| Environnement
et développement dans les régions côtières et les petites îles |
Rapport sur les progrès accomplis 2
ANNEXE VII
ANALYSE DES CARACTERISTIQUES DES PRATIQUES ECLAIREES
Bénéfice à long terme : les bénéfices de l’activité sont encore visibles ‘x’ années à partir d’aujourd’hui et améliorent la qualité de l’environnement.
Cette caractéristique est implicite, car si une pratique est présentée au Forum comme pratique éclairée exemplaire, c’est forcément qu’elle apportera un bénéfice à long terme.
Toutes les PEE indiquent ou sous-entendent qu’un bénéfice à long terme accompagne la pratique. Parmi les 52 contributions clés au Forum, 46 contiennent des discussions spécifiques ayant trait aux bénéfices à long terme.
En général, les bénéfices à long terme sont associés à une manière directe ou indirecte d’améliorer la qualité de vie des populations des régions côtières. De nombreuses PEE ont décrit plus d’un type de bénéfices à long terme (c’est pourquoi le nombre de bénéfices listés ci-dessous dépasse 46). La nature des bénéfices à long terme varie en fonction des PEE et les bénéfices ont été classés ci-dessous en bénéfices concrets et bénéfices moins tangibles.
Bénéfices concrets
Bénéfice économique (indéfini) (2 PEE)
Tourisme durable (5 PEE)
Développement durable de l’industrie et des infrastructures (4 PEE)
Préservation des monuments historiques (2 PEE)
Amélioration des méthodes de construction (3 PEE)
Développement agricole durable (2 PEE)
Extraction durable des ressources (4 PEE)
Pêcheries durables (6 PEE)
Approvisionnement en eau potable (4 PEE)
Réduction de la pollution/amélioration de la gestion des déchets (3 PEE)
Protection des écosystèmes : mangroves (1 PEE), plages (4 PEE), tortues (1 PEE), récifs coralliens et herbiers (2 PEE)Bénéfices moins tangibles
Amélioration de la structure institutionnelle pour la GIC : Coordination inter-agence (2 PEE), Partenariat public/privé (1 PEE), Liens intersectoriels (1 PEE), Interaction régionale (3 PEE), Réglementation pour les régions côtières (2 PEE)
Gestion par la communauté (3 PEE): Renforcement des groupes de parties prenantes (2 PEE), Responsabilité financière communautaire pour l’amélioration de l’environnement (2 PEE), Changement de l’attitude de la communauté (3 PEE), Contrôle local accru des ressources (1 PEE)
Education spécialisée (3 PEE)
Meilleure communication (2 PEE)
Meilleures sécurité au travail et conditions de vie (2 PEE)
Combinaison entre pratiques traditionnelles et modernes (2 PEE)
Préservation du mode de vie rural (1 PEE)
Seules quelques PEE tentent de définir l’échelle de temps correspondant au “long terme”. Celle-ci va de 10 à 20 ans en matière de restauration/protection des écosystèmes, à toute une vie (70 ans) en ce qui concerne les bénéfice liés à l’éducation.
En raison de la nature préliminaire de nombreuses PEE, peu tentent de définir des indicateurs de bénéfices à long terme ou de moyens de les évaluer. Inévitablement, la plupart des indicateurs étaient spécifiques au contexte donné. Certains indicateurs mentionnés dans la PEE sont inclus ci-dessous à titre d’exemples :
Résultats d’enquêtes et de suivi d’enquêtes (53) ;
Vitesse d’évolution des plages et nombre de bâtiments construits avant et après la mise en place des règles de constructions en retrait (2) ;
Formation de dunes de sable comme indicateur de restauration naturelle (49) ;
Application des lois villageoises et fonctionnement des zones marines protégées (46) ;
Indicateurs de la qualité de vie basés sur les prises de pêche, le prix du marché et le revenu minimum (2) ;
Nombre de communautés, ONG et partenariats renforcés et/ou participants activement (73).
Développement des capacités et renforcement institutionnel : l’activité apporte une amélioration dans la capacité de gestion et dans l’éducation des groupes de parties prenantes ainsi qu’une connaissance et une aide à la protection de l’environnement local côtier/marin.
Presque toutes les PEE (49 PEE) abordent cette caractéristique, mises à part les contributions qui s’intéressent aux pratiques non éclairées.
La nature du développement
des capacités/du renforcement institutionnel peut être divisée en deux groupes :
Actions pour renforcer des secteurs spécifiques de la société ;
Actions pour établir des liens entre différents secteurs de la société.
De nombreuses PEE définissent de plusieurs façons le développement des capacités/le renforcement institutionnel, et les listes en sont données ci-dessous.
Secteurs spécifiques de la
société renforcés :
Groupes de parties prenantes non gouvernementaux (13 PEE)
Communautés locales (12 PEE)
Groupes familiaux (2 PEE)
Agences gouvernementales (fédérales) (10 PEE)
Agences gouvernementales (locales) (5 PEE)
Institutions internationales (1 PEE)
Organisations non gouvernementales (2 PEE)
Etudiants des chaires UNESCO (2 PEE)
Professionnels locaux (7 PEE)
Liens entre les différents secteurs de la société établis :
Toutes les parties prenantes (gouvernement, secteur privé, utilisateurs des ressources, professionnels, ouvriers, grand public, développeurs, communautés, groupes de femmes, groupes de jeunes, groupes tribaux) (11 PEE) ;
Inter-agences (gouvernementales et non-gouvernementales) (5 PEE) ;
Interdisciplinaire (2 PEE) ;
Coopération internationale (2 PEE) ;
Groupes d’anciens et de jeunes (pratiques traditionnelles) (2 PEE).
Quelques idées supplémentaires ont été émises au sujet du développement des capacités et du renforcement institutionnel :
La nécessité de montrer au public que leur participation a réellement influencé l’activité – par exemple, par la participation à une étude d’impact sur l’environnement (87) ;
Les officiels du gouvernement doivent avoir la connaissance, la confiance et la liberté suffisantes pour remettre en cause la politique du gouvernement quand cela est souhaitable (55).
Durabilité : l’activité adhère aux principes de durabilité, qui concerne la durée pendant laquelle les résultats se maintiendront, et le développement continuera une fois le programme du projet achevé.
La durabilité est discutée soit de manière directe soit de manière indirecte dans 48 PEE.
Puisque de nombreuses PEE sont, soit conceptuelles, soit à un premier stade de mise en œuvre, une discussion sur la durabilité était un peu prématurée, si ce n’est pour indiquer ce que l’on ‘pouvait en espérer’. Par exemple, plusieurs auteurs ont indiqué que l’implication de toutes les parties prenantes dans une activité/une pratique devrait en assurer la durabilité/la prolongation au-delà de la vie du projet. Mais, comme cela a été indiqué dans 2 PEE (12, 88), l’implication de toutes les parties prenantes, bien que souhaitable et probablement primordiale, ne garantit pas la durabilité.
Parmi les 48 PEE qui abordent la question de la durabilité :
34 sont estimées comme durables ;
9 sont considérées durables (2, 3, 12 [pêche aux coquillages au Chili], 20, 22, 23, 29, 185, 190) ;
3 sont considérées non durables (12 [pêche à la palourde jaune en Uruguay], 43, 88).(Il faut noter que la PEE proposée par Defeo et Castilla (12) concerne deux projets de pêche et qu’ils ont été séparés en deux sections distinctes pour la discussion sur la caractéristique “durabilité”).
En ce qui concerne les 3 PEE jugées non durables, les raisons de leur classification dans cette catégorie diffèrent. Dans un cas (12 [pêche à la palourde jaune en Uruguay]), l’échec a été dû à une décision unilatérale de l’un des partenaires. Dans un second cas (88), l’échec incombe à une catastrophe naturelle, et l’exemple a démontré que trois ans était une période trop courte pour juger si la pratique était durable. Dans un troisième cas, (43), la sagesse de la pratique était discutable.
Les avis concernant les raisons pour lesquelles les PEE sont jugées durables/potentiellement durables varient de manière significative, ils sont regroupés ci-dessous :
Implication, activation et développement de tous les groupes de parties prenantes (groupes communautaires, ONG, utilisateurs des ressources, gouvernement, secteur privé) (22 PEE) ;
Par le biais de la gouvernance : développement de réglementations et de normes (7 PEE), nouvelles structures institutionnelles (4), développement de liens intersectoriels (3 PEE) ;
Développement/mise en œuvre d’un outil (par exemple, l’étude d’impact sur l’environnement) ou publication (4 PEE) ;
Protection des ressources naturelles et culturelles (4 PEE) ;
Utilisation des pratiques traditionnelles qui ont fonctionné dans le passé (2 PEE) ;
Changement des pratiques sociales (1 PEE) ;
Contrôle du nombre des utilisateurs (1 PEE) ;
Activité devenant autofinancée (1 PEE) ;
Transfert de connaissances à un groupe spécialisé (1 PEE).
Plusieurs autres concepts intéressants émergent dans les discussions sur la durabilité. Ils sont difficiles a classer mais méritent neanmoins d’être pris en compte :
“… la notion de propriété par les pêcheurs est un des éléments les plus importants qui aient assuré le succès de cette pratique éclairée de gestion” (12 par Defeo et Castilla [pêcheries aux coquillages au Chili]).
“La participation de certaines institutions… dont les politiques sont directement liées aux grandes lignes du parti au gouvernement, sème le doute quant à la question de la durabilité” (66 par Calvo).
“La durabilité d’un tel réseau de suivi repose sur la reconnaissance des obligations de chacun de ses membres, les accords sur le partage de l’information et l’adoption de normes communes” (58 par Thia-Eng).
“S’il n’y avait pas eu l‘éruption volcanique, la pratique éclairée aurait pu être durable sur le long terme… il faut des générations avant que l’on puisse prétendre avoir changé les attitudes” (88 par Cambers).
Les pratiques traditionnelles, telles que le recours aux tabous, ont fonctionné dans le passé “… mais elles sont très difficiles à imposer aujourd’hui par crainte d’empiéter sur les libertés et les droits de l’individu. Ceci soulève la question importante du contrat social… la responsabilité envers la collectivité par rapport à la responsabilité individuelle” (3 par Voi).
“De nombreuses pratiques dans les régions côtières sont jugées pour leur capacité à contenir les conflits. Les conflits naissent en général à l’interface tradition-modernité” (18 par Sudarshana).
Transférabilité : aspects de l’activité qui peuvent s’appliquer à d’autres sites, à l’intérieur et/ou à l’extérieur du pays.
La transférabilité est une des questions débattue lors de l’atelier “Vers des pratiques éclairées pour le développement des régions côtières” tenu à Paris en 1998, et les opinions divergeaient largement. Le mot “pratique” qui peut se définir comme “un acte fréquemment répété”, sous-entend l’idée de répétition. Il reste à trouver où se situe cette répétition. Parmi les 52 PEE, la plupart (35) ont indiqué que la transférabilité d’une PEE était possible. La plupart des auteurs ont jugé que la transférabilité est possible au niveau general, mais que le détail de la mise en œuvre d’une pratique éclairée variera en raison de différences nationales et culturelles.
Parmi les 35 PEE considérées transférables :
14 PEE le sont vers d’autres pays (sans plus de précisions) ;
10 PEE le sont dans l’ensemble d’un même pays, et dans d’autres pays de la même région ;
11 PEE ne le sont que dans d’autres parties d’un même pays.
Parmi les 35 PEE considérées transférables, 7 l’ont effectivement été vers d’autres zones. Il s’agit de :
(29) : les expériences et les pratiques de travail ont été transférées à d’autres projets de restauration dans la même ville.
(78) : les expériences d’une pratique éclairée dans une ville ont été transférées dans une autre par un processus de ‘jumelage’.
(2) : la pratique éclairée de construction pour le développement d’une région côtière a été transférée vers trois autres îles.
(88) , et l’enchaînement de discussions (142, 149, 151, 154) : par ce processus, certains aspects de la pratique éclairée concernant le prélèvement de sable de plage dans une île sont transférés à une autre île dans une région différente (Caraïbes/Pacifique).
(20) : une “stratégie de survie” reposant sur le développement des moyens visant à combiner les relations locales et internationales a été appliquée en deux localités différentes.
(216) : les expériences d’une union d’autorités municipales locales ont été appliquée à l’ensemble de la nation.
(215) : les expériences d’une union d’autorités locales, y compris des modèles de documents, sont utilisés par d’autres autorités locales dans le pays, dans le secteur de la gestion de l’eau.
La transférabilité n’est pas été discutée dans 16 PEE.
Une PEE (55), s’intéressent aux aspects négatifs de la transférabilité dans le cas d’un transfert de mesures de contrôle de l’érosion des plages, d’un pays continental à une île.
Une PEE, (20), comporte une discussion intéressante sur la transférabilité, dont un extrait est reproduit ci-dessous :
“L’idée de pratiques éclairées universelles et transférables peut être mise en cause – au-delà des simples commentaires très généraux … Ce qui peut être considéré comme éclairé dans un contexte environnemental, social ou culturel, peut être non-éclairé dans un autre. En plus de cette perspective contextuelle, nous avons aussi le problème de l’interdépendance, car les pratiques dans différentes localités peuvent être interdépendantes… Dans un monde à connexion mondiale en augmentation, il peut s’avérer non éclairé de transférer des pratiques par simple copiage, mais la transmission d’expériences diverses dans des contextes spécifiques et en termes plus généraux pourrait être une importante source d’inspiration.”
Une PEE (3) développe davantage la question de la transférabilité et suggère que ces caractéristiques de pratiques éclairées puissent être élevées au rang d’un instrument international de conduite éthique pour l’évaluation des projets de développements et les affaires. (Voir l’enchaînement de réponses : 8, 25, 27, 36, 44).
Processus de participation : la participation dans la transparence de toutes les parties prenantes, ainsi que l’implication des individus est intrinsèque au processus.
Cinquante PEE sur 52 abordent cette caractéristique et indiquent que l’approche participative avait été adoptée dans leurs exemples, ou qu’il était prévu qu’elle le soit. La caractéristique n’est pas abordée de manière spécifique dans 2 PEE.
Tous les types de parties prenantes sont inclus dans les différentes PEE, des groupes tribaux aux propriétaires fonciers, en passant par les communautés et les gouvernements.
Cinq PEE notent que toutes les parties prenantes ne sont pas incluses, pour diverses raisons : contraintes financières (42), le besoin de se concentrer essentiellement sur les parties prenantes locales (185), la dépendance de la participation vis-à-vis du bénéfice percu (71), la difficulté de faire participer le secteur privé (190) et le manque de démonstration claire des bénéfices économiques auprès des parties prenantes (26).
La nature de la participation varie considérablement : renforcement du pouvoir des groupes tribaux dans le contrôle de l’utilisation des pêcheries (62), contrôle par les communautés locales du prélèvement de sable (49), rechargement de puits par des ONG (41), contribution des communautés au financement de projet (52).
L’utilité des enquêtes sociologiques dans le processus de participation a été discuté dans 3 PEE (28, 53, 78).
D’autres points intéressants sont les suivants :
“Il y a une limite à l’engagement des investisseurs privés à faire participer toutes les parties prenantes locales… Il est plus facile pour un investisseur de traiter avec les partie prenantes locales (des pêcheurs) qui ont un intérêt pour un récif particulier…” (185 par Riedmiller).
Le projet “… a permis à un certain nombre d’acteurs de former un partenariat…” (29 par El Mouatez).
Un contact avec d’autres agences ayant une expérience dans la zone a été très bénéfique en terme d’information, de contacts avec les représentants locaux (26 par Diop et Tandia).
“… identification et classification des actions prioritaires par les populations elles-mêmes” (19 par Diop et Soumare).
Le niveau de participation des différents groupes varie selon les phases d’élaboration et de mise en œuvre du projet, “… la constance et la transparence dans la mise en œuvre sont nécessaires” (2 par Cambers).
Suite au premier stade du projet qui incluait des experts nationaux et internationaux, il est apparu clair que “la base de connaissances, et les suggestions élaborées dans ce cadre, devaient être assimilées et ré-élaborées par la population locale” (28 par Campeol et Pypaert).
Etablir un consensus : l’activité doit être bénéfique à une majorité de groupes de parties prenantes, tout en gardant à l’esprit que certains groupes moins privilégiés puissent avoir à être traités en cas spéciaux.
La plupart des contributions, 36, ont traité de cette caractéristique. 26 des PEE ont indiqué, ou sous-entendaient, que la pratique éclairée faisaient intervenir toutes les parties prenantes. En fait, l’implication de toutes les parties prenantes se rattache plutôt à la caractéristique “Processus de participation”. “Etablir un consensus“ va au-delà, et inclut d’obtenir un accord général entre parties prenantes. C‘est donc une première étape que de faire participer toutes les parties prenantes, mais c’en est une autre, peut-être plus difficile, que de mettre une majorité d’accord sur une question/pratique. Il est possible qu’une partie de la confusion ait été due au fait que cette caractéristique était placée avant celle du “Processus de participation” dans le liste originale.
Six contributions soulignent que certaines parties prenantes ont bénéficié de la PEE, mais pas toutes. C’est le genre de résultat auquel il faut s’attendre en matière de recherche de consensus, puisqu’il est en général impossible d’obtenir 100% d’adhésion. Une contribution (42) a indiqué que toutes les parties prenantes n’avaient pas été impliquées, mais qu’elles auraient dû l’être.
Deux contributions (22, 23) discutent de la recherche de consensus en terme de bénéfice financier pour les parties prenantes.
Une contribution (70) reconnaît que la PEE ne contribuerait pas directement à l’établissement d’un consensus mais faciliterait une compréhension transculturelle, qui en est une caractéristique clé.
D’autres idées qui ont été proposées sont données ci-dessous :
Dans un cas (2), des modifications ont du être apportées à une PEE pour prendre en compte un groupe minoritaire de parties prenantes, et certains se sont demandés si cette modification n’allait pas réduire le bénéfice général de la pratique éclairée sur le long terme en établissant un précédent pour un seul groupe.
“… on doit s’assurer que personne n’est laissé sur la touche’. Le projet s’est assuré que toutes les couches sociales et socioprofessionnelles sont au courant du problème. Cependant, l’intensité de l’implication est toujours liée au degré de sensibilisation et de gain personnel que la population espère retirer du projet” (71 par Boina).
“La pratique éclairée sera bénéfique à une majorité de parties prenantes, en particulier les propriétaires fonciers traditionnels…qui possèdent 97% des terres en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Certains promoteurs et financiers… s’opposeront à la pratique éclairée” (13 par Gaudi).
“Le processus de planification commence à rassembler les communautés villageoises et urbaines. Une des principales préoccupations reste la non participation du secteur privé” (190 par Hénocque).
“La recherche de consensus va réduire les conflits entre les facteurs économiques et environnementaux” (100 par Siirala).
Un processus de communication réel et efficace : un processus de communication multi-directionnel faisant intervenir le dialogue, la consultation et la discussion est nécessaire pour reussir a sensibiliser.
La nature du processus de communication est discutée dans 36 PEE et est considérée comme une caractéristique importante.
Trois PEE notent que le processus de communication est inadapté. A cela plusieurs raisons qui vont des contraintes de temps et de financement (42) a des réseaux d’infrastructures inadaptés (routes, téléphone, radio) (190) et des difficultés à atteindre l’ensemble de la population d’une île (2).
Plusieurs PEE insistent sur la nécessité d’un processus de communication multi-directionnel.
Les méthodes principales de communications sont les suivantes :
Grandes réunions et consultations, ateliers, rencontres familiales, rencontres entre amis, rencontre en face à face ;
Documents, livres, manuels d’initiation, brochures, journaux, CD-ROMS ;.
Campagnes d’information du public et d’éducation environnementale, projets, expositions/visites d’étude ;
Théâtre ;
Radio ;
Télévision, vidéo, publicité ;
Systèmes de relais satellite au coin de la rue.
Certaines PEE décrivent les besoins en communication spécifiques aux :
Communautés à faible niveau d’alphabétisation (2 PEE) ;
Jeunes (3 PEE) ;
Autres groupes cibles particuliers – non précisés (2 PEE).
Trois PEE ont mentionné la nécessité de communiquer dans les langues locales (17, 28, 70, 131).
Quatre PEE discutent de la communication et des pratiques traditionnelles :
(48) traite des “conversations” entre jeunes pecheurs et pêcheurs plus ages pour décrire les pratiques traditionnelles.
(70) décrit la mise au point d’un manuel d’initiation scolaire pour répertorier les styles de vie traditionnels, à utiliser dans l’éducation informelle d’un groupe de chasseurs-ramasseurs du littoral.
(22) montre comment la construction de maisons traditionnelles selon la technique adobe encourage les autres à l’imiter.
(23) montre comment les connaissances traditionnelles du monde rural des plantes médicinales et locales permettent de promouvoir une nouvelle philosophie horticole.
Un projet réussi est un des meilleurs moyens de communication. Ceci a été souligné dans les contributions (22, 23, 49).
Deux PEE indiquent qu’il est plus facile de disposer d’un moyen efficace de communication dans une petite île qu’au sein d’unepopulation plus grande (59, 88).
Le secteur privé se trouve dans une bonne position pour réaliser une communication efficace car c’est un des principaux critères de réussite dans la gestion d’une affaire (185).
Respectueux de la culture : le processus met en valeur les contextes locaux traditionnels et culturels tout en remettant en cause leur validité du point de vue environnemental.
Cette caractéristique est abordée dans 35 PEE.
Huit PEE se sont intéressées principalement aux moyens d’articuler connaissances et pratiques traditionnelles dans le contexte d’activités contemporaines :
Pratiques de pêche traditionnelles, incluant l’utilisation des tabous, et se sont intéressées aux groupes sociaux (3, 46, 48, 62) ;
Pratiques de construction traditionnelle (22) ;
Retour à l’horticulture indigène (23) ;
Préservation d’un mode de vie rural (77) ;
Pratiques locales de mariage (86).
Vingt PEE incluent les préoccupations traditionnelles dans leur planification et leur mise en œuvre.
Sept PEE ont remis en question des pratiques traditionnelles particulières dans un contexte de changement social et de renouveau (2, 52, 59, 71, 185, 190). Ces PEE incluent un ensemble de ‘nouvelles’ pratiques éclairées allant du contrôle de l’occupation du sol et du prélèvement de sable, à la protection des coraux et des tortues. A part une exception, ces PEE concernent toutes des petites îles.
Plusieurs autres idées intéressantes ont été proposées :
“Une pratique éclairée consiste à s’assurer que la diversité culturelle est identifiée et valorisée dans le cadre du développement d’une région côtière, afin d’engendrer un sentiment d’appartenance. Ceci encouragera le tourisme culturel et les créations d’emploi basées sur les connaissances indigènes” (184 par Jury et al.).
“… Ne recommander simplement que le développement d’une industrie artisanale parce qu’il y a des personnes qui fabriquent des paniers, c’est flirter avec la catastrophe. Quelque part au cœur de la prescription, il faut qu’il y ait une réelle dimension culturelle pour relier les actions” (78 par Fortes).
“L’objectif général est le développement durable des régions côtières par l’auto-promotion des communautés villageoises. Le projet prend ainsi en compte les activités traditionnelles et coutumières des villages. Cependant, ceci peut avoir un impact négatif dans le sens que les nouvelles activités industrielles, les intérêts, et besoins croissants dans la région risquent de ne pas être tous pris en compte” (190 par Hénocque).
Questions de sensibilité homme/femme et autres : le processus prend en compte les nombreux aspects liés à la "sexospécificité" et/ou aux autres questions délicates.
Vingt huit PEE abordent cette caractéristique, 24 n’en discutent pas.
Dans 12 PEE, la discussion sur les questions de sensibilité homme/femme et autres s’intéresse particulièrement aux femmes. Plusieurs PEE qui ont traité des questions des pêcheries ont souligné le rôle important joué par les femmes dans la transformation et la vente de poissons (par exemple 17). D’autres PEE traitent du rôle des femmes dans le prélèvement du sable, la conception des maisons traditionnelles, les communautés rurales et l’égalité de l’accès à l’emploi.
Dans 9 PEE, la discussion se concentre sur d’autres groupes sociaux que les femmes. D’autres groupes qui ont fait l’objet d’un intérêt spécial de PEE étaient les étudiants et les jeunes (77), les travailleursimmigres et temporaires (85).
Six PEE discutent de cette caractéristique en termes de sujets sensibles en ce qui concerne les relations entre les résidents locaux et les developpeurs étrangers. Puisque le développement de nouvelles activités industrielles, par exemple les pêcheries et le tourisme, est souvent entre les mains de développeurs étrangers, ceci peut entraîner des conflits avec les résidents permanents en matière d’utilisation traditionnelle de l’espace littoral, de développement des terres, et de traitement préférentiels de grands investisseurs.
Plusieurs idées intéressantes sont proposées :
“Dans la culture islamique locale, les femmes n’apprennent pas à nager. Dans le cas de Chumbe, enseigner aux écolières dans le cadre de l'éducation environnementale comment nager et faire de la plongée avec un tuba sur les récifs coralliens est une révélation immense, qui est nécessaire pour développer des sentiments d'appropriation, et pour susciter davantage de soutien politique pour la conservation marine” (185 par Riedmiller).
“…la participation des deux sexes a permi de maintenir un équilibre parfait dans les activités, sans aucune discrimination. Ceci a été largement dû à l’apport du maire d’Omišalj, qui est une femme”. (28 par Campeol et Pypaert).
“Le processus d’extension fait intervenir differentes rencontres de plusieurs groupes villageois, incluant des femmes, des hommes sans titre, des pêcheurs, des hommes titrés. De cette manière, les differentes catégoriesde la communauté peuvent exprimer leur opinion librement, chose qu’elles ne feraient peut-être pas dans des grands groupes dominés par les hommes titrés” (46 par Kallie et Taua).
“L’approche participative développée dans ce projet nous a permi d’indexer et d’analyser les solutions proposées par toutes les catégories d’acteurs (jeunes, femmes, personnes âgées, catégories socioprofessionnelles, etc.” (19 par Diop et Soumare).
Renforcer les identités locales : l’activité donne un sens d’appartenance et d’indépendance à différents niveaux.
Seize PEE discutent de cette caractéristique.
Les auteurs pensent que les identités locales pourraient être renforcées en :
développant le sentiment d’appartenance (3 PEE) ;
faisant pénétrer les concepts d’appropriation des ressources (4 PEE) ;
établissant des liens entre identité culturelle et patrimoine (5 PEE).
La décentralisation, l’inversion de la migration urbaine et la motivation des jeunes à demeurer dans leur pays sont des thèmes abordés dans 3 autres PEE.
Une PEE (71) appelle à la prudence, en notant que renforcer l’identité à un niveau très local, par exemple celui du village, peut décourager toute coopération.
D’autres concepts intéressants sont donnés ci-dessous :
“Nous coexistons ainsi avec nos terres, nos forêts, et la mer, qui fournissent à nos vies durabilité et nourriture. Nos terres et notre mer sont nous-memes et nous sommes eux. Cet attachement plutôt unique à la terre est quasi religieux et émotionnel…” (13, 21 par Gaudi).
“Une pratique éclairée serait de considérer les types d’emplois que les populations locales désirent. Il serait sage de fournir aux individus d’une communauté la formation et les programmes institutionnels pour qu’ils puissent se développer d’eux-mêmes et obtenir des postes plus élevés dans le secteur de l’emploi” (39 par Jury et Hoguane).
Politique nationale légale : l’activité adhère aux politiques gouvernementales actuelles en environnement, économie, droit et domaine social.
Quatorze PEE s’intéressent à cette caractéristique.
Dans 6 cas, la PEE adhère à la politique légale nationale.
Dans 3 PEE, la législation locale était insuffisante en matière de protection (59, 71, 185). Le système judiciaire national n’était pas reconnu par les villageois, qui préféraient suivre les habitudes et coutumes locales ou les ‘lois traditionnelles’ (59).
Dans 2 cas (73, 216), il est indiqué que la PEE pourrait stimuler des changements dans la politique légale.
D’autres concepts intéressants qui émergent sont indiqués ci-dessous :
“Omišalj est un cas d’étude intéressant qui démontre la nécessité de résoudre les grands conflits qui existent entre les stratégies locales et centralisées. Ceci est illustré par le ‘conflit’ entre le besoin de maintenir une industrie pétrochimique d’intérêt national et le désir local de développer des activités liées au tourisme culturel” (28 par Campeol et Pypaert).
“Le projet vise à soutenir les nouvelles politiques démocratiques et à renforcer la coopération entre les autorités publiques, les entreprises et les habitants” (100 par Siirala).
Dimension régionale : l’activité devrait refléter la perspective économique, sociale et environnementale régionale.
Quinze PEE discutent de cette caractéristique. On considère qu’en général la PEE englobe les perspectives régionales. La nature de ces perspectives varie, et inclut le ralentissement économique en Extrême-Orient, les questions transfrontalières, les systèmes de transport régional et les réseaux de marketing internationaux.
Une PEE, (3) suggère que les caractéristiques des pratiques éclairées soient développées en instruments internationaux pour l’évaluation des projets existants et futurs ; par exemple, si une compagnie d’exploitation forestière respecte les caractéristiques, elle pourrait utiliser un label “pratiques éclairées” pour commercialiser ses produits. De plus, le concept pourrait être développé en traité international engageant les Etats.
Plusieurs autres idées émergent :
“Davantage que la protection terrestre (réserves de chasse), la protection marine peut avoir un impact bien au-delà des limites nationales. La mer n’a pas de frontières” (185 par Riedmiller).
“Le projet…donne aux municipalités impliquées et à la société Ziemelkurzem Ltd une occasion de participer à la réalisation de la stratégie de la mer Baltique (Baltique 21)” (215 par Klavins).
“La dimension régionale, en fait internationale, en matière de protection des tortues et de lutte contre le braconnage, est inévitable. On se tromperait si on se limitait à des actions de niveau local. Ceci démontre l’importance du renforcement et du développement de réseaux à l’échelle régionale et internationale” (59 par Boina).
Droits de l’homme : l’activité doit garantir la liberté d’exercer les droits fondamentaux de l’homme.
Quatre PEE abordent cette caractéristique. Dans 3 cas, la PEE semble avoir stimulé les questions des droits de l’homme dans de jeunes démocraties (28, 100, 216). Dans un quatrième cas (59), les ‘droits de l’homme’ ne sont pas la question principale, puisqu’il s’agit d’un cas dans lequel des activités humaines endommageaient l’environnement.
Documentation : l’activité et les leçons tirées ont fait l’objet de documents.
Quarante et une PEE traitent de cette caractéristique, alors que 11 ne le font pas spécifiquement. Cependant, proposer une PEE au Forum, c’est déjà une manière de documenter la pratique. Aussi dans une certaine mesure, toutes les 52 PEE ont été documentées, du moins partiellement.
Trente trois PEE décrivent de manière spécifique la documentation sous la forme d’articles, de rapports et de publications.
Les autres formes de documentation abordées sont les lois, les règlements, les plans, les posters, les expositions, les inventaires, les CD-ROMS, les outils de télédétection et les systèmes d’information géographique.
Quatre PEE mentionnent que le processus de documentation est incomplet, et, dans l’une, il est même souligné que la documentation n’est pas équilibrée en terme de sujets couverts (190).
Deux PEE discutent de la distribution et de l’accessibilité de la documentation (42, 70).
Une PEE (215) a fait l’objet d’une publication et a ete par la suite définie comme un “investissement intellectuel” appartenant au capital d’une société enregistrée.
Un commentaire très pertinent au sujet du concept des pratiques éclairées est fait par Espeut (53): “Les efforts innovateurs en matièrede gestion des ressources naturelles contiennent souvent des leçons pour les autres. Pour que ces leçons ne soient pas perdues, il serait sage de traduire en documents toutes les interventions et leurs résultats, positifs ou négatifs.”
Evaluation : l’activité a été testée pour déterminer à quel point la GIC a été réalisée et/ou les caractéristiques des pratiques éclairées utilisées.
Trente deux PEE discutent de cette caractéristique. La raison pour laquelle de si nombreux intervenants (20) n’abordent pas les procédures d’évaluation tient sans doute à ce que de nombreux projets ne sont qu’en cours de conception ou au premier stade de leur mise en œuvre.
Parmi les 32 PEE qui discutent les évaluations, 18 ont été/sont en train d’être évaluées. Dans 9 cas, il est indiqué qu’il est trop tôt pour entreprendre une évaluation.
Dans 11 PEE, l’évaluation consiste en des études “avant” et “après” des ressources naturelles, par exemple sur la flore, la faune, l’évolution des plages, les niveaux de pollution, la salinité. La télédétection a été suggérée comme outil pour de telles évaluations.
Cinq PEE décrivent l’évaluation de facteurs socio-économiques, par exemple les questionnaires sociologiques, le nombre de partenariats mis en place, la mise en œuvre de programmes d’investissement.
Deux intervenants suggèrent que la liste des caractéristiques des pratiques éclairées soit utilisée comme moyen d’évaluation.
Cinq intervenants ont décrit comment des évaluations en cours sont utilisées pour conduire/recentrer des projets :
(29, 79) décrivent comment divers partenaires se sont rencontrés régulièrement pour estimer les progrès réalisés, de telle sorte que l’évaluation est devenue une part intégrale du projet.
(43) montre que l’évaluation a conduit à remettre en question le bien fondé d’une pratique.
(71) souligne qu’une évaluation après un an a indiqué la nécessité de se concentrer sur les aspects économiques.
(46) montre que l’évaluation en cours a permis d’orienter les aides vers les villages ayant le potentiel de gérer leur propres ressources, et de réduire/stopper les aides aux villages qui n’avaient pas ce potentiel.
(73) note que l’évaluation a montré que le projet devrait s’étendre à une communauté plus vaste et devrait s’intéresser aux déchets solides comme ressource économique.
Plusieurs idées intéressantes ont émergé :
“Le travail entrepris à ce jour a produit des résultats qui ont dépassé les attentes des promoteurs. L’administration locale intéressée a pris en charge la coordination” (28 par Campeol et Pypaert).
“Malgré le fait que les auteurs soient loin d’être des évaluateurs objectifs, ils ont tenté d’identifier les questions clés à partir desquelles les autres pourront tirer des leçons” (87 par Gronlund).
“Environ 20% des communautés sont peu efficaces pour diverses raisons… Néanmoins, le fait qu’au moins 25% des communautés gèrent leurs propres pêcheries de manière efficace, indique qu’elles sont prêtes pour l’autogestion, et qu’elles, en connaissent meme la valeur” (46 par Kallie et Taua).