturel de l'île et du village.

Pour définir l'écosystème caractéristique du littoral yoffois, nous reprendrons l'étude de Sourié. Il s'agit d'un faciès de marge littorale, avec transition vers un mode battu par les vagues (anses ouvertes, écueils à l'entrée des baies) et un ressac qualifié de trépidant. Pour la dimension biologique, Sourié définit un biofaciès 18 à Corallina et Gelidium arbuscula et un groupement 19 à Balanus tintinnabulus. Bien que caractéristiques du site, ce biofaciès et ce groupement ne sont que les éléments dominants dans l'écosystème. Il existe en effet de nombreuses variations locales selon la station considérée. Celles-ci s'expliquent par la multitude de types d'habitat qu'il est possible de rencontrer dans ce littoral rocheux (en surface ou à l'intérieur des rochers avec des espèces animales fixées ou qui forent le substrat, sur la surface des pierres, à l'intérieur des sables et des graviers, etc.) (Sourié, 1954 : 104). Derrière ce biofaciès et ce groupement se dissimule donc une grande diversité biologique, diversité que l'on retrouve sur toute la côte nord de la presqu'île du Cap-Vert, de Yof aux Almadies.

Lorsque le substrat le permet (rocher, mangrove ...), le littoral et sa zone intertidale 20, souvent étroite, constituent en général une aire de forte productivité. Les côtes rocheuses de la région du Cap-Vert représentent, comme l'écrit Sourié, un “accident unique” parmi les côtes principalement sableuses de l'Ouest africain. Ce secteur du Sénégal, par sa faible extension géographique, apparaît comme un lieu exceptionnel susceptible d'accueillir une biodiversité marine particulière dont la richesse a suscité une exploitation humaine. À cela s'ajoute une particularité du littoral yoffois : il s'agirait de la seule zone possédant des rochers faillés dont les anfractuosités permettraient l'accueil d'une faune adaptée comme certains crustacés (langoustes).

Une réelle richesse biologique du littoral yoffois semble exister mais les données concernant ce milieu n'ont pu être actualisées. Se pose donc le problème de redéfinir la valeur de ces fonds marins. Des éclaircissements pourront bientôt être apportés après la publication des résultats de l'étude qu'une équipe sénégalaise a récemment réalisée.

2 – LES RESSOURCES HAUTURIÈRES

La région du Cap-Vert est une zone de pêche réputée. On a pu voir dans le paragraphe précédent les potentialités en ressources halieutiques du littoral yoffois. Il en va de même lorsqu'on s'éloigne des côtes. L'hydrologie de la façade maritime sénégalaise est caractérisée par une variabilité spatiale, saisonnière et interannuelle marquée (se reporter à la figure 4). Elle est régie par deux grandes saisons, une saison froide et une saison chaude, séparées par des saisons de transition :

- saison froide (de janvier à mai) : les eaux froides venant du nord sont transportées vers le sud par le courant des “Canaries”. Le front des eaux chaudes reflue plus au sud. Sous l'influence des alizés, de nombreux upwellings côtiers amènent en surface des eaux plus froides et plus riches en sels nutritifs. Le phénomène d’upwelling consiste en la remontée par des courants profonds de matières nutritives prisonnières des fonds marins vers la surface. Cet apport permet l'explosion de la production primaire dans les couches d'eaux de surface où pénètre la lumière et donc le développement de phytoplancton et de zooplancton. Par conséquent, les espèces de niveaux trophiques supérieurs de la chaîne alimentaire se développent, elles aussi, en plus grande abondance. Cela explique la richesse piscicole de la région pendant la durée d'activité des upwellings.

- transition vers la saison chaude (mai-juin) : les alizés s'estompant, les eaux froides sont progressivement recouvertes par des eaux d'origine tropicale, associées au contre-courant équatorial. Ces eaux chaudes se déplacent rapidement vers le nord.

- saison chaude (de juillet à octobre) : elle correspond à l'extension vers le nord des eaux libériennes (ou dites aussi guinéennes) pouvant remonter jusqu'à la Mauritanie.

- transition vers la saison froide (novembre-décembre) : c'est le retour des alizés et l'apparition d'upwellings côtiers. Les eaux chaudes refluent vers le sud et le large.

Dès le mois de janvier, les eaux froides envahissent presque tout le plateau continental. Elles sont constituées en quasi-totalité d'eaux centrales sud-atlantiques qui remontent en surface par le mécanisme d'upwelling côtier (Démé-Gninge et Diaw, 1993 : 141, 146).  

Figure 4. Les catégories d'eaux de surface au large de 
l'Afrique de l'ouest (d'après Rossignol, 1973, in : 
Démé-Gninge et Diaw, 1993
 :146).
Categories d'eaux de surface l'Afrique de l'ouest

L'importance des ressources halieutiques peut aussi être évaluée d'une manière plus qualitative, en s'adressant aux pêcheurs eux-mêmes, qui sont les mieux placés pour avoir une idée de ce que recèle le milieu. Ainsi, après que Moustapha Kâ, étudiant sénégalais avec qui l'enquête de terrain a été réalisée, ait discuté une première fois avec les pêcheurs, ceux-ci se sont réunis pour discuter des espèces de poissons qu'ils capturent à Yoff. L'un d'entre eux disait qu'il n'y en avait pas plus de 80 alors qu'un autre en dénombrait plus de 500. Ils s'accordèrent pour estimer à 500 le nombre d'espèces de poissons consommés à Yoff. En fait, il apparaît que cette estimation concerne toutes les espèces animales qu'il leur est possible de capturer, ce qui inclut les poissons, mais aussi les crustacés, les mollusques... Quoiqu'il en soit, une diversité certaine existe. Lorsque nous ne nous intéressons qu'aux environs de l'île qui fait face au village, seulement 21 espèces nous sont proposées 21. Quant aux espèces devenues rares, parmi la liste de 500, les pêcheurs considèrent qu'une cinquantaine d'entre elles ont vu leurs effectifs diminués. Cela n'est probablement qu'une estimation basse qui ne doit certainement comprendre que les espèces importantes, soit qu'elles soient consommées, soit qu'elles soient assez remarquables (comme les requins ou les cétacés). Malheureusement ces listes n'ont qu'une valeur indicative, je ne dispose en effet que des noms en wolof et ne peut donc en analyser les compositions réelles 22.

Ainsi, les eaux qui baignent la presqu'île dakaroise recèlent des potentialités halieutiques importantes qui se sont traduites par le développement d'une pêche artisanale. Ces richesses ont aussi suscité une exploitation industrielle plus récente avec une pêche hauturière aux mains de compagnies étrangères (chalutiers européens et asiatiques). Les principales ressources halieutiques exploitées par les flottilles industrielles et artisanales le long du littoral sénégalais peuvent être réparties en deux groupes essentiels :

- les ressources démersales côtières (crevettes, soles, dorades, mérous, seiches, poulpes, etc., espèces vivant sur les fonds marins),

- les ressources pélagiques côtières (sardinelles, chinchards, maquereaux, etc., espèces vivant dans les différents niveaux d'eau de l'océan) (Barry-Gérard, Kébé et Thiam,1993 : 292).

3 – LES PÊCHEURS ET LES TECHNIQUES DE PÊCHE

Yoff est l' un des principaux points de pêche de la presqu'île du Cap-Vert avec les ports de Dakar (Soumbédioune et Hann), Tiaroye, Ngor et Ouakam. Il est l'un des plus anciens villages pratiquant la pêche : les Lébou, pêcheurs réputés, y sont majoritaires. Cependant, bien qu'autre fois les Yoffois aient été surtout tournés vers la pêche et l'agriculture, les dernières années ont vu la part des pêcheurs dans la population active diminuer assez rapidement pour finir par se stabiliser.

Ainsi, si on se réfère aux données fournies par Arnaud-Lutzwiller en 1971 (133-134) et à un rapport de l'UNESCO en 1997 (29), on trouve l'évolution suivante :

Année 1948a 1964a 1969a 1997b
Pourcentage de pêcheurs dans 
la population active à Yoff  
2 3 % 21 % 12,5 % 14,7 %
a Données tirées de Arnaud-Lutzwiller.
b Données tirées du rapport de l'UNESCO.  

    

Pirogues de pêcheurs sur la plage
de Yoff.  
Pirogues
La plage de Yoff et ses pirogues.
Plage de Yoff avec pirogues
Le poste d’observation du quartier
de Ndénate.
Poste d'observation, Ndenate

Cependant, la pêche reste l'une des activités principales de Yoff. On distingue une saison de pêche qui se déroule de décembre à juin, certains considérant même que la Tabaski (autre dénomination de l'Aïd El Kébir) marque la fin de la saison. Durant l'été, les activités de pêche sont réduites et reprennent progressivement à partir du mois d'octobre avec la fin de la saison des pluies (Arnaud-Lutzwiller,1971 : 135). Elles continuent ainsi de régler une partie de la vie du village comme on peut le constater en se rendant sur la plage. Celle-ci est en effet occupée en majorité par des équipements liés à la pêche. Les pirogues occupent une bonne partie de la grève, pour ne pas dire toute la grève à marée haute, et leur nombre varie selon les saisons. Selon un pêcheur, on en compte environ 500 en pleine saison et, sur celles-ci, seules 300 appartiennent à des Yoffois, les autres sont celles de pêcheurs extérieurs au village qui quittent leur port d'attache pendant la saison de pêche (ils viennent de Saint-Louis, Kayar, etc.). Certains villageois font de même et partent vers Kayar ou Joal sur la Petite Côte, au sud du Sénégal. Ce phénomène de migrations saisonnières touche tous les ports.

La concentration des pirogues sur la plage varie aussi selon les quartiers. Ceux de Tonghor et de Ndénate ont une vocation beaucoup plus maritime que celui de Layène qui semble tourner le dos à la mer. La même variation quant à la vocation des quartiers s'observe pour d'autres équipements de pêche.

En général, on trouve du matériel appartenant au quartier et du matériel personnel. Dans le premier cas, il s'agit la plupart du temps d'un (ou parfois deux) filet(s) : la senne de plage, filet rectangulaire de 200 à 300 mètres de long (Arnaud-Lutzwiller, 1971 : 138), ou la senne pour la pêche à la senne tournante pratiquée en pleine mer. Dans le second cas, selon que l'on pêche au large ou sur la plage, les équipements sont différents. La senne de plage appartient ici à une famille ou à un regroupement de familles. En mer, on pratique la pêche à la ligne soit avec des lignes de fond (pour les espèces démersales), soit avec des lignes de traîne (pour les espèces pélagiques). Ici, on utilise les pirogues qui sont toutes munies de moteur. L'embarcation peut appartenir à l'un des pêcheurs ou être la propriété d'une personne qui la loue (souvent un membre de la famille d'un des pêcheurs).

Le long de la plage, on observe des constructions largement ouvertes qui sont les lieux privilégiés pour observer la mer. On y trouve en général d'anciens pêcheurs qui jouent le rôle de guetteurs.    

Peche a la senne de plage 1 Pêche à la senne de plage : halage du filet jeté au large (une des équipes de la pêche).
Peche a la senne de plage 2

DÉROULEMENT DUNE PÊCHE À LA SENNE DE PLAGE

Une fois le banc repéré, une pirogue embarque la senne de plage et va l'installer derrière la zone de pêche. Le filet est retenu par de longs filins depuis la plage. Deux groupes de pêcheurs, situés sur la plage, halent alors la senne à l'aide de ces derniers pour emprisonner et ramener les poissons. Au début, ces deux groupes sont très éloignés l'un et l'autre. Ainsi lors de la pêche à laquelle j'ai participé, l'un se trouvait à Ndénate et l'autre au niveau du Mausolée (quartier de Layène), ce qui fait au moins un kilomètre. Cette pêche regroupait deux familles du quartier de Ndénate. Au fur et à mesure que l'on ramène le filet, les deux groupes se rapprochent progressivement l'un de l'autre. Quand le filet est à proximité de la plage, des personnes passent derrière celui-ci et font signe aux pêcheurs qui tirent sur les filins quand il y a beaucoup de poissons afin que la senne soit ramenée plus vite (explications données au cours d'une pêche). Selon des explications recueillies au cours d'un entretien, ces personnes auraient plutôt pour rôle de rabattre le poisson et de l'empêcher de passer par-dessus ou par-dessous le filet. Une fois la pêche terminée, on définit des classes pour le partage de la pêche : ceux qui sont allés dans l'eau sont mieux rémunérés que ceux qui sont restés sur la plage.

Remontee de la senne
Remontée de la senne 
dans les vagues.

Sortie du filet
Pêche à la senne de plage : sortie du filet.

recuperation du poisson
Récupération du poisson dans le filet où de nombreux déchets ont été pris eux-aussi.  

Thons
Le produit de la pêche (thons).

Recuperation du poisson
Récupération du poisson dans le 
filet où de nombreux déchets ont
été pris eux-aussi.  

“Là où il y a des petits poissons, il y a des gros qui viennent les manger. Là où il y a des petits poissons, il y a des oiseaux qui viennent les manger. Donc quand il y a beaucoup d'oiseaux, il y a beaucoup de petits poissons et donc très probablement des gros poissons” (vieux pêcheur).

Quand ils ont repéré un banc de poissons, ces observateurs envoient quelqu'un de leur quartier pour que les pêcheurs soient prévenus et qu'ils amènent la senne de plage pour lancer la pêche. Chaque quartier a au moins un de ces points d'observation le long de la plage.

4 – UNE PÊCHE EN PLEINE ÉVOLUTION

Les pratiques liées à la pêche tendent à évoluer et à devenir plus productives. Autre fois, on utilisait une mâture amovible avec une voile carrée d'environ cinq mètres de côté (Arnaud-Lutzwiller, 1971 : 137). Depuis quelques décénnies, en 1952 selon un pêcheur, le moteur, plus rapide et peut-être plus rentable, a supplanté la voile qui semble avoir complètement disparu. Car si la part des pêcheurs dans la population active s'est réduite, la part de la pêche dans l'économie du village reste importante. Il ne faut pas oublier qu'au Sénégal, le poisson constitue 60% de l'apport en protéines animales des populations. Par suite d'un faible développement de la chaîne de froid, la consommation de poisson frais est très importante sur la côte (45 kg/personne/an à Dakar) mais faible dans les régions rurales de l'intérieur (7 kg/personne/an autour de Louga) (Gueye-Ndiaye, 1993 : 324).

Une partie du poisson est transformée de manière artisanale selon deux techniques. L'unique usine de transformation de Yoff produit par exemple du guedj et sali. Le guedj peut être obtenu à partir de très nombreuses espèces (Arius s.p, Dentrex argyrosomus, Muraena, Caranx pseudotolithus, Carcharhinus, Trichiurus, Balistes, Tilapia, Saratherodon, etc.). La technique de préparation est celle du “fermenté-séché”. On y réalise une fermentation à l'air libre ou en saumure pendant une nuit avant l'éviscération. Le poisson est ensuite ouvert en deux, rincé puis séché. Pour les espèces de grande taille, la fermentation est faite en obtenant l'anaérobiose par enfouissement pendant 24 à 48 heures et cela après l'étêtage. Ensuite viennent l'écaillage, l'éviscération et l'ouverture en deux. Le salage est alors effectué et la chair mise à sécher. Le sali est, quant à lui, produit à partir des grosses espèces (Sphyrma, Carcharhinus, Raja, Rhynochobatus) selon la technique du “salé-séché”. Après avoir été fendu, le poisson frais subit un salage très important (1 kg de sel/1 à 2 kg de poisson) à sec ou en saumure pendant trois à quatre jours. Il est ensuite égoutté et mis à sécher (Gueye-Ndiaye, 1993 : 326).

La prise des pêcheurs est donc vendue soit directement aux villageois sur la plage, soit aux mareyeurs, soit aux usines de transformation. Ces deux dernières activités sont le plus souvent aux mains de femmes regroupées en GIE (groupement d'intérêt économique). L'existence d'une demande explique le souci de compétitivité et les changements dans les techniques de pêche ainsi que des changements sociaux dans la relation entre pêcheurs et villageois acheteurs. Parmi les évolutions remarquables, on peut noter que certaines pirogues prennent de la glace à leur bord pour débuter une chaîne du froid dès la prise du poisson.

Autre changement avec l'apparition de pratiques plus commerciales, le partage lors de pêche à la senne de plage ne se fait plus sur la base des poissons mais sur celle de l'argent récolté par la vente de ceux-ci. Cette nouvelle distribution du produit d'une pêche met à mal une habitude qui voulait qu'une personne qui n'appartenait pas au groupe de pêcheurs et qui avait prêté main forte lors de la pêche ait droit à sa part en poisson. Lors de la pêche à laquelle j'ai participé, on m'a proposé d'acheter un poisson. Bien que le prix en fut intéressant, le fait de me l'avoir fait payé a beaucoup surpris dans la famille qui m'hébergeait : on aurait dû me le donner. Cette anecdote est révélatrice d'un changement. En effet, la pêche dont il est question avait été réservée par l'usine de transformation et ce n'était pas les poissons qu'on avait répartis mais l'argent récolté. Les mareyeurs et les usines de transformation tendent à passer de plus en plus de commandes et risquent à terme de monopoliser les achats. Cela a des conséquences sur la vente au détail du poisson qui a lieu soit au débarquement des pirogues soit sur la plage de Tonghor dans le cadre d'un petit marché journalier où les revendeurs sont le plus souvent des femmes (mareyeur).

“Avant, il y avait beaucoup de poissons sur la plage et quand on te connaissait, on te le donnait ou on te faisait un bon prix. Alors de plus en plus de gens des environs et même de Dakar sont venus le week-end par exemple, la plage était très animée et les prix ont augmenté. En plus ici, c'est le meilleur poisson de la presqu'île. Ainsi, de plus en plus de mareyeurs sont venus ici et maintenant, sur la plage, il est très ou plus difficile d'avoir du poisson, qui est cher, car il est très souvent réservé pour les mareyeurs ou les usines de transformation” (une villageoise).


17 Sourié, 1954. Cet ouvrage s’intéresse à la faune et à la flore marine et ne concerne quasiment que la région du Cap-Vert, la seule qui possède des côtes rocheuses importantes à l’échelle du Sénégal. Du point de vue géologique, la presqu’île a connu un volcanisme important de la fin du tertiaire au quaternaire. En surface on trouve donc un matériel essentiellement basique (une roche basique étant une roche contenant moins de 55% de silice). Le secteur de Yoff se caractérise par des falaises déchiquetées d’une dizaine de mètres de hauteur. En avant de celles-ci, on trouve de larges plates-formes d’abrasion. Ce type de côte s’étend de Yoff (y compris l’île de Teuguene) aux Almadies et marque la limite nord des épanchements doléritiques et basaniques du système éruptif du pléistocène des Mamelles, système à l’origine de la formation de la presqu’île.
18 Le “biofaciès”caractérise les types de variations horizontales dans la répartition de la biocénose, types de variations liées à l’agitation de l’eau (définition tirée de Sourié, 1954).  
19 Les “groupements”sont des subdivisions du biofaciès ; ils englobent tous les aspects de la variation horizontale et leur distinction repose sur des facteurs locaux de différenciation au sein du “biofaciés” (lithologie, forme du ressac) (définition tirée de Sourié, 1954).  
20 La zone intertidale est la zone de balancement des marées.
21 Les espèces qu’on trouverait uniquement aux abords de l’île sont pour les poissons : Wardé, Beuder, Keuleu Keuleu, Mbamba, Midoule, Tathie, Oudé Guedji, et pour les fruits de mer : Keur ou Kër (patelle), Kanakh, Mbakou Baye, Dioubou Sank, Sokhor, Yakheugne, Sike, Yaranka, Soukhe, Wak Wak, Diankissa, Kakari Kake, Teudeu, Mouka (mollusque orange utilisé comme appât pour la pêche, mangé en Asie) et des poulpes qui existent en assez grande quantité.
22 Liste des espèces devenues rares : Dieunou Nioul, Diaregne, Thiof, Yateute, Kothi, Waragne, Bassé, Khaya, Youfoufe, Doye, Kobeuv Woyague, Mbagne Bagniere, Ndoubou Takh, Yré Bel, Yakol, Guiss, Yôss (“sardine pour les boites de conserve”), Wakhadore, Diankisse, Wak Wak, Sompate, Wissine, Silinke,Oursoune, Tapadare, Beur, Diané, Guignare, Loule, Yawale, Sidirika, Saka, Naweti Guedji, Marlin (espadon), Seudeu, Walidore (“très très rare”), Nguignane, Khane, Todié, Sipague, Touboulane, et parmi les requins et les cétacés : Borom Guethie, Soudie, Guilar Guilar, Pi-Pi Pi-Pi, Limar, Léraw. D’autres espèces existent à Yoff comme la tortue , la langouste, etc., mais elles aussi sont devenues rares.  

Partie B

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