Environnement et développement
dans les régions côtières et les petites îles
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Une vision plus forte que les divisions dans les régions côtières fragiles

En 1996, l'UNESCO a lancé un projet transdisciplinaire relatif à l'environnement et au développement dans les régiôns côtières et les petites îles (CSI). Tout en s'appuyant sur les réalisations antérieures, cette initiative transsectorielle met à profit les compétences expertes de tous les programmes intergouvernementaux et internationaux de l'UNESCO dans les domaines des sciences de l'environnement et des sciences sociales, ainsi que dans ceux de l'éducation, de la culture et de la communication. En associant les différents acteurs et éléments au sein d'une même vision, le projet cherche à réduire au minimum les divisions et les approches contradictoires du développement.

Dans le cadre du suivi des directives globales de la Conférence des Nations Unies sur l'environnement et le développement (CNUED), la plate-forme de coopération du projet CSI vise à améliorer la gestion des ressources dans les régions côtières fragilisées par l'urbanisation et l'essor du tourisme, l'érosion, les dragages, les inondations et autres dégradations dues à l'activité humaine ou aux processus naturels. Elle contribue ainsi à la mise en couvre de l'Action 21 et des conventions connexes, et notamment de la Convention sur la diversité biologique. Voici quelquesunes des activités entreprises:

Érosion du littoral et mobilisation sociale en Afrique orientale. Chaque année, l'érosion côtière prive les populations locales du Kenya, de la partie continentale de la République-Unie de Tanzanie et de l'île de Zanzibar de nombreuses terres et propriétés. Un projet pilote s'efforce désormais d'inciter toutes les couches de la société à discuter de la nécessité de réduire ces pertes. Des campagn de sensibilisation de l'opinion publique utilisant les techniques de l'enseignement à distance et de « l'éducation sans frontières » prépareront le terrain pour un séminaire national auquel sera donnée une grande publicité. Ce séminaire sera suivi d'autres initiatives visant les enseignants du primaire et du secondaire.

Une chaire stratégique. Une chaire UNESCO de gestion côtière intégrée et de deloppement durable, créée à l'Université de Dakar (Sénégal), servira de centre de coordination régional pour la recherche et la formation universitaires, et constituera une « première » en Afrique.

Sable, sédiments et Saloum. En février 1987, une tempête a ouvert une brèche dans le cordon sablonneux de Sangomar, qui séparait les sombres eaux froides de l'océan Atlantique et les courants chauds de l'estuaire de la rivière Saloum, à quelque 200 kilomètres au sud de Dakar. Un an plus tard, la brèche mesurait 1 kilomètre de large. Dix ans plus tard, en 1997, elle s'ouvre sur 4 kilomètres. Une grande usine de conditionnement du poisson a dû fermer, vaincue par les assauts du sable et de la mer. A mesure que la mer avance, les habitants de Djiffère ne cessent de reconstruire leur village plus loin dans les terres, mais pas assez vite, ni assez loin pour empêcher la mer de leur enlever leurs maisons et leur matériel de pêche. Tout autour de la lagune, l'érosion isole les poches habitées et ne permet plus à leurs occupants de se déplacer qu'à marée haute. Avec l'aide de l'UNESCO, une équipe pluridisciplinaire pour l'étude des écosystèmes côtiers (EPEEC) travaille avec la population locale, les autorités sénégalaises, les scientifiques et les ingénieurs pour trouver des solutions qui respectent l'environnement, tout en offrant des moyens d'existence et une qualité de vie convenables aux habitants du littoral.

Surveiller le changement et la biodiversité. Un projet en préparation tentera de déterminer comment maintenir la productivité des zones côtières tout en préservant la biodiversité en Afrique occidentale. L’étude portera sur la distribution des larves de poisson, les interactions entre les espèces exploitées commercialement et l'environnement, et les mesures pouvant être prises conjointement pour améliorer la productivité sans épuiser les stocks ou nuire au milieu.

Pêcheurs de la côte ouest de l’Afrique

Préserver le sacré et le profane. Le village de Yoff, près de Dakar, a été fondé il y a 400 ans par les Lebou, un peuple de pêcheurs qui ont quitté la Mauritanie et migré vers le sud au XVIe siècle. Face au village se trouve l'île de Yoff. Habitée par des esprits qui protègent les villageois, cette île est sacrée. Par respect pour ces esprits gardiens, qui veillent aussi sur la flore et la faune de l'île, les Lebou gardent leur île à l'abri des influences extérieures et contribuent à sa protection. Une étude entreprise en consultation avec eux par une association de jeunesse locale donne à penser que la communauté de Yoff, appuyée par le gouvernement, souhaiterait que l'île et la portion adjacente du littoral fassent l'objet d'une proposition d'inclusion dans le Réseau des réserves de biosphère. Cela permettrait l'élaboration d'un plan directeur pour la préservation des traditions et sites culturels des Lebou, ainsi que de la biodiversité locale.

Les mangroves du banc d’Arguin, en Mauritanie, sont inscrites sur la Liste du patrimoine mondial. Cet écosystème, l'un des plus fertiles d’Afrique, abrite de nombreux oiseaux migrateurs..
Une gestion avisée des ressources en eau fait fleurir le désert.

Extrait de: Voix, valeurs et développement: reinventer l'Afrique au sud du Sahara, UNESCO 1996

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